Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

24 janvier 2008

Terres inaccessibles

La lecture des blogs m'inspire souvent quelques pensées, que je ne prends pas le temps de consigner. Des milliers de fragments éphémères qui s'éparpillent sans en garder trace. Ils n'ont d'autre importance que de me faire prendre conscience de ce qui m'anime.

Ce soir, je me suis demandé « ce que je voulais vraiment », pour reprendre l'expression qui a déclenché ma réflexion. Ce que je voudrais vraiment faire, en tant que projet.

Et bien... je crois que je fais déjà ce que je voudrais faire ! Je vais vers ce que je désire vivre. Patiemment, « un pas après l'autre », mais avec l'assurance tranquille de suivre chaque jour mon chemin. J'avance en conscience, prenant chaque moment pour ce qu'il est et en essayant de voir ce qu'il m'apporte de bon. Même quand ce que je vis n'est pas très agréable.

En d'autres termes, je "positive" chaque chose, chaque évènement infime ou grandiose qui croise ma trajectoire. Il y a beaucoup plus des premiers que des seconds, mais ceux-ci sont comme des balises lointaines. Des souvenirs pour orienter un futur souhaité.

Il y a quand même quelque chose que je voudrais faire : voyager. Il n'y a pas de plus grande ouverture au renouvellement que le voyage.

Hélas, les voyages dont je rêve en grand sont lointains. Donc chers. Donc hors de mes moyens actuels. Et puis... ma conscience de la part de terre dont je dispose me met face à mes responsabilités : est-il juste que je contribue à la surexploitation des réserves limitées utiles à l'humanité ? Est-il juste que je prenne part à cette fuite en avant, yeux fermés, qui consiste à accroître sans souci une catastrophe annoncée ?

Puis-je me permettre, au nom de mon confort personnel, de mes intérêts particuliers, faire fi de l'intérêt commun de l'humanité ? Je vois les années passer et je me demande si je vais pouvoir continuer à rêver de parcourir un jour les terres lointaines et leurs grands espaces, loin de ce monde tellement coupé des racines de l'essentiel.

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Voir l'immensité de ce monde fini.
Jusqu'à quand, et à quel prix ?

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Inspiration

« Le bonheur, je lui ai ouvert la porte en ouvrant les yeux. Il entre et il sort, selon que j'ai envie de le voir ou pas. Il est là, dans les petits rien comme dans l'extraordinaire jaillissement de l'imprévu. Passé, présent, et futur, il ne dépend que de moi qu'il soit toujours présent... »


Juste envie de partager ces mots inspirés...

Posté par Coeur de Pierre à 19:11 - Le bonheur présent - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

No sex tonight (suite)

Petit additif à mon billet d'hier...

Dire que « ça ne me manque pas », en parlant de l'absence de relation sexuelle, est un peu réducteur. En particulier ça n'implique pas que je sois indifférent à la chose, bien au contraire : c'est parce que j'apprécie tout particulièrement cette dimension de l'intimité partagée que je peux m'en passer. Et cela parce que je ne suis pas dans le besoin de sexualité, ni dans celui d'une relation amoureuse, et encore moins d'être en couple.

J'ai vécu ces situations sous diverses formes, tant dans la douceur de la longue durée (23 ans de mariage) que dans la combustion de l'ineffable désir. J'en connais donc quelques inoubliables bonheurs, ainsi que des désagréments du même ordre. Il semble que l'un n'aille pas sans l'autre...

Considèrant que l'amour, la sexualité, et le couple ne représentent pas une quelconque "normalité", l'asexualité, le célibat, l'absence de sentiment amoureux sont devenus à mes yeux tout aussi évidents.

Le partage amoureux, sexuel, et désirant est un des plus merveilleux moment qu'offre l'existence. J'avais envie de le vivre pleinement, librement, profondément, et j'ai donc choisi (non sans difficultés...) de m'émanciper d'un statut conjugal qui ne le permettait pas. Cependant les facéties de la vie sont telles que, bien qu'ayant suivi mes envies absolutistes, je n'ai plus aujourd'hui ces étreintes magnifiques de l'esprit, du coeur et du corps...

Et si ça ne me manque pas, c'est parce que je n'ai pas envie de les vivre de façon minimaliste. Que ce soit grand et beau, rayonnant, magique et flamboyant... ou que ce ne soit pas ! (j'exagère à peine). J'aime l'amour entier, vibratoire, transcendant... mais baiser au rabais, non merci, sans façon. Peut-être suis-je un esthète du partage intime, dont j'aime qu'il me transporte d'émotions ? Ce partage-là demande une savante alchimie relationnelle avec une partenaire ayant une approche compatible. Des conditions qui me semblent rarement réunies. Et comme je ne me satisfais pas du "faute de mieux" sans ressentir quelques états d'âme... j'en suis venu à préfèrer le rien.

Posté par Coeur de Pierre à 01:07 - Amour et sentiments - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 janvier 2008

No sex tonight

Samantdi, avec "l'art du cru" aborde inopinément un sujet qui ne me laisse pas indifférent.

« Il y a aussi les périodes où on ne fait plus l'amour.
Pour des raisons diverses et variées.
On se demande si l'envie reviendra un jour. »


Je ne fais plus l'amour. Ce n'est pas que je n'en ai pas envie, mais je n'ai pas de partenaire. Pas de relation dans ce genre de registre. Je n'en cherche pas, d'ailleurs. Je devrais même dire que je les évite. Et je ne m'inquiète pas de cette abstinence : le désir est toujours vivant. Il est seulement non assouvi.

Ça ne me manque pas.

Enfin... en y réfléchissant bien, disons que je n'y pense pas vraiment.
Ou quand j'y pense ce n'est pas possible.
C'est juste du désir comme ça, devant un corps qui me séduit. Autrement dit : femme-objet. Mouais, c'est moyen, je vous l'accorde.

Je ne cherche pas à assouvir ces désirs et me satisfais furtivement de caresses imaginaires, d'un simple regard. De loin. J'évite de m'apesantir de près sur une peau, une bouche, ou tout autre attribut féminin potentiellement déclencheur de gestes sauvagement inappropriés. Inutile d'y penser. Quant à baiser, ça ne m'intéresse pas. De toutes façons, faire des démarches hasardeuses en vue de cette hypothétique conclusion n'en vaut pas la peine.

Je deviens un authentique vieux garçon !

Bon... je dis ça... mais en fait c'est parce que j'ai mis tout ça de côté. Verrouillé, cadenassé, éteint, étouffé. Je préfère ne pas m'approcher de ce qui pourrait avoir le moindre lien avec du sentiment. Mon célibat me convient parfaitement et me semble infiniment préférable aux complications relationnelles.

Je ne suis pas encore remis de remous indicibles.
Quoique... quand je pense que toute ma vie (et pas seulement la mienne) a été chamboulée parce que je voulais simplement être libre de partager d'autres intimités qu'exclusivement celle de mon épouse, le résultat est assez cocasse !

Un jour, probablement, tout cela se réactivera.
Le moment venu.

De préférence avant que la sénilité n'aie fait trop de ravages...

bisou2

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Quand l'aisance exclut

Seize femmes et deux hommes. Dix-huit personnes qui se découvrent et apprennent à se connaître. Un groupe en formation, dans les deux sens du terme : en constitution et en apprentissage. Un groupe qui va se cotoyer durant deux ans et demi, et dont la synergie fait partie intégrante de la formation. Chacun dispose d'une expérience, d'un savoir, et c'est le partage de cette diversité qui contribuera à la qualité du parcours effectué ensemble. Nous sommes là pour apprendre à écouter l'Autre, laisser à la parole la place nécessaire à la prise de conscience. Cela implique de ne pas juger ni interpréter, et n'intervenir qu'à bon escient. C'est aussi apprendre à s'adapter à d'autres façons de penser que la notre. Être accueillant, réceptif, et non excluant.

Dans le groupe chacun est invité à faire part de ses ressentis et observations, à prendre la parole dans le cadre défini des apprentissages. Nous sommes là pour nous écouter autour du programme dispensé par les formatrices.

Dès la deuxième journée, une des participantes, plutôt discrète jusque-là, nous a fait prendre conscience que ce ne serait pas aussi simple que ce que la bonne volonté pourrait laisser croire. Voici, dans les grandes lignes, ce qu'elle nous à dit: « Je ne me sens pas très à l'aise ici. Pas vraiment à ma place. Je n'ai pas un langage aussi élaboré que le votre, je ne me pose pas autant de questions, je ne sais pas autant de choses que vous. Là où je travaille c'est un milieu simple, et je n'ai pas l'habitude de parler des sujets que nous abordons ».

J'ai été très touché par cette intervention. D'une part parce qu'elle était franche, sincère, et par là-même émouvante. D'autre part parce que je fais partie des personnes qui avaient notablement pris la parole. Or je dois reconnaître que désormais je n'ai pas vraiment de difficultés à m'exprimer avec une relative aisance. L'écrit m'a probablement appris à manier les mots et assembler les idées. Par ailleurs, depuis le temps que je me pose des questions... j'ai forcément trouvé un certain nombre de réponses. J'ai beaucoup lu d'ouvrages spécialisés, j'ai déjà eu une formation à l'écoute. Je dispose donc d'un certain savoir qui peut, je le découvre, avoir un aspect "impressionnant" pour ceux qui n'auraient pas autant intellectualisé les choses que moi.

Pour autant mon savoir reste largement fragmentaire. Parce qu'intellectuel, précisément. Il est complété par l'expérience vécue, c'est certain, mais celle-ci est limitée à mon individualité. À mon mode de pensée, à ma façon de ressentir les choses. Il me manque la dimension universelle qui vient de l'altérité, c'est à dire l'essentiel.

J'ai été ému par les impressions de cette jeune femme désemparée, et je me suis senti gêné de faire probablement partie [là c'est moi qui interprète...] des personnes qui l'avaient faite se sentir mal à l'aise. Ce n'est peut-être pas le cas mais, quoi qu'il en soit, elle m'a fait prendre conscience que l'expression, l'aisance, le langage pouvaient être excluants. Même au sein d'un groupe qui travaille précisément à l'écoute et l'accueil de l'autre ! Même avec les meilleures intentions...

Ce qui m'interpelle c'est que j'avais remarqué que cette jeune femme se tenait en retrait. J'avais donc bien capté quelque chose intuitivement. Mais je n'en ai rien fait. Je n'ai pas osé aller vers elle, notamment en la voyant isolée durant une des pauses. Je n'ai donc pas "entendu" en moi ces signes.

Mais cette leçon de vie m'a surtout permis de prendre conscience qu'une aisance dans l'expression et le développement des idées pouvait nuire à la rencontre de l'Autre. Sans être suffisamment ouvert à son écoute, et surtout à ce qu'il ne dit pas, l'atout devient handicapant.

Brrrr.... toute mon histoire personnelle est marquée de l'empreinte de l'exclusion et je constate, non sans effroi, que mes attitudes peuvent être excluantes. J'en ai froid dans le dos...


Je me demande si, sur ce blog, le fond et/ou la forme de mon mode d'expression n'est pas excluant. Surtout quand je me prends au sérieux...

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21 janvier 2008

Il voit des chances partout

Hier je parlais de "la chance de l'incompréhension". Je finissais en me demandant si je n'avais pas aussi bénéficié d'une sorte de "chance du silence". Parfois j'ai aussi écrit autour de "la chance de la souffrance". Alors soit je suis un peu maso... soit je vois des chances partout ! J'opte pour la seconde alternative.

En fait, cela dépend de ma façon d'observer les choses. Il est certain qu'à court terme l'incompréhension, le manque de réponses et la souffrance qui en découlait, m'ont été très désagréables à vivre. J'aurais préfereré les éviter. Mais cela faisait partie du "principe de réalité" cher à la psychologie, avec les frustrations qui l'accompagnent et permettent d'évoluer. Ce que, apparemment, je fais.

Mais si j'avais voulu rapidement retrouver un semblant de paix, j'aurais pu tenter de m'éloigner de ces états insatisfaisants. J'aurais pu les occulter, les fuir, et passer à autre chose. Je sais très bien faire lorsque je procrastine, par exemple... Mais dans le domaine affectif et relationne mon vécu me montre que je préfère affronter les problèmes (si toutefois je perçois par quel bout les prendre). Parce que pour ces choses-là je vois à long terme. Et si je veux vivre en paix à long terme, alors il me faut absolument trouver une façon de transcender les frustrations. En faire des alliées m'aidant à comprendre ce qui est touché en moi pour que je le ressente ainsi.

Durant mes séparations ce qui a causé ma frustration aura été la privation, le manque, l'absence. Mais surtout la fin du "projet commun", qui consiste à évoluer ensemble, tels des co-équipiers. Cette fin prématurée des alliances aura déclenché une grande souffrance face à un vide jamais affronté auparavant. De plus, en elle-même, l'incompréhension de ce qui se passait était source de souffrance supplémentaire. Mais c'était une vision instantanée, à courte portée, puisque finalement, sur le long terme, j'ai su transformer ces souffrances concommitantes en sources d'épanouissement. Et c'était bien là mon objectif de vie : vivre mieux, et plus en accord avec moi-même. Mission en bonne voie de réussite, donc.

En fait, ma chance c'est d'aimer la remise en question.

Bon... tout le monde ne partagera pas cet avis. Mais pour ma part cela contribue à me faire trouver ce "sens de la vie" qui me semble tellement important pour ne pas se trouver face à cet abîme : à quoi ça sert de vivre ?

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20 janvier 2008

Incompréhensions, points de vue, et sens de l'existence

Le texte suivant est une réflexion qui rassemble plusieurs idées imbriquées et complémentaires, ce qui en explique la longueur. Je ne fais que réinventer à ma sauce ce que d'autres ont probablement bien mieux décrit, mais le rédiger avec mes mots est une façon de m'imprégner de ce que je découvre par l'expérience.


Depuis quelques années [crise de la quarantaine ?] il m'est devenu important de connaître le sens de l'existence. Du moins celui de mon existence [restons réaliste...]. Vaste sujet, n'est-ce pas ? D'ailleurs, avec mes cogitations au long cours, je me suis parfois décrit comme un "chercheur de sens". En fait, que je le cherche ou non, j'en trouve un. "Trouveur de sens", donc ? Peut-être... J'en viens à me demander si le sens de l'existence n'est pas celui de le trouver...

Absurde ? Attendez, je m'explique. Prenons un exemple au hasard, que je trouve particulièrement démonstratif : il y a quelques années j'ai rencontré une femme qui m'a fasciné. Son mode de pensée résonnait très fort avec le mien, et en même temps nous avions des approches relationnelles et des modes de vie très différents. J'étais marié "pour toujours" [hum hum, depuis j'ai appris à me méfier de mes certitudes...], tandis qu'elle était résolument célibataire. Nous avons passé des mois à correspondre activement, avides de découvrir ce qui nous mouvait chacun dans notre singularité. Une période très fertile de réflexions existentielles. Nous étions aussi différents que semblables, selon les sujets que nous explorions. Pour moi cette rencontre est vite devenue révélatrice, donc absolument essentielle dans mon parcours de vie. Une chance rare, comme il ne s'en présente guère dans une vie. En fait, sans le savoir, cette relation était l'amorce qui allait m'amener à trouver le sens que je voulais donner à mon existence. Étonnant, non ? Comme des aimants dont les pôles s'attirent, nous nous sommes rapprochés en confiance jusqu'à la plus grande intimité...et puis finalement tout a explosé entre nous, de façon apparemment inexplicable. Ben oui, ne pas oublier que les pôles aimantés peuvent aussi se repousser... Entretemps nous étions passés de l'amitié à l'amour, et cela avait intercalé de nouveaux filtres de lecture. Ce qui avait fonctionné idéalement au début s'était mis à ne plus trouver de correspondance.

Depuis ce clash retentissant j'ai cherché inlassablement à comprendre ce qui avait pu mener à cette impasse. À mes yeux cela venait incontestablement d'une communication défectueuse, qui n'avait pas permis une adaptation mutuelle. Ce partage qui, en respectant les différences de l'autre, cherche aussi à comprendre ses motivations. Au départ je souffrais beaucoup de cette incompréhension-incommunication que je voulais voir résolue au plus vite. Je me suis acharné pour rétablir le fil. Et puis, à la longue, constatant que mes tentatives n'aboutissaient qu'à compliquer encore les choses, que je comprenais encore moins pourquoi ça se passait ainsi, je me suis mis à distance de tout ça.

À distance... mais sans cesser de chercher à comprendre.

Et j'ai compris beaucoup de choses. Sur moi, ma partenaire, et sur la relation. Non seulement pour cette situation, mais aussi pour celle de mon couple officiel. En extrapolant, c'est à tout système relationnel que ce sont étendues mes découvertes. Chaque jour je constate que ma pensée et mes réflexions restent soutenues par cette expérience exceptionnelle. Je vis avec cette incompréhension, qui stimule ma quête. Inutile de préciser qu'avec les années et cette présence permanente ma pensée a considérablement évolué ! C'est tout juste si je me reconnais en passant devant un miroir... En grande partie c'est cette incompréhension qui m'a amené à me réorienter vers la relation d'écoute et d'accompagnement relationnel... Et c'est en cela que j'ai trouvé comment vivre en accord avec le sens révélé de mon existence. Il n'y a aucun hasard dans tout cela, seulement une réceptivité à ce que la vie m'indique.


La chance de l'incompréhension

Ce matin j'ai eu un flash : et si l'essentiel n'était pas de comprendre, mais de disposer des questions qui poussent à comprendre ? Ou autrement dit : est-ce qu'il n'est pas préférable de ne pas comprendre pour avancer en soi ? Ne pas comprendre m'a permis d'aller toujours plus loin, car chaque réponse ouvre à de nouvelles interrogations. Tant que l'énigme ne sera pas suffisamment résolue, elle portera ma motivation.

Prenons un autre exemple : si je veux faire pousser des carottes, que je les sème, et que j'obtiens ce que je désirais, je suis satisfait. Je considèrerai qu'il est facile de faire pousser les carottes et ne me poserai pas davantage de questions. Si un voisin ne réussit pas... je le prendrai pour un benêt [pfff, c'est pourtant facile !]. Admettons qu'ensuite je veuille faire pousser des courgettes. Logiquement je vais me servir de mon expérience avec les carottes. Mais là, il se peut que je n'obtienne rien de satisfaisant. Après plusieurs tentatives infructueuses, je pourrai soit m'obstiner en vain, soit renoncer à faire pousser des courgettes, soit chercher à comprendre ce qui se passe. Dans ce cas j'en parlerai au voisin [qui les réussit, lui], je me documenterai, je chercherai à comprendre les besoins des courgettes, leurs maladies, et les possibilités de ma terre. Je finirai par tout savoir de l'humus, de la granulométrie du sol, du taux d'azote nécessaire et des moeurs dissolues des lombrics. Si ma terre n'est pas fertile pour les courgettes, alors c'est à moi de me fertiliser l'esprit pour atteindre mon objectif. Je pourrai aussi, et ce n'est pas négligeable, faire profiter les autres de mes connaissances. Encore faudra t-il que j'aie choisi si mon objectif est d'avoir des courgettes ou de ne récolter que ce qui veut bien pousser sans efforts...

Transposons mes métaphores potagères : lorsqu'une relation n'est pas fluide, chacun peut saisir cette opportunité pour évoluer. Car c'est une chance ! Chercher à s'adapter à l'autre offre la chance du changement personnel. Quand tout est simple et coule de source c'est très agréable mais on n'évolue pas dans les mêmes registres. On profite des bienfaits du bonheur, mais on ne se fertilise pas l'esprit. Lorsque tout va bien il faut évidemment jouir de cette paix non dénuée de vertus, mais savoir opter pour la lutte intérieure lorsque c'est nécessaire. Évoluer vers l'autre demande un effort, et une volonté de l'effectuer. Une capacité à le faire aussi. Or celle-ci fluctue dans le temps, selon les circonstances, et en fonction de la personnalité de chacun. Tant qu'on n'a pas la capacité de comprendre ce qui coince, on s'obstine en vain. On ne voit même pas en quoi il faudrait évoluer. Comme un enfant qui essaie de faire rentrer un cube dans une empreinte circulaire : il aura beau mettre en jeu toutes ses forces, ça ne rentrera jamais. Il devra essayer autrement. En tant qu'adultes, avec des problématiques nettement plus complexes, on s'acharne parfois à vouloir faire rentrer notre vision du monde dans la celle des autres, qui n'ont pas les mêmes contours. Il est donc important de définir quels sont nos objectifs lointains : passer en force (et casser quelque chose), renoncer, ou réussir en épousant des contours en souplesse. Cette dernière option demande parfois une certaine persévérance.

Peut-être ai-je la chance d'en être doté ? Il en est peut-être de même pour mon attrait envers la compréhension des relations affectives...



La réalité subjective

Ce que nous concevons comme "la vérité", ou "la réalité", n'est bien souvent qu'un abus de conscience. La preuve que notre illusion de toute puissance enfantine n'est pas levée. J'ai souvent eu à faire avec des personnes qui me disaient, tentant inconsciemment de me soumettre à leur vision du monde, « la réalité c'est ça ! ». Or ce n'était souvent qu'un fragment de réalité objective (= des faits), mais teinté de beaucoup de subjectivité (= leur interprétation). Cependant ces limites imposées devenaient du même coup une réalité contre laquelle je me heurtais.
Et moi-même, sans être aussi affirmatif, je me laisse souvent aller à croire que ma réalité est universelle. Je me dupe, largement inconscient de mon manque d'ouverture. C'est bien simple : je ne perçois même pas qu'on puisse penser différemment ! Non par arrogance, mais parce que je n'imagine pas qu'il puisse y avoir d'autres façons de percevoir ce qui me paraît unique.

Une façon bien connue de prendre conscience de la subjectivité de la réalité consiste à donner à observer des images telles que celle-ci :

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Certains verront d'abord le vase, d'autres les deux visages.

Celle-ci est plus troublante :

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Certains ne voient que la vieille femme, d'autres uniquement la jeune. Et il faut parfois du temps pour que la seconde image soit enfin perçue.

Le moment du basculement est toujours un peu troublant, parce qu'une nouvelle dimension de la réalité apparaît de l'invisible. De même, lorsque dans une discussion on parvient à comprendre le point de vue de l'autre en sortant de notre propre réalité, il y a un grand soulagement. « Ah mais c'était donc ça !!! ». Le conflit peut alors se résoudre dans l'instant, lorsque le quiproquo se révèle.

Parfois, lorsque l'incompréhension est longuement installée et que toute une réalité s'est construite selon cette base... la surprise est de taille. C'est ce qui peut se passer dans des relations compliquées, chargées de projections. En famille, au travail, ou... en couple. Malheureusement la compréhension par l'un n'implique pas systématiquement la compréhension par l'autre. Le changement de paradigme n'est pas perceptible. C'est comme si subitement on changeait de monde et de représentation de la réalité : ce qui était valable depuis des années, en un instant n'a plus le même sens. Fascinant...

Avec mes réflexions en vue de comprendre, voila pas mal de temps que je constate ces changements de dimension dans ma perception des complexités relationnelles. Un quiproquo originel peut se trouver résolu et rendre obsolète tout ce qui s'est passé depuis. Fausse réalité basée sur une fausse interprétation de départ.

Mais lorsque le quiproquo concerne le mode de communication, cela peut devenir vertigineux ! Par exemple, j'ai toujours considéré que le dialogue permettait de fluidifier les relations. Pour moi cette vérité était indubitable et trouvait son origine dans un long cheminement personnel, étayé par la lecture de nombreux ouvrages sur le sujet. Je n'ai jamais pu concevoir que l'absence de communication pouvait aussi être valable... lorsque la communication ne fonctionne pas ! Tant qu'un langage commun n'a pas été trouvé [voila encore une problématique fertilisante...], il peut être préférable de s'abstenir. En ne comprenant pas cela j'ai procédé comme si ma vérité - le dialogue comme seule issue - était la bonne... J'ai fait fausse route.

Pendant des années j'ai essayé de faire rentrer cette réalité personnelle dans l'espace d'autres perceptions de la réalité. Je me suis obstiné, certain d'être dans le seul chemin salvateur... et ça n'a pas fonctionné ! Je n'y comprenais plus rien. Mon cube ne rentrait pas dans le cercle ! C'est là que "ne pas comprendre" m'a permis d'évoluer, en prenant autant de recul que nécessaire. J'ai tenté de comprendre le cercle et sa logique différente du cube. Les deux étaient devant moi depuis toujours, je le savais... mais moi je ne voyais que mon cube. Ma réalité.

J'aime donc comprendre les choses humaines et trouver leur sens. Pour autant je ne m'y prends pas toujours bien en voulant partager mes réflexions... de force. Bien que ce soit avec de bonnes intentions, c'est une violence que j'ai exercée envers des personnes qui n'en avaient pas la capacité, ou pas le désir. Je pense toujours qu'avancer "ensemble" est préférable, mais je constate que ce n'est pas systématiquement le cas. Ensemble, c'est parfois avec d'autres. C'est ainsi que j'ai du accepter de me séparer d'avec Charlotte. Je l'apprécie pourtant toujours, mais notre route commune ne fonctionne plus. Nos quêtes existentielles ne se conjuguent plus. J'ai fait le choix de poursuivre ma quête... et de renoncer à la poursuivre avec elle. J'ai aussi dû renoncer à comprendre avec elle le détail de ce qui s'était passé pour qu'on en arrive là. Immanquablement nous réactivions ce dont elle voulait se tenir à distance. J'ai donc opté pour le respect de ses capacités au dialogue. J'ai accepté que ce genre de dialogue ne nous était pas favorable. Nous ne parlons plus de "avant", et surtout pas des sujets qui pourraient être désagréables. Du coup... nous n'avons plus beaucoup de choses à nous dire. Seul le présent compte, avec une nouvelle forme de partage à inventer, éventuellement. Pour l'heure il consiste à échanger cordialement quelques nouvelles autour de nos enfants et de nos quotidiens respectifs.

Il semble bien qu'un processus similaire, quoique plus radical, s'est déroulé avec l'amie-aimante qui m'avait ouvert en grand les portes d'une nouvelle quête de sens. J'ignorais que c'est "en solitaire" (mais avec d'autres) que j'allais poursuivre mon chemin de découverte. Cependant, cette absence, ce silence contre lequel je me suis tant révolté à cause des questions qu'il laissait en suspens, n'auront-il pas été une chance d'aller plus loin en moi ?


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19 janvier 2008

Le doigt dans l'engrenage

J'ai mis le doigt dans un engrenage, il y a quelques semaines, en acceptant de me joindre à une liste pour les élections municipales. Je peux encore me retirer... mais il ne faudra pas tarder.

Aujourd'hui avait lieu la première réunion, pour faire connaissance et commencer à travailler sur le programme. Plusieurs fois je me suis demandé ce que je faisais là, en entendant ressasser de vieilles querelles de village. Moi ce qui m'importe c'est le futur immédiat et lointain, mais pas le passé.

En même temps si je veux que les choses bougent, il est peut-être temps que je m'implique un peu. Un village, c'est déjà un petit bout de la démocratie et de la politis. Par contre je crains que cela demande beaucoup d'énergie pour peu de résultats... Et puis comme je ne suis pas du genre à suivre si je ne suis pas d'accord, c'est déjà au sein de cette liste en constitution que je dois faire entendre ma voix. Or les idées que je défends sont celles de l'intérêt général avant l'intérêt privé. Et au delà, parce que ce sont mes convictions, celles d'une prise en compte de l'humain dans son cadre de vie. Selon moi cela passe par le changement sociétal en cours qui consiste à aller vers un développement soutenable, en insérant chaque décision dans un processus réfléchi sur le long terme. C'est pas gagné d'avance...

Moi même je ne sais pas trop comment intégrer cela dans le fonctionnement d'une commune rurale. Est-ce que je me sens assez motivé pour m'engager dans cette voie-là, en sachant qu'il me faudra batailler pour qu'elle soit réellement prise en compte ? Car glisser quelques lignes écolo-bio dans un programme ne suffit pas. Et celui qui dirige la liste ne semble pas très au fait de ces choses-là...

Par ailleurs ai-je le désir de m'investir dans un système dont je soupçonne l'inertie ? Déjà, au cours de cette première réunion j'ai pu constater combien certains "meneurs" monopolisent la parole et se perdent dans des détails qui n'apportent rien à leur propos. J'espérais pouvoir "sentir" un peu mes co-listiers, savoir à qui j'avais à faire, mais le temps perdu dans des élucubrations vaines ne me l'a pas vraiment permis. Que de temps passé pour un piètre avancement !

Premier contact mitigé, donc... Le moins que je puisse dire est que je ne ressens pas le désir indubitable de m'engager avec une équipe en laquelle je croirais mordicus ! En même temps je sens en moi l'envie de faire bouger les choses, d'apporter ma pierre à l'édifice, de faire peser mes idées. Certainement pas dans le sens béni-oui-oui qui valide les idées établies de quelques uns. Plutôt dans celui d'une force de proposition qui pourrait bien aller vers une certaine contestation interne. Ce que je n'ai pas manqué de faire, déjà...

Mais bon... d'ici à m'engager pour six ans (ou sept, je ne sais plus)...

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16 janvier 2008

Quand le voile viole

Coumarine raconte une anecdote vue dans le métro, autour d'une jeune fille voilée.

Je ne saurais comment décrire ce que suscite en moi la vision des femmes voilées, et plus encore des jeunes filles. C'est quelque chose de très mitigé, mais dont je ne peux dire que cela m'indiffère. Toujours, je ressens un certain... malaise.

D'un côté je comprends tout à fait cette démarche personnelle, qui s'inscrit dans des convictions religieuse dont je respecte la liberté. Je peux même ressentir une certaine admiration pour les personnes qui vivent leur foi et leur identité culturelle avec autant de détermination et d'abnégation. J'y vois du courage et de la franchise. Loin de moi l'idée de juger ces comportements dont les motivations m'échappent.

Et pourtant... il y a malaise. Je me sens profondément, viscéralement en désaccord avec cette manière d'être. Mais je ressens la même chose face à des familles de bons-cathos-bourgeois, ou les images de juifs ultra-orthodoxes, ou lorsqu'un président étasunien termine ses discours avec un "God bless America". Je le ressens d'autant plus lorsque c'est en décalage avec notre société occidentale où la liberté de pensée et de conscience me semble être devenues des acquis [ce en quoi je me trompe...].

Ce qui me dérange, c'est l'affichage explicite ou implicite d'appartenance à une des religions du livre. Quels que soient ces affichages ostentatoires, excepté chez les religieux officiels, j'y vois tous les aspects les plus négativement traditionnels de la famille patriarcale. Ils dépassent et neutralisent, à mon avis, les aspects positivement humanistes, que je connais fort bien étant issu d'un milieu catholique convaincu et pratiquant.

En fait, ce que je n'aime pas, c'est l'idée de suivre une religion, et tout spécialement une des trois monothéistes. J'y vois un "prêt-à-penser", que je ressens comme une négation de... de l'esprit humain. Afficher sur soi, dans notre société, « je pense et vis comme ma religion me dit de penser et vivre », ça me révulse. Viscéralement. Quelque chose en moi n'accepte pas cela. Pour moi la pensée s'affirme dans la remise en question, pas dans le respect des traditions.

Bon... c'est évidemment plus subtil que ça. Car je sais aussi que l'effondrement de certains repères, et notamment avec l'atténuation des images du père et de la mère comme cadre de référence, font que notre société se sent parfois flottante, avec risque de dérive vers on ne sait où... J'ai bien conscience que ma vision des religions est certainement étriquée et épidermique. Mon rejet est fort et je sens bien que je friserais l'intolérance si je ne parvenais à faire la part des choses. Mais je dois prendre sur moi : je ressens presque ces rappels visuels de la religion comme une violence faite à ma conscience. Cela m'agresse.

Je devrais me demander ce qui est touché en moi, ce qui m'inquiète...

Je dois avouer que je ressens quelque chose de similaire face à d'autres forme de "prêt à penser" : médias, consumérisme et société mercantile...

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14 janvier 2008

De l'oeuvre, le fond et la forme

Eva tient discrètement son journal en ligne depuis plus de huit ans. Cette expérience lui confère un recul sur la pratique à long terme, qui n'exclut pas des questionnements. Ainsi, elle se demandait récemment : « Est-ce qu'écrire son journal sur Internet, c'est produire une oeuvre ? Une oeuvre littéraire, probablement pas. Une oeuvre d'art, encore moins. Mais enfin, je crois bien tout de même qu'il s'agit bien d'une oeuvre. »

Avec une pratique légèrement moindre dans la durée, je partage largement cet avis. Assembler des mots autour de soi durant des mois, a fortiori des années, constitue un travail et produit quelque chose qui s'inscrit dans la personnalité. Un peu comme si l'on se travaillait soi-même, faisant corps avec "l'oeuvre". C'est d'autant plus le cas si le "je" est exposé, interrogé, mis en scène dans l'écriture intimiste.

« Ce journal est également une oeuvre au sens le plus noble du terme : un ensemble organisé de signes qui ne sont pas tout à fait juxtaposés les uns aux autres par hasard, mais qui, secrètement, voire inconsciemment, concourent à une fin, à un sens. Ce n'est par pour rien que je noircis des pages ici et que je les empile les unes sur les autres. »

Voilà une réflexion qui me plaît : tout ce que l'on fait à un sens, et d'autant plus que l'on y consacre une énergie, du temps, de l'implication personnelle. Or consacrer ce travail à parler de ce qui nous touche, nous interroge, nous agrée ou nous déplaît, c'est prendre conscience de soi. Prendre aussi conscience du monde et du regard que l'on porte sur lui. L'écriture peut-être fort révélatrice, pour peu que l'on accepte d'observer ce qu'elle nous montre de nous. Nos préoccupations y apparaissent du fait de leur récurrence. Cette trace visible est en quelque sorte le résultat de l'ouvrage sur lequel on travaille et qui, en tant que tel, nous offre la possibilité d'en modifier indéfiniment la finalité.

C'est ce que décrit très bien Eva : « Je ne sais pas très bien pourquoi j'écris. Je sais qu'il y a en moi ce besoin de se dire, cette nécessité de se comprendre, cet espoir aussi d'arriver un jour à s'accepter. Je voudrais comprendre pourquoi je suis ici, dans cette vie et parvenir enfin, une bonne fois pour toutes, à lui donner un sens. En écrivant ma vie, j'ai l'illusion que je ne vis pas pour rien, que les mots que j'aligne pages après pages ont un sens. Pour moi, pour les autres. »

Donner un sens à sa vie, ou du moins trouver le sens que l'on souhaite lui donner. N'y a t'il pas là la plus belle oeuvre à accomplir ? Cependant Eva y voit une illusion. Cette fois je ne partage pas entièrement son avis : je ne crois pas que l'on vive pour rien [mais c'est là une considération de philosophie personnelle]. Au contraire, selon moi, c'est à chacun de trouver/donner un sens à son existence. En cela le journal peut être utile, et même essentiel. Ne serait-ce que parce qu'il permet un temps de retour sur soi et d'auto-interrogation. C'est en cela qu'il est oeuvre, et non pas simple déversoir : il y a bien un sens !

« Mon journal n'est pas une oeuvre terminée. Il est en mouvement, car je ne pense pas que j'aurai fait un jour le tour de ma vie écrite. Mon journal est une oeuvre qui prend son sens dans son inachèvement. »

Pour ma part je dirais, de façon très proche mais avec mes mots, que mon journal me permet de trouver un sens tant que je ne considère pas l'oeuvre qu'il constitue comme achevée. C'est en cela qu'il est très différent d'un livre, qui ne pourrait que constituer un état du moment. Mon journal, en vivant, s'inscrit dans une continuité et c'est celle-ci qui, jusque-là, me permet de suivre un fil invisible. Le sens de ma vie je le vois largement révélé dans la trame de mes écrits. Il m'apparaît dans ce travail constamment remis sur l'ouvrage. Je suis certain que si je n'avais pas eu ce "compagnon de route" ma vie aurait été bien différente, et assurément bien plus éloignée de l'état de congruence duquel je me rapproche. En consacrant un temps considérable à l'ouvrage, j'ai pu quitter l'insatisfaction de me trouver devant une matière que je ne savais pas comment travailler. J'ai constitué l'ossature de l'oeuvre que je peux désormais affiner pour la faire tendre vers ce qu'elle m'indique. Ce n'est plus vraiment moi qui oriente les choses, je me contente de suivre la "matière" que mes mots indiquent.

Ainsi c'est davantage les mots qui me travaillent que l'inverse. Moi je n'agis que sur la forme, eux sur le fond.

Posté par Coeur de Pierre à 20:12 - Pourquoi écrire en ligne ? - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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