Je me sens comme un fumeur qui, quittant son addiction, redécouvre le plaisir de respirer à pleins poumons. Je me suis deconnecté de ma blogobulle. Déconnecté de l'emprise relationnelle dans laquelle je me suis laissé happé.

Par le simple fait de supprimer les commentaires publics j'ai retrouvé une liberté. J'étouffais dans ce microcosme par moi-même circonscrit.

Au moment où j'écris, je serais presque tenté de supprimer la possibilité de commenter, pour profiter d'un meilleur silence. Besoin de prendre de la distance avec vous. Non pas vous-lecteurs, mais vous-connaissances. Besoin de me retrouver. Seul. Quelques temps.

Quoi qu'il en soit je n'ai plus envie de que notre proximité soit ostensiblement affichée. Je n'ai plus envie qu'apparaisse ici la convivialité qui nous réunit, ou les liens particuliers que j'ai avec quelques-uns d'entre vous.

Oh, vous n'y êtes pour rien : c'est bien en moi que ça se passe. C'est moi qui ai laissé se développer cela, en répondant à vos clins d'oeil, et en vous en faisant sur vos sites. J'ai voulu rendre "transparente" la convivialité, mais à la longue je trouve que cela s'accorde mal avec la tonalité que je voudrais donner à mes écrits.

Crise de lucidité temporaire ? Évolution définitive ? Je n'en sais encore rien...

Ce qui est certain c'est que j'ai ressenti une overdose. C'est moi même qui me la suis administrée en voulant conjuguer réfléxions approfondies, intimité dévoilée en public, et relative transparence relationnelle. Mais non, vraiment, je ne crois pas que je sois fait pour me montrer sous autant de jours. Pas devant tant de monde, tant d'inconnus. J'ai l'impression de faire un numéro d'équilibriste en même temps qu'un strip-tease. C'est casse-gueule...

Je suis allé plus loin que ce qui m'est confortable. Pas grave, je rebrousse-chemin. Je vais probablement tenter d'autres pistes. Je ne renonce évidemment pas à l'écriture, mais il me faut inventer un nouveau rapport à son interaction avec les différents types de lecteurs.

Et m'en donner le temps...