26 octobre 2007
Le vivre et l'écrire
Un commentaire m'a permis de préciser la frustration que je ressens actuellement : en ne disposant pas du temps suffisant pour écrire mes pensées, ressentis, observations, j'ai l'impression de passer à côté de la vie. Pourtant je vis pleinement, quoique ce soit beaucoup plus en actes qu'en pensées. Mais la dimension "communication" me manque. J'aime partager et l'écriture est devenue, au fil des ans, un palliatif important qui compense un isolement géographique que la vie en solitaire a renforcé. La lecture des pensées des autres est d'autant plus importante pour stimuler mes réflexions.
Faute de temps, et surtout d'énergie suffisante, je ne peux actuellement plus investir les échanges via l'écriture. Du moins pas avec le minimum de profondeur qui m'importe. J'ai l'impression de voir la vie filer trop vite alors que tant d'idées abordées me tentent sans que je ne puisse m'y arrêter.
Je me contente, parfois, de griffonner des idées sur un coin de papier, mais sans pouvoir y revenir.
C'est frustrant.
[Petite parenthèse de temps accordée avant que je ne m'absente de nouveau jusqu'à lundi]
19 octobre 2007
Vivre et penser
Ailleurs. En vadrouille loin de chez moi. Absent du net. Je profite d'un temps fortuitement vacant devant l'ordinateur d'une amie pour écrire quelques mots.
Mais quels mots ? Rien ne vient. Du moins rien qui puisse justifier un billet. Lorsque je n'ai pas suffisamment de temps en solitaire j'ai l'impression de ne penser à rien. Je rencontre, je parle, j'échange avec plaisir, mais il me manque l'espace de la solitude qui permet à mes mots de naître, puis de se développer librement.
Ai-je besoin de cette solitude, ou en ai-je l'habitude ? En m'ouvrant aux autres je change dans ma façon d'être, de penser, d'explorer. Je suis moins dans l'analyse et ma façon d'écrire change en conséquence.
Parfois je me demande si c'est plutôt un avantage ou un inconvénient.
J'aime vivre, mais j'aime aussi beaucoup penser. Pour moi l'un ne va pas sans l'autre, mais je ne sais pas les faire fonctionner simultanément. Il y a certainement une façon de combiner les deux...
16 octobre 2007
Confidents occasionnels
Il m'a écrit alors que je ne l'ai jamais rencontré. Nous ne nous connaissons pas, et pourtant nous savons qui nous sommes. Nous avons en commun d'être en relation avec une même femme, sa libre compagne. Elle est restée mon amie lorsque mon désir et mes sentiments se sont transformés en amitié.
Il m'a écrit pour me dire que sa compagne avait besoin d'aide, et d'écoute, pour franchir un cap difficile. Alors ce soir j'ai téléphoné à mon amie, émue de m'entendre, émue de la sollicitude de son compagnon. Elle m'a dit que j'étais la seule personne avec qui elle pourrait avoir une conversation apaisante. La seule personne à qui elle pourrait se confier en sachant qu'elle serait écoutée. C'est pour cela qu'il m'a écrit. J'ai bien sûr été touché de cette confiance qu'ils ont en moi, tous les deux.
Autrefois cet homme ressentait jalousie et inquiétude devant les amitiés masculines de celle qui est devenue sa compagne. C'est elle qui m'a permis d'abolir les frontières entre amour et amitié. Elle reste une amie bien particulière, avec cette place à part que confère le partage d'intimité lorsqu'il s'est prolongé dans la rencontre des corps.
Nous n'avons pas besoin d'être en contact fréquent pour savoir que nous pouvons compter l'un sur l'autre. Confidents occasionnels, j'aime cette forme d'amitié confiante et sereine.
09 octobre 2007
La place du vide
Je n'aime pas avoir un emploi du temps bien rempli. Il ne laisse pas de place au vide.
Si je ne suis que dans l'agir, sans avoir le temps de penser, j'ai l'impression de passer à côté de la vie.
J'ai besoin de moments de liberté, de temps de rien, pour imaginer, rêver, m'évader, créer.
Être, et pas seulement faire.
04 octobre 2007
Télescopage
Vendredi j'ai été convoqué à un entretien d'embauche. Il s'agissait d'un poste d'encadrant technique en insertion. C'est à dire accompagner des personnes qui sont en rupture avec le travail, pour diverses raisons. Cela demande des compétences techniques pour former ces personnes à un métier, mais aussi une capacité à l'écoute pour tenir compte des spécificités de leur situation. En outre il faut aussi avoir des capacité d'organisation et de direction d'équipe. Je me sentais avoir globalement des compétences pour cela, bien que sans expérience. Mais lorsqu'on m'a détaillé les fonctions techniques que j'aurais à remplir je me suis rendu compte que je ne correspondais pas vraiment aux attentes que m'énonçaient les recruteurs. En effet, suite à une imprécision dans l'annonce, je réalisais avec une drôle d'impression d'être en décalage. Comme s'il y avait eu une erreur de casting. Ne me sentant pas à ma place, je me demandais un peu pourquoi ils m'avaient convoqué puisque ma lettre de motivation et mon CV insistaient sur d'autres points que ce qu'il semblaient attendre. J'ai honnêtement dit que je n'avais pas la marge de connaissance nécessaire pour former efficacement des personnes dans le domaine précis qui me serait attribué à 50% du temps. De plus, je n'étais pas immédiatement disponible, comme ils le souhaitaient. Pourtant la responsable semblait intéressée par ma candidature. J'avais cependant remarqué que j'étais la cinquième personne retenue pour passer l'entretien.
Ce matin la responsable me téléphone de bon matin. Croyant que c'était une cliente, il m'a fallu quelques secondes pour réaliser qui était mon interlocutrice. Je l'ai écoutée me parler, m'attendant à ce qu'elle me dise que je n'étais pas retenu...
Et c'est l'inverse qu'elle a fini par m'annoncer !!
Youpiiiiiiie !!!
Bon, ce ne sera que pour trois mois, avec suite éventuelle, mais cela va déjà me permettre de retrouver une tranquillité financière. Et aussi de mettre un pied dans le secteur social tout en me forgeant une expérience. La responsable m'a proposé de commencer au plus tôt, le temps de prendre mes marques en binôme, selon le calendrier de mes disponibilités. Manifestement je suis attendu avec empressement...
Par contre, cette bonne nouvelle survient au moment où j'entre dans la période la plus chargée de mon activité professionnelle actuelle ! Six week-end d'affilée en déplacement, pour écouler ma production, jusqu'à mi-novembre. J'avais prévu de cesser mon activité à cette date pour être entièrement libre d'être embauché. Petit téléscopage d'échéances, donc, à quelques semaines près. Autrement dit... je vais bosser dur pendant quelques temps ! Semaine et week-end, non-stop.
Ce qui signifie que le rythme de mes interventions ici, ou du moins la longueur de mes billets, va quelque peu se réduire. La réflexion et l'analyse demandent du temps...
Nb: au même moment un mail m'informe que j'entre dans le "Top 100" des blogs littéraires, sur Wikio. Ça n'a pas la même importance que la bonne nouvelle de ce matin, mais ce n'est pas désagréable non plus...
01 octobre 2007
De l'importance relative des blogs
Je vois souvent employé le terme de "blogosphère". Pour ma part j'emploie préférentiellement "blogobulle", pour relativiser l'importance de la microbulle que je parcours. Tout au plus un petit hameau, à l'échelle du monde des blogs. Qui plus est, un hameau où se pratique une forme l'endogamie : on y parle peu ou prou des mêmes thématiques centrales.
Il est difficile de se représenter la blogosphère globale, même en se limitant à celle qui est aisément accessible à la plupart d'entre nous : francophone. C'est pourquoi la démarche de Ouinon est fichtrement intéressante. Un travail hallucinant de bénédictin déjanté qui met en perspective l'importance relative des membres influents de la blogoshère sous la forme d'une "Cartographie subjective de la blogarchie francophone". Y sont figurés les 200 premiers blogs francophones, classés selon le nombre de commentaires qu'ils reçoivent et le rythme de publication. La méthodologie [expliquée ici] est probablement assez représentative du "trafic" et de l'interactivité, donc de l'aspect "vivant" des blogs. Ils sont en outre regroupés selon des thématiques, en leur ouvrant un éventail complet.
Je ne voudrais pas vous décevoir, chers lecteurs-blogueurs, mais aucun de ceux de ma blogobulle n'y figure. Ne vous y cherchez pas : même la plus commentée parmi mes lectures, l'épatante Samantdi, n'y est pas.
Si je connais bien quelques noms, sur lesquels il m'est arrivé de cliquer, c'est généralement parce que je les vois cités ici ou là, et notamment chez un des seuls de la carte que je visite occasionnellement : Embruns. J'ai quand même eu l'heureuse surprise de voir en bonne position le superbe blog d'Ossiane, l'Oeil ouvert (à qui j'ai piqué l'idée d'encadrer mes photos).
Et là je vais me la jouer ancien combattant : à ma connaissance aucun des écrivant "historiques" encore virtuellement vivants, ceux d'avant l'apparition des blogs, n'est sur cette carte (le plus ancien de la liste est de juin 2002). D'ailleurs les écrits intimistes ne font pas partie de la carte, avec leur audience minuscule. Mais est-ce vraiment surprenant ? L'intime, le vraiment personnel, s'accomode mal de flots de commentaires : la surexposition ne lui convient pas et ferait inévitablement évoluer la tonalité des écrits. L'intimité reste finalement cantonnée dans un petit univers discret, à l'écart de la marée grandissante d'une blogosphère mousseuse. Si l'expression intime a été pionnière, elle est maintenant devenue un éparpillement diffus, un brouillard, un bruit de fond à peine audible. Loin des fortes audiences des blogs thématiques et indépendammment de toute notion de qualité, il s'y joue, dans la discrétion, une entraide directe, des rapports humains qui travaillent dans l'épaisseur. Et c'est très bien ainsi...
Ouinon explique très justement que « il n’existe pas seulement diverses familles de blogueurs regroupées par thématique ou affinités, mais aussi et surtout, diverses familles de lecteurs qui se mélangent rarement, chaque lectorat alimentant un groupe de blogs. »
Selon les critères qu'il a choisi, le blog que vous êtes en train de lire avec une suprême délectation vous fait appartenir à la catégorie "Lectorat féminin" : « amateur de blogging amical, ils (parce qu’il y a aussi des hommes) sont venus y chercher des idées, des amis, ou partager des tranches de vie. Lectorat très fidèle et homogène. ». Mais je soupçonne certains de faire aussi partie de la catégorie "Lectorat culturel" : « arts, littérature, analyses, ils sont là pour s’instruire, se divertir ou s'émouvoir. Lectorat souvent spécialisé dans une thématique unique ». Il n'est pas surprenant que diverses zones d'influences se recoupent.
Voila, je tenais à signaler, pour les amateurs de l'observation du phénomène de l'expression en ligne, ce remarquable travail de référence.

