« L'inattendue fragilité des choses me frappe. Rien n'est jamais acquis ». Phrase lue sur un commentaire chez Coumarine

« Rien n'est jamais acquis ». Cette phrase, c'est n. qui me l'énonçait quelques fois, mi-prévenante, mi-menaçante, ignorant sans doute qu'ainsi elle effrayait mes fragilités immémoriales. Elle me mettait en garde contre la volatilité des sentiments et je mesurais alors bien la précarité d'un lien dont je ne tiendrais jamais davantage qu'une seule des extrêmités.

« Rien n'est jamais acquis », c'est la phrase que je me remémore souvent, comme pour me consoler de ce qui, maintenant, n'est plus. Ou plus vraiment. Ou plus pour le moment. Elle m'avait pourtant bien prévenu. Je savais. La prophétie de malheur s'est réalisée. Un peu. Beaucoup. A la folie. Je ne sais pas...

Rien n'est jamais acquis lorsque c'est le meilleur qu'on caresse et chérit, n'imaginant pas le perdre un jour. Maudits mots ! comme des vautours préméditant la curée en faisant trébucher l'hésitant.

Rien n'est jamais acquis ?

Non, le meilleur n'est jamais acquis.
Mais pas davantage le malheur, ni la souffrance, ni la tristesse. Ni le silence qui s'étire et sépare. Maudit silence, tu sais bien que seuls les mots ont le pouvoir de réparer le non-dit !

Ne te résigne pas ! Rien n'est jamais acquis !
Sauf la mort.
Agis !

Vis !

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