Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

21 janvier 2006

Le sens du silence

Le petit cercle de blogs dans lequel je m'inscris, informellement matérialisé par les traces de nos passages sur les commentaires des uns et des autres, est constitué de personnes dont les préoccupations m'intéressent. D'accord ou pas, les sujets de réflexions sont suffisamment proches des miens pour que cela stimule ma propre réflexion. Dans les axes développés par chacun, je puise ce qui nourrit ma réflexion du moment.

Il y est toujours question de relation à l'autre, ou à soi.

Tandis qu'Alainx est dans un cycle qui le fait s'interroger de façon approfondie sur la spiritualité et la conscience de soi, Goumande parle de l'échange intime dans sa dimension sensuelle et sexuelle. Il y a quelques temps elle abordait la fidélité relationnelle, dans l'aspect volonté de maintien du lien. Ailleurs c'est Tristana qui exprime sont ressenti dans une séparation vécue "en direct".

Ceux qui connaissent mon parcours savent à quel point chacun de ces sujets peut m'interpeller. Malheureusement il m'est matériellement impossible de prolonger la réflexion autant que je le voudrais, faute de temps. Mais je me nourris de ces reflexions et je sais qu'elle s'installent en moi et "travaillent". Le jour viendra où ce travail sera restitué, ici ou ailleurs. J'incorpore les pensées des autres à ma conscience.


C'est au sujet du silence que je vais écrire aujourd'hui, après avoir lu l'expression de souffrance de Coumarine. Il se trouve que son billet arrive au moment ou, dans ma vie relationnelle familiale, quelqu'un de proche exige que le silence soit fait. Demande qui tente de s'imposer de force, avec ce que cela peut avoir de dérangeant.
Par ailleurs j'ai été confronté au choix du silence, il y a quelques temps, au sein d'une relation qui était devenue essentielle à mon existence. Je l'ai très douloureusement vécu mais je crois avoir maintenant pris suffisamment de recul pour en parler. L'avantage des épreuves c'est qu'elles apportent de la maturité...

Une relation nait de la communication. Verbale, écrite, voire tactile. Quelle que soit la forme de la rencontre, pour qu'il y ait lien il faut qu'il y ait "contact". Cela se produit généralement par un mouvement spontané de l'un vers l'autre, sans volonté consciente: un jour on se rend compte qu'un lien a été établi.
Pour différentes raisons, il arrive que par la suite l'une des deux personnes décide qu'elle ne désire plus être dans le même élan. Dès lors apparaît un "silence", donc une "distance", qui ne représente que le décalage d'investissement de chacun des partenaires dans la relation. L'un et l'autre n'ont plus le même désir de communication. C'est un point d'inflexion, temporaire ou durable, dans la construction du lien. Il est déstabilisant puisqu'il marque une "rupture" dans la dynamique relationnelle. Il va nécessiter une adaptation volontaire, et non plus spontanée, aux besoins de l'autre. L'un souhaite "plus", tandis que l'autre désire "moins".

Le silence relationnel est la marque de cette divergence. Mal géré, il peut aboutir à des tensions d'autant plus fortes que le lien affectif est soutenu. Et chaque partenaire risque d'être tenté par une imposition de son point de vue, alors que les besoins sont contradictoires.
Il n'y a aucun intérêt à entrer dans une logique d'opposition, sous peine de blesser la relation. Imposer le silence est tout aussi violent que d'imposer la parole. L'écoute des besoins de l'autre, du moment qu'ils sont exprimés, et la base du respect et de la confiance.

Je perçois le besoin de silence comme un besoin de reprise de distance affective. Un désir de se recentrer sur soi. Quelle que soit la valeur de la relation, le désir de silence exprime un besoin d'en diminuer l'importance relative. Il s'agit d'un processus analogue à celui de la défusion, bien connu dans la relation amoureuse, mais qui peut exister à moindre échelle dans toute relation. Vient un moment où la dynamique relationnelle marque une inflexion pour l'un des partenaires. Ce qui ne signifie pas qu'il en souhaite la fin...

L'adaptation consiste à accepter de changer cette dynamique. Malheureusement... cette rupture étant déstabilisante et potentiellement inquiétante pour l'autre, ce passage demanderait précisément un ajustement. Or celui-ci passe par la parole...
C'est un point très critique dans toute relation puisque ce qui devient "évidence" pour l'un ne l'est pas pour l'autre. Le moindre investissement s'impose en soi, peut-être parfois avec un certain malaise pour celui qui le sent apparaître, puisqu'il perçoit bien qu'il est acteur de ce décalage. Pour l'avoir vécu, je sais maintenant que cet épisode demande une grande attention, tant dans l'expression que dans l'écoute. Le "quittant" aura tendance, par culpabilité inconsciente, à avoir une expression inadéquate (peu d'expression, ou alors agressivité, repli), tandis que le "quitté" percevra le moindre investissement mais en niera inconsciemment la réalité. Dans les deux cas la communication deviendra complexe par manque, ou excès désordonné, de mots.

Une autre forme de silence imposé existe aussi sous des formes plus pernicieuses. Il s'agit du silence comme instrument de chantage affectif. Ou pour être plus cinglant: comme instrument de torture. Le pouvoir de celui qui impose le silence est imparable. D'une certaine façon l'autre est obligé de s'y soumettre... Toute tentative de restauration de contact devient intrusive, donc potentiellement aggravante.
Savoir que l'autre souffre du silence, ne pas réagir face à cette souffrance, ne pas chercher à l'apaiser, peut donner un grand pouvoir. Tout en sachant que la réciproque est vraie en matière de chantage affectif: exprimer sa souffrance en vue de rompre un silence insupportable est aussi une forme de manipulation tendant à la culpabilisation de l'autre.

Il existe aussi le silence tyrannique, sous forme de « je ne veux plus qu'on parle de ça ». C'est ce que vient de faire ma mère, pour clore un courrier familial collectif ou elle déversait tout un mal-être affectif dont elle-même avait été l'élément déclencheur. En jouant le rôle de la victime blessée, tout en interdisant qu'on revienne sur le sujet, elle tente de renvoyer la culpabilité de sa souffrance sur chacun... sans laisser la possibilité d'intervenir. Choix victimaire tyrannique. Outrepasser cette injonction oblige à une intrusion dans un espace de silence qu'elle impose. Respecter son souhait... c'est nier un ressenti personnel qui peut être en désaccord avec sa vision des choses. C'est une manipulation affective assez vicieuse...


En toute circonstance le silence est une expression: celle de la limite d'un territoire relationnel. Il doit être respecté, du moment qu'il n'est pas tentative de manipulation affective ou générateur de sentiment d'injustice. Le silence est une façon de dire « je ne souhaite pas être en relation avec toi en ce moment ». Ces mots sont sans doute difficile à exprimer, et à entendre, mais ils sont pourtant essentiels pour donner du sens à ce qui n'en a pas. Le non-dit est un poison, une violence muette. Et le minimum qu'on puisse attendre d'une relation de confiance, c'est que les choses soient dites. Le silence non expliqué est une fuite qui laisse à l'autre le soin de trouver tout seul les explications manquantes. En ce sens le silence imposé est un puissant destructeur de confiance. Tout comme la communication construit une relation, le silence non-expliqué (non communiqué) détruit. Le silence imposé est un acte mortifère dans une relation.

Il a donc un certain sens...

Mais la parole imposée est tout autant mortifère, si elle ne respecte pas un besoin de silence. Sans compter que la parole est parfois une forme de non-dit, lorsqu'elle se disperse au lieu d'aller à l'essentiel. Lorsqu'elle fait diversion et s'égare loin de ce qui doit être dit.

Et cet essentiel peut parfois être de dire simplement: ton silence m'inquiète.

Ce qui est certain, c'est que du silence ou de la parole, la seule chose qui détruise la relation est la non-écoute des besoins de l'autre. Accepter, accueillir un besoin de silence clairement exprimé ne détruit rien. C'est une mise en attente, une pause relationnelle, dont chacun des protagoniste peut tirer parti. Si les désirs son respectés, la relation n'est pas endommagée, et le lien de confiance demeure. Celui qui a eu besoin de silence peut vouloir se ressourcer ailleurs et ne peut être que reconnaissant que ce besoin ait été reconnu. Et si le temps de silence conduit à un éloignement... c'est qu'il devait en être ainsi. Parce que la vie est mouvement et constante évolution. On ne force pas les choses en matière de ressenti: c'est ou ce n'est pas, et la volonté n'y peut rien.


Il y a un silence dont je n'ai pas parlé: quand il n'y a plus rien à se dire. Quand le temps de relation est passé dans une sorte de vide affectif, ne persistant que par habitude ou conventions. Je pense à certains liens familiaux "obligés", ou aux couples qui n'ont plus rien à se dire dans leur vie de cohabitation. Mais peut-on encore parler de relation, lorsque c'en est à ce point ?

Posté par Coeur de Pierre à 13:16 - L'autre et moi - Commentaires [64] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ma réflexion sur le sujet

Ton texte est long et bien construit,Je pourrais faire un comm de trois pages, mais je vais faire court.
Il m'arrive parfois d'être soudain silencieuse, lorsque je reçois un coup au cœur en général. Je me renferme soudain et je ne dis plus rien. Je me sens incomprise et je sais que sur le coup si je parlais je ne dirai peut-être pas l'important, l'essentiel, mais juste ma douleur. Alors je me tais. Il m'arrive parfois de forcer la parole de l'autre, là c'est quand justement l'autre m'impose ce silence que je ne comprends pas, j'ai besoin d'explications de raisons, de comprendre.
Alors que j'ai moi-même ses deux attitudes, à la suite de ta lecture je me suis posée la question, pourquoi j'impose le silence et pourquoi j'impose la discussion ?
Lorsque je ne dis plus rien, j'ai mal, c'est ma douleur qui me cloue le bec, et en fait j'attends que l'autre me demande de parler, de m'expliquer, cela serait pour moi une démonstration de son intérêt pour moi. Lorsque je force la parole, et bien c'est justement parce que l'autre est silencieux et que je m'intéresse à ses ressentis, je souhaite lui offrir mon écoute.

Alors si le silence est mortifère dans la relation, et je suis d'accords avec toi, il peut être rompu par l'expression de l'autre comme tu dis, qui peut juste dire, je te cite : Ton silence m'inquiète. Et si c'est l'expression qui est forcée, alors celui qui subit cette demande peut juste répondre aussi : Plus tard, j'ai besoin de me recentrer avant d'en parler.

Malheureusement cela ne se passe pas toujours ainsi et on peut dire ou entendre :
J'ai pas envie de parler (on interprète j'ai pas envie de TE parler) ça fait mal.
Si on impose le silence et on répond je n'ai pas envie de (te) parler, on peut blesser l'autre. Si on impose la discussion et on entend cette même phrase, on se sent blessé.

Souvent certains fuient devant le silence, ne demande rien, par manque de confiance en eux.
Souvent aussi d'autres imposent le silence, ne disent rien, pour cette même raison.

On en revient à dire que c'est avant tout la confiance en soi qu'il est primordial de construire pour ne pas 'interpréter' l'autre. Pour ne pas écouter nos peurs, nos craintes.

Imposer le silence c'est avoir peur de s'exprimer clairement, dire le fond de ses pensées. Imposer la discussion c'est avoir peur d'être critiqué,abandonné, jugé… sans avoir pu se défendre ou s'expliquer.

Bien à toi,

Posté par Gourmande, 21 janvier 2006 à 23:30

Je reste littéralement bouche-bée à la lecture de vos textes; mon commentaire est hélas bien inutile mais c'est le seul moyen que j'ai de vous signifier mon admiration.

Posté par zeloune, 22 janvier 2006 à 00:28

Je vous remercie l'un et l'autre pour ces paroles qui vont loin, et dans lesquelles je me reconnais bien sûr
Oui, cela fait très mal quand l'autre refuse d'expliquer pourqoui soudain il ou elle est contrarié (alors que la veille encore la relation était bonne et ouverte)
C'est se sentir mis en quarantaine, sans aucune explication, c'est cela qui me fait mal
Dans man cas récis, puisque cela se passe dans la blogosphère...il y a la peur qu'on ait colporté des "mensonges" sur moi aui explique le ressenti négatif de la personne qui peut-être se laisse perturbé par ces "mensonges" et qui n'en parlera pas parce qu'il a PROMIS le silence à l'autre
C'est comme se retrouver sur le banc des accusés sans avoir aucune chance de se disculper
Même le pire des criminels a le droit de se défendre
Commen faire confiance encore à qqun quand on se sent "en menace" de cette manière?Quand une mauvaise humeur vous tombe dessus sans que vous ne sachiez pourquoi?
Il est possible que j'exagère tout cela et comme Marie.Pool l'a mis un peu rapidement en guise de commentaire chez moi, il n'y a pas mort d'homme
Mais j'ai une sensibilité telle que je perçois bcp de choses, m^me les non-dits
Merci de vous lire

Posté par coumarine, 22 janvier 2006 à 10:50

Gourmande, je crois aussi que parfois le silence est préférable à la parole, lorsqu'on sent qu'on est pas en état de parler dans de bonnes conditions. Et la simple formulation de cet état de fait permet la patience nécessaire.
Effectivement il peut être préférable de se recentrer, le temps de retrouver une sérénité propice au dialogue de qualité.
Comme tu dis, peut-être qu'à ces moments de mal-être on serait prêt à parler... à conditions de ressentir toute l'écoute dont on a besoin. Ce qui est rarement le cas en situation de crise.

D'accord avec cette idée que le silence imposé peut correspondre à une peur de s'exprimer. Prendre le risque de la parole, c'est prendre celui de se dévoiler... donc de se montrer sensible, vulnérable. On en revient à cette notion de confiance dont je parlais: le silence est fortement corrélé à une confiance défectueuse.

Confiance en l'autre, peut-être, mais surtout en soi.

Zeloune... un commentaire n'est jamais inutile. Savoir que ce texte est apprécié est important pour moi, puisque cela contribue à "valider" ma pensée. Une critique le serait tout autant, m'indiquant que je dois réfléchir plus profondément.
Parfois aucun commentaire ne suit un de mes textes... et du coup ça ne m'apprend rien sur la validité de ce que j'écris. Je crois que souvent on n'ose pas dire, ne serait-ce qu'en quelques mots, ce qu'une lecture nous inspire. Merci, donc, de l'avoir fait...

Posté par Idéaliste, 22 janvier 2006 à 10:51

Voilà...j'ai tapé tellement vite que j'ai fait plein de fautes

Posté par coumarine, 22 janvier 2006 à 10:52

Coumarine, tu parle de la perception des non-dits... C'est un "silence" dont je n'ai pas parlé dans mon texte, mais il y aurait beaucoup à écrire là dessus. Je pense que j'y reviendrai.

A te lire, désemparée, je perçois combien ce "non-dit" te perturbe. Et ça se comprend. Tu lui donnes un sens, craignant qu'on ait colporté quelque chose à ton sujet... J'ignore si tes craintes sont fondées, mais il ressort de cela une peur qui t'habites. En quelque sorte du "fantasmes" cette crainte, du donnes un sens au non-dit... qui n'en avait aucun de précis, et pour cause!

C'est bien ça le coté pervers du non-dit: il renvoie l'autre à lui-même, comme un grief dont il ignorerait tout. Et la recherche de sens devient alors une véritable torture.

Mais j'y reviendrai...

Posté par Idéaliste, 22 janvier 2006 à 10:59

Merci Idéaliste
Je suis émerveillée de la finesse de tes perceptions
Pas le temps d'en ajouter plus ce matin
Mais je reviendrai te lire ce soir
MERCI en tout cas

Posté par coumarine, 22 janvier 2006 à 11:11

J'ai pensé encore un une autre sorte de silence que l'on impose à l'autre
Cela peut être une manière de lui signifier qu'on n'a pas envie de s'investir dans la parole parce qu' on trouve en quelle sorte que cela n'en vaut pas la peine...qu'on ne va pas se prendre la tête pour si peu
Mais c'est comme si on disait à l'autre que c'est lui qui à nos yeux n'en vaut pas la peine...

Posté par coumarine, 23 janvier 2006 à 14:47

Coumarine... il y a tellement à dire sur le silence "imposé". Cette non-communication relationnelle peut vraiment parasiter les liens, mais surtout elle exprime que l'autre ne souhaite pas se rapprocher davantage (ou ne le peut pas). Savoir qu'un besoin de mots est attendu (mais est-il formulé explicitement ?) et ne pas y répondre... me laisse perplexe. Assurément cela traduit une difficulté dans le relation, mais je ne sais pas comment on peut en sortir sans passer par les mots.

Une relation sans communication, je ne vois pas ce que ça peut-être...

Posté par Idéaliste, 25 janvier 2006 à 10:52

Silence heureux

Salut,

Je viens de lire ce texte et tous les comms qui en ont découlés...
Je suis d'accordavecce qui a été dit...le silence est complexe et bien souvent remplis de sens 'non-dit' qui perturbe l'Autre...

Mais je voulais aussi ajouter qu'il existe aussi un silence chargé de 'bonheur'...celui qui exprime tout un tas de chose...vous savez ce silence qui marque une telle osmose que les mots sont de trop pour communiquer avec l'autre...souvent avec une de mes amies nous n'avons pas besoin de nous parler pour nous comprendre...tout se passe dans la communication dite non-verbale...un regard, un sourire, un silence et tout est dit !

Voilou, je voulais juste ajouter cette idée manquante...même si l'est vrai que bien souvent le silence marque une gêne...PARLEZ, COMMUNIQUEZ, AVOUEZ, ne retenez pas les mots qui vous rongent de l'intérieur...

xxx Kaly xxx

Posté par Kaly, 25 janvier 2006 à 14:51

Remarque tout à fait juste, Kaly, parfois le silence est "naturel" et tout à fait bienheureux. Les mots ne se justifient pas à tout moment...

Mon billet parlait surtout du silence lorsqu'il pose un problème à un des partenaires d'une relation.

Posté par Idéaliste, 26 janvier 2006 à 22:43

Après avoir cherché des réponses à mes questions je suis tombée sur votre texte... Il n'y a rien à rajouter ou a jeter. Merci.
Malheureusement je pense que j'aurais du le lire 2 jours auparavant, il m'aurait peut être permis de tenir encore un peu avant d'envoyer ma lettre de rupture. Je n'en pouvais plus de ce silence, blessant, vexant, pesant. Il est arrivé un jour, juste après une longue période de communication.
Je n'ai pas compris, et mes demandes d'explications restaient sans réponse. J'ai craqué au bout de 3 longues semaines sans nouvelles, et je suis encore plus mal certainement aujourd'hui car je n'ai à nouveau pas de réaction de sa part. S'en fiche-t-il? Moi qui ait appris tout le bien de la communication au sein d'un couple... Comment peut-on laisser l'autre dans l'incompréhension? Pourquoi, si c'était le cas, ne m'a-t-il pas dit clairement qu'il avait besoin de temps? S'il avait parlé, tout aurait été différent et je l'aurais laissé en paix jusqu'à ce qu'il me fasse un signe. Au lieu de ça, il a du se sentir harcelé, agaçé par mes questions, jusqu'à ce que je jette l'éponge pensant que ça me soulagerait. Voilà où nous en sommes.
J'ai peur d'avoir agit sous le coup de l'impatience, de la colère, et de l'incompréhension. Ai-je bien fait? Je ne le saurai jamais. Je n'ai pas la clé de silence soudain.

Posté par Gourgandise, 27 février 2006 à 22:08

Ne pas revenir en arrière

Bonjour Gourgandise

C'est une situation très douloureuse quand l'autre entre en silence, et pire encore lorsqu'il ne répond pas aux demandes d'explication. Malheureusement il n'y a rien d'autre à faire que d'accepter ce silence et laisser l'autre libre de prendre cette distance, qui lui appartient. Toute tentative qui viserait à le forcer à s'exprimer conduit à la destruction du lien, par intrusion dans son espace de liberté personnelle.

Pour celui qui souffre du silence, la seule possibilité honorable et non destructrice pour le lien est de laisser ce silence durer. Ce qui ne signifie pas forcément se taire, mais ne rien demander. Juste manifester une présence. Et si c'est trop difficile... alors quitter la relation. Mais attention aux lettre de "rupture" qui ne sont qu'un appel déguisé, amèrement regretté s'il ne déclenche pas l'effet voulu. Dans ce cas, surtout ne pas revenir en arrière. La rupture est énoncée, et si l'autre ne répond pas... ne rien faire de plus. Laisser passer le temps et le deuil prendre sa place. Si le silencieux revient un jour... il sera bien temps de voir comment on ressent ce retour.

J'insiste: ne jamais revenir en arrière. Ce serait entrer dans une agonie intenable. Un enfer personnel qui fait beaucoup souffrir... celui qui se le crée.

Posté par Idéaliste, 28 février 2006 à 09:40

je suis impresssionée

merci
là je reconnais bien le genre de texte que j'aime lire
et ça me fascinebeaucoups de vous lire, excuseer toutefois s'il ya des fautes d'ortographes car je ne suis pas française! bon mais j'adorerais relire le textreeune autre fois et si tu peux en faire ubn autre tant mieu

Posté par ony, 28 mars 2006 à 08:17

Ony, il se peut que j'écrive encore sur ce sujet...

Posté par Idéaliste, 28 mars 2006 à 14:40

silence destructeur

Bonjour,

Après la lecture de vos commentaires, j'ai été assez impressionné par la pertinence et la lucidité des propos tenus..

J'ai vécu ce que vous avez nommé un enfer que je me suis sûrement crée en lien avec un silence qui m'a littéralement détruit. Ce genre de choix peut en effet vous faire douter et vous faire retourner sur vous même et je pense qu'il ne s'agit pas simplement de combler par soi même les explications manquantes chez l'autre mais également de savoir s'écouter ce qui peut être une expérience des plus difficiles parce que la remise en question ne peut être partielle puisque le silence est totale.

Que penser des personnes qui font le choix, tout en sachant que l'autre souffre, de garder le silence. On peut en effet comprendre mais pour les conséquences que cela peut avoir sur la confiance et la nature d'une relation, j'invite à ne pas tolérer et à pardonner sans excuser.

Le "pouvoir" dont vous faîtes allusion marque peut être le relent d'une vieille blessure narcissique mais peut il s'agir d'orgueil dans ce type de situation. Est ce que ce type de sentiment a une utilité, est ce honorable? J'aurais tendance à trouver cela égoiste et en même temps c'est aussi égoiste d'avoir besoin de l'autre pour faire son "bonheur" (dans le sens de ne plus souffrir...).

Ce que j'en ai retenu du silence d'une personne qui a compté pour moi, c'est qu'il faut savoir être sûr de ses fondements et ne jamais interpréter un silence mal à propos même s'il a pour but de conférer un pouvoir et une certaine satisfaction. Qu'il soit destructeur ou méditant, je suis partisan du dialogue parce qu'il évite les flous et permet aux gens de mieux avancer dans leur compréhension d'eux même et des autres.

Le choix du silence peut avoir un enjeu trop lourd pour être un simple jeu de pouvoir et c'est à mon sens après une séparation une manière d'empêcher l'autre de faire le deuil, le retenir, le marquer. Je vois ça comme un carrefour où le quitté essaye la colère mais ne le peut pas par doute et il rebrousse chemin, il essaye la tristesse mais encore une fois, dans le doute...toutes les directions sont empruntables et l'empreinte du temps peut être plus marquante qu'autre chose.

Alors oui idéaliste a bien raison d'insister, ne jamais revenir en arrière au risque de se créer un enfer, un labyrinthe. Encore que pour faire un deuil il faut savoir continuer sans toujours avoir de réponses à ses questions.

Posté par Angel, 31 janvier 2007 à 20:20

Bonjour Angel,

Merci pour ce commentaire. Je crois en effet que chacun est responsable de ce qu'il ressent. On peut se créer soi-même son propre enfer dès lors qu'on attend quelque chose de quelqu'un qui ne veut (ou ne peut...) pas nous le donner. Or nous n'avons rien à attendre d'autrui. Chacun vit les choses à sa façon, et le silence peut très bien être ce qui semble le plus pertinent à l'autre. La seule chose à faire est d'accepter ce qui est. Moins facile à faire qu'à dire, évidemment...

Certes, se trouver face à quelqu'un qui préfère le silence tout en sachant que l'autre en souffre joue sur la relation, comme dans l'autre sens souffre celui qui sent une insistance à enfreindre le silence. C'est fortement déstabilisant.

Est-ce que le pouvoir du silence à une utilité ? Est-ce honorable ? Y répondre serait donner des jugements de valeur, émis comme si soi-même on était dépositaire d'une vérité universelle. Pour ma part je me demanderai si c'est bon pour la relation, si c'est bon pour l'amour. Je ne le crois pas. Davantage que le silence, c'est le fait qu'il soit unilatéralement imposé qui est préjudiciable à la relation. Tant que l'accord n'est pas parvenu sur silence ou parole, imposer quelque chose est mauvais pour la relation.

Je suis moi aussi partisan du dialogue, qui est la seule façon de communiquer et de trouver un terrain d'entente. Mais cette communication est difficile et demande une certaine assurance parce qu'elle peut mener à une remise en question et réveiller des fragilités enfouies. Je ne crois pas que le silence soit autre chose qu'une protection...

Peut-être est-ce aussi, comme vous dites, une façon d'empêécher l'autre de faire son deuil. En tout cas, volontairement ou pas, c'est bien une façon de retenir l'autre captif, perdu dans ses questions et en atente de réponses qui le délivreraient. Oui, le quitté essaie toutes les directions pour "comprendre" ce que l'autre ne lui donne pas comme clés.

Pierre (alias Idéaliste)

Posté par Pierre, 04 février 2007 à 17:34

Les croyances

Bonjour Pierre,

Oui chacun est responsable de ce qu'il ressent...et de ce que les autres ressentent en relation avec ses actes et ses paroles. C'est faire preuve d'une conscience éclairée que d'être capable de remettre en cause ses propres croyances fondamentales dès lors qu'elle interfèrent avec la liberté d'autrui. Chacun est responsable de sa propre liberté en quelques sortes...j'avais coutume de croire qu'éviter à l'autre de pâtir de mes propres choix étaient un devoir, comme de croire que laisser l'autre dans l'erreur et le doute n'était éthiquement pas imaginable ni humain. Projeter sur l'autre ses propres croyances revient à se positionner comme référent en matière de vérité universelle en effet et cependant l'autre est différent. Tout repose sur cette nuance.

Suprimmez tout jugement moral et on suprimme le Mal. Pourtant malgré tout cela, si le silence est une arme alors c'est la plus faible d'entre elle. S'il est une protection alors c'est un bouclier qui détruit, qui agresse dans la violence qui est une forme d'absolu. Dans les silences on peut entendre tant de choses, et c'est une des paroles les plus difficiles à réfuter ou accepter quand elle réveille des fragilités enfouies.

Parce qu'il vous demande de trouver en vous même un silence, parce qu'il l'exige sans compromis possible et parce que votre liberté en dépend, l'autre impose quelque part ses propres croyances fondamentales aux votres et c'est là que la notion de pouvoir d'influence intervient, et c'est ici même à mon sens que l'on apprend la véritable leçon de l'indépendance et de l'autonomie et de la liberté. Une question de droit et de devoir.
Mais n'est ce pas là refuser cette dichotomie, cette regression nécessaire et fondamentale à toute forme d'investissement sentimentale.

La dépendance, l'indépendance.

Connaître la parole puis le silence de l'autre nous invite à vouloir crier à l'injustice, puis après avoir longtemps tergiversé avec soi même, avec ses propres mots, on en vient à souhaiter le silence en soi. Plus facile à dire qu'à faire oui...mais le plus beau je crois aujourd'hui est d'y parvenir puis de retrouver la parole en soi.
Une parole différente de ce qu'elle était.
Alors oui les gens peuvent changer et c'est la seule chose qui puisse légitimer un silence.

Malheur à celui qui n'a jamais connu le silence j'ai envie de dire. Parce qu'un jour ou l'autre il souffrira.

Et comme croyance fondamentale acquise lors de cette expérience, je rajouterais ne pas faire payer aux autres les conséquences de mes propres choix.

Posté par Angel, 06 février 2007 à 12:49

Fascinant

Je viens de lire ton texte Idéaliste aprés avoir subit 72 h de silence de la part de mon partenaire. Je ne regrette certaine pas de l' avoir lu car ma tête balancait à l' idée de rompre ce silence qui m' est imposé ou pas. Je suis totalement d'accord avec vous qu' il faut respecter la décision de l' autre afin d' éviter une situation catastrophe.
Je me suis tout à fait trouvé dans le premier type de silence car me sentant frustrée j' ai eu des réactions agressives qui me confère la situation du quittant. Sa réplique a été de se replier sur lui pour certainement éviter d' autres tensions.
Cette situation ne m' arrange pas mais à la lecture de votre texte sur le silence, j' ai compris qu' il ne faut pas le bousculer ou essayer de réparer au risque de tout casser.

Je pense qu' au delà de l' importance de la communication, si la parole est souvent d' argent, le silence est d'or.

Je souhaiterai avoir l' occasion de vous lire assez souvent sur d' autres sujets.

Posté par Baby, 23 novembre 2007 à 17:51

silence de mort ?

Je souffre l'enfer du silence de l'homme que j'aime. Depuis 5 mois, je lui adresse des lettres tous les 10-15 jours, parfois je reste dans le quotidien, parfois, j'essaie de faire avancer la réflexion parfois je me montre plus légère ou poétique. Il ne répond pas, au téléphone non plus, même si je laisse des messages pour lui demander des nouvelles. Je le connais depuis 30 ans. Il reprend toujours contact avec moi et ces moments sont merveilleux. Je crois qu'il m'aime. Il s'est enfui bouleversé quand je lui ai dit il y a 1 an que je l'aimais depuis 20 ans. Je lui ai écrit que ces silences étaient mortifères, nous en avons fait déjà l'expérience mais cela n'a servi à rien. Il devait me rappeler un jour d'octobre et depuis silence... Je n'ose pas aller le voir à 600 km de peur qu'il me jette dehors..

Posté par traversieres, 04 février 2008 à 14:46

L'enfer du silence

Traversieres, la formule est expressive : « l'enfer du silence ». Oui, le silence de l'être aimé nous plonge dans un enfer... Et pourtant, personne ne nous oblige à y rester. Alors pourquoi ? C'est l'occasion de se demander de quelle façon on aime, et "qui" l'on aime (celui qu'il est réellement ou une représentation idéalisée ?).

Quand l'être aimé préfère le silence, l'aimer c'est le/la laisser agir selon ses préférences. Et même disparaitre s'il/elle le souhaite. Pourquoi est-ce si difficile ? Là c'est en soi qu'il faut chercher...

Qu'attendez-vous de cet homme ? Qu'espérez vous ? Vous lui donnez quelque chose de vous (des lettres, des pensées, de l'amour). Il le reçoit mais n'y répond pas. Aurait-il peur de vous et de vos élans vers lui ? A vous de voir si vous supportez cette situation, et jusqu'à quand. Ce qui me désole, c'est que vous le viviez comme un enfer.

Je vous souhaite de trouver le moyen d'en sortir :)

Posté par Pierre, 04 février 2008 à 16:28

Le silence est destructeur sans explication

je peux comprendre qu'une personne n'ait pas envie de parler mais elle doit aussi clairement l'exprimer. Dire : je n'ai pas envie de te parler pour l'instant est bien moins destructeur que de ne rien dire.
J'ai remarqué que plusieurs utilisent le silence comme un moyen de vengeance quand on leur demande de s'expliquer. Le silence est un non respect de l'autre quand il est imposé et qu'on ne peut rien y faire.

Posté par Simone, 28 avril 2008 à 14:49

Bonjour Simone. En effet "destructeur" est bien le mot approprié. Autant le dialogue construit, autant son refus détruit. Non seulement il est destructeur pour la relation, mais aussi pour la personne qui se trouve face à ce mur.
Cependant je peux supposer que certains silences traduisent aussi une incapacité à verbaliser, un sentiment d'impuissance face à l'inexplicable. Par exemple lorsque la volatilité des sentiments transforme du tout au tout une dynamique relationnelle.

Je crois cependant que ce genre de silence est aussi un aveu de faiblesse, une fuite qui, parce qu'elle laisse l'autre désemparé, n'est pas particulièrement admirable.

Posté par Pierre, 28 avril 2008 à 23:33

17 ans d'enfer et maintenant la compréhension

J'ai vécu 17 ans d'enfer avec le père de mes enfants dont je suis aujourd'hui divorcée. Il m'imposait le silence sans arrêt. Je me suis retrouvé à l'hôpital. Alors la souffrance du silence, je connais très très bien. Il aurait fallu que je quitte dès les touts débuts mais je me disais qu'il finirait par comprendre. Ce ne fut pas le cas. Tout ce temps pour chercher pourquoi ce silence et pourquoi ma souffrance. Je comprends aujourd'hui en lisant ce texte. Besoin de défusion, est le mot que je retiens. Jamais je n'ai trouvé de texte aussi claire et explicatif sur le silence imposé. Je garde le lien dans mes favoris, il servira surement à d'autres. Merci grandement. Vous me permettez de comprendre ce qui se passait avec un ex partenaire que j'ai quitté...hier ! Et me permettra de comprendre et de dire que ça m'inquiète à un futur partenaire plus sensible à l'importance d'une communication de qualité faite de silence et de paroles.

Une femme soulagée d'enfin comprendre.

Posté par Flower, 25 juin 2008 à 02:50

Flower, il semble que ce texte ait aidé plusieurs personnes. J'en suis ravi.

Le silence imposé est un outil de pression redoutable, dont il est difficile de se soustraire de l'emprise. Précisément parce qu'il est non-communication, ou plutôt communication vide de sens, au moment où il y a demande de sens. C'est terrible d'imposer le silence, parce que cela demande à l'autre de se tenir à distance sans en comprendre les raisons.

Avec le recul, je crois vraiment que le silence imposé est "toxique" et que la seule solution est de se tenir éloigné de ces situations sous peine d'être atteint par une souffrance... qui nous appartient. C'est d'ailleurs en opérant cette contamination qu'il est toxique : l'un s'épargne une souffrance et l'autre en est atteint.

Posté par Pierre, 25 juin 2008 à 18:18

Le silence d'un ami...

Que dire... je viens de le découvrir, et c'est exactement ce qu'il me fallait pour comprendre, le silence d'un ami... La douleur ressenti en est ainsi atténuée. Tu as tout a fait raison, lorsque tu dis qu'une relation trés intence suivi d'un silence non expliqué peu être destructeur. Je le confirme c'est mourir à petit feu. Malgré tout, je tiens à cette relation, mais ce que je n'ai pas su faire, c'est respecté son silence, de peur de perdre son amitié. J'espères qu'il n'ai pas trop tard pour me rattraper... car cette relation est pour moi bien plus qu'une amitié...

Posté par unique, 26 juin 2008 à 01:48

Bonjour Unique. Je crois que ce qui donne au silence un pouvoir toxique c'est bien cette peur de perdre...

La peur de perdre demande à être rassurée... sans l'être jamais vraiment, ni définitivement. Avec le risque de devenir dépendant de cette réassurance régulière.

Peur de perdre une amitié ? Je me demande si un ami peut devenir silencieux... sauf circonstances exceptionnelles. Quant à respecter le silence, donc de ne plus avoir accès au sens, est-ce se respecter, lorsqu'on a besoin de comprendre ? Respect de l'autre ou respect de soi, que faut-il privilégier ?

S'il y a vraiment amitié, le silence réciproque pourrait-il la faire disparaître ?

Posté par Pierre, 26 juin 2008 à 23:00

Merci Pierre, pour ta réflexion.

Rassurée je le suis, mais pour combien de temps ? Car son silence se faisant trop long cela pourrait signifié qu'il souhaite mettre fin à notre entente.

Un ami peut, effectivement, devenir silencieux... lorsque l'amitié est profonde et risque de devenir dangereuse pour lui (amitié amouureuse).

Mais la relation amicale est pour moi plus importante et est devenue essentielle. C'est pourquoi, je penses préférer privilégé le non respect de soi-même (donc respecter son silence), en espèrant que le silence soit rompu. Car comme tu le dit s'il y a vraiment amitié "partagée", le silence ne pourra pas détruire ce lien. J'en déduis, cependant, que cette relation est vécue plus intensément de mon coté que du sien!

Les domaines de réflexion sont multiples dans ce cas, et sont souvent en lien : Amitié profonde frontière avec l'amitié amoureuse, le silence définissant la peur de l'inconnu,le respect de l'autre pour s'oublier soi même...

Tes mots sont d'une telle réalité :
"l'un s'épargne une souffrance et l'autre en est atteint."
Merci encore Pierre, c'est ce que vivent des milliers de gens, sans pouvoir mettre des mots sur cette sensation.

Posté par unique, 28 juin 2008 à 00:04

en musique on dit le sens est dans le silence...moi je dirais que le silence révèle la parole...l' un ne va pas sans l autre .
oui je suis d'accord le silence peut être mortifère...comme la non communication...ça nous ramène à une solitude insupportable... la vie m 'a fait croiser cette sensation terrible à travers la maladie d'un autre....sa dépression....c'est une expérience difficile!
il y a beaucoup à dire sur ce sujet, et je suis touchée qu il soit évoqué ici...j 'arrive sur ce blog par hasard ... j'avais tapé sur google...le sens du silence...
le silence est aussi une source de créativité...
il y a des silences salutaires et d'autres destructeurs...je ne pense pas avoir dit quelque chose de nouveau....c'est un sujet qui m intéresse... on peut se permettre de beaux silence si on a construit de belles paroles...le silence ,se mérite...on ne construit pas sur le vide...les liens d'amour sont des liens concrets ,la défusion est nécessaire mais possible que
s il y a eu rencontre !sinon c'est la dépendance et l'emprise...il y a beaucoup à dire...
merci pour ce blog!

Posté par lisa, 14 novembre 2009 à 20:42

Lisa, "Le sens du silence" est une des requêtes qui amènent, via Google, le plus de visiteurs de passage sur ce blog. Il semble que beaucoup aient eu à y faire face...

Curieusement je suis confronté en ce moment-même au sens du silence et il est intéressant de voir que le *hasard* d'un commentaire le ramène à la surface...

Posté par Pierre, 14 novembre 2009 à 21:17

Je suis tombée moi aussi sur ce blog par google tentant aussi de trouver des explications au silence.
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos commentaires.
Je pense aussi que rien n'est pire qu'un silence inexpliqué, on ne sait quelle interprétation lui donner, on ne sait que penser, que faire, si l'on doit tourner la page ou non. Quelles que soient les raisons qu'a une personne d'instaurer ce silence, elle devrait au moins dire à l'autre si c'est seulement un besoin de prendre de la distance, une indécision, ou si elle veut mettre fin à la relation.
Comme vous le dîtes Pierre, "Peut-être est-ce une façon d'empêcher l'autre de faire son deuil. En tout cas, volontairement ou pas, c'est bien une façon de retenir l'autre captif, perdu dans ses questions et en atente de réponses qui le délivreraient"

Me trouvant confrontée pour la première fois à cette situation, je suis complètement perdue.
Car dans son cas, il y a plusieurs raisons qui font qu'il a peut-être peur de cette relation (différence d'âge, et problème lié à l'âge, timidité, trop de sentiments exprimés de ma part), mais alors que nous sommes très attirés l'un par l'autre, qu'il est touché par mes sentiments, que nous avons tout juste commencé une relation, que nous nous sommes beaucoup rapprochés affectivement, que c'était fort et beau, que nos devions nous revoir, nous écrire, qu'il semblait heureux, je n'ai plus de nouvelles de lui. Je lui ai écrit deux fois, la première lui exprimant beaucoup d'amour, la deuxième pour lui demander de me dire les raisons de son silence, mais rien...silence total.
Et je ne sais pas si je dois considérer que c'est fini (avant même d'avoir vraiment commencé), sans plus d'espoir, ou si c'est seulement de la peur de sa part, une incapacité à communiquer, à se dévoiler. Ne pouvant m'empêcher de penser qu'il s'agit de cette deuxième raison, je me dis qu'il faudrait qu'on se voit, qu'on se parle, pour arranger les choses... le contraire du silence!
Je respecte le fait que quelqu'un ait besoin de prendre de la distance, j'accepte l'attente ,laisser le temps à l'autre, mais là je ne sais même pas s'il s'agit de ça ou seulement de peur. Dans ce dernier cas, si je ne fais rien, il ne se passera rien.
Que faire?!

Posté par Hibiscus, 23 novembre 2009 à 19:23

Quelle attitude face au silence ?

Hibiscus, vous décrivez parfaitement le dilemme, l'inquiétude et l'absence de sens que provoque un silence inexpliqué (ou insuffisamment expliqué).

Par expérience je dirais que la meilleure attitude serait de ne rien faire face au silence avéré de l'autre. En tout cas de ne surtout pas "s'affoler" en ayant peur de perdre le contact. Si l'autre ne veut plus de contact, ce n'est pas en insistant que vous le rétablirez. Si c'est une incapacité momentanée de sa part à communiquer... le temps lui permettra de trouver une amorce de discussion. S'il a envie de cette relation il trouvera la force de dépasser ses barrières et reviendra vers vous.

Il est important de laisser à l'autre l'espace dont il a besoin, et le temps de repli nécessaire.

Par contre, à l'évidence, cela vous demande de faire preuve d'une grande force intérieure. Vos propres démons intérieurs se réveillent, vous mettant dans une inquiétude croissante. Ne sachant pas comment agir vous dissipez beaucoup d'énergie à hésiter sur la conduite à tenir, vous envisagez des hypothèses, cherchez des explications, repassez le film de "l'avant-silence". En bref : vous êtes, comme vous dites, « complètement perdue » et vous vous sentez mal.

Il y a des personnes qui ont besoin de paroles pour favoriser l'échange, il en est d'autres qui ont besoin de silence pour se retrouver. Peut-être que... malgré une bonne entente sur des tas de points, cette différence fondamentale dans la façon de communiquer les rend "incompatibles" ?

En tout cas je crois qu'il est vain de s'épuiser à insister si l'autre ne veut pas répondre...

Bon courage, je sais que c'est très difficile à vivre. Amicales pensées.

Posté par Pierre, 23 novembre 2009 à 23:51

Merci Pierre ;)

Je comprends que certains puissent avoir ce besoin de distance (et je le respecte) que vous exprimez dans ces deux phrases:
-"Je perçois le besoin de silence comme un besoin de reprise de distance affective. Un désir de se recentrer sur soi. Quelle que soit la valeur de la relation, le désir de silence exprime un besoin d'en diminuer l'importance relative"
-Il y a des personnes qui ont besoin de paroles pour favoriser l'échange, il en est d'autres qui ont besoin de silence pour se retrouver

Ce que je comprends moins est le fait de ne pas exprimer ce besoin de silence, de distance .Et ainsi ne pas permettre à l'autre de savoir s'il s'agit seulement de ça ou si il y a rupture définitive. Pourquoi le "silencieux" laisse-t-il l'autre dans ce doute? Cela veut-il justement dire qu''il est indécis? Comment faire la différence entre un besoin qu'a l'autre de prendre de la distance ou que c'est fini et qu'il n'ose pas l'exprimer? Encore plus quand on exprime ce besoin légitime de pouvoir faire cette différence et que l'autre ne répond toujours rien.


Je suis d'accord avec vous qu'on ne peut imposer de parler si l'autre ne le veut pas.
Mais si la cause du silence est autre, comme par exemple :
- la timidité, l'émotivité, qui peut conduire à aller jusqu'à esquiver un rendez-vous (peur de dévoiler ses faiblesses.)
- un problème (sexuel) tellement dramatique pour l'homme que celui-ci , même si la femme a tenté de la rassurer, fait qu'il redoute de se retrouver avec elle , qu'il lutte contre ses sentiments et l'évite.
-la peur de s'attacher chez certains, ou de s'engager dans une relation, ou de voir leur vie bouleversée.
etc...

dans ce cas comme vous dîtes Pierre :
" la communication est difficile et demande une certaine assurance parce qu'elle peut mener à une remise en question et réveiller des fragilités enfouies. Je ne crois pas que le silence soit autre chose qu'une protection"

mais je ne suis pas sure que: "S'il a envie de cette relation il trouvera la force de dépasser ses barrières et reviendra vers vous"
Dans le cas de la personne que j'aime , je suis même certaine du contraire, même dans le cas où au fond de lui il aimerait cette relation:
il réunit tout ce que j'ai évoqué plus haut, de plus il me connait à peine... chaque fois qu'on s'est vus il y avait une attirance intense et évidente entre nous mais son attitude était ambigue, jusqu'à un soir où il s'est rapproché de moi et m'a parlé de son problème, mais voila une fois loin de moi il rentre de nouveau dans sa coquille, la peur, la raison, l'emportent sur le coeur . Tout ce qui pourrait changer cela c'est qu'on se voit, pour que cette attirance l'emporte sur ses craintes, que je lui parle, que je puisse le rassurer.
Lui ne fera rien , j'en suis sure, il est comme emmuré dans sa peur et son silence.
Alors dans ce cas, ne vaut-il mieux pas essayer d'aller le voir, de lui parler?
Qu'en pensez-vos?
Merci
Bonne journée

Posté par Hibiscus, 24 novembre 2009 à 14:01

Le mur du silence

Hibiscus, vous décrivez très bien les difficultés qu'il peut y avoir à donner du sens au silence.

Vous aimeriez que le silencieux sorte de son mutisme pour exprimer clairement son besoin de silence (ce qui constitue déjà une performance !), mais seriez vous beaucoup plus avancée s'il y consentait ? Certes vous pourriez accepter pleinement le besoin de silence de l'autre, mais... pendant combien de temps ? S'il s'éternise au delà de vos capacité à l'endurer vous pourriez bien vous retrouver à la case départ. Il s'agit d'une opposition entre deux besoins dont je vois mal les compatibilités.

« Pourquoi le "silencieux" laisse-t-il l'autre dans ce doute? ». Je suppose que c'est parce qu'il pense d'abord à son bien-être avant celui de l'autre. « Bien-être » pouvant s'assimiler à "besoin vital", donc prioritaire sur tout autre...

Je pense que le silencieux agit ainsi d'abord parce qu'il ne voit pas comment faire autrement. Peut-être dans l'incapacité de décider, ou se culpabilisant de ce qu'il fait endurer, ou pour toute autre raison qu'il ne peut précisément pas expliquer. Comme une sorte de cercle vicieux qui se nourrit de lui-même : expliquer le silence deviendrait encore plus compliqué à dire que ce qui l'a fait naître !

Alors... fini ou pas fini... je crois que c'est cette hésitation en lui qui peut causer le silence. Trop difficile de trancher, et en même temps impression d'impossibilité à continuer. Les mots sont "enfermés", à l'image de l'esprit qui ne trouve pas de chemin satisfaisant. En parlant de « lutte entre ses sentiments » vous évoquez clairement cela, tout comme les termes « esquive » et « peur » : il ne se sent pas capable d'affronter le réel.

La parole est un lien établi avec l'autre, qui demande une confiance proportionnelle au degré d'intériorité dévoilée. Si la parole ne vient plus c'est que la confiance n'est plus là. Déficit de confiance en soi ou en l'autre, le résultat est le même.

« Lui ne fera rien , j'en suis sure, il est comme emmuré dans sa peur et son silence.
Alors dans ce cas, ne vaut-il mieux pas essayer d'aller le voir, de lui parler?
Qu'en pensez-vos? »

Ne pensez-vous pas qu'on s'emmure pour se protéger ? Vous, vous sentez bien que vous n'êtes pas une menace, mais cet homme refuse, par son silence, d'établir des passerelles. Il se peut que vous puissiez l'aider... mais lui ne le sait pas. Ou n'y croit pas. Ou encore, inconsciemment, ne le veut pas... Parce que s'ouvrir, se dévoiler, c'est prendre des risques, dont celui du changement. C'est prendre aussi le risque de montrer des "faiblesses" qui peuvent être difficile à assumer.

Vous vous êtes prête à prendre le risque, parce que vous vous sentez au clair avec vos désirs. Lui non, apparemment. En tout cas pas maintenant. Et on n'aide pas quelqu'un qui ne le veut pas...

C'est son chemin, pas le vôtre (je sais que ce peut être difficile à accepter...)

La question que vous pouvez "travailler", la seule chose sur laquelle vous avez réellement un pouvoir de changement, c'est de vous demander pourquoi vous avez tellement envie de l'aider. Et qu'est-ce qui se passerait s'il continuait à fuir le lien par les mots ? Qu'est-ce que vous ressentiriez ?

Jusqu'où êtes vous prête à aller face à son silence ?

C'est à vous de voir : tenter la chance de lui proposer une aide qu'il pourrait accepter... tout en prenant le risque de souffrir vous-même s'il refuse cette aide.

J'espère que mes mots ne vous paraissent pas trop durs :o)

Posté par Pierre, 24 novembre 2009 à 20:45

Pierre, votre réponse à Hibiscus me laisse admirative . Il y a en vous une grande sensibilité à l'autre et un sacré chemin de parcouru dans le travail sur soi pour répondre de la sorte . Vous ferez un bon thérapeute , cela me semble une évidence . Je lis et relis cette réponse qui résonne tellement juste à mes oreilles . J'ai bien fait de passer ici ce soir . Merci .

Posté par julie, 24 novembre 2009 à 22:26

Pierre, ce que vient d'écrire Julie, est exactement ce que je pense aussi. Tout ce travail t'a amené à avoir une vision très juste sur certains problèmes de relations amoureuses. La réponse que tu donnes à Hibiscus ressemble de très près à nos échanges précédents, car ce que je vis est également très semblable à ce que vit Hibiscus. Tes mots sont peut-être durs à entendre parce qu'on ne voudrait pas avoir à les entendre. Mais on sait très bien qu'ils sont justes, qu'ils sont vrais. Tu vois ce qui se passe, tu comprends, et de ce fait en tant que "personne neutre", tu exprimes ce que ressent l'un et l'autre. Mais le problème pour nous, c'est que même si nous sommes prêtes à entendre, eux ne peuvent pour le moment rien entendre, rien voir, ils sont aussi sourds que muets. Ils sont malheureux et ne savent pas ce qu'il faut faire pour se sortir de là. Et pourtant, je pense que s'ils pouvaient entendre la sagesse de tes propos, ressentir la compréhension que tu exprimes, ils pourraient sûrement faire un petit pas en avant...c'est vers une personne comme toi qu'ils faudraient qu'ils aillent pour commencer à sortir de leur mutisme...mais encore aujourd'hui ils ne peuvent pas...Merci Pierre pour ces réponses qui analysent bien la situation.

Posté par Josiane, 25 novembre 2009 à 06:38

En tant que (grand) silencieux, qui cherche à se soigner d'ailleurs, j'aimerais apporter mon propre éclairage sur quelques points.

La remarque de Pierre "expliquer le silence deviendrait encore plus compliqué à dire que ce qui l'a fait naître !" me paraît très pertinente. Il y a selon moi une sorte de muraille qui nous enserre, nous étreint, et dont les mots ne peuvent sortir. Mais ce peut être parce que les "mots" ne sont pas le canal de communication approprié, que l'effort pour les prononcer ou les entendre est insurmontable. Ce sentiment de blocage peut naître d'un stade "avant les mots", d'un sentiment fondamental, diffus, qui peine à émerger dans la conscience et plus encore dans les mots.

En ce sens je ne suis pas d'accord avec la phrase " Si la parole ne vient plus c'est que la confiance n'est plus là" : à mon sens cela n'a rien à voir. La confiance peut être présente, c'est le canal qui est inadapté et provoque blocage et/ou souffrance. De même dans les verbes " ne le sait pas ... n'y croit pas ... ne le veut pas", il manque clairement "ne le peut pas". Et les "faiblesses difficiles à assumer" sont peut-être tout simplement et tout d'abord difficiles à "conscientiser", à percevoir en soi.

On n'aide pas quelqu'un qui ne le veut pas, mais peut-être le canal des mots n'est-il pas approprié pour "ouvrir" certaines souffrances.

Posté par Yogi, 25 novembre 2009 à 11:48

qui entend quoi?

est-ce qu'on entend *vraiment* ce que dit l'Autre, est-ce qu'on a du repect pour son silence?

pourquoi cette croyance ds le fait que l'Autre n'entend pas 'ce qui serait BON POUR LUI' et que c'est pour ça qu'il ne va pas bien car il n'est pas 'capable' seul de trouver ce qui peut l'aider?

pourrions-nous quitter 'la toute puissance' de cette croyance qui fait que *JE suis capable, moi* de sauver l'Autre malgré lui ou pour lui?....ne serait-ce pas nous que ça arrangerait bigrement si l'Autre voulait ENFIN agir comme NOUS le voulons POUR LUI?

chacun est *libre* de se sentir comme il veut, y compris d'aller mal et même de s'en plaindre.....inutile de répondre au son de cette sirène qui 'semble' dire "sauve-moi!", "agis pour moi", "fais à ma place".......

on ne peut sauver que soi, y compris en s'éloignant de celui, celle que l'on aime (surtout si on l'Aime!): c'est aussi *ça* le respect de l'Autre et de son silence notamment....il y a des miracles qui ne se produise qu'à ce moment-là (pour soi et/ou pour l'Autre)

ds l'éloignement, on peut, néanmoins, continuer à 'montrer' que l'on est 'là' mais sans l'imposer, sans demander la réciprocité, par ex.....avec l'écrit, l'Autre n'est pas tenu de lire ou de répondre, c'est 'neutre' mais c'est une *présence*, point....*mais* c'est 'vachement' dur ne ne rien en *attendre* ;-)

*patience*.....et pendant que l'on patiente, il est indispensable de *vivre* tout sain'plement pour soi et sans l'Autre (qu'il soit ou non 'physiquement' là).....c'est re-vachement-dur

une réelle *liberté* pour soi et pour l'Autre est à ce prix???!

peut-être qu'une vie n'y suffit pas ;-)
bon courage et des bisous pour se faire du bien ;-)

Posté par camille, 25 novembre 2009 à 12:06

D'accord avec toi Yogi: "on n'aide pas quelqu'un qui ne le veut pas..." Mais quel serait donc ce "fameux" canal approprié pour sortir de cette souffrance provenant du silence duquel on ne peut pas sortir, si ce n'est pas par les mots que l'on entend et ceux qu'on prononce. Ca fait quand même du bien de parler, même si on arrive à ne parler qu'à l'enfant qui est en nous, à celui qui a besoin d'être encouragé en nous, à celui qui a besoin d'être aimé en nous. Le silence me semble indispensable pour faire le point, pour se remettre en question mais en sortir aussi me semble tout aussi indispensable. Même si ça prend du temps...
Alors oui, comme le dit Camille, entrent en jeu la patiente, la présence et naturellement l'amour...l'amour de la vie, l'envie de vivre quoi qu'il arrive...le silence en dit d'ailleurs beaucoup sur nous mais le problème c'est qu'on ne sait pas toujours l'interpréter, on ne sait pas toujours ce qu'il veut dire et on se pose des questions...qui n'ont pas toujours de réponses. Pierre, ton blog nous permet de communiquer, d'essayer de comprendre les autres, de s'exprimer, de sortir justement du silence et ça fait du bien de lire des points de vue, de recevoir des encouragements et des bisous de Camille pour se faire du bien. Tout cela nous permet d'avancer...

Posté par Josiane, 25 novembre 2009 à 13:10

Camille, ce que tu dis là, je le ressens pleinement ....et sur bien des points !

Le silence de l'autre, même si on le connait depuis le début de notre histoire, on l'accepte et on le respecte dans la mesure, où il existe ailleurs et d'une autre manière une communication possible: on fait des choses ensemble à certains moments qui permettent à la relation d'exister.

C'est dans la durée que le silence de l'un devient pesant pour l'autre.

La vie fait qu'avec l'arrivée des enfants, les rôles se différencient, le temps est compté, au détriment de la relation de couple.
Quand les emplois du temps divergent, les loisirs divergent, les projets sont différents...comment un couple peut il s'en sortir s'ils ne se parlent pas un minimum ?

Si l'un se tait, parce qu'il ne peut pas s'exprimer, ou parce qu'il ne veut pas, il va sans dire que l'autre se met à trop parler pour compenser et "sauver les meubles" (croit-il !)et il en oublie d'écouter l'autre dans son silence.
Le danger vient du fait que celui qui parle se met à penser pour l'autre, supposer, échafauder, répondre à la place de l'autre, parce qu'il est insupportable de ne pas avoir de réponse, surtout quand le bateau sombre.
L'effet qui en découle, c'est que celui qui se tait, ne se reconnait plus dans l'avalanche de dires de celui qui parle. Il se sent incompris, poussé dans ses retranchements et se referme de plus en plus sur lui même.
Dans ce cas de figure, il est impératif de trouver d'autres moyens de communication que la parole.

Quand les deux parties sont en mesure de parler, de s'interroger, de s'écouter, il est plus aisé de mettre en commun des projets, des choix de vie, même si les optiques sont différentes. Il peut y avoir accord, ou négociation, ou conflit.... mais il y a de la communication...et donc de la Vie !
Un couple qui ne communique pas, meurt.

Même si on respecte le silence de l'autre, on est en droit d'attendre une réponse de sa part (sur le mode qu'il choisit), pour arriver à établir un consensus de "fonctionnement", sans quoi aucune relation n'est possible, à mon sens et une séparation semble évidente.( en sachant que pour pouvoir se séparer, il faut encore parler !!!)

Joli constat !!...pour ce qui est de le mettre en place ???!!!... je voudrais bien trouver l'énergie !!

Posté par nadine, 25 novembre 2009 à 13:26

Merci Pierre

Emportée par l'élan, j'ai oublié de remercier Pierre et tous les intervenants!...comme le dit Josiane, ton blog nous permet de nous libérer, de nous réconforter et c'est très beau !

Posté par nadine, 25 novembre 2009 à 13:30

Vous semblez en tout cas tous vous accorder à dire que face au silence le mieux est de ne rien faire.
Sauf Camille : "ds l'éloignement, on peut, néanmoins, continuer à 'montrer' que l'on est 'là' mais sans l'imposer, sans demander la réciprocité, par ex.....avec l'écrit, l'Autre n'est pas tenu de lire ou de répondre, c'est 'neutre' mais c'est une *présence*"

Nadine: le silence dont vous parlez est une autre forme de silence, celui d'une personne introvertie au fil du temps, d'une longue relation. Il doit être dur à vivre aussi.

De nouveau merci, Pierre.
Non vos mots ne sont pas trop durs ;) , ils apportent au contraire un éclaircissement et par conséquent une aide précieuse.

"Et qu'est-ce qui se passerait s'il continuait à fuir le lien par les mots ? Qu'est-ce que vous ressentiriez ?
Jusqu'où êtes vous prête à aller face à son silence ?"
Vous avez raison, tourner la page est sans doute moins difficile que l'insistance vaine.

"La question que vous pouvez "travailler", la seule chose sur laquelle vous avez réellement un pouvoir de changement, c'est de vous demander pourquoi vous avez tellement envie de l'aider."
C'est amusant car vous touchez là un point essentiel.
Qui est à la base de ce pour quoi je me suis laissée allée à l'aimer et qui me motive en dépit de tout à croire à cette relation.
Je n'en dis pas plus car là n'est pas le sujet.Mais disons qu'il y a en lui une tristesse qui n'est autre qu'un manque d'amour, amour qui lui manque et qu'il fuit pourtant, par peur, par pudeur . Amour que je sens présent entre nous dès qu'on se voit, et contre lequel il lutte ensuite, même s'il aimerait au fond de lui s'y abandonner.
Voila pourquoi il est si dur de tourner la page, je devrais effectivement penser aussi à moi, me dire que je risque plus de souffrir qu'autre-chose à vouloir l'aider dans un chemin qui comme vous le dîtes n'appartient qu'à lui, donc en vain si lui n'y arrive pas ou s'y refuse.
Mais je l'aime , plus que moi sans doute, et là réside cet acharnement à vouloir l'aider, à vouloir l'aimer.
Il est plus facile de tourner la page quand une personne vous dit clairement qu'elle ne vous aime pas, qu'elle ne veut pas de vous.
Mais lui , il était heureux de ce qui nous arrivait, moi n'en parlons pas, cette relation était ce que je souhaitais le plus au monde et son silence maintenant ressemble à un gâchis épouvantable.
Voila..
Mais ce que vous écrivez m'éclaire et me permet de moins ressentir son silence comme de l'indifférence , un manque de considération.

"Ne pensez-vous pas qu'on s'emmure pour se protéger ? Vous, vous sentez bien que vous n'êtes pas une menace, mais cet homme refuse, par son silence, d'établir des passerelles. Il se peut que vous puissiez l'aider... mais lui ne le sait pas. Ou n'y croit pas. Ou encore, inconsciemment, ne le veut pas... Parce que s'ouvrir, se dévoiler, c'est prendre des risques, dont celui du changement. C'est prendre aussi le risque de montrer des "faiblesses" qui peuvent être difficile à assumer"

Mais dans ce cas rien ne fera que la personne change en l'absence d'échange. Donc autant considérer que la personne ne sortira pas de son silence.
Mais est-on forcément emmuré pour se protéger? Le timide n'arrive pas à accomplir certaines choses, même s'il le voudrait.

Je me permets de partager ici deux textes en rapport avec ce que vous dîtes, trouvés sur internet:
Avis bienvenus;)

La fuite devant l’amour L’un des écueils où risque de se briser l’amour naît paradoxalement de son intensité. Des mécanismes de fuite devant l’amour entrent en jeu chez beaucoup d’êtres hypersensibles quand la relation devient intense, fusionnelle, unique et quand l’objet d’amour est ’surinvesti’, ce qui pousse à s’en protéger, à s’en séparer.

Et celui d'un certain Léo que je trouve bien exprimé:
Le coeur des hommes peut parfois paraitre abrupt, et chez certains, il l'est. Chez d'autres, ce n'est qu'une enveloppe, l'intérieur est délicat et très tendre.

Mais chacun de ces coeurs bat au rythme de sa propre histoire, celui de ses peurs et de ses désirs.

C'est vrai que certains hommes fuient quand le bonheur se présente à eux... peut-être ne sont-ils pas prêt à l'accueillir...
Les motifs...mieux vaut ne pas les chercher, d'ailleurs je ne suis pas sûr qu'eux même les connaissent.

Pour d'autres, le bonheur fait peur parce qu'après tant désiré, ils n'y croient tout simplement plus ou bien ils ont peur de l'embrasser, de l'abîmer et puis de le perdre, cette idée leur parait insupportable.

Et puis, il y a des hommes chanceux, qui apprennent à accepter ce que leur donne la vie. Lorsque l'amour se présente à eux, ils lui sourient et l'accueillent à bras ouverts.

La peur d'être aimé ne tiendrait-elle pas plutot de la peur de dévoiler ses faiblesses face à celle que l'on aime... de se mettre à nu... cela signifie pour un homme de mettre son égo de coté avec tout ce que cela comporte (machisme et autres idées de ce genre). Mais vivre un véritable amour ne nécessite-t-il pas ce petit sacrifice ?

Abandonner sa pudeur sentimentale pour dévoiler sa véritable nature humaine, s'abandonner dans les bras d'une belle histoire pour construire un bonheur durable, et oui, se laisser aller devient parfois plus difficile que de rester attaché à nos vieilles souffrances au sein desquelles on se complait.

Il faut accepter de laisser tomber son passé au pied de l'escalier avant de monter les marches du bonheur.

Posté par Hibiscus, 25 novembre 2009 à 18:12

Vous semblez en tout cas tous vous accorder à dire que face au silence le mieux est de ne rien faire.
Sauf Camille : "ds l'éloignement, on peut, néanmoins, continuer à 'montrer' que l'on est 'là' mais sans l'imposer, sans demander la réciprocité, par ex.....avec l'écrit, l'Autre n'est pas tenu de lire ou de répondre, c'est 'neutre' mais c'est une *présence*"

Nadine: le silence dont vous parlez est une autre forme de silence, celui d'une personne introvertie au fil du temps, d'une longue relation. Il doit être dur à vivre aussi.

De nouveau merci, Pierre.
Non vos mots ne sont pas trop durs ;) , ils apportent au contraire un éclaircissement et par conséquent une aide précieuse.

"Et qu'est-ce qui se passerait s'il continuait à fuir le lien par les mots ? Qu'est-ce que vous ressentiriez ?
Jusqu'où êtes vous prête à aller face à son silence ?"
Vous avez raison, tourner la page est sans doute moins difficile que l'insistance vaine.

"La question que vous pouvez "travailler", la seule chose sur laquelle vous avez réellement un pouvoir de changement, c'est de vous demander pourquoi vous avez tellement envie de l'aider."
C'est amusant car vous touchez là un point essentiel.
Qui est à la base de ce pour quoi je me suis laissée allée à l'aimer et qui me motive en dépit de tout à croire à cette relation.
Je n'en dis pas plus car là n'est pas le sujet.Mais disons qu'il y a en lui une tristesse qui n'est autre qu'un manque d'amour, amour qui lui manque et qu'il fuit pourtant, par peur, par pudeur . Amour que je sens présent entre nous dès qu'on se voit, et contre lequel il lutte ensuite, même s'il aimerait au fond de lui s'y abandonner.
Voila pourquoi il est si dur de tourner la page, je devrais effectivement penser aussi à moi, me dire que je risque plus de souffrir qu'autre-chose à vouloir l'aider dans un chemin qui comme vous le dîtes n'appartient qu'à lui, donc en vain si lui n'y arrive pas ou s'y refuse.
Mais je l'aime , plus que moi sans doute, et là réside cet acharnement à vouloir l'aider, à vouloir l'aimer.
Il est plus facile de tourner la page quand une personne vous dit clairement qu'elle ne vous aime pas, qu'elle ne veut pas de vous.
Mais lui , il était heureux de ce qui nous arrivait, moi n'en parlons pas, cette relation était ce que je souhaitais le plus au monde et son silence maintenant ressemble à un gâchis épouvantable.
Voila..
Mais ce que vous écrivez m'éclaire et me permet de moins ressentir son silence comme de l'indifférence , un manque de considération.

"Ne pensez-vous pas qu'on s'emmure pour se protéger ? Vous, vous sentez bien que vous n'êtes pas une menace, mais cet homme refuse, par son silence, d'établir des passerelles. Il se peut que vous puissiez l'aider... mais lui ne le sait pas. Ou n'y croit pas. Ou encore, inconsciemment, ne le veut pas... Parce que s'ouvrir, se dévoiler, c'est prendre des risques, dont celui du changement. C'est prendre aussi le risque de montrer des "faiblesses" qui peuvent être difficile à assumer"

Mais dans ce cas rien ne fera que la personne change en l'absence d'échange. Donc autant considérer que la personne ne sortira pas de son silence.
Mais est-on forcément emmuré pour se protéger? Le timide n'arrive pas à accomplir certaines choses, même s'il le voudrait.

Je me permets de partager ici deux textes en rapport avec ce que vous dîtes, trouvés sur internet:
Avis bienvenus;)

La fuite devant l’amour L’un des écueils où risque de se briser l’amour naît paradoxalement de son intensité. Des mécanismes de fuite devant l’amour entrent en jeu chez beaucoup d’êtres hypersensibles quand la relation devient intense, fusionnelle, unique et quand l’objet d’amour est ’surinvesti’, ce qui pousse à s’en protéger, à s’en séparer.

Et celui d'un certain Léo que je trouve bien exprimé:
Le coeur des hommes peut parfois paraitre abrupt, et chez certains, il l'est. Chez d'autres, ce n'est qu'une enveloppe, l'intérieur est délicat et très tendre.

Mais chacun de ces coeurs bat au rythme de sa propre histoire, celui de ses peurs et de ses désirs.

C'est vrai que certains hommes fuient quand le bonheur se présente à eux... peut-être ne sont-ils pas prêt à l'accueillir...
Les motifs...mieux vaut ne pas les chercher, d'ailleurs je ne suis pas sûr qu'eux même les connaissent.

Pour d'autres, le bonheur fait peur parce qu'après tant désiré, ils n'y croient tout simplement plus ou bien ils ont peur de l'embrasser, de l'abîmer et puis de le perdre, cette idée leur parait insupportable.

Et puis, il y a des hommes chanceux, qui apprennent à accepter ce que leur donne la vie. Lorsque l'amour se présente à eux, ils lui sourient et l'accueillent à bras ouverts.

La peur d'être aimé ne tiendrait-elle pas plutot de la peur de dévoiler ses faiblesses face à celle que l'on aime... de se mettre à nu... cela signifie pour un homme de mettre son égo de coté avec tout ce que cela comporte (machisme et autres idées de ce genre). Mais vivre un véritable amour ne nécessite-t-il pas ce petit sacrifice ?

Abandonner sa pudeur sentimentale pour dévoiler sa véritable nature humaine, s'abandonner dans les bras d'une belle histoire pour construire un bonheur durable, et oui, se laisser aller devient parfois plus difficile que de rester attaché à nos vieilles souffrances au sein desquelles on se complait.

Il faut accepter de laisser tomber son passé au pied de l'escalier avant de monter les marches du bonheur.

Posté par Hibiscus, 25 novembre 2009 à 18:29

PS Que penser du proverbe "qui ne dit mot consent"
(!)

Posté par Hibiscus, 25 novembre 2009 à 18:40

Un silence qui fait parler !

Les échanges de ressentis et d'expériences autour du silence, entre vous et faisant suite "spontanément" à un texte déjà vieux de... presque quatre ans, me fait très plaisir. Je trouve que s'expriment des choses très intéressantes et je me réjouis en vous lisant :o)

Je retiens l'idée de Yogi qui parle des mots comme étant un canal d'expression peut-être inapproprié. Oui, peut-être bien...

Les mots sont un langage de l'intellect et ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de "communiquer" en certaines situations de grande sensibilité.

Camille, c'est important aussi ce que tu dis sur le « respect du silence », et de ce qu'on peut *entendre* de l'autre dans son silence. À condition de ne pas nous laisser assourdir par nos propres angoisses face au silence...

Je crois que le silence de l'autre est un excellent ferment pour l'imaginaire : il nous renvoie à nous même et à nos craintes, qui peuvent vite prendre toute la place laissé "libre" par l'inaudibilité de l'autre. C'est ce que dit Josiane : « on se pose des questions...qui n'ont pas toujours de réponses ». Et en l'absence de réponses... on en trouve, qui sont peut-être totalement à côté de la plaque, comme le rappalle Nadine « Le danger vient du fait que celui qui parle se met à penser pour l'autre, supposer, échafauder, répondre à la place de l'autre, parce qu'il est insupportable de ne pas avoir de réponse, surtout quand le bateau sombre. »


Tout à fait d'accord, Camille, avec le danger du sentiment de toute puissance, croyant savoir mieux que l'autre ce qui lui serait profitable. Cela revient à se sentir "meilleur" que l'autre (et lui faire sentir qu'il est "moins bien")... ce qui ne favorise pas la nécessaire confiance dont je parlais (car, Yogi, je persiste à penser que c'est une question de *se sentir en confiance* qui fait qu'on s'ouvre ou se ferme).

J'aime bien ce que tu dis, Camille : « c'est vachement dur de ne rien attendre ».

Nadine, tu dis aussi « pour pouvoir se séparer, il faut encore parler !!! ». C'est bien la problématique d'Hibiscus, qui ne sait pas dans quelle direction aller : vers l'autre ou vers la séparation ?

Hibiscus, vous dite : « tourner la page est sans doute moins difficile que l'insistance vaine ». Oui... quand on est sûr qu'elle est vaine ! Mais tant qu'on n'en est pas sûr il est très difficile de renoncer. Cela demande de penser à soi avant de penser à l'autre (ou du moins de se mettre, faussement, à la place de l'autre...).

Vous décrivez bien le piège dans lequel vous vous êtes inscrite : « Mais je l'aime , plus que moi sans doute, et là réside cet acharnement à vouloir l'aider, à vouloir l'aimer.»

Je trouve cete phrase significative : « Mais dans ce cas rien ne fera que la personne change en l'absence d'échange. »

Elle me semble indiquer que vous pensez que la personne doit changer, mais... est-ce qu'elle a envie de changer ? En a t-elle manifesté clairement le désir ? Y est-elle prête ?

« Le timide n'arrive pas à accomplir certaines choses, même s'il le voudrait. ». Faudrait-il les accomplir à sa place ? "L'aider" à les accomplir ? Jusqu'à quand ? Jusqu'à quel stade de libération de sa timidité ? Et quel est le sens de cette "timidité" ?

Pour ce qui est de la fuite des hypersensibles devant l'amour, l'extrait cité décrit très bien ce mécanisme (largement inconscient). Je ne sais pas si on peut éviter cette fuite puisque toute attitude "aimante" tendra à renforcer l'envie de fuir (tandis que la fuite de l'un renforcerait le désir de *donner de l'amour* à l'autre).

Le texte de Léo me semble bien vu... à ceci près qu'il distingue hommes et femmes. Je ne crois pas que le genre sexuel influe beaucoup sur ce dont il est question...

Pas d'avis sur le proverbe, si ce n'est qu'il ne faudrait pas chercher à lui faire dire ce qu'on souhaite ;o)

Un grand merci à chacun de vous pour cet échange qui me permet, comme toujours, d'aller plus loin dans ma conscience de ce qui s'exprime dans le silence...

Posté par Pierre, 25 novembre 2009 à 20:37

"Je trouve cette phrase significative : « Mais dans ce cas rien ne fera que la personne change en l'absence d'échange. »
Elle me semble indiquer que vous pensez que la personne doit changer, mais... est-ce qu'elle a envie de changer ? En a t-elle manifesté clairement le désir ? Y est-elle prête ?"

Non il n'en a pas clairement manifesté le désir, mais je ne pense pas qu'il se complaise dans ses manques, je retourne la question : peut-on préférer rester dans ses peurs , ne pas avoir envie d'acceuillir ce qui manque et qui se présente à soi , à cause d'elles?

Pourquoi m'avoir confié son problème et avoir amorcé une relation, s'il n'avait eu envie de cette relation , et donc de s'ouvrir à ce à quoi ses peurs le ferment? Donc indirectement de vouloir changer?

Mais en fait je disais "dans ce cas rien ne fera que la personne change en l'absence d'échange" pour dire que " donc autant considérer que la personne ne sortira pas de son silence."

D'autant quand le silence est total et qu'il dure depuis 5 mois.
?

Posté par Hibiscus, 27 novembre 2009 à 00:57

Bonjour
Suite de mes messages...
Tout ce qui a été écrit plus haut m'a éclairée. Cependant beaucoup d'interrogations demeurent..
A propos du silence dans le contexte que j'ai évoqué, qui est donc soit signification non exprimée de rupture, soit une incapacité de la personne à savoir ce qu'elle veut , soit un besoin de distance face à trop d'amour exprimé ( dans ce cas d'ailleurs , est-ce définitement foutu?) ou besoin de distance face à ses peurs qu'elle n'arrive ou ne veut dépasser, cela ne traduit-il pas obligatoirement une absence de sentiments? Peut-on agir comme ça même en étant amoureux? Mettre en péril la relation, voire prendre le rique que l'autre tourne la page, alors même que ce n'est pas ce qu'on souhaite?
Qu'en est-il des effets du temps sur les sentiments (si sentiments il y a ) d'une personne qui a instauré ce silence, cette distance?

Posté par Hibiscus, 27 novembre 2009 à 15:38

Silence et sentiments

« peut-on préférer rester dans ses peurs , ne pas avoir envie d'acceuillir ce qui manque et qui se présente à soi , à cause d'elles? »

Je crains que oui (pas forcément consciemment, bien sûr) : il est parfois plus "confortable" de rester dans des peurs auxquelles on est habitué, même si elles nous emprisonnent, que de prendre le risque d'aller vers quelque chose d'inconnu.

Par rapport à l'ouverture relationnelle, sentimentale et confidentielle, qui a existé à un moment donné, parce que des conditions particulières ont permis un déblocage... pensez-vous que cela devait forcément durer dans le temps ? Ne peut-il y avoir eu seulement une "fenêtre de disponibilité" qui s'est refermée ensuite ? Ne jamais oublier que seul le présent est réel : tout ce qui a été dit ou fait dans le passé n'était valable qu'à ce moment là, dans l'état d'esptit de ce moment-là. C'est parfois très difficile d'accepter qu'on a pu se "tromper" en imaginant autre chose que ce qui est...

Pour ce qui est d'un silence total de 5 mois, certes c'est long quand on est dans l'inquiétude. Alors que faire ? Parce que ça peut durer encore longtemps (ou pas) et se débloquer (ou pas) n'importe quand. L'incertitude est totale. Pour éviter d'être torturée par ce silence la seule personne sur qui vous puissiez agir c'est vous. Je crois que ça passe par plusieurs étapes. D'abord entendre en vous les émotions que ce silence suscite (inquiétude, colère, tristesse, et.). Sentir aussi vos limites à endurer ça. Accepter que vous ayez des limites. Ensuite... soit vous agissez vers ce silencieux, en "violant" son mutisme (en étant prête à en assumer les conséquences...), soit vous agissez sur votre investissement affectif en prenant de la distance. Je ne vois pas d'autre alternative.

Pour ce qui est des sentiments il me semble que ce qui compte ce n'est pas de se demander si cet homme en a à votre égard mais si VOUS vous sentez aimée en constatant son attitude. Ce n'est vers lui que vous devez tourner votre regard et vos interrogations, mais sur vous-même. Lui n'apporte aucune réponse, alors que VOUS savez ce qu'il en est pour vous.

Qu'il ait des sentiments ou pas, ce qui compte pour vous c'est que vous y trouviez satisfaction.

Les questions que vous posez n'ont pas de réponse. Vous ne pouvez qu'émettre des hypothèses. Ça peut aider à agir...


Pour ce qui est du temps et des sentiments je ne crois pas qu'il y ait vraiment de corrélation. Certaines personnes "oublient" très vite sans contacts rapprochés, d'autres gardent toute leur vie des sentiments, y compris à l'égard de personnes décédées, donc sans espoir de sortie du "silence". Tout dépend de l'investissement affectif et du désir de le faire durer ou au contraire de "passer à autre chose". C'est vraiment une question d'individualités.

Posté par Pierre, 27 novembre 2009 à 19:13

Merci Pierre, j'espère ne pas avoir trop investi votre blog par trop de questions personnelles.;)

pensez-vous que cela devait forcément durer dans le temps ?
Oui je le pensais car il on a eu du mal à se quitter, il semblait amoureux, heureux, et voulait qu'on s'écrive, qu'on se voit.

Cependant je trouve ces paroles très justes (hélas):
Ne peut-il y avoir eu seulement une "fenêtre de disponibilité" qui s'est refermée ensuite ? Ne jamais oublier que seul le présent est réel : tout ce qui a été dit ou fait dans le passé n'était valable qu'à ce moment là, dans l'état d'esprit de ce moment-là.

soit vous agissez vers ce silencieux, en "violant" son mutisme (en étant prête à en assumer les conséquences...), soit vous agissez sur votre investissement affectif en prenant de la distance. Je ne vois pas d'autre alternative.
Ou peut-être la deuxième, puis la première alternative, quand ça ira mieux et que je pourrais en assumer les conséquences ;)
ou l'inverse car les conséquences aident à aller dans un sens ou dans un autre.

Pour ce qui est des sentiments il me semble que ce qui compte ce n'est pas de se demander si cet homme en a à votre égard mais si VOUS vous sentez aimée en constatant son attitude
Oui bien sur ,vous avez raison, mais la question initiale m'intéresse quand même!

Qu'il ait des sentiments ou pas, ce qui compte pour vous c'est que vous y trouviez satisfaction.
Oui c'est tout à fait vrai, et l'on devrait sans doute fuir l'amour s'il n'apporte pas ce qu'on en attend, mais dans la réalité il n'est pas toujours facile d'accès, il fait souvent souffrir, en témoignent toute la littérature, qui n'existerait pas si on cessait d'aimer dès lors que cet amour nous fait souffrir.;)

Merci à vous

Posté par Hibiscus, 27 novembre 2009 à 19:57

Hibiscus, vous pouvez laisser de côté vos scrupules à avoir fait part de vos questionnements personnels ici : ils sont utiles :o) Je crois que ce sont ceux de la plupart des personnes confrontées à un silence qui les inquiète. Les propos échangés à ne peuvent que donner des éléments supplémentaires de réflexion à ceux qui arrivent ici à la recherche de réponses...

J'aurais aimé les lire lorsque je me suis trouvé dans une situation comparable à la votre.

Posté par Pierre, 28 novembre 2009 à 13:46

Me voila donc rassurée!

Ce qu'il y a dans toutes ces réflexions sur le silence, c'est qu'elles ne peuvent être que générales, il y a tant d'êtres différents,de contextes tout aussi différents, qu'on ne peut considérer les choses de la même façon selon ces êtres, ces contextes.
On est seul à avoir vécu les choses, à connaitre la personne , et sans doute devrait-on chercher au fond de soi, les réponses que l'on cherche auprès des autres.
Mais n'ayant jamais été confrontée ainsi à la non réponse de quelqu'un, je le ressentais comme une totale indifférence, incompréhensible compte-tenu de la personne, du contexte.
Certaines personnes sont donc emmurées dans leurs appréhensions, et pas forcément aussi indifférentes que leur attitude le laisserait penser.
Reste à savoir sine rien faire face à ce silence, ne pas tenter d'aller quand même vers l'autre, est valable dans tous les cas.

Posté par Hibiscus, 29 novembre 2009 à 16:43

@Hibiscus : Il me paraît en effet impossible de généraliser, et si certains silences peuvent sans doute être de la cruauté intellectuelle, de la pleutrerie ou de l'indifférence, je pense que dans certains cas il peut y avoir une immense souffrance derrière un silence, une forme de "prostration", d'abattement, un sentiment d'impuissance totale face à ce qui est perçu comme une fatalité ou une condamnation sans rémission posée par l'existence, où tout espoir est vain et hors de portée.

Ce qui ramène à la question de Josiane sur le canal approprié pour sortir de cette souffrance, et j'avoue ne pas avoir de réponse toute faite ... Un silence "de désespoir" pourra sans doute être atténué par une présence (muette elle aussi ou en tous cas ne demandant rien), un partage, un contact, ... il me semble d'ailleurs que certaines thérapies visent à faire "sortir" cette souffrance muette, à la faire parvenir pleinement à la conscience au moins avant d'arriver à la parole ... Je ne sais pas si cela peut éclairer ni si cela s'applique ici. Bonne route à toutes et tous ...

Posté par Yogi, 30 novembre 2009 à 13:17

i10it ;...,à Yogi

Yogi ce que tu dis en réponse à Hibiscus est juste (premier paragraphe).
Ce type de comportement peut être débloqué par une approche différente de la parole. Il existe des thérapies sensorielles, entre autre, par le toucher...
mais il faut que la personne accepte l'intervention d'un tiers.
Or il se trouve que ces personnes qui se trouvent en difficulté dans leur couple ou dans l'entourage ne sont pas à même de mettre en oeuvre une communication quelle qu'elle soit: ni verbale, ni charnelle... c'est à l'autre à faire la démarche d'aller vers elle .
L'autre se retrouve alors en position de soignant et non d'aimant, ce qui est peut être la raison même de la rupture relationnelle.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre ??

Posté par nadine, 30 novembre 2009 à 13:57

désolée !...cafouillage dans le titre !

Posté par nadine, 30 novembre 2009 à 13:58

Merci pour vos réponses.
Dans mon cas, il ne répond pas à mes lettres, c'est différent de si j'étais amenée à le rencontrer et qu'il ne me parlait pas. Si je vais le voir, il ne m'ignorera pas , mais aborder ces questions avec lui ne me semblent pas non plus faciles vu le contexte (on s'est embrassés il y a 5 mois, rapprochés, depuis plus rien, c'est comme si c'était fini). Son problème principal étant l'âge et les problèmes qui lui sont liés.
Il a peur sans doute de se retrouver dans une situation où il se sentira amoindri.
Voila dans ce cas , seul se voir et parler (et échanger de la tendresse)pourrait atténuer ses peurs.
Dans ce cas, est-ce violer son mutisme, est-ce une insistance vaine , que d'aller encore vers lui, je ne sais pas.

Posté par Hibiscus, 30 novembre 2009 à 14:42

Yogi, j'aime bien ce que tu suggères sur la totale inhibition qui conduit aux silences-souffrances, puis entretient ensuite.

Nadine, cette idée me semble très importante : « L'autre se retrouve alors en position de soignant et non d'aimant, ce qui est peut être la raison même de la rupture relationnelle. »

Ça mène à une relation déséquilibrée, bancale, qui, quoique soutenue par une autre forme d'amour, n'est plus d'ordre "amoureux".

Hibiscus... le « je ne sais pas » est bien ce à quoi peut mener le silence de l'autre. En l'absence d'indications, il ne vous reste qu'à agir selon ce que vous désirez pour vous. Sans trop penser à ce dont pourrait avoir besoin l'autre puisque vous ne pouvez qu'imaginer à sa place. Peut-être est-il judicieux de se laisser porter par l'intuition ? En tout cas agir de façon à ce que vous vous sentiez plus "confortable", et ne plus porter cette incertitude. Car c'est aussi à vous que vous faites du mal en endurant cette "torture" des questions sans fin. Je ne peux que vous encourager à agir, dans un sens ou dans l'autre, pour sortir du questionnement.

Facile à dire, je sais bien...
Accordez-vous aussi le temps de mesurer ce que cette incertitude cause en vous, puis d'évoluer vers ce qui peut vous apaiser.

Posté par Pierre, 01 décembre 2009 à 20:14

Merci Pierre pour ces conseils ;)

Oui je suis tentée d'écouter mon intuition,essayer de lui parler, mais pour cela il faut que j'arrive à passer outre le sentiment d'amertume, d'injustice, de rancoeur, que le fait qu'il ne me réponde pas du tout m'a laissée.
Est-ce s'abaisser que d'aller encore vers lui?

Posté par Hibiscus, 03 décembre 2009 à 12:50

On ne peut editer les messages dommage car "s'abaisser" n'est pas tout-à-fait ce que je voulais dire, ce que je veux dire c'est qu'il y a quelque chose de génant à aller encore vers quelqu'un qui par sa non réponse,vous traite comme si vous lui étiez totalement indifférent,ne se préoccupant pas du mal qu'il vous fait, retourner vers cette personne donne une impression de quémander,d'insister,et cela est l'inverse de séduire en quelque sorte, je ne sais si vous me suivez, lol.
Bref là aussi est l'hésitation quant à savoir ce qu'il faut faire.
Les relations humaines ne devraient pas être si compliquées!

Posté par Hibiscus, 03 décembre 2009 à 14:17

Quémander

« Donner l'impression de quémander », c'est exactement ça, Hibiscus. Et vous voyez comme, petit à petit, vous passez de l'idée généreuse « d'aider l'autre » à l'image que cela vous renvoie : votre propre demande d'attention qui, insatisfaite, déclenche amertume et rancoeur.

Il est difficile de "donner" sans retour, et c'est peut-être le désir de retour qui conduit à "donner". La relation de désir réciproque qui a existé entre vous n'es.t plus, actuellement, et vous vous épuiseriez à trop "donner" de vous (= aller vers l'autre). Il n'y a plus échange égalitaire...

L'important c'est de toujours rester en accord avec soi, s'interroger sur nos réelles motivations à aller vers l'autre et ne pas se donner de "missions" au-delà de notre capacité à les accomplir sereinement. L'amertume est très loin de la sérénité :o)

Tout cela est probablement difficile à accepter, renvoyant durement à la réalité de la solitude existentielle dont on aimerait parfois s'affranchir.

Posté par Pierre, 05 décembre 2009 à 10:00

"Tout cela est probablement difficile à accepter, renvoyant durement à la réalité de la solitude existentielle dont on aimerait parfois s'affranchir."
Tout-à-fait Pierre.
A travers l'amour , l'échange amoureux, on ne ressent plus cette solitude existentielle.

Des nouvelles:
Mon silencieux ne répond pas aux lettres mais parle dans la vie! Mes sentiments lui ont de toute évidence fait peur, il a de toute évidence eu peur de s'engager dans une relation (trop fatigué, trop âgé, trop pris par son travail, l'impression de ne pouvoir être disponible pour autre-chose, l'impression qu'il ne pourrait répondre à des exigences que, dans son esprit, je ne manquerai d'avoir), bref j'ai eu des réponses à mes interrogations, mais à aucun moment il m'a dit que je lui étais indifférente ("au contraire") ce qui n'aide pas à tourner la page, ayant toujours l'impression qu'il se ferme uniquement par peur et que nous passons à côté de ce qui aurait pu être une belle histoire.

Voila..j'ai bien fait d'aller briser ce silence en tout cas.Même si je pense que parler davantage (car je n'ai pu le voir longtemps)pourrait lui enlever les appréhensions qu'il a et qui le font fuir.

Posté par Hibiscus, 08 décembre 2009 à 12:25

je suis en accord avec Hibiscus quand elle dit qu'on ne ressent plus la solitude existentielle dans l'échange amoureux.... même s'il ne se vit pas dans la proximité au quotidien.

Le problème n'était donc pas dû au fait que ton ami ne communique pas, c'est déjà un aspect positif.
Nous avons tous des blocages dans certaines situations ou à certains moments et nous avons parfois besoin d'aide pour dépasser la difficulté.
Il est certain que si personne ne fait l'effort de passer outre, la situation ne peut pas se débloquer.
Parfois, en avançant tout doucement et modérément, les personnes en difficulté prennent confiance, se détendent et voient peu à peu les choses de façon moins dramatiques.
Garder le contact, car il est nécessaire de montrer son attachement, en laissant une distance suffisante pour permettre à l'autre d'avancer sans se sentir oppressé, me semble être un bon moyen pour que chacun puisse exprimer ses désirs et ses craintes , pour avancer ensemble...ou pas.

Posté par Jane, 08 décembre 2009 à 14:56

Hibiscus, vous écrivez : « l'impression qu'il se ferme uniquement par peur et que nous passons à côté de ce qui aurait pu être une belle histoire ».

Mais cette peur est suffisante pour que, tant qu'elle l'oppresse, l'histoire ne se vive pas. L'autre n'est pas toujours prêt à vivre ce que l'on croyait possible... et dont on ne peut vérifier la réalité. D'où cette grande frustration...

Pour lui, pour quelque raison que ce soit, il voit un avantage (conscient ou pas) à ne pas poursuivre. Son désir le plus fort est de ne pas poursuivre et il ne vous laisse pas la chance de tenter de le convaincre du contraire.

Jane, je suis d'accord avec votre perception des choses : on peut rester "disponible" pour l'autre tout en lui laissant faire son bout de chemin quand il se sent prêt. Proposer, mais sans insister. S'approcher au plus près sans effaroucher. La ligne qui fait basculer de l'autre côté est parfois difficile à situer...

Posté par Pierre, 08 décembre 2009 à 20:11

Merci Jane et Pierre pour vos messages;)

Jane "Garder le contact, car il est nécessaire de montrer son attachement, en laissant une distance suffisante pour permettre à l'autre d'avancer sans se sentir oppressé"
Chaque fois que je le vois ce que je ressens est tellement fort que les jours d'après la souffrance est ravivée, insupportable.
Pour l'instant je crois que même si cela est tout aussi douloureux,il faut que je me force à l'oublier. Pour ma survie!

Pierre je suis d'accord avec ce que vous avez écrit ici et là.
Par contre ce que je reproche à ce genre de personne, c'est d'être aussi désinvolte sur leur attitude. On n'amorce pas une relation avec quelqu'un dont on connait les sentiments forts si l'on est indécis, d'autant quand on est ce qu'il est, quelqu'un en qui il est impossible de ne pas avoir confiance humainement.La suite ne faisait aucun doute, vraiment. La chute en est que plus insupportable.

Posté par Hibiscus, 11 décembre 2009 à 01:00

Désolée pour les fautes.
Ne pas lire "su" mais "par rapport à " leur attitude ;)

Posté par Hibiscus, 11 décembre 2009 à 01:04

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