13 septembre 2006
La route du doute, coûte que coûte
Suite à mon dernier texte, le perfide Alainx m'a posé cette question: « Pourquoi as-tu une telle Croyance dans la "remise en question" ? »
Fichtre ! Vais-je me prendre les pieds dans le tapis que j'ai tissé ? Le questionnement et le doute pourraient-ils être épinglés au tableau des croyances et certitudes ? Un comble !
D'abord une première piste avec quelques phrases de Boris Cyrulnik qui traduisent bien ma pensée. Il y parle de son travail de psychanalyste, vers lequel il s'est orienté pour « comprendre ce qui se passe dans la tête des autres » :
«Les dogmatiques ont bien de la chance, et moins de soucis, car ils ne cherchent pas à comprendre. (...) Le seul moyen que j'ai trouvé pour moins souffrir, c'était de chercher à comprendre »
« Je crois que plus on cherche à comprendre, plus on comprend qu'il y a encore quelque chose à comprendre. Quand on a une certitude, c'est qu'on a pas compris, on est dans la récitation. »
C'est bien dit, hein ? Certes c'est bien une croyance de sa part, mais il a quelques compétences sur le sujet. Il parle là de comprendre la pensée humaine, c'est à dire quelque chose de non vérifiable, non mesurable, sujet à intérprétations. Une compréhension en évolution constante, qui ne peut donc se satisfaire de dogmes. On peut extrapoler cette attitude à bien des disciplines. Pour moi, chercher à comprendre, c'est avoir la capacité de remettre en question ce que je connais déjà. Et la liberté de le faire... Galilée et consorts en savent quelque chose...
La capacité de remise en question, c'est accepter, par principe, que ce que je crois vrai ne l'est qu'en fonction des connaissances que j'en ai. C'est à dire ne jamais considérer que j'ai définitivement arrêté mon opinion. La capacité de me dire que ce n'est pas parce qu'une idée est largement répandue qu'elle est forcément vraie. Avoir la capacité de m'interroger sur l'origine de ce que je sais. Cette capacité résulte d'un choix personnel. Et je dirais même d'une volonté. Elle demande des efforts constants, elle n'est pas "confortable".
Je crois en la nécessité de la remise en question parce que j'y vois l'unique façon de progresser dans la connaissance. Qu'est-ce qui me permet de dire cela ? Tout simplement parce que l'inverse, qui consisterait à ne pas remettre en question ce que je crois, équivaudrait à le considérer comme vrai (à moins que, par choix, je décide de ne pas aller au delà). C'est-à-dire de considérer que je serais parvenu au summum de l'évolution sur le sujet en question. Ce serait dire: « je sais ! ». Attitude à la fois fort prétentieuse et tragiquement statique. La vie est mouvement, changement, évolution pérpétuelle. Les certitudes définitives, les attitudes dogmatiques, ont pour moi quelque chose de "mort".
Suis-je certain de ce que j'avance ? Non, absolument pas. C'est un postulat personnel. Un choix. Mais jusqu'à preuve du contraire j'y crois. Je sais bien qu'il faut nuancer de tels propos...
Devrais-je, au nom du doute qui fait progresser, tout remettre en question et en permanence ? Hmmmouietnon. Euh oui... euh non... ça dépend. Là je n'ai pas de certitudes. Je doute... Disons que je ne peux pas tout remettre en question en tous domaines et à tout moment. Je serais dans le flou total. Si je veux progresser dans la connaissance il faut probablement appliquer la méthode scientifique: choisir des bases de référence fixes, puis changer les variables selon une certaine logique, de façon à déterminer ce qui produit un changement de résultat, et observer dans quel sens cela agit. C'est le propre de l'humain de se servir de sa capacité de réflexion pour se soustraire, en partie, aux lois des hasards. La remise en question du savoir suit cette logique, par une progression des questionnements induits par les réponses obtenues précédemment.
C'est par la méthode scientifique que procède la sociologie, ou la psychologie sociale: par des expériences qui se déroulent selon un protocole scientifique on peut, par exemple, observer comment s'établissent des croyances, et comment elle influent sur nos comportements.
Je crois en la remise en question parce que trop de gens ne remettent pas en question des "certitudes" qui conduisent à figer des comportements discriminatoires, tels que l'inégalité des rapports hommes-femmes, à coup de croyances erronnées sur de supposées prédispositions génétiques. Ou à laisser perdurer des inégalités sociales par acceptation de raisonnements faussés et partiaux. Parce qu'il est trop facile de croire que ce qui nous dérange dépend de facteurs extérieurs à nous-même. Je vois volontiers les croyances comme des moyens de s'accrocher à quelque chose d'éprouvé, apparemment sûr, évitant l'incertitude. Ce peut-être très bien quand ça va dans le sens d'une amélioration bénéficiant à l'humain, trés néfaste dans le cas inverse...
En outre, considérant que la connaissance, source de l'évolution humaine, passe par l'échange, je vois mal comment celui-ci peut avoir lieu sans capacité de remise en question. S'ouvrir à l'autre demande implicitement d'accepter de remettre en question mes opinions. J'accepte que ma vérité ne soit pas la sienne. J'accepte la subjectivité des points de vue. Si je suis sûr qu'il se trompe... je me ferme à son mode de pensée.
Bon, maintenant le raisonnement inverse: devrais-je douter de ma croyance en l'utilité de la remise en question ? Oui, par principe je dois pouvoir en douter. Alors, dans quel cas la remise en question ne bénéficie pas à l'évolution de l'humain ?
Lorsqu'elle consiste à douter de tout, à être dans l'indécision. Lorsqu'elle fait devenir girouette versatile, incapable de se fixer sur une opinion. Lorsqu'elle empêche la prise de décision. Lorsqu'elle instille la peur. Lorsque le doute est partout, en tous domaines...
Il est nécessaire d'avoir quelques certitudes et croyances fondatrices pour remettre en question le reste: je crois que le racisme est une imbécillité, je crois que le fanatisme religieux conduit à l'exclusion, je crois que refuser la différence est une peur du changement. D'une manière générale je crois que tout ce qui exclue est, par principe, dangereux. Je crois aussi que l'ignorance est dangereuse. Et le contraire de l'ignorance c'est le savoir, qui ne peut avoir prise sans une constante remise en question et une soif de savoir davantage. La curiosité est indissociable de la capacité de remise en question.
J'ai donc bien quelques certitudes au sujet du doute et de la remise en question. Je les crois fondées sur des données vérifiables, suffisamment réfléchies pour être affirmées et argumentées, preuves à l'appui. Je les crois objectives. Mais puisque tout est contestable, j'admet que ces certitudes peuvent être considérées comme étant des croyances. Pour moi c'est un choix délibéré qui correspond à une foi volontaire dans un certain sens d'évolution de l'humain. J'ai envie d'agir dans ce sens et je me remet en question dans ce sens.
Cela répond-il à ta question, Alainx ?
En tous cas je te remercie de me l'avoir posée...

En haut de l'escalier, ma pièce à vivre (écrire/travailler/dormir)
Commentaires
Ton billet précédent m'avait déjà beaucoup intéressée mais je n'avais pas osé laissé le seul commentaire qui m'était venu à l'idée, à savoir un compliment court (pour épargner ta modestie) parce que dans ton billet consacré au questionnaire de Pati, tu exprimais une préférence pour des commentaires longs et arumentés, et une réticence face aux compliments.
(Bon, là, ça fait déjà 8 lignes et 2 arguments)
Mais ce second billet balaie toute ma retenue, je suis très impressionnée par ton raisonnement épuré,logique - et clair!
Une piste de réflexion que je retiens entre autres, c'est la nuance entre opinion, croyance, certitude.
Pour un peu plus tard, parce que là, je vais te relire encore.
ben moi aussi, je remercie alainx de te l'avoir posée cette question ! ;) et je suis fichtreùment contente qu'il te l'ait posée à toi et pas à moi !! ;)))
plus sérieusement, tu dis à un moment : "Si je veux progresser dans la connaissance il faut probablement appliquer la méthode scientifique: choisir des bases de référence fixes, puis changer les variables selon une certaine logique, de façon à déterminer ce qui produit un changement de résultat, et observer dans quel sens cela agit"
hummmouietnon (j'ai bien aimé la formule, je te la pique!)
oui, en théorie, bien sûr, c'est ainsi que devraient se passer les choses dans un monde idyllique :)
mais (oh, ben zut, ya un mais !), ne crois-tu pas que c'est rarement ainsi que nous entamons un processus de remise en question profond ? ne crois-tu pas que c'est notre part affective, notre moitié émotionnelle qui nous poussent à ces questionnements ?
les plus grosses remises en question, du moins je crois (hihi), surviennent lors d'un bouleversement affectif : divorce, séparation, deuil, lourd changement social, maladie, etc... des évènements qui mettent en péril ce que l'on a patiemment construit jusque-là. or, si l'on veut pouvoir se relever et repartir, alors, nous avaons besoin d'une période de réflexion (enfin, la plupart d'entre nous, je suppose) qui va nous permettre d'appricoiser cette nouvelle donne, l'intégrer à notre vie, l'accepter en fait.
pour le reste, j'abonde dans ton sens, et je me demande pourquoi alainx a eu besoin de te poser cette question... ne se la pose-t-il jamais, lui ? ;)))
euh, ahum.. désolée pour les fautes de frappe, j'ai pas encore bu mon café :((
Après avoir un peu dormi là-dessus, je me disais qu'il y a une nuance entre "je crois que..." et "je crois à...", peut-être la même qu'entre une opinion et une croyance.
Bien qu'on emploie le même verbe, il me semble que "je crois que" introduit une réflexion ouverte tandis que "je crois à" se prononce seulement sur la réalité ou non de quelque chose, et avec force.
Un mot qu'on aurait pu introduire, c'est "conviction". Ce terme évoque une construction rationnelle, argumentée, davantage que "croyance", avec ses connotations religieuses.
Ce qui est drôle, d'ailleurs, c'est que pour obtenir l'équivalent de "croire", il faut employer un passif: "être convaincu". Pourtant je vois beaucoup plus d'action et de réaction dans une conviction que dans une croyance.
Ceci dit, le défi était de partir de "croire", je n'ai pas oublié.
Ton raisonnennement sur la place que le doute occupe dans la progression de la réflexion est passionnant. Ta conclusion qu'il faut bien avoir des croyances fondatrices m'interpelle aussi. Est-ce que c'est ce que l'on appelle aussi des "principes"? (terme laïque que je préfèrerais)
Peut-être même faudrait-il inclure une nuance d'espoir dans la croyance. Tu finis en évoquant ta "foi volontaire" en un certain sens d'évolution de l'humain ("le progrès de l'humanité"?), jolie formulation qui évacue le dogme.
Merci de cette démonstration qui ouvre la porte sur de belles explorations.
Ambiguité et théorie
Forestine, tu soulignes là une ambiguité de ma part. Bien sûr que j'apprécie les compliments. Ça fait du bien et ça rassure, si besoin :o)
Mais d'une part ma modestie en souffre lorsque c'est exprimé publiquement (hu hu, j'en rougis...), et d'autre part... comment dire... ils pourraient m'entretenir dans des illusions en me laissant croire que j'ai trouvé la pierre philosophale. Ouais... puis y'a certainement encore d'autres raisons complexes. Et puis ça dépend de la formulation: si je sens que j'ai touché quelque chose de l'ordre de l'émotionnel, alors je suis content. En fait, le type de commentaires que je reçois ici me satisfait. Peut-être que je pense plutôt à ce que je lis chez d'autres, chez qui c'est différent: beaucoup de commentaires, très courts ou peu approfondis. Chez moi il y en a relativement peu, mais ils sont souvent assez développés et argumentés.
En fait, tout dépend du type de blog: plutôt dans le narratif ou plutôt dans la réflexion.
(Oups, j'espère que je ne vais vexer personne en disant cela. Ce n'est pas un jugement de valeur)
Pati... aarghhh... tu pointes là sur le point faible de ce que je développe: c'est théorique. Facile en théorie, bien plus compliqué en réalité.
En réalité, on ne se pose pas trop de questions tant qu'on ne souffre pas d'une situation. Probablement par flemme, comme le disait Samantdi récemment. C'est la souffrance qui est, indirectement, le moteur du changement. Parce qu'elle est intolérable à long terme et qu'il faut absolument l'apaiser.
Donc, oui, les évènements douloureux de l'existence déclenchent de profondes remises en question. Pas étonnant que je cogite autant, hé hé...
Je suis, comme tant d'autres, en pleine "crise de milieu de vie". Les répercussions sont nombreuses, particulièrement déstabilisantes, et par mes réflexions je cherche un nouvel équilibre pour la suite de mon existence. Maintenant que j'ai tout bouleversé... ben faut reconstruire autrement :o)
C'est motivant, mais quand même assez épuisant.
remise en question
finalement on se remet toujours en question et les choix sont bien difficiles. Finalement je préfère vivre au jour le jour en appréciant ce que la vie m'apporte
Nuances des mots
Waouh, Forestine ! Voila un commentaire comme j'aime ;o)
Hop, je mets les neurones en route.
Bien vu, la différence entre "croire que" et "croire à". Effectivement le "je crois que" permet l'ouverture. Lorsqu'il est formulé ainsi, parce qu'il me semble que souvent on croit quelque chose sans même le formuler. Sans même en avoir conscience ! C'est alors une croyance, qui à mon avis est encore autre chose que "je crois à". Une croyance, c'est quelque chose qu'on ne remet pas en question parce qu'on le considère comme vrai. On s'en sert comme support de pensée, comme acquis. Par exemple: « les femmes ne savent pas lire les cartes routières » (repris du titre provocateur d'un bouquin). Partant d'un constat, on en tire une croyance, sans chercher à en comprendre l'origine, et il peut en découler des préjugés sexistes. Additionner des poncifs de ce genre perpétue les inégalités. Si on se dit "tiens, oui, pourquoi cette différence ? D'où vient-elle ? Est-elle innée ou acquise ?", on s'ouvre à une réflexion. Mais il faut accepter de voir ses croyances balayées...
En ce qui concerne "je crois à", il me fait penser à quelque chose qui donne un espoir, comme tu le soulignais. Contrairement à toi je ne parlerai pas de réalité ou non, parce que le "je crois à", il me semble, concerne ce qui est invérifiable. Dire "je crois en la réincarnation" n'a rien de réel. Mais peut-être que j'ai une vision trop étroite du "je crois à" ?
Le terme "conviction" me semble effectivement plus rationnel que celui de croyance. Normalement une conviction est quelque chose de réfléchi, argumenté. Ou alors c'est une croyance déguisée en conviction :op
Idem pour le terme de "principes", plus adapté que celui de croyance lorsqu'il s'agit de s'en servir comme base d'action et d'engagement. Le principe se positionne d'ailleurs bien comme un choix, pas spécialement porté à la négociation. Le principe "c'est comme ça, et pas autrement !". Ce qui peut amener à quelques rigidités, mais c'est un autre sujet...
Pour ce qui est de la "foi volontaire", elle indique clairement un choix personnel. Mais curieusement "croire en l'humain" est quelque chose dont je peux discuter. Sauf que je ne changerai pas d'avis :o) Je peux m'ouvrir à des pensées contraires, essayer de comprendre un mode de raisonnement différent, mais je ne changerai pas. Parce que ne pas croire en la capacité de l'humain de se surpasser vers un meilleur, aussi éloigné que ce soit, me donnerait envie de me flinguer. Question de survie, donc...
Mamita, bienvenue.
Les deux phrases que tu énonces ne me semblent pas être contradictoires, mais complémentaires :o)
Et je ne crois pas qu'on puisse "préférer" la deuxième formule puisque la première sera toujours là. Vivre c'est choisir, choisir demande de se poser des questions. Ensuite tout dépend jusqu'où on s'en pose...
Wahou ! Lire de suite cette note et la précédente, cela réveille les neurones !
J'ai cru comprendre que vous préfèriez les commentaires argumentés. Malheureusement, je ne sais pas très bien faire... Ma timidité et une certaine admiration m'en empêche... encore...
Alors pourquoi commenter me diriez-vous ? Tout simplement (mais est-ce aussi simplement expliqué ?), pour vous dire combien ces réflexions m'ont/me font réfléchir, combien elles arrivent fort à propos (ce qui me conforte dans ma croyance que rien n'arrive sans raison, ou du moins pas grand chose... et "croyance" est un terme choisi).
Je pense qu'il est nécessaire à notre construction, à celle de notre pensée de douter, comme d'avoir une base de pensées... Ce qu'on peut effectivement appeler 'principes". Le doute n'est-il pas une sorte d'ouverture d'esprit dans ce cas ? Et avoir l'esprit ouvert ne peut que conduire à une progression, non ?
Que l'humain est la capacité de se surpasser vers un meilleur est sans doute ce qui me réconforte le plus avec la vie. Si je ne me savais pas capable, à mon échelle, de le faire, alors pourquoi vivre ? En tout cas, dans les périodes difficiles de ma vie, cela a été mon espoir porteur.
Finalement, je me suis laissée emporter par mes mots... Mais avec la nette impression d'avoir quelque peu dévié... ou survolé...
Le perfide Alainx ne regrette pas sa question (non piégée...) vu la qualité de la réponse et des commentaires qui s'en suivent...
J'aurais bien des choses à dire... mais là, je n'ai guère la disponibilité suffisante. De toutes façons je reviendrai sur ce thème, ici ou chez moi.
Juste un truc au passage qui m'a "accroché" à propos de "croyances" (qui serait connoté religieux) et il est évoqué "conviction" puis "principes".
Pour ma part ce sont 3 choses différentes.
La "croyance" c'est ce à quoi je crois profondément et qui donne sens à ma vie. C'est donc pluto^t profond et viscéral (et c'est loin de se limiter au religieux....)
la "conviction" c'est une opinion raisonnée que je me suis faite (c'est donc plutôt un appel à la raison et aux facultés cognitives)
le "principe" c'est quelques chose qui m'est extérieur mais auquel je me soumets et/ou j'adhère.
Peu importent les mots choisis pour les définitions, mais ce que je veux dire c'est que ces 3 éléments sont à différencier en soi. Sinon on va être dans la confusion au regard de la "remise en cause".
Développement très interressant autour du doute. En fait, comme tu l'indiques, les personnes qui n'ont aucuns doutes sur ce qu'elles avancent ne m'interressent pas car aucune discussion n'est possible. Il faut douter de tout et surtout des gens qui ne doutent pas. J'ai la fâcheuse manie de tout remettre en question même mes statistiques (bé vi je suis comptable...arghhh). C'est difficile de vivre avec des doutes dans la vie professionnelle mais a t'on bien intégré tous les facteurs menant à la conclusion. Il est pourtant interdit de douter, il faut être sûre au risque de mettre le doute dans l'esprit des autres sur ce que l'on avance. La vie est compliquée parfois !
Mais il me semble qu'avant de douter, nous avons chacun des orientations de pensées différentes à la base qui font que nous n'appréhendons pas les choses de la même manières. Si ces orientations sont trop éloignées, nous aurons du mal à échanger. Si ces orientations de base sont rapprochées, alors la construction autour de la discussion et de l'argumentation de chacun peut se faire et progresser. Enfin, il me semble ? Je dis pas de bétises ? J'ai des doutes ? ;-)))
Erin, je sens que je vais faire peur et me priver de commentaires avec mes exigences ;o)
Bienvenue, donc ! La timidité ça ne se voit pas par écrit (c'est un ex-timide qui le dit).
Si ces réflexions vous aident, j'en suis très content. C'est en grande partie pour ça que j'écris.
Oui, le doute ouvre l'esprit. Le doute est salutaire... tant qu'il n'est pas excessif. il PEUT ouvrir à la progression, mais aussi à l'immobilisme. Quand c'est la peur qui sucite le doute et empêche d'entendre une voix intérieure qui voudrait bien oser.
Finalement, doute ou certitudes peuvent donner le meilleur et le pire.
Et pour ce qui est de dévier du sujet (ce dont je n'ai pas l'impression), il n'y a pas de sujet imposé. Chacun peut apporter ses réflexions et les associer à une orientation personnelle.
Alainx, je n'ai pas pris ta question pour un piège, mais j'ai immédiatement senti qu'elle ouvrait vers quelque chose d'important :o)
Pour ce qui est de la précision des termes employés, il est vrai que nous ne mettons pas forcément tous le même sens derrière chacun d'eux.
Pour ma part le terme "conviction" me semble quelque chose d'assez soutenu, peu sujet à la remise en question. Il serait du même registre que la foi/croyance, mais en plus intransigeant. Il est plus difficile d'accepter des convictions différentes qu'une croyance différente. La croyance tient de la conduite personnelle, la conviction me semble indiquer quelque chose de plus fort, qu'on aimerait voir adopté par les autres. Le dico (de poche) dit, pour "conviction": croyance ferme.
Le principe, je le vois plus rigide, mais sans rapport direct avec des croyances. Plutôt un choix, une règle de conduite que l'on s'impose (et impose aux autres...).
Effectivement tout cela nous éloigne de la "remise en question".
Cristine: « il faut douter de tout et surtout des gens qui ne doutent pas ». J'aime bien :o)
Très juste aussi cette digression: « Il est pourtant interdit de douter, il faut être sûre au risque de mettre le doute dans l'esprit des autres sur ce que l'on avance ». Il est vrai que le doute peut inquiéter, et dans le cadre professionnel il vaut mieux paraitre sûr de soi. Quitte à mentir un peu...
Pour ça que je ne suis pas un bon commercial, hé hé...
Faut dire aussi que souvent les gens veulent des réponses simples à des questions compliquées.
Mon cher Pierre, il ne te reste plus qu'à remettre en question le principe même de l'interet de remettre en question....
Alainx, serais tu en train d'appliquer le principe des 7 "pourquois" qui permettent d'arriver à la réponse (ou à la vrai question) finale ?;-)
Tu crois?
« Tu crois ou tu es sûre? »
Alors croire... c'est déjà se tromper. Pour lui, ça ne faisait jamais aucun doute. Si je commençais mes phrases en croyant ou en pensant, c'est que je devais déjà aller plus loin dans mon raisonnement. Pas d'autre choix que de remettre en question ou d'affirmer péremptoirement...
Mais croire... il avait raison, c'est se mettre un doigt dans l'oeil.
@Hayat: Je ne sais pas si "il" avait raison, en réalité... Cette question, "tu crois, ou tu es sure?" relève pour moi d'une technique de destabilisation; C'est: "tu me dis qqch qui ne m'arrange pas, et même, qui me contrarie carrément. Je te renvoie que 1) tu ne sais pas tout et que 2) tu ferais mieux de vérifier ce que tu avances." (et pendant que je t'envoie chercher confirmation, ça me fait une pause pour réfléchir à comment te contrer) Ce qui sous-entend en prime "moi, je ne parle que de ce que je connais parfaitement". Déstabilisateur ET donneur de leçon, tout ce que j'aime...
Franchement, je préfère qq'un qui a la prudence de relativiser son discours. De toute manière, sauf s'il s'agit de comptabilité, de formalité administrative, ou autre procédure légale, personne n'a la Vérité sur rien.
Et ensuite ce qui compte, c'est tout de même un échange de bonne foi et de bonne volonté avec l'objectif d'avancer ensemble - il me semble.
Pour moi, dire "je crois", c'est ouvrir la porte à d'autres points de vue...
@ Forestine
"Tu crois ou tu es sure?" était dite avec douceur.
Il ne me donnait pas de leçons mais me poussait toujours un peu plus dans la remise en question. Il ouvrait des portes sur d'autres chemins.
Toujours plus loin
Hayat et Forestine, ce dont vous "débattez" est bien intéressant !
Ce qu'en dit Forestine existe bien, avec certaines personnes qui supportent mal le doute. Ce peut être une façon de vérifier le degré de certitude de celui qui énonce quelque chose, ou bien une façon de signifier que soi-même on a d'autres certitudes. Ce peut être très déstabilisant, car situant l'échange dans un combat.
Je préfère de loin la remise en question proposée avec douceur, comme le dit Hayat. C'est en encouragement à aller plus loin, à vérifier en soi pourquoi on s'exprime ainsi. C'est une aide.
Tout ça peut dire beaucoup de choses sur là façon dont chacun concoit les rapports humains...
Maintenant sur le fond, ce type de "je crois" indique effectivement qu'on garde une part de doute. Ce qui va à l'encontre des tentatives de définitions que chacun à donné ici :o)
Je vais vous faire une confidence: j'aime beaucoup quand chacun tente de donner SA définition d'un mot riche de sens. Pour moi c'est toujours une ouverture pour mon esprit. Et l'occasion d'une "remise en question".
Alainx... ta nouvelle question risque de m'emmener beaucoup plus loin que la précédente. Peut-être bien à m'approcher de la "réponse finale" dont parle Christine.
@ Hayat:j'avais mal compris, je n'avais pas bien "mis le ton" en lisant ton commentaire. "Il ouvrait la porte sur d'autres chemins" est une très belle manière de le formuler...
@Alainx, Christine et Pierre: seriez-vous d'accord pour donner des éclaircissements sur les "7 pourquoi" ? Si je ne suis pas indiscrète, naturellemnt, c'est peut-être une "private joke"...
Je ne connais pas les "7 pourquoi", mais je verrais bien qu'en redemandant "pourquoi" après chaque "parce que" on en arrive, au plus tard à la septième question, à l'essentiel. La raison originelle (ou réponse finale...).
C'est ça Christine ?
Les 7 "pourquois"
Oui Pierre, c'est tout à fait cela. Lorsque je travaillais à la comm interne de mon entreprise c'était une technique que nous employions avec nos clients "internes" pour qu'ils parviennent à eclaircir leurs idées et que nous puissions clairement définir le besoin réel de cette communication et de l'objectif attendu. Les brouillons des supports (transparents ou plaquettes) étaient alors réalisés casi immédiatement devant les yeux surpris de nos clients. Voila une utilisation des 7 pourquois et ça marche ;-).
7 pourquois suite
Je viens de mettre une petite démo sur mon blog ;-) Finalement, cette méthode peut interresser pas mal de personnes ...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=62771&pid=2673118
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
