Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

03 juillet 2007

Le pari de l'amour

J'ai été interpellé au sujet de la phrase suivante : « Faire le pari de l'amour, parce que c'est l'élan de vie qui compte davantage que la personne avec qui on le partage, temporairement ou durablement ».

Ségolène l'a trouvée « un peu terriblement désabusée... qui ne relève à (ses) yeux ni de l'optimisme ni de l'amour ! Mais de la consommation amoureuse ».

Bigre ! Voila qui soulève bien des questions pour un homme comme moi, ayant pour ce genre de sujet un intérêt non dissimulé...

Faire le pari de l'amour, c'est dire « tope-là, on se lance ! ». C'est audacieux, c'est positif, et c'est un peu fou. Mais de quel amour s'agit-il ? D'un état instantané ou d'une construction dans la durée ? Et d'abord, éternelle question : c'est quoi l'amour ?

Que ceux qui ont une définition qui fait l'unanimité lèvent le doigt !

Quand je parle d'élan de vie, je pense à quelque chose qui est absolument positif. Pas du tout dans le désabusement, mais au contraire de l'ordre de la croyance (pour ne pas dire la foi...) en ce qui me relie à l'autre à ce moment-là. Un(e) autre en qui j'ai suffisamment confiance pour me lancer dans ce pari fou.

Cet autre est-il (elle, en ce qui me concerne...) interchangeable, comme le laissait entendre ma phrase ? Et bien... non... mais oui. Chaque personne est évidemment unique, et irremplaçable en tant que telle. Mais l'amour, en tant qu'élan vers l'autre, est tout à fait interchangeable. J'aime différemment chaque personne, mais le ressenti amoureux est globalement le même, me semble t-il. L'élan amoureux qui me transporte est à peu près équivalent quelle que soit la personne vers qui il est dirigé. L'amour est un ressenti intérieur, personnel, qui me porte à désirer vivre quelque chose de l'ordre du partage avec une personne que je reconnais. Le "quelque chose" en question pouvant être très variable selon les individus.

Est-ce de la "consommation amoureuse", avec le sens minorant (compulsion, ou à jeter après usage...) que je crois percevoir dans le terme ?

Alors là... je ne saurais que répondre. Être dans un élan amoureux spontané peut-il être comparé à de la consommation ? J'avoue ne pas aimer ce terme, que je trouve péjoratif, ne concordant pas avec l'idée que je me fais de l'amour. Il me rappelle ce qui m'a très souvent été asséné lorsque je suis "tombé en amour" avec une autre femme que celle que j'aimais. Les histoires de beurre et argent du beurre, d'herbe plus verte à côté, je connais jusqu'à plus soif. Je ne me sentais pas concerné par ce genre de poncifs à courte vue.

Dans ce que relève Ségolène il est question de "consommation amoureuse" d'une façon plus générale, et notamment pour des personnes qui sont libres (i.e. pas en couple). Libres de vivre des amours, voire de les additionner. Est-ce une logique de consommation ? Peut-être, pour ceux ou celles qui ont un désir de renouvellement constant ou de diversité. Encore faudrait-il savoir ce qui est recherché, ou fui, dans ce genre de comportement. Mais n'est-ce pas aussi une façon de ressentir les émois amoureux sans forcément s'engager sur le long terme ? Faudrait-il se priver de toute "consommation amoureuse", et donc d'amour, sous prétexte qu'on ne désire pas s'engager sur la durée ? Et ce refus même de l'engagement n'est-il pas une façon de se protéger de désillusions ?

Ce serait effectivement le signe d'un désabusement... et il est fort probable que je fais partie des désabusés après ce que j'ai vécu. Est-ce une marque de pessimisme ? Je n'en suis pas certain... Je crois que répondre à un élan vital, quel qu'il soit, est toujours le pari fou qui consiste à croire que c'est possible. Y croire quand c'est là... mais sans se bercer d'illusions. Vivre l'amour au présent. Alors, désabusement ou réalisme ?

Il y a, bien sûr, des paramètres plus subtils. On peut par exemple se demander si le fait de prévoir d'emblée que l'amour puisse ne pas durer ne contribue pas à un renoncement anticipé, dès les premiers nuages. Peut-être que le pari est alors plus vite abandonné dès qu'on se rend compte que l'élan amoureux perd de son intensité. Inversement, vouloir absolument le faire durer pour cause d'engagement irréversible ne donne pas forcément des résultats portant vers un optimisme débridé...

Je suis encore perplexe lorsque je compare les deux façons d'aimer (présent ou durée), n'ayant probablement pas suffisamment expérimenté pour avoir un avis plus affirmé. J'ai, durant un quart de siècle, défendu mordicus l'idée de l'engagement (l'exact inverse de la "consommation"), jusqu'à ce que les hasards de la vie me mettent face au renouveau de l'élan de vie. Dilemme : rester dans l'engagement ou suivre un appel porteur de vie ? J'ai choisi de le suivre, donc d'entrer dans ce qu'on pourrait qualifier de "consommation amoureuse". Cela a insufflé à mon existence quelque chose qui ne s'était pas déclenché auparavant. Si j'avais renoncé à cette "consommation", où en serais-je actuellement ? Dans quel renoncement se serait noyé un élan vital naissant ?

J'ai choisi ce qui me semblait être le plus optimiste. J'ai choisi la vie. Le changement dans ce qu'il peut avoir de fertile, l'ouverture vers l'inconnu et la différence, la rencontre, l'aventure humaine. J'ai fait ce pari, et quoi qu'il puisse advenir c'était un pari gagnant.

Si désabusement il y a, maintenant, c'est par rapport à la difficulté de vivre pleinement l'amour dans la durée. Ou autrement dit : comment passer de l'état amoureux à l'amour qui dure ?

Désillusions aussi, probablement, par rapport à notre incapacité, pour la plupart d'entre nous, à vivre vraiment dans l'amour de l'autre. C'est à dire un amour qui soit vivant et vibrant, qui laisse libre, qui ne se sente pas propriétaire ni propriété, qui reste désirant et entreprenant, surprenant, épanouissant, accueillant. Qui souhaite le bonheur et l'épanouissement de l'autre sans s'oublier soi, qui ne se sacrifie pas pour l'autre, un amour qui fasse confiance. A soi, à l'autre, et à la vie. Un pari permanent.

C'est facile à énoncer, mais souvent beaucoup moins à vivre dans les actes. La théorie et la pratique. En tout cas moi je n'ai pas su le vivre comme je le désirais...

Finalement je crois que la façon d'aimer est un choix personnel, largement soumis à un fonctionnement inconscient, et que cela n'a pas à être jugé. Il n'y a pas de "bonne façon" d'aimer, chacun optant pour ce qui lui semble le mieux en fonction de son cheminement dans l'existence. L'amour est vivant, changeant, et pour cela largement indéfinissable.

Tiens, justement, à titre de question subsidiaire : c'est quoi, pour vous, l'amour ?

escapade12

Posté par Coeur de Pierre à 10:58 - Amour et sentiments - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je ne crois pas qu'il puisse n'y avoir qu'une seule définition de l'amour, mais je suis persuadé par contre qu'il ne peut y avoir d'amour sans engagement réciproque dans la durée. Sinon, comme dis Ségolène, on est dans une logique de consommation au jour le jour, ce qui a aussi son charme mais, justement, n'engage à rien :)

Posté par Ex Nihilo, 03 juillet 2007 à 16:28

J'avoue que j'aime assez cette expression de "consommation amoureuse".
L'amour temporaire est en effet une dynamique de consommation, comme une quantité finie à se partager en un temps donné. Et ensuite, l'amour est mort... consommé... consummé... C'est évident que cela apporte de grandes satisfactions.... tant qu'il y a à manger chez l'autre...
C'est d'ailleurs pourquoi on dit que la passion amoureuse est "dévorante" ! Consommatrice !
C'est la mise en commun de besoins affectifs personnels en vue d'une satisfaction réciproque. C'est donc forcément limité dans la durée. Un jour ou l'autre : les assiettes sont vides !! :o))

Pour ma part le seul amour qui dure est "l'amour de don de soi", une décentration du soi pour l'autre.
Mais, tant que l'on n'en fait pas l'expérience comme réelle source de bonheur pour soi-même (bonheur du don de soi), alors on le vit comme toutes sortes de tyranies (morale personnelle, religieuse, sociale, aliénations aux autres, peurs d'aimer/etre aimé, etc...), ou bien on est mené par ses carences affectives non réglées.

Posté par Alainx, 03 juillet 2007 à 17:07

D'après ce que tu dis, Ex Nihilo, l'amour serait synonyme d'engagement. Pas d'amour sans engagement.

D'un autre côté, on sait que l'engagement, du fait de son irréversibilité, peut mener au désamour et à diverses formes de laisser-aller.

Quand à l'engagement résiliable unilatéralement, c'est évidemment un accomodement personnel qui tient de la trahison. Encore faut-il savoir à quoi on s'engage, précisément. Il y a souvent beaucoup de flou dans les engagements que chacun contracte selon ce qu'il considère comme essentiel. Et nous n'avons pas tous les mêmes essentiels...

J'avais lu une solution intermédiaire : l'engagement à durée déterminée, reconductible. C'est à dire de renégocier régulièrement l'engagement et son contenu et voir si chacun est prêt à repartir pour un tour. Je trouve cette formule assez séduisante.

Alainx, je partage assez largement ta présentation de l'amour consommable. Ce n'est évidemment pas cette version qui m'intéresse, mais celle d'un "engagement libre". C'est à dire un engagement personnel, moral, à faire tout ce qui m'est possible (très subjectif !) pour maintenir l'amour vivant et désirant. Le problème de l'engagement est qu'il donne une impression d'acquis. L'amour devrait être, il me semble, reconquête permanente.

J'aime bien l'idée de l'amour "don de soi"... tout en en mesurant les limites. Je ne crois pas qu'on "donne" sans attendre un retour. Donner sans se retour conduit à un assèchement, et là aussi à une assiette vide. Seul le don mutuel peut maintenir un équilibre. Ça ne veut pas dire don équivalent, ou égal, mais don nourissant celui qui le reçoit. Le don doit être attentif aux besoins de l'autre, ce qui ne correspond pas forcément à ce qu'on aurait envie de donner spontanément. Cela nous ramène à la nécessité d'un dialogue ouvert et attentif...

De toutes façons, il n'y a pas d'amour sans communication, quelque forme qu'elle puisse prendre.

Posté par Pierre, 03 juillet 2007 à 20:59

Un engagement qui ne rime pas avec immobilisme

"Le problème de l'engagement est qu'il donne une impression d'acquis. L'amour devrait être, il me semble, reconquête permanente.", dis-tu...

Mon cher Pierre, pour ma part, je ne vois pas l'engagement ainsi...

"L'acquis" induit une idée d'immobilisme, d'arrêt sur image....
Quand on 's'engage' dans un couple amoureux, ce n'est bien sur (ou ça ne devrait pas être!)pas pour "exiger" qu'à N+15, la marmotte empaillée n'ait pas bougé d'un poil sur la devanture de la cheminée....

L'engagement amoureux ne relève pas de l'"obligation de résultat" pour employer un vocabulaire de juriste, mais de l'"obligation de moyens" selon moi.....

On ne s'engage pas à ce que la petite pousse toute frêle de 2 cm devienne un vigoureux chêne centenaire, en revanche, on s'engage à ne pas laisser la plante crever de soif, se faire dévorer par les insectes et la laisser grandir dans une terre inhospitalière.....à "se remuer le c.... " pour que la vie de ce couple que l'on a désiré former à un moment ait une chance d'être belle et douce....

C'est tout sauf de l'immobilisme,*ça* et ça demande même un sacré dynamisme et élan vital!....

L'engagement amoureux, c'est le *refus* de la dictature de l'instantanéité, de l'instant présent (oui, oui, tu as bien lu *dictature*!), c'est accepter que le temps ait de la valeur et qu'il soit nécessaire à certains évolutions du couple, à certaines harmonies amoureuses, c'est s'obliger à prendre du recul au lieu d'agir sur le coup des seules émotions et envies 'du moment'....

L'engagement amoureux incite à aller chercher au fond de soi ses "désirs profonds" et ses "sentiments stables"...

A se positionner face à soi-même pour ensuite se positionner face à l'Autre, aimé..... A ne pas se "dédouanner" du 'jour au lendemain' d'actes, de paroles, de projets amoureux, *posés*, importants sans y avoir longuement réfléchi....

L'engagement n'empêche *rien*... ni de reprendre sa "liberté", ni de choisir de ne 'jamais' y renoncer, à cette liberté....

Mais l'engagement t'ancre dans le respect de l'autre et dans la conscientisation et la responsabilité de ton comportement amoureux...

Non, l'Autre n'est pas une 'chose' qu'on *prend* quand ça nous chante, et qu'on *rejette* à notre guise.... l'engagement concrétise le refus de cette posture amoureuse là....

Mais qu'on ne s'y trompe pas, il y a bien "reconquête permanente" dans un engagement "bien compris"!...reséduction, recherche d'un meilleur dialogue, d'une meilleure communication.... d'une plus grande compréhension mutuelle...

C'est en tous cas comme cela que je vis quotidiennement l'engagement que j'ai pris avec mon époux il y a maintenant presque 10 ans....

Le fil qui nous unit a parfois été de l'épaisseur et de la solidité d'un cheveu de nourrisson, mais c'est justement dans ces moments là, éprouvants sans commune mesure que l'engagement prend tout son sens...

Il est bienveillance et accueil vis à vis de la fragilité de l'Autre, confiance dans la capacité du couple à "re bondir", investissement personnel pour que le jardin relationnel refleurisse comme il le mérite....

SolAnge

Posté par SolAnge, 04 juillet 2007 à 00:19

Dictatures et tyrannies

SolAnge, j'aurais dû écrire que l'engagement PEUT donner une impression d'acquis. Ce n'est pas automatique...

Mais j'aime bien ce que tu dis de "l'obligation de moyens".
Quoique tout ça reste théorique : en réalité chacun va mettre les moyens nécessaires, s'il tient au couple, mais pas forcément ceux que l'autre attend. Et aussi selon ses capacités : on peut vouloir rester dans l'engagement, mais sans pouvoir le faire sans aller contre certaines aspirations vitales.

Dans mon histoire de couple, malgré le fait que je tenais viscéralement à cette relation et que j'y restais engagé selon les critères qui ME semblaient essentiels... je n'ai pas pu aller jusqu'au reniement de mes aspirations profondes. Je ne me suis pas sacrifié pour le couple.

C'est là une des limites de l'engagement : jusqu'où ?

Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire en parlant de "dictature de l'instant présent". Dans mon esprit vivre au présent c'est vivre vraiment, sans s'accrocher au passé ni anticiper sur l'avenir. C'est cueillir ce que la vie offre, parce que la vie c'est maintenant et pas forcément demain. Tout est question de priorités. Là par exemple, au présent je te réponds. Je prends du temps pour ça, parce que j'estime que ça "construit" quelque chose, aussi infime que ce soit. Ça construit de la pensée, ça la structure. Je pourrais privilégier autre chose.
Ceci dit on peut effectivement se laisser happer plus que nécessaire, et le temps que nous passons sur internet nous le rappelle souvent... Pour d'autres ce sera le travail, le sport, la télé, le ménage...

Par contre, oui, toute évolution (personnelle, ou de couple) demande du temps, ou au moins une maturation qui permet un déclenchement rapide. En cela suivre des impulsions inconsidérément peut conduire à un papillonage stérile et des "désengagements" cruels. Là je te suis.

En fait je suis assez partagé face à l'idée d'engagement. Je suppose que, comme pour beaucoup de choses, c'est sur la ligne qui sépare "engagement" et "liberté", que se trouve le juste équilibre. Comme par hasard la position la plus délicate à tenir...

Engagement total ou liberté totale, les deux sont de potentielles tyrannies.

Posté par Pierre, 04 juillet 2007 à 09:34

Ouhlala, l'amour a-t-il besoin de post aussi long pour être défini? Avec autant de mental mis à contribution? Je vais faire court: pur moi, l'amour ne peut exister que dans l'ici et maintenant. Dès que l'on se préoccupe de la durée (soit juste ce soir, ou pour la vie, ou entre les deux), l'amour, celui qui m'intéresse, c'est fini. Je vis un tel amour depuis 3 ans! :-))

Posté par byrdie, 04 juillet 2007 à 11:56

Intéressant point de vue Byrdie, à l'opposé des précédents.

Et pour la longueur du post, je me demande s'il ne confirme pas le vieil adage: ceux qui en parlent le plus sont ceux qui le vivent le moins ;o)

Les questions se posent quand on en a le temps...

Posté par Pierre, 04 juillet 2007 à 14:49

Désinvolture amoureuse

"Et pour la longueur du post, je me demande s'il ne confirme pas le vieil adage: ceux qui en parlent le plus sont ceux qui le vivent le moins ;o)

Les questions se posent quand on en a le temps..."

Bah c'est sympathiquement dit, ça! LOL

Me sens pas concernée!... je *vis* l'amour et j'*en parle*, je vois pas bien en quoi l'un empêcherait l'autre!

La dictature de l'instant présent, c'est, selon moi, vivre comme si *rien* n'avait existé hier et *rien* ne méritait qu'on cherche à le faire perdurer.....

C'est se sentir à l'aise pour dire "Ciao" d'une heure à l'autre à celui avec qui on a fait un bon bout de chemin, parce qu'"à l'instant x", on ne le *sent* pas (et parfois, on n'a rien fait pour le sentir à nouveau!!!).....

Ce type de désinvolture amoureuse me pose question et je plains sincèrement ceux qui y sont sujets... j'aurais l'impression de bâtir des chateaux de *sable* dans ma vie relationnelle...

Mais bon, j'imagine que ceux qui se comportent ainsi sont heureux comme ça (ceux qui sont en relation passagère avec eux, peut-être 'moins' cependant!) ou... qu'ils ne "savent" pas faire autrement....

SolAnge

Posté par SolAnge, 04 juillet 2007 à 15:58

SolAnge, je parlais DU post (le mien), pas des commentaires. Autodérision rappellant que j'ai le temps de théoriser sur le sujet...

Pour cette dictature de l'instant présent dont tu parles, "désinvolture amoureuse" détachée du passé et de l'avenir, elle me laisse aussi perplexe que toi. Notamment en pensant à celui ou celle qui reste sur le carreau...

Mais est-ce que ce genre de comportement ne résulte pas d'une mauvaise communication, d'un manque d'expression des besoins et désirs (ou d'une incapacité à les entendre) ?

N'est-ce pas le symptôme plutôt que la cause ?

Posté par Pierre, 04 juillet 2007 à 16:21

Oui SolAnge, on peut vivre l'amour et en parler! D'ailleurs, mettre l'amour que l'on vit en paroles est une activité délicieuse (et Pierre le (l'a) fait mieux que quiconque)!

Je me demande si nous parlons du même "présent". Mon présent n'a rien à voir avec une certaine désinvolture - j'aimerais même dire bien au contraire. Le passé est passé, on peut le garder dans son coeur et l'apprécier (ou le haïr), mais on ne le changera plus - et un bel amour dans le passé ne garanti pas un bel amour dans le futur. On peut prier le ciel qu'une relation amoureuse soit toujours magnifique, mais la vie souvent se charge de nous décevoir (surtout si nous "attendons" quelque chose de cette relation)...

Ce que j'aimerais dire, c'est qu'à emprisonner son amour dans ce qu'il a été, et sur ce qu'il devrait être demain, on manque l'essentiel: vivre pleinement son amour dans l'instant. Cela donne une légèreté et une intensité incroyable à la relation. Et c'est peut-être la plus belle façon d'honorer ce qui a été, et la meilleure façon de continuer cette belle histoire. Et cela marche lorsque les deux - oui, la communication est essentielle - vivent cela de la même manière: alors, personne ne se trouve sur le carreau!

C'est évidemment plus facile de vivre cela dans des histoires amoureuses qui ne se conjuguent pas dans une relation quotidienne (mais qui peuvent très bien durer des années). Mais combien de couples désabusés retrouveraient le goût de l'amour s'ils pouvaient mieux vivre leur relation dans le présent!

Posté par byrdie, 04 juillet 2007 à 17:37

vivre ou fuir?....

Je pense, Pierre, que ce genre de comportement (la fuite de l'engagement amoureux) résulte surtout de la peur et aussi d'un certain égoïsme...

S'engager, c'est 'audacieux' parce que *risqué*.... on risque de 'perdre' certains éléments auxquels on tenait et on risque de 'gagner' ce que l'autre nous donne et que parfois, on ne 'sait pas recevoir'!...

Egoïsme parce qu'il faut effectivement, comme le disait Alainx, savoir apprécier "le bonheur du don de soi" pour s'engager amoureusement...

Dans la fuite de l'engagement, il y a aussi fuite du "don de soi"... ces gens là sont dans une maîtrise absolue d'eux... parfois même en pleine étreinte, ils surveillent ce qu'ils donnent, et surtout "comment ne pas trop se donner", se 'laisser aller'!..... J'ai rencontré quelques éjaculateurs tardifs "phobiques de l'engagement"!.... des fois que l'engagement les castre!!!....

Merci Byrdie pour ces précisions très éclairantes et très juste, à mon avis, de ce que tu entends par "vivre dans l'ici et le maintenant"...

Je comprends mieux et j'adhère à cette vision, qui ne rejette pas le passé et l'avenir, mais qui redonne place à chaque temporalité et une épaisseur d'intensité au présent....

Oui, c'est important, quand on est en couple de donner et de prendre le meilleur 'maintenant' sans être nostalgique de ce qui a pu être partagé par le passé (mais en s'en nourissant parfois)et sans remettre à demain ce qui peut-être bénéfiquement dès aujourd'hui... Par exemple, oui, ces petits dessous sexy, ou cette tenue seyante ce n'est pas la peine d'attendre une grande occasion pour les porter, *aujourd'hui* peut-être une 'grande occasion' pour le couple, pour peu que l'on la décrète telle!!!

SolAnge

Posté par SolAnge, 04 juillet 2007 à 23:41

SolAnge, il peut y avoir fuite devant l'engagement, mais il peut aussi y avoir un non-besoin d'engagement, comme l'explique Byrdie. En fait on ne peut pas généraliser.

Oui, s'engager c'est choisir une voie, donc renoncer à certaines choses. Ce peut être audacieux. Ce peut aussi être une fuite devant l'incertitude, et donc un acte égoïste. Tous les cas de figure sont possibles.

Inversement le "non-engagement", ou "engagement libre", "attachement libre" (on est dans les paradoxes) peut aussi être un très beau don : celui de laisser l'autre entièrement libre. Ça demande de prendre sur soi tout ce qui est de l'ordre de la peur de perdre et de la jalousie. Immense cadeau que de laisser la liberté à l'autre !

Cecit dit il est probable qu'il y a davantage de phobiques de l'engagement que "d'offreurs de liberté" ;o)

C'est peut-être ce qui rend finalement si rares ces histoires.

Posté par Pierre, 05 juillet 2007 à 00:11

C'est amusant de lire tout ça !
Surtout tout ce que le mot "engagement" fait fantasmer !
On y confond engagement, aliénation, prison, etc...
Mais le "véritable engagement" est TOUJOURS un acte de liberté ! (sinon il faut parler d'"aliénation en/au couple"...)
Un consentement au bonheur durable !
Pour ne pas intellectualiser à tout crin (comme c'est souvent le cas ici), je dirai que, personnellement, cet engagement libre avec ma compagne (ça va quand même faire 35 ans !) et un acte libre de chaque jour. Plus je suis libre dans cette relation, puis je suis uni profondément à elle, et plus j'en suis heureux.
Seulement voila, seul "l'expérientiel" permet cette affirmation...
Le reste .... est littérature !

Posté par Alainx, 05 juillet 2007 à 10:19

Je découvre votre blog par l'intermédiaire de celui de Pati et après le premier billet plus léger, je tombe sur la Question et c'est passionnant de vous lire.
En fait, c'est très compliqué et suivant dans le "camp" dans lequel on se situe la réponse est différente.
J'ai comme vous longtemps prôner l'engagement ad vitam aeternam jusqu'à ce que l'Amour me tombe dessus sans y être invitée, maintenant forcément j'ai revu mon opinion, forcément je ne peux aller contre l'amour, contre la vie, mais mon mari lui ne comprend pas il m'aime toujours.
Et tant que l'Amour ne vous est pas tombé dessus vous avez du mal à croire qu'il est possible d'y résister.
Mais y résister pour continuer un engagement passé, le mariage, c'est possible, mais c'est aussi continuer sur quelque chose de faux.
Et je crois que dans l'engagement classique (mariage ou non-dit mais allant de soi dans une vie de couple) la notion de durée comme chez un employeur à durée indéterminée va de soi de par notre éducation déjà et est ressentie souvent comme un dû et fait plus de mal que de bien à la relation de couple, et plus du chercher à enfermer l'autre qu'à le laisser libre comme le dit si bien Alainx, puisqu'à mon avis de toutes façons cela ne changera rien, si l'Amour vous tombe dessus vous ne pourrez pas l'éviter. Par contre l'engagement rend l'autre coupable et le fait culpabiliser d'être celui qui romp l'engagement.
Alors que la vie, l'amour, c'est le mouvement, c'est avancer. Rien n'est figé.

Posté par pousse mousse, 05 juillet 2007 à 12:01

INtellectualisation et littérature

Aaah Alain, j'aime bien comme pour toi les choses semblent simples :o)

Si je n'ai pas 35 ans d'engagement, j'en ai quand même 25, ce qui n'est pas négligeable. Je parle donc en me basant sur cette expérience, qui n'était pas littérature, mais bien vie au quotidien.

Mon engagement était libre, cela va de soi, et je le renouvellais régulièrement auprès de celle que j'avais choisie. Sauf que ma liberté était limitée à la longueur de ses possibilités, ce dont je n'avais pas réelle conscience. Et c'est précisément lorsque j'ai senti que je n'étais pas vraiment libre que les choses se sont compliquées. L'engagement libre (le mien) montrait ses limites (les siennes). Tant que je me satisfaisais de l'espace qui m'était autorisé, il n'y avait pas de problème...

Je suis resté profondément uni à elle, toujours engagé à poursuivre ensemble notre route de couple, et l'aimant d'autant plus qu'elle me laissait libre. Sauf que, pour diverses raisons personnelles, indépendantes d'elle, j'ai eu besoin de vivre AUSSI quelque chose en dehors de ce couple. Dès lors elle a considéré que je ne respectais pas l'engagement (d'exclusivité) comme elle le désirait, et elle a choisi de me quitter en voyant que je ne le ferais pas (ce que je n'avais aucune raison de faire, puisque j'étais librement engagé et prêt à inventer autre chose...).

Alors face à ce genre de situation, c'est moi qui suis tenté de dire qu'il est vain de proposer des solutions miracles sans avoir expérimenté par soi-même ce qui peut se jouer dans le couple en certaines circonstances limites. On ne peut parler sérieusement de ce genre de choses qu'en y étant passé personnellement. Tout le reste est, effectivement, littérature et intellectualisation. Mais pas inutile pour autant : ça apprend à comprendre comment pensent et agissent les autres, et ça fait réfléchir sur soi.

Merci de m'avoir permis de préciser tout ça...

Posté par Pierre, 05 juillet 2007 à 12:10

Bienvenue Pousse mousse :o)

Il y a effectivement des "camps", selon que l'on a franchi ou non le pas. Et quand l'amour nous tombe dessus (ou qu'on "tombe en amour" comme disent les québecois...), les grandes idées que l'ont pouvait avoir auparavant se trouvent mise à l'épreuve. Et ça secoue drôlement !

Pour ce qui est de l'engagement, tant qu'on le vit comme quelque chose d'exclusif, avec tout un rituel de vie en commun, de privilèges, de préférences... on ne peut que le voir rompu dès que l'un ne respecte plus ces piliers. C'est pourquoi je recherche, je me questionne, autour de ce que signifie l'engagement, le couple, l'amour. Je suis partisan des évolutions, des adaptations, des solutions à inventer ensemble. Pour moi il est là, l'amour de l'autre : avoir envie de continuer ensemble. Mais pas forcément comme avant, pas forcément en cohabitant.

Ce qui est très compliqué c'est que dans le couple il y a beaucoup d'enjeux essentiels de l'estime de soi : être aimé, être désiré. Et probablement être "l'unique" de quelqu'un d'autre. Protégé de l'abandon et de la solitude, en quelque sorte. D'où le sentiment de trahison lorsqu'on se rend compte qu'on n'a plus cette place prééminente.

Posté par Pierre, 05 juillet 2007 à 12:26

Amusée....

Oui, amusée, à vous lire Pousse-mousse et Pierre....

L'amour qui *tombe dessus* .... warffff, j'espère que ça ne fait pas trop 'mal'!!!...
bon j'ai l'air de me moquer... pour pousse-mousse qui ne me connaît pas, je fais partie de ceux qui "à un moment donné" ont *cru* que 'l'amour leur était tombé dessus' alors que j'étais mariée depuis 9 ans et toujours en profond amour avec mon conjoint...

Dieu merci, cela ne m'a pas empêchée de continuer à nourrir mon couple conjugal et plus tard, j'ai compris que ce que l'on prend pour de "l'amour qui nous tombe dessus", c'est souvent bien autre chose (ce serait long à développer, mais pour moi, ce type d'amour fulgurant est un vrai 'leurre'!)...

J'avais de "grandes idées" sur la fidélité 'avant'(c'est d'ailleurs à ce moment là que j'ai connu Pierre et ai longuement débattu avec lui), elles ont été destabilisées un temps, c'est vrai, mais aujourd'hui, je suis revenue à l'idée que tout ce qui sort du couple monogame est source de dysharmonie et de souffrance....

Je suis redevenue exclusive et heureuse de l'être et réaffirmant en toute conscience mon engagement amoureux d'il y a plus d'une décennie....

SolAnge

Posté par SolAnge, 05 juillet 2007 à 12:57

Cette discussion devient passionnante... et j'aimerais encore y apporter mon grain de sel.

Tout à fait d'accord avec SolAnge, l'amour qui nous tombe dessus, cela peut être une histoire formidable, mais cela n'arrive pas par hasard. Comme Pierre nous l'a rappelé récemment, il faut être prêt pour "tomber en amour". Et c'est bien rare que cela n'a rien à voir avec son conjoint - en tout cas pas la première fois que ça arrive. Donc, bien agréable, mais c'est un leurre - je suis d'accord. Mais ce leurre peut durer, suffisamment pour casser ce qui était. Et tout peut se répéter, nouvel amour, nouvelle séparation... Alors, pas d'alternative?

SolAnge, je ne suis donc pas sûr d'être d'accord lorsque tu dis "tout ce qui sort du couple monogame est source de dysharmonie et de souffrance....". Françoise S. pourrait nous en dire plus, elle qui vit la "pluri-gamie" depuis plus de 30 ans... (elle l'a fait très bien dans ses livres... une belle source d'inspiration!)

Seul sa propre expérience compte, merci de nous le rappeller Alain. J'ai vécu 30 ans de fidélité (réciproque) avant de vivre depuis 3 ans une ouverture de mon couple. Il y a eu de très beaux moments (re-tomber en amour avec son compagnon de longue date malgré (ou grâce à)d'autres relations amoureuses) et des moments plus difficiles (chacun évolue différemment et les réajustement sont difficiles). Pas facile tous les jours, d'accord, mais pour l'instant ça tient et je ne voudrais pas autre chose. C'est un défi immense, mais l'amour est aussi un immense défi. Et ma "qualité de vie et d'amour" est devenue tellement plus intense et satisfaisante que l'envie de trouver mon chemin dans la "polyfidélité" est aussi intense. J'y arriverai, ou pas, finalement, cela n'a pas beaucoup d'importance. C'est ma vie, et celle de mes amies/amours qui en a!

Posté par byrdie, 05 juillet 2007 à 13:48

Tout sourire...

J'avoue que j'aime assez la contradiction, parce qu'elle permet d'aller un peu plus loin dans la discussion et comprendre ce que chacun à "dans le ventre". Je veux dire par là que les "arguments" se révèlent être ceux de l'EXPÉRIENCE de chacun.

En cela ils sont tous respectables, et les ressentis incontestables. Ils ne sont pas arguments, mais convictions personnelles.

Alainx évoque son parcours, comme Pousse Mousse, comme toi, SolAnge, et comme moi. Parcours plus ou moins ressemblants, plus ou moins différents, mais toujours singuliers. On peut les comparer, mais pas en tirer de généralités.

Tu te moques gentiment de l'amour qui "tombe dessus". J'en déduis que tu n'as jamais vécu cela, ou pas avec la même intensité de ceux qui en parlent avec sérieux ;o)

L'amour... on croit tous plus ou moins savoir de quoi on parle, comme si c'était quelque chose de commun à tous, vécu à peu près de la même façon. Pourtant certains zappent d'un amour à l'autre avec insouciance, tandis que d'autres se suicident pour ça. Comment pourrait-on croire qu'il s'agit du même type d'amour ?


Chacun en a une représentation personnelle et transpose sur autrui son mode de pensée. Ce que toi, SolAnge à pris pour un leurre (parce que c'en était probablement un), ne signifie pas que tous ceux qui vivent une situation comparables soient dans un leurre.

Tu expliques très bien que tu as mis à l'épreuve des principes de fidélité. Tu t'es rendue compte que, pour toi, cette direction ne te convenait pas et tu as fait "marche arrière". Je trouve courageux cette audace dont tu as fait preuve en essayant d'aller voir plus loin, tout le monde l'a pas. D'autres que toi (moi, en l'occurence) on mis à l'épreuve leurs convictions sur la fidélité, mais vont plus loin. Je n'ai pas fait marche-arrière parce que j'ai encore des choses à comprendre, mais aussi parce que j'ai compris que l'exclusivité dans le couple que je formais me conduisait à quelque chose qui allait à l'encontre de mon être profond.

Je ne sais pas si dans une éventuelle future relation amoureuse je serais tenté par le pluripartenariat, qui est quand même complexe à gérer. Mais dans le couple dans lequel j'étais auparavant, c'était pour moi la seule façon de rester aimant, engagé, avec celle que j'avais choisie pour partager mon existence jusqu'à la fin de nos jours en commun.

Dans le cas de mon couple l'expérience aura été une impasse, mais ça ne m'empêche pas de continuer à réfléchir sur le sujet. Pour qu'au moins ça ait servi à quelque chose et me mette plus au clair pour l'avenir.

Ne pouvant ni m'engager ad vitam aeternam à l'exclusivité, mais ne me situant pas dans une logique de ruptures successives ("polygamie successive", tu connais...), j'en ai déduit que je ne vivrai probalement plus jamais en couple. Ce sont en tout cas mes convictions du moment...

Autrement dit : chacun son parcours, chacun ses convictions. Il n'y a pas de "bonne" façon de vivre l'amour dans l'absolu, mais seulement en son âme et conscience.

Posté par Pierre, 05 juillet 2007 à 14:13

Pourquoi un leurre le fait de tomber d'Amour ??? Je veux bien croire que psychologiquement et inconsciemment j'étais prête pour ce coup de foudre. Mais je ne vois pas où est le leurre. Et pourquoi cette nouvelle étape de notre vie, devrait être identique à la précédente avec les mêmes erreurs ou le même mode de fonctionnement?

Sinon je suis bien d'accord avec Pierre. Est-ce nécessaire de cohabiter ??? Ou alors cela signifie peut-être aussi que dans ma relation actuelle je n'ai pas été capable de renouveler cet amour de le faire vivre au quotidien et que mon partenaire non plus.

La polyfidélité je trouve ça vraiment bien et certains le pratiquent intelligemment même sans le savoir et cela implique de bien maîtriser sa jalousie, de ne pas voir l'autre comme "un objet qu'on possède" mais remet en cause les bases de notre éducation. Et je pense que ce n'est pas parce que le partenaire est libre qu'il ira forcément voir ailleurs.

Posté par pousse mousse, 05 juillet 2007 à 14:18

Leurre ou épreuve de vérité ?

Byrdie, je ne sais pas si Françoise S. lit cette discussion, mais son livre "Aimer plusieurs hommes" a fait partie de ce qui m'a montré que c'était possible. D'autres le vivent ainsi (voir le blog "Une femme qui aime les hommes", dans la rubrique de liens "Libraimance".

Comme Pousse mousse, lire que tomber amoureux est un leurre me surprend. Qui est leurré ? Et par qui ?

En aimant une autre femme je n'ai pas été leurré, bien au contraire : je me suis retrouvé face à mes propres limites et c'était une épreuve de vérité. Le leurre il était avant, quand je pensais connaître un amour entier avec ma femme. C'est l'autre amour qui m'a ouvert les yeux et qui aurait certainement permis de donner une plus grande complétude au premier. Un amour fertilisant l'autre, et réciproquement. Je sais que c'est difficilement concevable pour la plupart, mais pour le moment rien ne m'a prouvé le contraire.

Ceci dit je ne soutiens pas que la polyfidélité est la panacée, mais je n'aime pas qu'on dise que c'est impossible, leurre, ou source de dysharmonie. Hey, ça dérange tant que ça cette idée ?
Le couple au long cours est loin d'être une solution qui convient à tous, et loin d'aboutir à un épanouissement des deux partenaires. Ça se saurait...

C'est à chacun de trouver la voie qui convient.

Posté par Pierre, 05 juillet 2007 à 14:39

la réalité du polyamour par les *faits*

Oups, excusez-moi pour la "2e édition" de 'amusée'.... je ne cherchais pas à être "lourde" et insistante, c'est une erreur de manip!....

Byrdie, tu penses bien que F. Simpère, je l'ai lue (et je continue à la lire sur son blog parfois)... et honnêtement, même si j'ai "appris" à son contact et notamment sur la notion d'amour 'gratuit' et 'libre', j'avoue que je suis restée sur ma faim sur tout un tas d'autres sujets....

Par exemple la question du désir d'enfants pour des couples poly-amoureux, pour ne citer que cela....

Le livre est très bon "philosophiquement", mais concrètement, j'avoue ne pas avoir été convaincue...

Quant à son 'bonheur'... ouaip... sais pas trop... elle dit quand même parfois que c'est difficile de n'être la "perle" de 'personne' (parce que relations 'diluées'?) et je l'ai parfois lue "amère" au sujet de la place qu'elle aurait ou non dans la vie et le coeur de 'ses' hommes....

D'autre part, sans vouloir "casser" les rêves et le bonheur de personne, je suis participante d'un forum où il est question de fidélité, d'infidélité et de polyfidélité... depuis 3 ans...

Il y a donc bcp de témoignages et d'itinéraires sur ces sujets que je suis depuis 2004...

Or, des histoires polyamoureuses qui durent et qui sont 'heureuses', excusez-moi, mais je n'en ai pas vue UNE SEULE...

Pierre a été le premier polyamoureux que j'ai croisé, on sait où en sont ses histoires amoureuses, et sur ce forum, il y a avait deux ou trois personnes qui se détachaient "du lot" avec des histoires poly-amoureuses de 5, 7 ou 8 ans....

Eh bien même celles-là, qui paraissaient pourtant particulièrement solides et équilibrées, ont fini par péricliter....

D'où mon scepticisme, qui ne s'appuie pas uniquement sur mon histoire personnelle....

Si demain je rencontre une personne qui vit la polyfidélité depuis 10 ou 15 ans en toute harmonie et en toute sérénité, je dirai 'bravo' et je dirai 'c'est possible' (même si moi ça ne me fait plus envie!)....

A ce jour, le maximum de durée que j'ai connu à ce type d'histoires croisées, c'est 8 ans, et encore, avec bcp de difficultés à résoudre au jour le jour...

Le cas de F. Simpere est à mon avis 'à part' parce qu'il me semble que dans ses nombreuses histoires "d'amour", il y a surtout bcp d'histoires d'amitié sexuelles et/ou de désir (bcp de gens confondent un très fort *désir* avec de l'Amour, je pense....)...

En la lisant, je n'ai pas eu l'impression qu'il y ait eu de partages "entiers" avec la majorité de ces hommes, d'histoires de "couple" avec eux à proprement parler....

Alors selon moi, il s'agit plutôt d'une femme mariée qui a pas mal d'amants et reste liée à eux sur la durée mais souvent de façon très épisodique, que d'une femme "polyfidèle" qui vivrait plusieurs histoires de 'couple' simultanées....

Pousse-mousse, il me semble que les éléments que tu cites comme étant des obstacles au polyamour (jalousie et désir de possession de l'Autre) sont loin d'être les seuls qui posent problème dans ce type de choix de vie....

Ce qui déséquilibre le couple, ça va bien au delà....

C'est toute l'énergie qui n'est plus employée à nourrir le couple d'origine, c'est la question du partage, des projets qui restent possibles avec le conjoint polyamoureux, ce sont les enfants qui "sentent" et à qui il faut expliquer un minimum etc etc.... je crois qu'il ne faut pas être trop simpliste dans l'analyse des difficultés liées à ce type de vie!

SolAnge

Posté par SolAnge, 05 juillet 2007 à 15:11

le leurre illustré

Tenez, juste un exemple tiré de ce forum auquel je faisais allusion, qui illustre ce dont je venais juste de parler tout à l'heure ... :l'amour qui tombe dessus et qui est un leurre! (selon moi bien sur, mais je persiste et signe, même en ayant lu longuement Pierre et d'autres sur le sujet!) .... :

"Sujet : ...

Alerter les modérateurs


Auteur : john75
Date : 05/07/2007 à 14:53:41

Contenu : J'ai eu à gérer cette situation.....C'est loin d'être facile car les sentiments sont là et bien ancrés en nous....mais ce n'est pas une situation que j'aimerai revivre car tu vis dans l'attente, dans ces moments là tu souffres mais tu espéres....c'est démoniaque comme situation....et de toute manière cela ne peut avoir de fin, car tout compte fait rien ne se construit dans ces moments là....la fin ne peut provenir que de l'un ou de l'autre.

Je te réponds donc : Cela ne se gére pas...cad que le jour ou j'ai commencé à faire un travail sur moi, j'ai compris que ce que je prenais pour une histoire d'amour avec un grand A n'en était pas une...çà te retourne crois moi...tu te demandes si c'est bien toi qui pense çà....mais il faut regarder les faits...pas dans leur globalité mais un par un....et la tu vois que ce n'est pas de l'amour mais du désir, de l'attirance, une connivence, que sais-je mais pas de l'amour...(enfin ce que je considére comme étant une relation amoureuse)"

SolAnge

Posté par SolAnge, 05 juillet 2007 à 15:25

Pierre, pour moi, ce n'est pas tomber amoureux qui est un leurre. Je l'ai vécu, je le vis, et c'est bon bon bon! C'est de penser que cela arrive sans autre, sans avertir et sans relation avec ce qu'on vit dans son couple. Le philtre d'amour de Tristan et Iseult, ce n'est que dans les romans (et encore, on peut comprendre Iseult d'avoir préféré Tristan au Roi Marc...). Et puis, c'est ce qu'on en fait qui est important, comment le gérer dans la durée, comment concilier cela avec nos autres relations. Le polyamour est peut-être provisoire par nature (comme notre vie), mais parfois le provisoire dure...

SolAnge, tes remarques sont bien intéressantes, je suis dans cette démarche de savoir comment vivre une certaine polyfidélité dans la sérénité avec son compagnon de vie (et je n'ai pas été l'instigateur). Je suis étonné cependant que sur ce sujet, c'est surtout des femmes qui s'expriment: les hommes pratiquent cependant fréquemment, de façon caché souvent, le polyamour (à commencer par un certain président de la France...). Ils n'en parlent pas: est-ce parce que cela ne choque pas (contrairement à des femmes qui devraient rester fidèle?...) J'aimerais bien que des hommes s'expriment comment ils peuvent accepter la polyfidélité de leur femme... Si je désire la vivre, en tant qu'homme, je dois aussi accepter que ma compagne le vive... et ce n'est pas toujours facile! Des tuyaux à ce sujet?

Posté par byrdie, 05 juillet 2007 à 17:34

Forum

On est en train de virer au forum, ici ;o)

SolAnge, tout comme moi tu es très au courant des relations amoureuses "libres" décrites ou expérimentées sous diverses formes. Nous avons tous les deux lu Françoise Simpère, Paule Salomon, Serge Chaumier... et nos conclusions divergent ;o)

Alors plutôt que de comparer avantages et inconvénients entre l'amour durable et les relations plurielles (ce qui serait vain puisqu'on ne changera pas d'avis...), j'ai envie de faire glisser un peu la discussion.

Je ne crois pas que la question soit de savoir si la polyfidélité apporte le bonheur : le bonheur n'est pas une recette, ni un état stable, ni garanti. Le bonheur, c'est (au minimum) de se sentir en accord avec soi-même. Pourquoi vouloir que le modèle standard de la relation amoureuse soit LA meilleure solution à cet équilibre personnel ?

Ici nous parlons de plusieurs choses à la fois : le couple, l'amour, l'état amoureux, le désir, l'épanouissement, etc...

Pourquoi faudrait-il que tout cela s'unisse en un joli coeur rouge scintillant d'étoiles pour atteindre une supposée félicité ? Oui, ce serait *idéal* d'y parvenir, mais il semble que ce soit rarement le cas. Sinon, je ne pense pas qu'on chercherait autre chose, forcément plus complexe que ce petit miracle... Que les relations plurielles soient compliquées à vivre, c'est fort possible, mais vivre en couple monogame durablement n'est pas simple non plus. Ceux qui vantent ce type de relation, comme Alainx, insistent bien sur l'investissement, l'engagement, l'attention soutenue que cela demande. Vivre en couple c'est difficile ! Vivre en polyamour c'est difficile ! Vivre, c'est difficile !

En ce qui concerne la durée, il faudrait savoir si elle est forcément gage de réussite. C'est quoi qui dure ? le couple ? Mais quoi dans le couple ? l'amour (définition ???), le désir, les projets communs, l'élan vital, la cohabitation ? Qu'est-ce qu'on cherche dans la vie ? A vivre pleinement, ou a fonder "quelque chose" à deux ? C'est ce genre de questions que chacun peut se poser, trouvant les réponses PERSONNELLES qui conviennent.

Nous ne cherchons pas tous la même chose, nous ne voulons pas vivre selon le même modèle. Certains s'épanouissent dans un couple durable, avec toute la grandeur du don, comme le décrit très bien Alainx sur son blog. D'autres s'épanouissent dans plusieurs relations, parce qu'ils/elles sont faits ainsi, et qu'ils/elles ont BESOIN de cette pluralité (d'amour, de désir, de sexualité, peu importe...). Peut-être parce que c'est le résultat d'une construction mentale différente, peut-être parce que leur parcours de vie les a menés à ça.

A quoi ça sert de comparer les façons d'aimer, ou de désirer, ou quoi que ce soit d'autre ? Y'en aurait-il une qui serait plus mieux chouette que les autres ? Celle que la majorité à choisie ?

Euh... j'ai envie de dire, très gentiment, mais fermement : merde ! Laissons chacun vivre à sa guise.

Si je me suis posé autant de questions (et ça continue, hé hé...) c'est parce qu'au milieu (supposé...) de mon existence, au milieu de mon engagement "à vie"... je me suis rendu compte que quelque chose n'allait pas : je ne pensais plus comme avant. Oui, j'avais signé au bas d'un parchemin, mais je n'étais plus le même qu'à 21 ans. Il était mort ce gamin-là. Disparu. La mutation à été difficile à vivre, parce que quoi que je fasse j'embarquais dans mon histoire celle avec qui j'étais lié. Je la faisais souffrir, et moi je souffrais de lui infliger cela. Parce que je l'aimais, et que j'aurais aimé lui apporter ce qu'elle désirait, la combler, faire son bonheur. Mais j'ai eu beau décortiquer dans tous les sens, essayer de voir comment trouver des solutions, il n'y avait rien à faire : j'avais changé de point de vue et elle ne pouvait pas m'y rejoindre. Je savais ce qui ne me convenait plus. J'avais ouvert les yeux !

Tu parles de "partage entier", de durée comme si elle était une valeur noble, de désir qui ne serait pas de l'amour... Mais c'est selon TES convictions, à travers TON regard, pour ce qui est primordial à TES yeux. Pas forcément aux yeux de tous...

Pour moi tout cela est très important, mais ne passe pas avant un équilibre personnel qui est tout simplement mon équilibre vital. Et si je ne suis pas moi-même... comment pourrais-je aimer entièrement ?

Puisque tu cites mon histoire personnelle (que les lecteurs égarés aussi loin dans ce fil de commentaires ne connaissent pas forcément), oui, j'ai "perdu" beaucoup en voulant vivre deux relations à la fois. Mes amours se sont éloignés de moi, et du reste je les comprends : je n'étais pas encore capable de vivre ce que j'expérimentais. Mais franchement, comparé à tout ce que j'ai gagné, la comparaison ne fait pas le poids ! J'ai vécu, j'ai appris, j'ai découvert, j'ai compris. Je vis bien mieux maintenant. Oui, je suis triste d'avoir vu celles que j'aimais s'éloigner. Mais c'est leur choix et, parce que je les *aime*, je l'accepte (ce fût très long et difficile, il est vrai). Mon amour demeure, malgré ces épreuves, même si tour à tour je leur en ai voulu de ne pas m'accorder ce que je désirais (bouh ! petit garçon frustré !). Réactions blessées, parce que je voyais partir ce à quoi je tenais tant. Mais rien que ça, c'est énorme comme apprentissage.

Enfin, pour le message de John75 que tu cites, il est le témoignage de son parcours. Il est allé au bout de certaines choses et s'est rendu compte qu'il était allé trop loin. Mais il ne le sait QUE parce qu'il y est allé ! Il a expérimenté et il a trouvé ses réponses. Il se peut que dans quelques années je me dise que je me suis complètement planté, que seul l'amour unique me convient. Nous verrons bien... Pour le moment je n'en suis pas arrivé à cette conclusion.

Si je devais me fier à tout ce que d'autres disent avoir expérimenté et en être revenus je resterais tranquillement à attendre que la vie passe en ne sortant jamais, au grand jamais, des autoroutes communes, bien balisées, bien jalonnées pour ne surtout pas risquer la sortie de route.

Berk !

Comme quand je vais visiter les champs de lavande ou les gorges du Verdon, je préfère m'égarer dans des impasses et faire demi tour, prendre mon temps, voir de mes yeux, toucher, sentir, et vivre, bon sang !

[Tiens... à la longue je sors de ma réserve habituelle, hé hé... Finalement mes convictions sont d'autant plus affirmées que je sens qu'on voudrait m'en faire changer.]

Merci SolAnge de me pousser toujours plus loin, j'apprécie toujours ta répartie et la force de tes convictions ;o)

Byrdie, tomber amoureux c'est trèèèès bon :o) Mais est-ce de l'amour ? Faire durer l'état amoureux dans l'amour c'est bien le challenge auquel nous sommes confrontés.

Posté par Pierre, 05 juillet 2007 à 20:00

Celui/celle avec qui on a *envie* de vivre....

Eh bien....il est en forme mon cher Pierre!!!.....

Tu dois être bôôô quand tu t'énerves!....

Oui, tu as changé depuis ce mois de juin 2004 où tu répondais très calmement à mes envolées volcaniques et c'est trèèèès bien.... suis contente!....

Tu sais Pierre, je n'ai nullement envie de te faire changer d'avis et je sais très bien que les critères du bonheur sont éminemment personnels....

Et honnêtement, ça me plairait un jour de lire une belle histoire de ce type là qui dure....

Si c'est le cas de l'un de vous, ne vous gênez pas!

J'avoue avoir été très déçue de lire les ruptures de Camille, d'Aurélien (non, non Byrdie, sur le forum dont je parle, il n'y a pas que des femmes qui vivent le polyamour et qui en parlent!), de Mairienne au bout d'un paquet d'années de chemins de traverse... Moi, je pensais qu'ils tenaient le bon bout.....

Alors bien sur, la durée et la complétude ne font pas 'tout' et ne sont pas les aunes suprêmes qui délivreraient un certificat de "bien-aimance".... tu as raison....

On peut aimer de façon courte et intense, avec prédominance d'un aspect de partage sur les autres....

Mais... malgré tout... ?

ce qui s'arrête est.... ce qui ne peut pas durer? ce qui ne fonctionne pas? ce qui ne peut rendre heureux sur le long terme?... Et il me semble aussi que plus une relation est basée sur des partages multiples dans divers domaines et plus cela la rend riche, féconde et pérenne?....

Pour ma part, ce qui fait que je ne me serais pas du tout vue avoir envie de vivre avec un autre homme que mon mari, parmi tous ceux que j'ai rencontrés, c'est qu'il n'y a qu'avec lui que les partages sont aussi nombreux et riches, les valeurs, le sens et la conception de la vie "compatibles"....

Je pense que sur terre, il n'y a pas pléthore de compagnons potentiels, alors qu'il ne manque pas d'amants/amantes potentiel(le)s...

En ce qui me concerne, mes désirs et mon niveau d'attentes sont bcp plus élevés avec mon compagnon qu'avec les amants que j'ai eus, même si certains étaient des hommes extras.... Mais aucun avec qui j'aurais aimé partager mon quotidien, faire des enfants et les élever avec lui, faire des projets, avoir une vie sociale et associative comme c'est le cas avec mon mari....

Voilà, là encore, aucune velléité de convaincre ou d'imposer un point de vue, juste un témoignage d'une femme qui est curieuse et ouverte à toutes les expériences de vie et relationnelles....

SolAnge

Posté par SolAnge, 05 juillet 2007 à 21:06

Est-il important (capital même) pour vous qui tenez un blog, de garder votre anonymat? et pourquoi?
Avez-vous au fil du temps semé des indices qui permettent (ou ont permis) de trouver votre identité?
Acceptez vous de rencontrer d'autres blogueurs, et si non, quelle est la raison pour laquelle vous tenez à cantonner absolument le virtuel dans le...virtuel?

Avez-vous donné librement l'adresse de votre blog à des gens qui vous connaissent en vrai?
Cela a-t-il changé votre façon d'écrire? De quelle façon?
Donneriez vous l'adresse de votre blog à des intimes (conjoint, enfants, parents proches...?)
Pouvez-vous dans ce cas parler librement de choses qui vous sont personnelles?

Beaucoup de questions un peu en vrac dans mon panier à questions: vous répondez à celles qui vous tentent, qui font sens pour vous...

(cette petite enquête toujours en vue du travail sur les blogs qu'il m'a été demandé de faire...je vous tiens au courant quand le moment sera venu...)

Posté par Pierre, 06 juillet 2007 à 00:16

en tout cas, impossible d'aimer une seule personne !
J'ai constaté que plus j'aimais d'hommes, plus mon coeur était "souple" et aimait "mieux" sans égoïsme, sans demander à l'autre de donner quoi que ce soit.

Posté par longuesjambes, 31 juillet 2007 à 21:48

Oh, j'aime bien ce que tu dis longuesjambes : plus on aura aimé et mieux on saura aimer ! Ben oui, aimer ça s'apprend, comme toute chose. On apprend à aimer de façon moins démesurée, sans attentes hors d'atteinte.

Posté par Pierre, 01 août 2007 à 08:59

En passant

Le hasard m'a mené sur cette page, comme je m'y retrouve... .
Et cette perpétuelle question toujours, partout la même : "c'est quoi l'Amour ?"

Cela même qui hante tellement de coeur, de consciences, d'inconsciences. Celle qui nous fait chercher, nous retourner, nous questionner.. ai je pris le bon chemin, ne suis je pas en train de me perdre, de me gacher ? Et mes enfants, ma famille, celui qui partage ma vie... pourquoi est-ce que je n'arrive pas m'en sentir simplement heureuse, forte ?

Pourquoi avoir ressenti ce frisson dans les bras de cet autre ? Pourquoi suis je tentée par la consommation amoureuse ? Cette expression, bien que barbare en à priori pour moi, revêt parfois étrangement un sentiment de liberté, elle me parle. Je m'en défends, n'arrive pas à l'admettre et pourtant.... comme elle m'attire.

Bref voilà encore des lignes pour ne pas répondre.....

Posté par evene, 06 août 2007 à 22:01

Bonjour evene,
Pourquoi... pourquoi ??? Oui, il ya davantage de questions que de réponses. Moi je tente d'expérimenter pour obtenir des réponses. Et ça marche ! Sauf que ça mène à de nouvelles questions... et il faut expérimenter de nouveau. À la longue ça peut mener loin...

Posté par Pierre, 07 août 2007 à 08:12

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