Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

30 septembre 2007

No hay banda

J'aime beaucoup les échos et résonnances qui peuvent naître des écrits des uns ou des autres, comme dans une sorte de conversation dont chacun peut développer à sa guise les prolongements. Faute de temps, je ne peux suivre toutes les pistes qui s'ouvrent et je laisse ainsi passer les amorces de réflexions que suscitent fréquemment la lecture d'écrivants du net. J'en suis un peu frustré, mais la vie est là, à saisir, et la pensée n'en est qu'une des prolongations... pourtant essentielle pour mieux percevoir la vie.

Stimulé par quelque commentaires, je reviens donc sur l'idée que j'ai développée hier autour de l'impressionisme. Chat Fou m'a intrigué en m'encourageant habilement à chercher le sens du "No hay banda" qui titre son commentaire. Mon fidèle acolyte Google m'a permis de découvrir qu'au delà du nom d'un groupe de musique, ce terme me faisait entrer dans l'univers de David Lynch, via son film Mulholland drive [que je n'ai malheureusement pas vu]. Quel est le rapport avec mon billet d'hier ? Voyez plutôt : «
Un présentateur explique et démontre longuement que le spectacle qu’il met en scène est faux, fabriqué de toute pièce (« no hay banda », il n’y a pas d’orchestre, ce n’est qu’un enregistrement, un rideau de fumée), avant de laisser la place à la chanteuse Rebekah del Rio dans son propre rôle, qui donne une saisissante interprétation a capella de la chanson Llorando (Crying) de Roy Orbison ; lorsqu’elle s’évanouit et tombe inanimée sur scène, la chanson se poursuit… puisqu’il ne s’agit que d’un enregistrement. CQFD : l’effet est d’autant plus troublant que l’émotion véhiculée par la chanson, qui submerge les deux héroïnes, nous a amenés à oublier la nature artificielle de la prestation. Il s’agit donc d’une scène cruciale dans l’approche de ce film mystérieux et profondément déstabilisant, à la fois parce que Lynch dévoile ouvertement l’ancrage du récit dans la fiction, et parce que cette séquence nous rappelle qu’il est bien plus facile de comprendre les films de David Lynch en les ressentant, en étant sensibles aux émotions et aux sensations nées de sa mise en scène, qu’en cherchant à en expliquer les nombreux symboles en porte-à-faux (fréquente erreur d’approche critique), qui ne signifient rien sinon par la valeur que leur confère le montage et la narration (voir la boîte bleue). » [extrait d'une critique publiée ici]

Voila donc explicité, selon une autre approche que le langage des mots, l'irréductible décalage qui existe entre fidélité narrative et transmission d'émotions. Décalage qui permet à l'imagination du lecteur/spectateur de s'immiscer. Ce qui me ramène à un intéressant billet d'Alainx, qui décrivait récemment comment il se laissait imprégner par l'émotion, le ressenti, plutôt que de chercher à forcément connaître l'historique détaillée d'un lieu. Et pourtant... comme je le commentais chez lui, connaître davantage que les apparences offre un relief qui me semble magnifier le saisissement d'un lieu. Être informé peut apporter quelque chose de plus que ce que peuvent appréhender les sens... tant que l'information ne noie pas son sujet sous un inutile et surabondant bavardage. Mais n'est-ce pas de ma part une intellectualisation, comme si je ne me fiais pas entièrement à ce que mes sens peuvent percevoir ?

Pour illustrer mon propos, voici un extrait d'un texte qui décrit l'ambiance sonore du même film de David Lynch. Il met en mot et explique ce qui, à l'écran, passe presque inaperçu mais en constitue pourtant un des éléments fondamentaux : une "rumeur", un "grondement", qui donne une tonalité particulière au film. Cela ressemble beaucoup au "silence bruissant" que j'ai évoqué. Paradoxalement cette rumeur à peine perceptible est longuement décrite, analysée, apportant ainsi une information utile sur le procédé : « (...) la perception des sons n'est pas aussi littérale que pour la musique. Elle est très subjective : les spectateurs écoutent les dialogues, ils sont attirés par l'image, par ce qui se passe, etc. La couleur de la rumeur de la bande-son n'est pas ce qu'on remarque en premier. Mais si on y prête un peu attention, on remarque qu'il y a une dimension très travaillée, composée, harmonisées à l'image. Cela se sent clairement dans les couleurs de bruits de fond (...) ».

Voila qui recoupe l'idée d'impressionisme sur laquelle mon précédent texte s'est conclu.

On aura remarqué qu'en m'intéressant à la transmission des impressions je me suis beaucoup éloigné de mon propos de départ, à savoir le manque de communication relationnelle. Il y a pourtant bien un lien entre les deux idées : être au plus près de l'expression émotionnelle, la plus intérieure. Et celle-ci ne passe pas nécessairement par des moyens directs, comme les mots ou l'image, mais s'élabore dans un para-langage infiniment plus subtil, quasiment imperceptible.

C'est parce que je me laisse happer par ce genre d'écriture chez les autres que je réfléchis à ma propre façon d'écrire, qui se veut précise mais échoue dans la transmission émotionnelle tant que je reste dans le descriptif. Je me sens hésitant entre différents registres : descriptif et impressionniste. Mais ces interrogations elles-mêmes confirment mon désir de contrôler de ce que je donne de moi... Comme si j'étais incapable de me laisser aller sans me poser de questions (ce qui est antinomique). Aller vers la spontanéité, la liberté d'être, me demande un travail constant. Je suis moi-même surpris de ma difficulté à me défaire de ce que je considère comme un conditionnement. Quel "confort" cela m'apporte t-il ?

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aiguilles_jaunes

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29 septembre 2007

Impressionnisme

Quelques commentaires m'ont poussé à aller plus loin dans ma série de grandes réflexions autour du manque de communication relationnelle (que, par commodité, j'ai improprement qualifié de silence).

Voir :
-
Le silence de la peur
- Le sens du silence


Au sein d'une relation je perçois le silence, non-expression par excellence, comme l'expression muette d'une émotion. Une expression en creux, en quelque sorte. Car se taire peut aussi bien révéler une peur existentielle dissimulée que la jouissance du moment présent. Dans les deux cas, qu'il soit repli sur soi ou présence ouverte et partagée, le silence est pourvoyeur de paix pour celui qui l'adopte.

Le silence offre l'espace d'une écoute intérieure d'impressions, alors que la parole est expression. Le silence partagé est un des plus grands bonheurs qui soit, lorsque nulle communication verbale n'est nécessaire pour ressentir ensemble un ravissement intérieur. Je le verrais volontiers comme une forme de communication parfaite.

J'aime le silence. Il permet d'entendre la musique de l'âme. Celle de l'autre, lorsque je l'écoute se dire, ou la mienne lorsqu'elle murmure en paix. Le silence me rapproche de l'état de nature, me rappelle que j'en suis un élément.

Au contraire, si je suis tourmenté, le silence peut devenir une sorte de prison de laquelle les pensées ne peuvent s'échapper. Tournant en rond elle se chargent d'énergie et cherchent un exutoire. Il me faudra les sortir pour retrouver un état de sérénité. Pour moi ce peut être dans le dialogue, l'écriture, ou par une immersion directe au milieu des éléments naturels. Pour d'autres ce sera dans l'art, le sport... ou le travail, voire la consommation (qui absorbe plus qu'elle ne délivre). Je suis construit de telle façon que c'est par les mots que je m'échappe de la prison mentale. Les mots des autres m'apportent souvent une lumière nécessaire, tandis que par les miens je me purge. C'est d'ailleurs certainement une chance que d'être dans le verbe puisque je ne somatise pas, je ne détourne pas : je vais vers ce qui me semble être le coeur du problème. Même si ce coeur ressemble à un oignon et que je ne peux l'atteindre que lentement, couche après couche.

Or en dissertant sur le silence relationnel, celui qui implique deux personnes reliées de quelque façon que ce soit, je n'observe qu'une des couches de l'oignon. Je suis loin du centre. Avant de cogiter sur le silence qui s'installe entre deux personnes et les sépare, il me faut donc réfléchir à mon propre silence : qu'est-ce qui fait que j'entre en silence ? qu'est-ce que j'y trouve ? Ce n'est qu'après y avoir répondu que je pourrai valablement élargir ma réflexion et observer ce que le silence de l'autre provoque en moi, de positif ou de négatif, et en quelles circonstances s'opère cette distinction.

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Une musique intérieure

Le commentaire de Mohamed m'a permis de prendre conscience du
"silence bruissant", celui qui permet d'entendre en soi sa musique intérieure Un peu comme les sons minuscules d'une forêt en révèlent les dimensions. Plus récemment, prolongeant l'idée de mon titre "Extérioriser ou intérioriser ?", c'est Alainx qui évoque le mysticisme : « une sorte de regard intérieur sur tout ce qui est extérieur, alors nait forcément une parole singulière et unique ».

L'écriture, en tant que parole silencieuse, est tout à fait appropriée à une écoute intérieure, pour peu qu'elle soit laissée libre. Il me suffit de savoir la laisser "flottante". Or se laisser flotter n'est pas forcément évident lorsqu'on est, comme moi, dans un désir de contrôle... Ce désir est issu de la peur d'être dépassé, redoutant de me voir incapable de faire face à l'imprévu. C'est bien sûr un manque de confiance en moi.

Pourtant je dispose d'une confiance en moi, qui me guide avec assurance. En fait alternent des moments de grande sérénité, lorsque je suis en contact avec mes émotions et ma "musique intérieure", et des moments de tourments lorsque le vacarme est assourdissant de confusion. Cela n'arrive jamais lorsque je suis seul avec moi-même, bien centré sur mes ressentis. En revanche ce peut être cacophonique lorsque je suis confronté à l'altérité. Soit directement dans des rapports tendus, des incompréhensions, des conflits; soit indirectement lorque j'extrapole, anticipe les réactions d'autrui. Le fameux "regard des autres". Bref, lorsque j'entre dans un imaginaire de craintes. Or mes craintes viennent toujours de la peur du rejet de l'autre : ne pas être accepté tel que je suis. Et plutôt que de me dire « je suis ainsi ! », et voir ce que je peux partager avec l'autre tel qu'il est, j'ai tendance à inverser l'ordre des priorités : « en fonction de cet autre différent, comment puis-je m'adapter à lui pour que nous partagions quelque chose ? ». Ce faisant je ne m'écoute pas vraiment et prends le risque de me nier... ce qui tôt où tard déclenchera la cacophonie susmentionnée.

La solution est, évidemment, d'être à l'écoute de mes ressentis. Donc de prendre le temps du silence et du recentrage. C'est tout un apprentissage, parce que la seule mise en présence d'autrui crée en moi un "bruit" qui masque ma musique intérieure. Je capte beaucoup trop de choses et un mélange d'émotions et de pensées m'envahit. Tout ce que je ne connais pas suffisamment de moi fait écran à la solidité qui me constitue. Je me perds en moi-même. Je m'égare et me noie dans la confusion émotionnelle.

J'en viens à me demander si mon caractère "d'ours solitaire" n'était finalement pas un moyen de rester en contact avec moi-même, en évitant cette cacophonie que l'altérité ne manque pas de susciter. Plus je vais vers les autres, plus je suis confronté à leur inquiétante différence. Inquiétante parce qu'elle remet à chaque fois en question celui que je suis. Or celui que je suis n'évolue que dans le rapport aux autres.

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S'écrire pour s'entendre

Finalement c'est par la mise à distance permise par l'écriture que j'apprends à m'écouter. "L'autre", donc vous, y est invisible et muet au moment où je m'exprime. Il m'est bien plus facile de m'entendre puisque votre présence est lointaine et suffisamment abstraite pour que "j'oublie" ce que je connais de vous, le cas échéant. En quelque sorte l'écriture publique, ou écriture relationnelle, m'a sauvé de l'isolement (étant entendu, bien évidemment, que je ne reste pas que dans l'écriture et que je met en actes ce qu'elle m'apprend).

Toutefois il me faut encore apprendre à mieux discerner ce qui
est explicatif de ce qui est de l'ordre du ressenti. L'explicatif demande autant de mots que le nécessite la précision : il cherche à être compris (pour être accepté ?). C'est le cas de ce texte.
Bien différent est le ressenti, qui peut se dire en peu de mots, en nuances, par petites touches : il est impressionnisme. Il donne, il offre, il se propose de susciter l'émotion chez l'autre, sans chercher à être compris dans la vérité de ce que je suis. Le partage d'émotions n'est pas celui d'une illusoire réalité commune (on ne ressent pas la même chose), mais d'impressions qui se rejoignent (on ressent quelque chose sur le même sujet). C'est là qu'apparaissent les mots qui touchent, au hasard du vécu de chacun. C'est un partage aléatoire.

J'ai souvent voulu exprimer des émotions qui, par nature, ne peuvent être circonscrites dans des mots précis, aussi abondants soient-ils. Je pensais pouvoir partager mes ressentis, mais c'est un leurre : les mots risquent toujours d'être déformants et déformés. Il est inutile que je cherche à communiquer précisément mes ressentis, ils me sont propres : « parole singulière et unique ». Et pourtant... ce n'est qu'en communiquant que je peux partager ce qui est issu de l'intérieur. Reste à trouver le subtil équilibre qui me permet de dire tout en laissant à chacun la possibilité de cueillir ce que je donne de moi.


feuilles_impressionisme

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28 septembre 2007

Un peu de sérieux

Vous avez entendu parler des biocarburants ? Si comme moi vous vous laisseriez facilement endormir par des discours lénifiants au sujet de cette pseudo-solution qui pourrait agir sur le double problème de l'épuisement des réserves de pétrole et du réchauffement climatique, je vous conseille de vous mettre en bouche avec ce qui suit. C'est encore plus édifiant de suivre les liens, qui argumentent et explicitent en détail la supercherie...

« Les carburants végétaux ne sont pas bios: ils sont issus de plantes cultivées avec toute l'artillerie lourde des intrants de l'agro-chimie et des pesticides. Les termes "biodiesel" , "bioéthanol" et "biocarburants" sont passés en un temps record dans le langage commun, suite à un énorme matraquage publicitaire et médiatique. Ces carburants végétaux sont obtenus grâce à des processus d'extraction industrielle très complexes. Le terme "bio" signifie "vie". On voit difficilement ce qui permettrait à ces carburants végétaux de mériter le préfixe bio. (...) Les carburants végétaux ne sont pas verts, ils seraient même plutôt rouges, de la couleur du sang. Ils vont accroître l'immense tragédie de la sous-nutrition, de la mort de faim, de la misère sociale, du déplacement des populations, de la déforestation, de l'érosion des sols, de la désertification, de la pénurie en eau, etc. »

Extrait de "Mettez du sang dans votre moteur !", par Dominique Guillet


« L’expansion fulgurante des biocarburants est une tragédie planétaire. Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d’hectares de terres agricoles et à l’aggravation tragique de la faim. Pour faire rouler des bagnoles. (...) Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales. En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l’homme, l’orang-outan et l’éléphant d’Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité. En Afrique, le bassin du Congo est attaqué. Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques. Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort. (...) Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l'effet de serre, quoi qu’en dise la propagande. »

Extrait de "La faim, la bagnole, le blé et nous", par Fabrice Nicolino

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27 septembre 2007

Extérioriser ou intérioriser ?

Quand je m'accorde le temps d'écrire mes réflexions j'ai tendance à tourner autour de ce qui me préoccupe.
Mais lorsque je m'ouvre au monde, je n'ai plus le temps d'écrire ! À moins que ce ne soit l'inverse ?

En écrivant, je vis plus fort ce que je ressens, parce que je le partage. J'aimerais prendre le temps de poser des mots sur tant de sujets qui me touchent. Partager ce qui touche. Partager des ressentis, des émotions...
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ecorce2

Enroulé sur l'extérieur

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20 septembre 2007

Le silence de la peur

J'avais un jour écrit sur le sens du silence, un sujet qui intéresse tout particulièrement le partisan du dialogue que je suis. Ce texte est d'ailleurs notablement pourvoyeur de lecteurs, via les requêtes Google : manifestement le silence relationnel est quelque chose d'aussi fréquent que cruellement ressenti. Dans le monde des blogs, je lis régulièrement des écrits évoquant la frustration que provoquent des silences inattendus ou inexpliqués. Évidemment : le propre du silence c'est qu'il n'explique pas ! Le silence de l'autre renvoie à soi-même en donnant libre cours à une imagination qui, sans les limites qu'apporte la communication, peut devenir galopante. Ce peut aussi bien être dans un sens positif que négatif. Le silence relationnel est le terreau sur lequel germent les fantasmes, tant de l'eros que du thanatos.

Si je reviens sur ce sujet déja longuement abordé c'est parce que, récemment, la relation que j'ai avec mon épouse Charlotte est entrée dans le silence. Nos échanges étaient pourtant devenus relativement cordiaux et apaisés depuis notre séparation physique, il y a presque un an. À force d'ajustements nous avions pu maintenir cette qualité d'échange qui me tenait à coeur, malgré son besoin d'éloignement. Mais en quelques secondes la situation s'est tendue et nos échanges se sont suspendus. Ce silence est directement dû à l'angoisse que je lui inspire sur un point bien précis : notre co-engagement financier tant que nous ne sommes pas officiellement divorcés. Mon silence en retour correspond à ma crainte de son hostilité qui pourrait me blesser. Résultat : il n'y a plus de contact. Nos peurs se conjugueraient et rendent improbable une communication sereine.

Par ailleurs je constate qu'il m'arrive d'être silencieux avec certaines de mes relations. Il y a une raison claire, quoique pas vraiment consciente : maintenir une distance. Parfois c'est avec, comme idée sous-jacente, la peur d'être envahi et de me trouver dans l'embarras pour exprimer un refus à une demande que j'imagine excessive. Autrement dit, de ma peur de me positionner clairement découle un silence, qui lui-même engendre une inquiétude. Or précisément cette inquiétude risque fort de stimuler une demande d'explications, donc de contact que, précisément, je cherche à éviter. Tant qu'il n'y a pas trop d'enjeu, qu'il y de la bonne volonté de part et d'autre et que les choses sont rapidement désamorcées ça ne pose pas de problème. Mais pour peu que la peur prenne un peu d'ampleur d'un côté ou de l'autre, un cercle vicieux peut très vite se mettre en place.

Dans son livre "Cessez d'être gentil, soyez vrai ! ", Thomas d'Ansembourg résume en quelques mots le sens du silence relationnel : « Lorsque l'écoute du besoin de l'autre m'apparaît comme une menace, je m'en coupe et je m'enfuis, ou je m'enferme dans le silence ». C'est ce que j'appelerai "le silence de la peur". Cependant qu'en face, ce silence qui n'a pas de sens précis génère "la peur du silence". Avec des questions sans réponse qui peuvent devenir obsessives et auto-alimenter une angoisse portée par une imagination fertile. On sait que la peur est particulièrement imaginative, et toujours dans le sens du pire redouté...

Il y a donc un lien entre silence et peur, tout comme il y en a un entre communication et confiance. Les deux sont propices à l'imagination, mais dans des sens contraires, frustration ou émulation. La communication, lorsqu'elle peut s'effectuer sans crainte dans un climat de confiance, permet la relation et l'établissement d'une synergie de pensée. Par contre, lorsque la communication se fait sous l'emprise de la crainte, elle peut devenir excessive et envahissante.

Inversement le silence, lorsqu'il y a confiance relationnelle, peut-être un moment de partage particulièrement doux. Ce n'est donc pas le silence en lui même qui pose problème, pas plus que la parole n'est solution, mais bien le climat de confiance.

Or la confiance en l'autre découle directement de la confiance que l'on a en soi. Si j'ai peur des réactions de l'autre c'est parce que j'ai peur de ne pas savoir les gérer. J'ai peur qu'elles m'envahissent et bouleversent mon équilibre intérieur. Et cela tant pour celui qui fait silence que pour celui qui le subit. Tant pour celui qui a besoin de se sentir libre que pour celui qui a besoin de savoir si l'autre est là. C'est ce qui fait le charmant petit jeu du « Suis-moi, je te fuis. Fuis-moi, je te suis ». Et que de déchirements découlent de ce jeu-là...

En étant au plus près de mes ressentis personnel (désir, peur, colère, tristesse) et en les exprimant, j'évite de laisser s'emballer l'imaginaire angoissant dont l'autre et moi sommes porteurs. Autrement dit : n'ayons pas peur des mots. Il sont les outils de travail de la relation vivante. Lâcher ces outils, c'est prendre le risque de voir les choses évoluer indépendamment d'une volonté commune.

erable

Feuilles et aiguilles, combinaison des différences

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18 septembre 2007

Du désir à la paix

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S'il n'y a plus de désir, il nous reste l'amour

S'il n'y a plus d'amour, il nous reste l'amitié

S'il n'y a plus d'amitié, il nous reste les mots

S'il n'y a plus de mots, il nous reste le silence

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Orange


Le silence nous sépare
Il me relie à moi-même

Devant mes vides qui résonnent en solitude
Je trouve le soutien de mes bases solides
Le tumulte de l'absence finit par se taire

Le silence, temps pour entendre les bruissements infimes
Laisser revenir à la mémoire les mots utiles
Écouter les murmures intérieurs
Comprendre l'indicible
Trouver la paix




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17 septembre 2007

Erreurs fertiles

Si j'avais su... j'aurais parfois agi autrement.

Voyant le résultat, je sais que je me suis trompé.

À l'avenir, je saurai mieux agir

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Quel que soit mon choix, tôt ou tard il est bon pour moi.



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13 septembre 2007

Premiers signes

Vous avez vu ?

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Du rouge

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De l'orange

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Et du jaune...

Le festival commence !

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12 septembre 2007

Silence bienveillant

Je lis, de-ci de-là, plus ou moins clairement évoqués, des signes de tristesse, d'abattement, ou de lassitude. Du mal-être, du mal de vivre, des désillusions, de la fatigue. Est-ce que cette simultanéité est dûe à l'absence d'été, alors que se manifestent déjà les premières colorations automnales sans que la dose de soleil estivale n'aie pu être absorbée ? Ou bien est-ce le parfum de rentrée, qui marque un nouveau cycle même si peu d'entre nous sont directement concernés par le rythme scolaire ?

À moins que ce soit moi qui sois particulièrement réceptif actuellement...

À certains moments de la vie se manifeste une baisse de courage, voire carrément une tendance à la déprime. Ça ressemble à de la fatigue, mais sous une forme particulière. Comme s'il s'agissait d'une fatigue de soi. Une usure à se voir toujours dans la même peau, à traîner un lot de casserolles familières qui régulièrement se rappellent à nous. Comme si on connaissait trop bien le cadre de ses propres limites.

Personnellement je ne me sens plus à ma place dans ce cadre. Je ressens une sorte de divorce intérieur. Il y a une part de moi qui m'agace, dont j'ai envie de me séparer. Une part de moi que je n'aime plus. Le problème c'est qu'il est difficile de se séparer de soi. Obligé de supporter cette encombrante moitié ! C'est peut-être ce qui donne cette impression de fatigue. À la longue elle peut mener à l'épuisement et à la perte du désir de vivre.

Pour y être très récemment passé, je constate qu'il est difficile d'en parler aux autres. Outre le fait que la lutte entre soi et soi paraisse un peu surréaliste, ce ressenti est peu partageable. Les mots semblent rapidement balourds, excessifs, ou au contraire impuissants à décrire ce qui est ressenti. Et puis je n'aime pas trop montrer ce qui est une faiblesse passagère. Encore moins si elle est faille profonde. Au final j'en parle peu et je garde ça pour moi. En fait, je redoute les réactions face à ce genre d'attitude. Entre les « secoue-toi », et les « ça va passer », rien n'est vraiment satisfaisant. Quant à me laisser vraiment aller, ça pourrait inquiéter, susciter des élans pas forcément opportuns. Je n'ai envie ni d'être secoué, ni d'être protégé. Ce que je préfère est le silence bienveillant. L'écoute empathique. C'est le besoin de me sentir compris. Ça allège un peu mon fardeau sans alourdir personne. Et parfois ça suffit pour inverser la tendance.

Dans le monde des blogs, qui n'est qu'une dimension particulière du monde terrestre, il me semble que l'expression du mal-être suscite un certain malaise. Il est vrai qu'on ne lit pas des blogs pour se faire plomber le moral, et la bonne humeur est appréciée. Pour ma part j'aime  beaucoup lire les personnalité positives et optimistes. Il n'empêche que lire des confidences dans un registre grave me touche, parce que s'y exprime une authenticité. C'est une détresse qui se libère, les traces d'un combat dont je me vois le témoin. Par contre, je ne sais pas toujours comment réagir. Le silence bienveillant n'est pas évident à manifester dans le monde d'internet...

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11 septembre 2007

Souvenirs

Lorsque les souvenirs sont plus heureux que le présent, le passé est porteur d'avenir

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