Dans quelques heures nous aurons le résultat de la prise de température des français. Sont ils majoritairement frileux ou audacieux ? Préfèrent-ils l'utopie et son inévitable part d'incertitude, ou au contraire être rassurés par des chiffres et des repères bien balisés ? Ont ils plutôt des qualités de coeur, préférant ouvrir leurs portes à l'inconnu, à la différence, à se serrer un peu pour laisser de la place à la table commune, ou bien optent-ils pour le verrou posé sur la porte et la demande de patte blanche pour pouvoir entrer et rester "entre soi" ?

Sommes-nous majoritairement prêts à rêver, inventer, échanger, chercher, nous adapter... ou bien préférons-nous suivre ce que l'on nous dira de faire, parce que cela aura été réfléchi d'avance pour nous qui n'en n'aurions pas les compétences ?

J'aime beaucoup cette citation, lue quelque part sur le net, et je la crois sincère:

« Je ne veux pas de la part d'ombre qui sommeille en nous-mêmes, parfois dangereusement flattée ici ou là, mais la part de lumière, d'imagination, du regard fraternel sur celui qui va moins vite, sur celui qui est différent. »

Ségolène Royal

J'aimerais, vraiment, que les résultats infirment les derniers sondages. Qu'au dernier moment le choix se soit porté sur ce qui peut mener à un changement de société, même s'il ne devait être que lent et infime. Qu'ait été choisi ce sens pour l'évolution, de toutes façons complexe, au sein d'un monde dans lequel nous ne sommes que part minime. J'aimerais sentir ce souffle d'espoir, même si je ne me fais guère d'illusions sur le "miracle" qui pourrait en découler. J'aimerais sentir qu'une majorité de personnes croient en une amélioration pour tous, font le choix d'oser, même si on ne sait pas très bien comment faire changer les choses.

J'aimerais sentir ce souffle favorable, cette brise d'optimisme. J'aimerais que le monde constate qu'une femme, que cette femme, a finalement rallié plus d'un français sur deux. Que cette femme entre dans le cercle très restreint de celles qui ont les plus hautes fonctions dans un état. Il me semble que se serait le signe que quelque chose de nouveau se produit, que quelque chose bouge dans un certain sens, même si en soi le sexe ne rentre en ligne de compte que d'une façon très ténue.

J'aimerais qu'ait été entendue la préoccupation environnementale de notre planète commune, au dela de notre petit hexagone. Que ce signe de solidarité inter-humaine ait pesé dans le choix des indécis. Qu'au moins ils aient pensé au monde, si le choix de société pour notre pays les indiffère. Je ne me fais pas d'illusions sur la radicalité des changements, mais qu'au moins il y ait cette volonté qu'ils se produisent. Que cette vision lointaine, cette part de rêve, ait finalement pu influer.

J'aimerais que toutes ces poussières de changement se soient accumulées du même côté de la balance et la fassent pencher du "bon" côté. Celui de l'ouverture, celui de l'audace, celui d'une certaine foi en l'humain.

J'aimerais, vraiment, que dans une heure je me réjouisse avec eux de ce que la majorité de mes concitoyens ont dans le coeur. Que la lumière l'ait emporté sur l'ombre...

Je veux y croire...