Je l'écrivais récemment : lorsque je suis en présence d'autrui je n'écris pas. Parce que les relations se vivent au moment où elles sont possibles, et que ce possible est parfois éphémère. Vient ensuite le temps de le décrire, éventuellement, ou d'évoquer les réflexions qui peuvent en découler.

Alors je n'écris pas. Je vis. Je ressens, je vois, j'entends, j'écoute, je capte, je hume. Je laisse mes sens fonctionner et emmagasiner leurs impressions. Impressionnisme relationnel. Je me laisse pénétrer par toutes ces sensations, des plus douces au plus dérangeantes. Je me laisse déranger pour sentir ce que cela provoque en moi. Je me laisse aussi aller à vivre des moments de plaisir, pour sentir ce que cela suscite de bon en moi. Ainsi j'apprends à mieux me connaître.

Et puis j'observe. Ce qui passe dans le regard de l'autre, dans ses intonations de voix, ses habitudes, ses certitudes affirmées. Autant de failles qui se dissimulent, sans être invisibles. Peu à peu je me rends compte que le langage des sens peut être très éloquent, pour peu qu'on sache en entendre le murmure.

Je crois qu'avec elle j'apprends à capter ce langage-là...