Mon père vient de m'apprendre, au cours d'un échange téléphonique, qu'il connaissait l'adresse de ce blog. Bigre ! En fait il a commencé par me demander quand il pourrait avoir accès à mes "mémoires", supposément déposées à l'Association Pour l'Autobiographie. J'en ai été un peu surpris puisque lui même dit n'être que peu porté à la psychologie, qui l'ennuie assez vite. Je lui ai alors expliqué que je n'avais encore rien déposé [il serait d'ailleurs temps que je m'en préoccupe, suite à ce que j'écrivais dans mon précédent billet..]. J'ai ajouté que mes écrits n'étant pas des mémoires, ni une autobiographie, mais un journal à lire en temps réel, ils ne se prêtent pas vraiment à une lecture globale. Je sais que certaines lectrices ont entrepris cette lecture intégrale mais je suis presque admiratif de la performance !

Pas forcément rétif à une lecture par mes proches, j'ai cependant expliqué à mon père que je préférais établir une version spécifique, adaptée à une lecture moins impliquante. Je pense d'ailleurs depuis longtemps à cette possibilité. J'ai envie d'établir des passerelles entre mes vies. C'est là qu'il a fini par me dire qu'il avait lu quelques pages du blog. Celle écrite le jour de mon divorce, notamment.

Ouais... rien d'insurmontable. D'ailleurs j'assume bien tout ce que j'ai écrit. Si je redoute la lecture... c'est plutôt en supposant qu'elle pourrait être perturbante pour des lecteurs trop proches. Je ne suis pas partisan d'un trop grand dévoilement intime. Il me semble que, pour des raisons qu'un psychanalyste expliquerait mieux que moi, cette confusion est à éviter. Mais bon... je n'ai pas suffisamment approfondi le sujet pour me prononcer définitivement.

Quoi qu'il en soit ça commence à faire beaucoup de monde qui peut accéder à mes écrits : mes enfants connaissent le nom du blog, ma mère en a lu quelques pages avant que mon père lui rappelle que je ne le désirais pas, et maintenant c'est lui qui m'avoue avoir percé mon "secret"... en cherchant "Pierre l'idéaliste" sur Google, suite à un mail reçu depuis ma boite dédiée.

Sans compter les quelques amies lectrices avec qui je partage ou ai partagé une intimité sentimentale et celles, plus nombreuses, avec qui je partage une intimité de confidences. Et encore... pas plus tard qu'hier j'ai communiqué à ma collègue Artémis mon texte intitulé Le temps de la liberté ! Bref... la limite qui sépare mon intimité exposée et mon individualité est devenue relativement fine.

Mais... n'est-ce pas, finalement, ce que, sans le savoir vraiment, je recherche ?

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Grandir en déployant l'intérieur vers la lumière