Hier soir j'étais avec mon fiston, celui qui m'avait écrit sa colère récemment. Nous avions déjà un peu dégrossi le différend par téléphone, histoire de savoir ce qui posait problème et selon quelle modalités en parler. Je lui avais proposé de passer le voir et il a volontiers accepté.

Rendez-vous donné à la terrasse d'un café, côté jardin. Ambiance estivale.

Je l'ai d'abord interrogé sur son tout nouveau travail puisqu'il vient d'être embauché, sitôt ses études terminées. Le poste est très intéressant, formateur, et plutôt bien rémunéré. Il y avait donc de quoi se réjouir !

Nous sommes ensuite entrés dans le sujet pour lequel nous nous rencontrions : ses griefs au sujet de ma place de père. Échange fort intéressant durant lequel chacun a exposé ses points de vue et écouté ceux de l'autre. Nous nous sommes dit beaucoup de choses importantes, nécessaires, et je pense l'avoir rassuré sur la reconnaissance que j'ai envers ce qu'il est et ses choix de vie. Apparemment je n'avais pas bien su lui en faire part...

En lui exprimant ma fierté de père de le voir être devenu l'homme qu'il est, à la tête bien faite et aux idées claires, c'est aussi à moi que je faisais du bien : apparaissait ma propre satisfaction d'avoir "réussi", avec Charlotte, notre mission de parents. Honnêtement je peux dire [c'est rare] que j'en suis fier. Dans mon existence la réussite qui m'importe le plus profondément est celle de l'épanouissement de nos enfants.

Dans un autre registre je lui ai aussi précisé, très simplement, ce qui faisait partie de ma fonction paternelle et ce qui était du ressort de ma vie d'homme, tout en convenant que certaines évolutions de l'homme pouvaient être destabilisantes pour lui, réactivant des processus d'acceptation. Nous étions d'accord pour dire que la vie était faite de ce genre de chocs et que c'est cela qui menait chacun à se déterminer, à trouver ses propres convictions.

Plus précisément en lien avec ce que j'écris ici, après avoir discuté du rapport que j'entretiens avec le monde d'internet, j'ai reconnu avoir fait des erreurs il y a quelques années en parlant maladroitement de ma conception des relations de couple. Je n'avais alors pas suffisamment contextualisé mes propos, omettant de rappeler que ce que je vivais s'appliquait à un homme qui a déjà pas mal vécu, qui a fondé une famille et a mûrement réfléchi avant de suivre une voie "hors-norme", avec tout ce que cela peut présenter comme difficultés et inconfort.

Bref, nous avons abordé une belle palette de sujets, discutant à la fois "d'homme à homme" et "entre père et fils". Un bel échange, vraiment, tout à fait agréable, qui s'est prolongé à la terrasse d'un restaurant sur une petite place particulièrement agréable au coucher du soleil.

À la nuit tombante il m'a raccompagné jusqu'à la gare, me remerciant pour cette soirée.

J'avoue ne pas bouder mon plaisir lorsque je peux avoir des échanges de ce genre. Simples et respectueux de l'autre, approfondis tout en étant détendus. C'était un vrai plaisir !