Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

31 mars 2007

Lueur bleue

Ce matin j'appuie sur le bouton de mon fidèle ordinateur. Normalement une jolie lueur bleue accompagne la mise en route de la bête. Cette fois rien.

...

Je recommence, et toujours rien.

...

Ouille...

Je vérifie quand même l'alimentation, au cas où... On ne sait jamais, si le cable s'était débranché tout seul pendant la nuit. Je recommence. Encore... Non, décidément, ça ne démarre plus. Zut. Bon, un peu d'esprit logique me fait penser que ce n'est peut-être qu'un problème d'interrupteur. Que ce n'est pas le disque dur qui est mort (arghhh!!!). Je prends ça avec philosophie. Aidé, je dois le dire, par la présence d'un autre ordinateur à la maison. Je suis encore connecté au monde !

Je pense à ma dernière sauvegarde sur CD, datant d'un mois, ce qui limite les dégats. Oui, mais ai-je bien tout sauvegardé ? Non, pas un texte écrit hier soir, par exemple.

Regardant cette caisse métallique grise, paraissant soudainement très bête quand elle ne ronronne plus, je songeais à ma dépendance d'internet. Et si je devais m'en passer, maintenant, comment ferais-je ? Quelle serait ma vie si je devais revenir au temps où je ne pouvais communiquer qu'avec des personnes connues de longue date, ou celle que je rencontre lors de mes rares déplacements ? Assurément ce serait assez frustrant...

Certes je retrouverais du temps, pour faire autre chose, pour vivre autrement. J'y gagnerai certainement une forme d'insouciance. Je regarderais avec recul cette époque d'internet en songeant que j'y brûlais une part de ma vie. J'oublierais pas mal de monde, et je serais oublié très vite, comme tant d'autres qui ont disparu.

Et si je saisissais cette occasion pour disparaître ? Ou pour renaître ailleurs, différent. La tentation n'est pas nouvelle. Parfois je suis las de cette peau, lourd d'un passé que j'ai l'impression de traîner. L'envie de rayer cela d'un simple clic me titille de temps en temps. Mais d'un autre côté mon désir d'authenticité me fait tenir à ce que je suis, sans cacher mon passé et mes erreurs. Je suis cela, je l'assume. Tout mon passé sur internet est en ligne, accessible. Sept ans de réflexions, d'avancées, d'erreurs. L'aveu de mes limites, de mes failles, de ma méconnaissance de moi-même, des illusions dont je me leurre.

En début d'après-midi, sans conviction, j'essaie une nouvelle fois d'appuyer sur le bouton de la lueur bleue [.] Bzzmmmmmm.... ça démarre, comme si de rien n'était !

Et me revoila derrière mon clavier à tapoter frénétiquement mes réflexions. Comme d'habitude. Ce n'est encore pas cette fois que je disparaîtrai.

Moralité (à usage personnel) : quand quelque chose qui tient à coeur ne fonctionne pas inutile de s'énerver ou d'imaginer le pire. Soit il y a d'autres alternatives tout aussi intéressantes, soit le dysfonctionnement n'est que temporaire. Dans les deux cas il n'y a rien de grave.

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Petit retour d'hiver, hier soir.
(aujourd'hui la neige sur l'herbe tendre à presque disparue)

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29 mars 2007

Submersion

La préparation de mon intervention pour la table ronde de l'APA m'a poussé à réfléchir à ma pratique de l'écriture intime en public et ses conséquences. Cela m'avait déjà permis de prendre un certain recul, qui s'est probablement accentué devant l'incarnation de regards connus et inconnus qui écoutaient mes mots.

Tout cela est entré en forte résonnance avec certains aspects de mon écriture sur internet, et notamment au sujet des interférences qui peuvent en découler. Je pense en particulier à l'épineux problème du respect de l'intimité d'autrui, mais aussi à tout ce qui se joue dans ce mode de communication coupé de la sensorialité.

Du coup, me voila devenu muet...

Je me vois incapable d'écrire pour le moment, submergé par un flot de pensées qui nécessitent un temps de décantation.

Je sors cependant de ma réserve pour signaler, à ceux qui ne les auraient pas lus, les billets croisés de Coumarine observant « Le virtuel, le réel, et le dialogue », puis d'Alainx qui prolonge avec « Écriture et profondeur de soi », et de nouveau Coumarine qui renchérit sur « Papoter, parler, écrire, dialoguer ».

Posté par Coeur de Pierre à 09:53 - Les mots des autres - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2007

Je ne parle pas comme j'écris

En lisant les impressions de Fuligineuse et Pati, qui ont très bien su extraire l'essentiel de la table ronde abordant l'expression de soi sur internet, je me suis rendu compte que la meilleure place pour suivre n'était pas d'être autour de la table, mais bien dans la salle. Avec leur regard distancié, chacune met en évidence des éléments que je n'avais pas remarqués.

L'impression que je garde c'est que le sujet était très vaste, et qu'il n'a été qu'à peine survolé. Je m'étais préparé à répondre à des questions pointues... que l'auditoire ne se posait pas ! Je m'attendais à évoquer les risques du dévoilement de soi, ou en ce qui concerne des tiers, mais non, aucune question déstabilisante (quoique certaines étaient fort intéressantes). A l'issue de la réunion nous avons bien dû convenir que nos réflexions allaient un peu loin pour des personnes qui connaissaient mal, ou pas du tout, ce type d'expression de soi. La plupart étaient d'ordre pratique et montraient certaines craintes concernant le respect de l'anonymat, la diffamation, le secret, le vol de textes... Toutes préoccupations légitimes, et indispensables pour se livrer à une écriture "en confiance". Je me souviens m'être posé quelques unes de ces questions lorsque j'ai commencé à écrire en ligne, mais les ai "oubliées" avec le temps. Cela ne m'inquiète plus, mais c'est aussi parce que je n'ai aucun secret à cacher. Je préfere que mes proches ne me lisent pas, mais s'ils le faisaient ça ne serait pas une catastrophe.

Ces questions de néophytes attentifs ont marqué une préoccupation importante, et mes réflexions sur les limites de l'intime, les paradoxes du dévoilement public et autres potentialités de ce moyen d'expression, portaient probablement vers quelque chose qui pouvait paraitre assez abstrait. Je regardais de temps en temps le petit groupe de blogeuses et diaristes aguerries, en me disant qu'elles ressentaient peut-être une frustration de ne pas nous voir aller plus en profondeur. En même temps l'objectif était bien une présentation des possibilités de ce nouveau moyen d'expression de l'intime et je pense que nous avons su offrir un panel assez diversifié. Philippe de Jonckheere, Tarquine, ou moi-même avons une pratique fort différente. Pour ma part j'espère avoir sû mettre en évidence les dimensions d'échange, de réflexions, et de partage qui peuvent se développer et constituent à mes yeux la vraie richesse de ce mode d'expression. C'est d'ailleurs souvent une surprise que décrivent les nouveaux adeptes après quelques temps de pratique. A l'évidence, ces confidences plus ou moins intimes sont à l'exact opposé du nombrilisme dont on pourrait taxer l'écriture de soi.

Oriane Deseilligny à porté un regard de spécialiste sur la pratique des écrits intimes en ligne, qu'elle a longuement observés pour écrire sa thèse. Elle fait un parallèle avec la correspondance, autre forme d'écriture de l'égo adressée à autrui, qui me semble tout à fait pertinent.

En marge du contenu, ce qui m'a le plus marqué c'est la confrontation à la réalité d'une centaine de regards simultanément fixés sur moi alors que je parlais de ma pratique. En quelque sorte j'élucubrais autour mon ego [comme à mon habitude], et pour la première fois je visualisais ce que représente une assemblée qui suit chacun de mes mots. Lorsque j'écris, puis mets en ligne, il peut y avoir le même nombre de lecteurs sans que ça n'influe sur mon écriture. Après tout, dix, cinquante, ou cinq-cent lecteurs, ça ne change pas grand chose. Ce sont des nombres abstraits. Mais un, cinq, ou cent regards, là, devant moi... ça change beaucoup de choses ! Ce rapport à la présence me fascine. Pourquoi mes idées fuient-elles lorsque je suis physiquement en présence d'autres personnes ? Car c'est un peu ce qui s'est passé : un vide qui se fait au moment de commencer. Sans mes notes, je ne sais pas ce que j'aurais dit ! Ça serait parti dans tous les sens, téléguidé anarchiquement par des automatismes de sauvetage avant noyade [dire ce qui me passe par la tête putôt que de risquer un blanc total]. Pourtant ce n'est pas faute de connaître un sujet sur lequel je pourrais développer moult déclinaisons...

Nous savons bien, tous écrivants que nous sommes, à quel point il y a desinhibition lorsque c'est par écrit que nous nous adressons à l'autre. Peut-être parce que c'est "en direct", alors que l'écriture est en différé. Avec droit à l'erreur, à la correction, à la suppression. C'est bien cette possibilité qui permet d'aller plus loin. Nouveau paradoxe: en mesurant les mots, je peux aller plus loin, parce que la crainte du dérapage n'est pas là. Tout est question de peurs, évidemment. D'où l'intérêt d'une écriture qui peut permettre, lorsque nécessaire, de sortir de soi ce qui en a besoin... et seulement ce qui en a besoin. Je peux établir des filtres, développer des axes... et ne pas en évoquer d'autres. L'écriture permet de maîtriser l'expression de soi, ce que le stress du face à l'autre ne garantit jamais.

Pourtant, lire "en direct" un texte écrit à l'avance ne protège pas du trac... Ce n'est donc pas seulement le contrôle des mots qui influe, mais bien le contrôle de soi tout entier, qui se fait ainsi happer par les impressions inconnaissables de ceux qui sont en présence.

J'ai beaucoup aimé une question à laquelle je n'avais pas réfléchi. Grosso modo c'était « A quoi ça sert d'écrire sur internet et d'entrer en relation ? Est-ce que ça peut construire quelque chose, concrètement ? ». J'ai répondu qu'il me semblait que je pouvais ainsi contribuer à influer de façon infime sur le monde. Ce qui peut paraître fort prétentieux... En fait je ne suis pas allé au bout de ma pensée : c'est pour moi une façon d'agir en oeuvrant pour le dialogue, la connaissance de soi, et l'ouverture à la différence...

Mais bon... je ne voudrais pas paraître trop idéaliste...

Dans un autre registre, j'ai beaucoup aimé ce qu'a dit Tarquine, en évoquant ce qui l'avait poussée à écrire en ligne : se libérer de ses tourments sans les imposer à qui que ce soit. Sur internet on propose ses écrits, et personne n'a à subir. On ne lit que si on en a envie, et c'est aussi simple que ça.



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Après la table ronde les quelques écrivants du net présents se sont retrouvés dans un café. Un moment passé ensemble, le temps de mettre des visages sur des noms connus, ou de les revoir. Sentir ces présences si différentes, gardant une grande part de mystère malgré le livre ouvert sur leurs pensées écrites. Chacun diffuse dans les rapports sensoriels une façon d'être, un "langage" du corps, des gestes, des intonations de voix, des regards, qui sont évidemment les grands absents d'internet. Je suis donc particulièrement sensible à ces mise en présence. À ces moments-là tous mes capteurs sont en éveil, je suis attentif et j'observe. Je constate que je suis toujours beaucoup moins "moi-même" que ce que je peux prévoir à l'avance. Je m'imaginais à l'aise et je me vois un peu intimidé... Je crois que je resterai toujours comme ça, même si en quelques années je sens bien m'être énormément ouvert.

L'écriture en ligne et les relations multiples que cela m'a permis de nouer y sont pour beaucoup...



Dernier constat : en rédigeant ce texte je sens les influences qui s'exercent sur mon écriture. Je pense à la fois à mon lectorat habituel, avec qui j'ai une certaine tonalité de langage. Je pense aussi aux éventuels lecteurs de l'APA, avec qui je suis tenté d'avoir un autre style, plus sérieux. Indéniablement c'est la preuve que le regard supposé [imaginé] joue un rôle dans mon écriture. Mais ça, je le savais..

Posté par Coeur de Pierre à 22:53 - Pourquoi écrire en ligne ? - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2007

Flânerie parisienne

Demain c'est le printemps ! Mouais... mais aujourd'hui c'est l'hiver ! Vent glacial, paysage tout blanc, 10 cm de neige sur les bourgeons qui s'épanouissaient un peu trop tôt, figés brutalement dans leur élan débridé. C'était prévisible...

Hier j'étais complètement épuisé. Je n'ai pas écrit. J'avais sans doute besoin de me poser, de laisser décanter ce qui s'est passé durant ce week-end. Sensations fortes, rencontres, discussions. Face à face avec un auditoire... Pour le semi-sauvage que je suis, ça fait beaucoup à la fois. J'aime beaucoup, et en même temps ça me fait "vibrer" fort, toutes ces émotions

Peut-être étais-je un peu fatigué par mes déambulations de la veille, aussi. J'ai marché tout l'après-midi dans Paris. A la découverte, au hasard. Le matin c'est sous la pluie et le vent que j'avais traversé un marché coloré et chargé de fragrances exotiques. Itinéraire me menant du lieu où j'étais aimablement accueilli pour la nuit à celui ou l'on m'avait très gentiment proposé de prendre un brunch. Transition d'un quartier quasi villageois à une des anciennes rues de la capitale.

C'est de là, après une très longue, chaleureuse, et confortante conversation, que j'ai commencé mon périple. J'ai commencé par le jardin du Luxembourg, presque vide. Un groupe de filles, en uniforme traditionnel scout, avait établi ses quartiers pour quelque grand jeu sous les arbres aux feuilles hésitantes. Plus loin c'est une bande de jeunes italiens qui arrivaient pour un pique-nique frisquet.

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Je me suis dirigé vers le Panthéon, à l'imposante architecture classique. Puis j'ai découvert, contiguë, la rue de la Montagne Ste Geneviève, qui a de toutes autres proportions. Encore un quartier qui ressemble à celui d'un petit bourg aux rues sinueuses.

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Filant vers la Seine, en contrebas, je me trouve sur le Boulevard St Germain. Ce n'est qu'en débouchant sur le quai que j'ai eu la surprise de voir la cathédrale Notre Dame, côté jardin. C'est ça qui est fascinant, à Paris : se trouver subitement, au détour d'une rue, devant monument archi-connu, reconnu.

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J'ai alors fait le tour, pour aller sur le Parvis. Il était envahi par une foule cosmopolite. Entretemps le soleil était apparu et réchauffait agréablement l'air vif. Puisque j'étais devant, je suis entré dans la cathédrale. Bof... pas vraiment propice à la méditation. Foule dehors, foule dedans. Je me suis assis dans la travée principale pour me réchauffer un peu, constatant à quel point je ne ressentais rien en un tel lieu. Probablement à cause de la foule. Et puis... honnêtement, je n'ai rien trouvé de bien intéressant à l'intérieur de cette Cathédrale, excepté ses dimensions. Quand je pense aux églises de Venise et à leurs tableaux... Par contre l'extérieur est assez remarquable, hormis cette façade assez massive.

J'ai repris mon itinerrance, fendant la foule des badauds. Me voila place de l'Hôtel de ville, quartier que je connais un peu mieux. Puis Beaubourg, avec ses animations. Jongleur de feu sur un monocycle surélevé. Un peintre qui, les yeux bandés, en se plaçant à l'arrière de sa toile, dessine un approximatif portrait de Che Guevara. Belle performance...

Je ne m'attarde pas. Je file sans trop me préoccuper de l'itinéraire. Je ne connais que mon objectif. Je vois des noms de rues connus. Parfois ceux du jeu de Monopoly... Puis Place de la République, dont j'entrends parler lorsqu'il y a des manifs. De là je décide d'aller vers le Canal St Martin, qui dans mon imaginaire est un lieu de promenade. Ce n'est que devant les dizaines de tentes que je me souviens de ce qui s'y passe depuis l'hiver. Le vaste camp de SDF, en plein vent, me donne une impression de malaise : qu'est-ce que je fais là ? En même temps je me dis « et si un jour c'est moi qui me trouvais dans ce genre de situation ? ». Ma réflexion n'est pas totalement insensée...

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Pour l'heure je n'en suis pas là. Je regarde manoeuvrer un pont pivotant qui laisse passer un bateau à touristes. Le haut-parleur m'apprend que c'est sur cette écluse, juste avant le tunnel, que commence le film Amélie Poulain, quand elle fait des ricochets. Des ricochets ? Tiens tiens... Je continue mon parcours. Les quartiers se succèdent, tous différents. Tantôt larges avenues bordés d'immeubles cossus, tantôt rues banales aux bâtiments sans âme. Ça monte, ça descend. Paris est une ville de collines. Je monte, je monte... et j'arrive à mon but : le Parc des Buttes Chaumont. Un jardin dont j'ai entendu parler depuis très longtemps. L'endroit est assez dépaysant. En plein coeur de Paris, un espace boisé au relief marqué. Vallons, forêts, falaises... et à quelques centaines de mètres, des immeubles.

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Je ne reste pas très longtemps, ma longue marche ayant largement entamé le temps qu'il me reste avant le départ du train de retour. Toujours limite dans ma gestion du temps, je néglige les délais d'attente du métro, celui des correspondances... et j'arrive à la gare une minute avant le départ du train ! Course folle, bousculant au passage les gens pas pressés, j'arrive sur le quai au moment où le départ est siflé. Je saute par la première porte, essouflé... mais j'ai eu mon train !


Pour le compte-rendu de la table ronde, objet de mon voyage, la suite (c'est à dire ce qui précède) au prochain épisode...

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16 mars 2007

Paroles d'élèves

Mes élèves de CAP, ce matin:
« - Dites monsieur, vous serez encore là quand on va revenir de stage ?
- Ah non, j'aurai terminé mon contrat dans une semaine et c'est Mr L. qui sera de retour. »
- Oooh, c'est dommage, c'est bien avec vous ».


[J'avoue que ça m'a fait un petit velours d'entendre ça...]

Bon, ça n'empêche pas qu'un peu plus tard, en travaux pratiques à l'extérieur, ils dépensaient une énergie folle à se bousculer, se sauter dessus, et à être absorbés par tout autre chose que le cours. Et moi de tenter de les recentrer, de capter leur attention, de surveiller le plus perturbateur... pendant que d'autres se mettent à s'exciter. Toute cette énergie débordante qu'il faut sans cesse canaliser... C'est mon énergie qu'ils pompent !

Parmi ces élèves certains ont de très gros problèmes de mémorisation. Un peu comme s'ils ne savaient pas quoi faire de l'information que je leur donne. Ils écoutent, essaient de répondre et de comprendre, semblent s'intéresser dans l'instant, mais dans la minute qui suit c'est comme si tout était effacé ! J'avoue ne pas savoir comment faire.

Il y en a un qui est en limite d'analphabétisme. Il sait écrire... mais dans une langue mi-phonétique, mi-inventée. Incompréhensible. A tel point que, lui demandant ce qu'il avait écrit, et comptant sur une clé qui allait me permettre de saisir son mode d'expression, il n'a même pas su se relire ! Ses notes sont catastrophiques, mais là encore je ne sais pas ce que je peux faire face à un tel handicap. Et d'ailleurs je n'en aurais pas le temps puisque le reste de la classe demande à être nourrie... sous peine de disperser son attention et de s'exciter.



Par contre, avec les BTS au regard affuté, et alors que les premiers contacts me stressaient, il s'est établi un climat assez sympathique. J'adore quand quatre des jeunes filles de la classe viennent vers moi en souriant, pendant la pause, pour me demander ce qui est prévu le lendemain, ou si telle visite est maintenue. Ces jeunes viennent vers moi sans crainte, dans un climat de confiance. Hier, les voyant s'approcher, je leur ai ouvert les bras avec un grand sourire...

Je pense avoir "brisé la vitre" le jour où j'ai dit franchement à cette classe que pour certaines des choses que je leur enseignais j'étais en limite de mon savoir. J'ai joué franc-jeu. La suspicion, que j'avais sentie s'installer face à mes réponses évasives, est tombée. Je me sentais faux à tenter d'avoir une place que je n'étais pas capable de tenir. Maintenant les cours sont actifs, avec un intérêt attentif. J'avoue que cette participation est motivante et rend le travail d'enseignement tout à fait agréable et gratifiant.

Hélas, plus qu'une semaine de cours...

Bah... je commençais à trouver ça plutôt intéressant !
Et dire que je connaissais enfin la plupart des prénoms...

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Texture d'écorce

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15 mars 2007

Les écrits éteints

Bloup... p'tit coup de nostalgie tout d'un coup...

J'ai suivi les liens indiqués par Valclair, qui regrette la fermeture brutale et sans préavis du site Obsolettres. Il évoque à ce sujet le devenir des écrits des diaristes/blogueurs qui, un jour, décident d'arrêter de partager leurs pensées. Leurs sites sombrent dans l'oubli, ou sont carrément supprimés. Il ne reste plus rien...

Peut-être en archive dans leur ordinateur ?

Valclair cite E-phemer(id)es, qui s'était donné pour objectif de conserver certains journaux. Mais il ne s'agit que d'une liste de liens, et nombre d'entre eux pointent vers le néant. Il y aurait vraiment quelque chose à faire si on veut garder trace de l'évolution de l'écriture personnelle en ligne.

En même temps... qu'est-ce qu'un journal, ou un blog, en dehors du temps présent ? N'est-ce pas une lecture de l'instant, suivie au jour le jour ? Combien de lecteurs visitent les archives des sites en activité ? Et qui le fait pour des sites éteints ?

Je n'ai pas vraiment d'idée sur la question, mais ce qui est certain c'est qu'il me semble dommage que ça disparaisse. Une association comme l'APA pourrait effectivement être un lieu d'archivage de ces écrits sans support papier. Gravés sur un disque, ils resteraient au moins consultables...

Quoique si on devait garder les millions de blogs qui existent actuellement...

Ah oui, mon p'tit coup de nostalgie, c'était de me voir replongé quelques années en arrière (et en temps d'internet, ça fait au moins des décennies !). Retrouver la Scribouilleuse, son mouton sautant inlassablement des barrières, et sa petite musique mélancolique (c'est de sa faute, mon coup de blues). Les graphismes de Bliss. Et des noms tombés dans l'oubli, comme Liloo et Tabulawriter, alors qu'ils comptaient à l'époque où les écrivants du net n'étaient que quelques dizaines... Que sont-ils devenus ?

Que deviennent les gens dès qu'on laisse les contacts trop s'espacer ? On s'oublie... ou c'est tout comme. On finit par n'avoir plus rien à se dire. Rencontres éphémères, échanges temporaires. Combien de personnes avec qui j'ai eu de riches échanges sur internet ont-elle disparu de mes boites-à-mail ?

Normal... c'est le mouvement de la vie et des hasards. C'était bon tant que ça vivait, et si ça s'est éteint c'est que les circonstances en ont décidé ainsi.

That's life...

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14 mars 2007

Intimidation réciproque

Parfois on me dit être intimidé de m'écrire.
Ou ne pas trop oser laisser un commentaire ici.

Mais je ne suis qu'un homme tout à fait normal.
Un homme plutôt... intimidé, lui aussi.

Ceux et celles qui vont bientôt me rencontrer pourront constater que je suis loin d'avoir l'aisance d'élocution que pourraient laisser croire mes écrits. Non, je ne bégaie pas, je ne bafouille pas, je ne parle pas non plus à toute vitesse, ni d'une voix inaudible... Mais la fluidité de mes idées est parfois nettement amoindrie en situation de stress. Et face aux autres je suis assez facilement stressé (inquiet, vigilant). Donc peu bavard. Je me contente de sourire discrètement et d'opiner du chef. Le gars qui vous tape joyeusement sur l'épaule, qui vous accueille à bras grands ouverts, ou qui part d'un rire tonitruant, ce n'est pas moi...

Bon, je ne suis pas non plus le type hyper-coincé qui n'ouvre pas la bouche, avec le regard fuyant vers le bout de ses chaussures. Non, je suis simplement "normal", tendance discret.

Faut pas se laisser impressionner par mes longs discours écrits. C'est réflexions sont bien issues de ce qu'il y a dans ma tête, mais cela n'apparaît pas dans ma vie courante. Et d'ailleurs, je me dis toujours quand je rencontre des gens « qu'est-ce qu'il y a dans sa tête ? Qu'est-ce qui anime cette personne ? Qu'est-ce qui la fait vibrer ? ». J'aimerais bien que ce puisse être comme avec les blogs, où on a un aperçu de ce genre de choses. Mais non... dans la réalité faut passer auparavant par tout un tas de codes d'approche. Et, bien souvent, s'en tenir aux échanges distants.

Bref, tout ça pour dire que je suis tout autant intimidé que vous ! Et si je suis aussi prolixe ici, essayant d'utiliser un vocabulaire choisi, me dévoilant assez facilement, c'est uniquement parce que j'ai derrière moi quelques années de pratique de cette écriture en ligne.


Mais bon... je comprends : moi aussi je suis intimidé par nombre de personnes qui écrivent sur internet et qui, d'une façon ou d'une autre, m'impressionnent. Aurions-nous tous quelques complexes ?

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Grande porte de grange n°2
(Pour Forestine qui aime bien effleurer les textures)

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13 mars 2007

Je vous aime

Je vous lis, les uns, les unes, et les autres, sur vos blogs ou sur ce génial site des Petits cailloux et Ricochets. J'aime beaucoup ce que je lis, toutes ces parts d'humanité [d'humanitude, dirait une que je connais...], cette richesse, ce partage, ces doutes, ce respect. Wow, c'est bon tout ça !

Tant de fois je lis ces belles choses qui habitent vos personnalités ouvertes, accueillantes, réceptives. Vous rendez ma vie heureuse. Oui, franchement, j'aime vous lire.

J'aime l'humanité qui est en vous.

Allez... je peux le dire:

Je vous aime !

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La vie est drôle

Je me demande si la légère cacophonie qui a caractérisé mon existence depuis quelques années ne m'a pas transmis une certaine philosophie de vie. J'avais déjà une nature à être plutôt cool face aux aléas de l'existence [relations affectives mises à part...] et je constate que ça va plutôt en s'améliorant.

Hier, à trois jours de la signature chez le notaire de la vente d'une vieille grange [appelons là n°2, car c'est une autre que la n°3 dont j'ai parlé la semaine dernière], nous avons appris qu'un organisme demandait un délai d'étude supplémentaire, étant donné qu'il s'agit d'un bâtiment agricole. Ledit organisme pouvant exercer un droit de préemption, c'est à dire acheter au prix qu'il propose (très bas)... ou interdire la vente. Pour nous ce serait très embêtant puisque le partage des biens ne serait plus du tout le même et je devrais vendre la maison où je vis et où j'exerce mon activité. Euh... ce serait même assez catastrophique.

Bon, on va se battre pour que ça ne se passe pas comme ça. Je ne laisse pas les craintes m'envahir : ça ne servirait à rien. Soit on fait valloir notre point de vue, soit il n'est pas entendu, mais avoir peur n'y changera rien. Donc je reste zen... tout en gardant en réserve toute la pugnacité nécessaire. Mais sans aucune colère devant ces vicissitudes.

Il faut dire que cette vente subit des rebondissements constants depuis presque un an.

  • Il a d'abord fallu bloquer en urgence l'agence immobilière qui avait voulu nous doubler en vendant à d'autres que ceux que nous avions choisi. Ben oui, l'agence ne touchait pas la commission de 8000 euros qu'elle s'était allouée...
  • Ensuite, lorsque j'ai contacté le géomètre qui devait délimiter le terrain, celui-ci m'apprend que cette grange se trouve bien sur un terrain constructible, mais qu'il est trop petit et que le permis sera donc refusé. Qu'à cela ne tienne, on accepte de vendre un bout de terrain plus grand. Les acheteurs posent leur demande de permis de construire...
  • Là nous apprenons que la surface de terrain doit être entièrement comprise dans une zone constructible. Or elle ne l'est que partiellement... La vente est à nouveau compromise. Renseignements pris avec les diverses administrations, le client prend le risque de signer, sûr de son bon droit et l'illogisme de la règle. Nous sommes tous prêts à remonter jusqu'au préfet, s'il le faut, ou a intenter un procés contre la machine administrative qui ne nous avait pas prévenu sur les documents antérieurs.
  • Finalement le permis est obtenu dans un grand ouf de soulagement. La vente peut se faire. Rendez-vous est pris pour la signature, en novembre. Annulé quelques jours avant parce qu'un service administratif n'a pas encore enregistré un nouveau numéro de parcelle de terrain (celui sur lequel était la vieille maison, n°1, où je vivais, vendue peu de temps avant). Vente reportée...
  • Et là, nous étions à trois jours de la vente n°2... et c'est reparti pour un mois d'attente.

Mais je reste cool.

D'ailleurs, alors que pour la grange n°3 un autre acheteur est prêt à signer depuis jeudi, l'administration nous ressort vendredi l'histoire du terrain pas entièrement en zone constructible ! Rebelote pour l'incertitude...

Mais je prends ça avec philosophie.

Tout comme le fait de ne pas trop savoir ce que je vais faire de ma vie dans les mois à venir. Pas de revenus garantis, pas de perspectives particulières de travail, aucune piste qui se dégage à court terme... Mais bon, depuis le temps que ça dure, je n'en suis pas encore mort !

Je repensais aussi à mes relations affectives, dont j'imaginais que la perte serait comme une amputation des deux bras. Et puis finalement j'ai bien été amputé... mais j'ai toujours mes deux bras. En revanche je n'ai plus besoin de béquilles pour avancer [ce qui ne veut pas dire que ces relations étaient des béquilles, mais que je m'appuyais trop dessus].

Hier soir, en m'endormant, je repensais à tout ça et je me disais que la vie est bien facétieuse. Vraiment, depuis quelques années, ma vie n'a rien d'ennuyeux !

Je me suis endormi avec un sourire d'aise.

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Porte de grange n°2

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11 mars 2007

Internet et moi, et nous...

Pour ceux qui s'intéressent aux différentes enjeux de l'expression personnelle sur internet, aura lieu samedi prochain à Paris, comme le signale déjà Valclair, une table ronde organisée par L'Association pour l'Autobiographie et intitulée « Internet, et moi, et moi, et moi... ». L'écriture de soi y sera abordée sous différents aspects, et notamment sous celui de la sociabilité et du développement personnel qui peuvent se partager par l'intermédiaire de ce moyen de communication mis à la portée de (presque) tous. Autant de sujets qui me passionnent depuis... que j'écris en ligne !

Il se murmure que quelques écrivants du net seront présents...

Pour ma part je serai à Paris pour le week-end et serais enchanté de rencontrer d'éventuelles connaissances du secteur (en plus de ce qui est déjà prévu le samedi). Par contre je ne sais pas toujours d'où sont originaires les personnes avec qui j'ai quelque correspondance... Si vous vous sentez concerné(e), tenté(e), hop, un p'tit mail...

* * *



Tant que je suis dans ce genre de sujet...

J'ai lu sur un blog d'accès restreint un échange intéressant. Il y était question de ce qui était ressenti à l'annonce de la fermeture de blog-amis, avec une idée de séparation, de deuil, face au "départ" de quelqu'un dont on appréciait les réflexions. Depuis sept ans que je fais partie de ce monde des écrivants en ligne, j'en ai vu disparaitre des sites ! Mais je me rends compte qu'avec le temps j'ai appris, sans vraiment m'en rendre compte, à ne pas m'attacher à ceux que j'apprécie. Je ne les investis pas trop affectivement. Je sais que pour beaucoup d'entre eux cette expression personnelle ne durera qu'un temps. Maintenant, dès que je découvre une écriture qui me plaît, je la prends pour ce qu'elle m'offre sur le moment.

Finalement il y a quelques analogies intéressantes avec ce qui se passe dans toute relation. Et quelques résonnances avec ma vie affective récente...

Il y a pourtant des personnes avec qui je "sens" que quelque chose de durable pourrait se développer. Des personnes qui, je crois, resteront longtemps présentes dans ce monde d'internet. Certaines y sont d'ailleurs depuis plus longtemps que moi ! Parfois il y a changement d'identité, changement de blog, ou accessibilité seulement à des personnes choisies. Je peux suivre ces personnes dans leur évolution. D'ailleurs, j'ai l'impression que ce pourrait être une tendance en développement : d'abord ouvrir un site ouvert à tous, qui permet de créer des liens et trouver des affinités, et ensuite, ou en parallèle, un site plus intimiste où on se retrouve "entre connaissances". Cette restauration de l'intimité peut correspondre à quelques déboires sur un blog public, ou à une trop grande visibilité due au succès, ou encore à une impossibilité d'aborder certains sujets impliquants en public. Avouons-le : l'intime s'accorde mal avec la foule.

Pour ma part j'ai longtemps tenu à garder un seul site, qui me semblait proposer quelque chose de plus authentique. Je ne voulais pas cacher des parts de moi, estimant que si j'étais "entier" mon témoignage avait davantage de valeur. Je méconaissais les risques de la trop grande transparence. Finalement j'ai crée ce "carnet" il y a deux ans et demi, façade publique et plus conviviale de mon ancien site (qui n'a pas de système de commentaires). A la longue le blog a eu plus d'audience que le site d'origine, qui a gardé un ton plus intimiste. Mais depuis longtemps j'ai la tentation de céder au multiblogage, en affectant un blog spécifique selon certains sujets de prédilection. J'ai déjà fait quelques tentatives, dont certaines ont sombré dans une léthargie durable... Le projet est en attente depuis des mois, et verra peut-être le jour subitement. Je pense à un site général qui pointerait vers différents espaces plus ou moins ouverts à tous, plus ou moins relié entre eux. En fait le facteur limitant est bien évidemment le temps à consacrer à plusieurs blogs. Il y a aussi un phénomène d'audience minimale qui peut jouer. Une présence irrégulière joue défavorablement sur la fidélité du lectorat.

Cecit dit, il m'est arrivé de penser que ce monde d'internet mangeait trop de ma vie. Avec l'envie de tout déconnecter pour me raccorder au monde dit "réel". Je pense notamment à cette nature qui est à quelques mètres de moi. Là, au moment où j'écris, je vois par la fenêtre le superbe temps qu'il fait, et mon immense terrain qui se perd dans les collines. Et moi je suis là, en train de "vivre" dans ma tête, en train de "partager" mes pensées, qui seront lues par des gens que, pour la plupart, je n'ai jamais rencontré. Si je vais dehors, je vivrai autre chose. Je respirerai l'air vif, m'absorberai dans l'observation de la nature en éclosion, je sentirai par tous les sens de mon corps cette présence au monde immuable. Mais je pourrais tout aussi bien prendre ma voiture [pollution !] et aller en je ne sais quel lieu de rencontre de mes semblables humains. Partager, échanger, rire... Ou encore aller faire du sport, et vivre d'autres sensations. Marcher en montagne, me promener au bord d'un lac... Tant de possibilités !

Chacune de ces possibilités sont autant vivantes l'une que l'autre. Toutes front appel à l'émotionnel et aux sensations, apportant au cerveau une certaine dose de plaisir. Alors il faut croire que mon plaisir du moment est celui d'une satisfaction intellectuelle.

De toutes façons je vais bientôt aller dehors, pour respirer cette autre façon de vivre qui m'est, elle aussi, essentielle.

Et la semaine prochaine je vais rencontrer des gens que j'apprécie, partager, rire...

L'est pas belle, la vie ?

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Dans mon jardin...

Posté par Coeur de Pierre à 11:22 - Pourquoi écrire en ligne ? - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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