16 juin 2009
Projections
Mon dernier billet a suscité quelques commentaires acerbes. C'est le signe que le sujet ne laisse pas indifférent...
Tant mieux ! Je ne suis pas là pour être consensuel, et surtout pas pour ce qui concerne la grande diversité des relations affectives. Mon parcours de vie m'a fait traverser, comme beaucoup, quelques épreuves relationnelles dont j'ai tiré des enseignements. Je n'allais quand même pas reproduire ad vitam aeternam ce qui n'avait pas fonctionné ! Alors, parce que je considère que prendre soin de soi est la meilleure façon de se faire du bien d'être présent pour autrui, j'ai choisi de ne plus revivre ce par quoi je suis passé. J'ai donc "travaillé" sur ce qui m'avait blessé au plus profond, de façon à m'émanciper de certaines fragilités issues d'une enfance qui, loin d'avoir été horrible, m'a cependant laissé quelques lourdes séquelles. Ce "travail" représente des années d'analyse et de réflexion sur mes représentations, mes valeurs, mes limites, mes désirs. Avec comme résultat un désserrement, si ce n'est une libération, de nombre de mes carcans.
Cela me permet de vivre aujourd'hui assez sereinement mes relations affectives, en m'étant adapté à ce que je suis : je ne vais plus au delà de mes capacités.
Je pars du principe que vivre heureux, cela consiste déjà à ne pas se rendre malheureux. Ça paraît tout bête... mais n'est pas forcément mis en application. Connaissant ce qui a pu me rendre malheureux je ne vais plus dans ces zones-là. Du moins tant que je ne m'en sens pas capable, car tout cela évolue en continu.
Contrairement à ce que j'ai lu dans certains commentaires, directement issu de pensées projectives, mon souci de l'autre est constant. C'est d'ailleurs un des handicaps sur lesquels je continue à travailler : je pense trop à l'autre ! Pas forcément de façon adaptée, puisque n'étant pas doté du don de télépathie j'ai tendance à être dans des interprétations projectives. Très, trop attentif aux désirs exprimés ou supposés de l'autre, j'ai parfois bien des difficultés à discerner mon propre désir. Alors je travaille sur le détachement : ne pas céder à ma propension à vouloir "sauver" l'autre, à vouloir "aider" au point de m'y perdre.
J'ai trouvé un moyen de ne pas "coller" trop à l'autre : rester à distance. Ainsi je me protège et je protège l'autre de moi. Ça peut surprendre, mais c'est efficace. Un peu "froid" peut-être, inhabituel dans des relations affectives, mais absolument nécessaire pour que chacun agisse de façon adaptée et responsable.
Je n'ai pas à me justifier devant mes lecteurs, mais je vais cependant le faire. Non parce que je me sentirais fautif de quelque chose, mais parce que je suis un peu las de lire ces connotation péjoratives dès qu'il est question d'amours pluriels, de relations intimes non-amoureuses et autres façons d'aimer qui ne rentrent pas dans une norme consensuelle et "bien-pensante". Quelle restrictive sacralisation de l'amour !
Mais oui, j'aime les personnes avec qui je suis en relation. J'aime de façon encore plus impliquée les femmes avec qui je partage une intimité de pensée, de sentiments, de désir. Je les aime lorsque nous progressons ensemble à la découverte de ce qui nous relie, nous attire l'un vers l'autre, ou éventuellement nous écarte. Je les aime parce que je les respecte et respecte leurs choix, et d'autant plus qu'elles respectent les miens.
Et puis je m'attache à elles, même si j'ai fait le nécessaire pour ne plus être affectivement dépendant, cette forme immature d'un amour mal orienté. Je suis sensible à ce qu'elles vivent et ressentent, avec ou sans moi. Leur cheminement personnel m'intéresse.
Pour autant, je ne suis pas "amoureux". Mais être amoureux est à mes yeux une sorte de débordement émotionnel et affectif, une résurgence de désirs inassouvis directement issus des premières années de vie, une déconnection temporaire de la réalité quand ce n'est pas un aveuglement d'illusions. Plus l'élévation sera importante et soudaine et plus dure sera la chute. Car chute il y aura.
Non, l'amour inconditionnel n'existe pas ! Ce que nos mères n'on pas pu donner au nourrisson exigeant que nous étions, personne ne nous le donnera jamais. Nos désirs resteront tempérés par la frustration, le manque, l'absence. Quand on a accepté ça... on peut commencer à aimer autrement.
Mais bon, je ne vais pas encore disserter sur ce qui, à mes yeux, distingue l'amour de l'état amoureux. Je crois m'être forgé au cours de ces années de recherche et d'observation certaines convictions personnelles qui me sont désormais de précieux atouts. Je préfère aimer peu, mais vraiment, que beaucoup mais avec la fragilité d'une bulle de savon.
Et pour tout dire, je ne comprends pas bien pourquoi m'est souvent renvoyée l'image de quelqu'un qui se priverait de quelque chose d'essentiel en ne recherchant pas l'état amoureux ! Je l'ai connu, c'était délicieux. Et s'il revient, je ne le refuserai pas. Mais pour l'heure je me contente d'aimer...
Au lieu de se focaliser sur les apparences, à savoir que je sois "froid" et devenu plutôt hermétique à l'état amoureux, il me semble plus intéressant de chercher à comprendre ce qui fait que moi, ou qui que ce soit d'autre, puisse en arriver à avoir mis en place un tel système de protection. Ce travail je le fais en grande partie seul, à l'écart de toute source de jugement.
* * *
Après ce micro-évènement dérisoire je me dis qu'écrire de façon impliquée m'est de plus en plus difficile. Non que je sois vraiment perturbé par les commentaires, quelle qu'en soit la teneur, mais parce que je me heurte régulièrement à des incompréhensions qui finissent par être pesantes. En m'efforçant de répondre au mieux, le plus précisément possible, de montrer que les points de vue sont multiples, je me demande si je n'entretiens pas le fossé qui sépare ce que je voudrais exprimer de ce qui en est compris. Il restera toujours une part d'inexprimé, donc quelque chose de faussé et critiquable.
Quand je parle de ma vie, j'oublie que je touche à votre vie. Elles ne sont pas le même monde, ne se juxtaposent pas. Nos vérités sont distinctes. Dès lors cela peut aboutir à des confrontations de points de vue, souvent fertiles, parfois stériles.
Peut-être devrais-je m'exprimer de façon plus allusive, moins impliquée ? Ne plus nommer les personnes dont je parle, ne plus dire que c'est de ma vie dont il est question. Rester dans le vague et la généralisation. Prendre vraiment la position de l'observateur distancié de son sujet... M'éloigner de l'intime personnel pour mieux aller dans un intime désincarné.
Et pourtant, je trouve que le témoignage personnel à une saveur toute particulière, imprégné de vécu, d'imperfections, d'ambivalences et de contradictions.
Mais je reconnais que me voir renvoyer l'image d'un homme sans scrupules et sans coeur est parfois lourd à porter...
Commentaires
Bonsoir...
Je ne laisse pas souvent de commentaires mais là tellement de choses viennent doucement me parler au creux de l'oreille...
Je suis sur le chemin de ma "découverte" aprés avoir eu aussi des manques...
Rien n'est plus beau que d'écrire ce parcours...
Qu'importe ce que le lecteur va penser...l'important est je pense le bien être que l'on éprouve aprés avoir fait nos écrits...et surtout toi seul sait la valeur qu'ils ont...
Bonne nuit.
....★
Pierre,je t'en prie de devient pas "désincarné"... Je ne suis pas toujours "d'accord" avec toi, je ne comprends pas toujours tout ton cheminement, ton raisonnement et je trouve que parfois tu poussdes un peu loin, rire, et aussi que t'es un peu "barré" lol, mais toujours je respecte le profond "travail" que l'on sent derrière tes réflexion et ce que tu exprimes de tes désirs, attente, volonté, besoin peu importe le terme exact! J'admire ce courage et cette ténacité, moi l'impatiente et la passionné. j'admire ton sang-froid et ta précision, ton calme et ton recul. J'admire ta "concision d'idée" (même si tes billets sont looong ;-) rire.
Très franchement si toi tu ne penses pas être quelqu'un de "froid" et de "sans scrupules" où es le problème? Si renvoyer cette image te "pèse" cherche en quoi elle te "pèse" alors même que tu ne crois pas être cet homme.
Tu sais aussi pertinemment que "la différence" attire la "violence" et la "médisance" le rejet aussi et évidement la critique! Et tu sais aussi qu'on ne peux pas plaire à tout le monde! Ceux qui te "jugent" ainsi ont des motivations, des raisons qui se respectent sans doute. En tout état de cause tu peux le comprendre et puis ces commentaires là seraient-ils plus nombreux que ceux des personnes qui t'apprécie comme un homme sensible, volontaire, cérébral, avant tout qui a choisi sa liberté pour ne pas entraver celle de l'autre?
L'essentiel est que tu sois en accord avec toi-même, et ça ça se ressent chez toi...une sorte de lâcher-prise, de sérénité d'ensemble même si les questionnements demeurent (c'est ta nature, et puis on apprend toute une vie et il y a toujours des surprises et des revirements! )
Bon j'arrête j'ai déjà largement dépassé mon quota ;-)
Biz :-)
....★
OUPS! sorry pour les innombrables fôte! rire. bonne nuit. :-)
"Non, l'amour inconditionnel n'existe pas !"
Ne veux tu pas plutôt dire "OUI, l'amour inconditionnel n'existe pas".
Pour cela je suis mitigée. J'aimerais qu'il existe, l'amour inconditionnel. J'ai envie d'y croire.
Pour le reste, je te lis avec attention discrètement, et je me sens très souvent en accord avec tes pensées.
Et je connais un homme qui comme toi n'en finit pas de se protéger. C'est son choix. Il va d'amitié amoureuses en amitié amoureuses. Mais je sais qu'au fond de lui il attend l'Amour avec un grand A.
Tu le dis toi-même l'état amoureux c'est délicieux et s'il revient tu ne le refuseras pas.
Pas plus de 7
"Mais je reconnais que me voir renvoyer l'image d'un homme sans scrupules et sans coeur est parfois lourd à porter..."
Je pense que dialoguer par le biais de commentaires écrits peut parfois amener à des incompréhensions.
Je ne compte plus le nombre de fois où mes propos ont été mal compris - hors de votre blog.
A part cela. J'intègre parfaitement bien ta manière de vivre tes amours mais une question subsiste : Consacres-tu le même temps à chacun de tes amours ? C'est vrai ça, comment gérez-vous ? Tes amours ont elles-aussi leur emploi du temps.
J’ai une position un peu particulière. Parce que je te connais intimement je me retrouve à comprendre ce que tu dis dans tes notes et en même temps, je comprends le ressenti exprimé par les coms. Et j’ai un peu l’impression que toi et tes lecteurs, vous placez dans une sorte de dialogue de sourds.
Je crois que ce qui choque les lecteurs dans ta note « harem », c’est surtout la froideur de ton expression. Au-delà des amours pluriels qui sont un thème qui fait souvent polémique, tu parles d’une femme comme d’un objet. Et en plus, tu montres une assurance qui peut choquer en disant que de toute façon tu sais bien qu’elle reviendra... ou qu’en tout cas, les choses n’en resteront pas là. Et si je n’avais pas un point de vue différent sur votre histoire à tous les deux, je serais choqué aussi par la façon (très résumé) dont tu as raconté l’histoire. De la même façon, la façon dont tu lis la « blague » de ton collègue sur ton « harem » à ta façon de vivre tes relations, laisse penser que tu as une façon de gérer les femmes de ta vie comme un petit coq avec sa basse-cour... Et il faut te connaitre pour rétablir le fait que ce n’est pas du tout ça. :-)
Par ce que j’ai pu vivre avec toi, je me suis rendu compte que tu es quelqu’un de sensible et j’ai l’impression que cette froideur apparente fait partie de ta protection.
Cette façon de t’exprimer, qui a de quoi surprendre (quoique tu puisses en dire), correspond à ton chemin de vie. Et je crois que c’est normal que les gens te perçoivent comme froid... parce que ce que tu exprimes dans tes notes, c’est ton chemin vers de plus en plus de « détachement ». Que cette opinion te pèse, je le comprends aussi... mais comme le dit Julie, ça ne devrait pas... si ça te correspond vraiment.
Peut-être que le souci vient du fait que tu n’exprimes pas vraiment ce que tu penses et ce que tu es. Il n’y a qu’à voir la différence entre la note précédente et celle-ci. Tu dis que tu « aimes » les femmes avec qui tu as des « relations intimes »... alors que dans ta note « harem », tu ne montres absolument pas cet aspect des choses.
Tu es quelqu’un d’à la fois chaleureux (il n’y a qu’à voir ton sens de l’accueil et ta curiosité de l’humain) et très détaché (surtout dans tes relations intimistes). Mais dans ta note « harem », tu ne montrais que ton aspect détaché. Alors c’est normal que les gens ne voient que cet aspect.
Maintenant, toi, tu sais ce que tu es. Tu sais que tu es sensible et que tu peux être chaleureux, que tu t’attaches à ces femmes... alors quelle importance que les gens te jugent parce que tu ne montres pas cet aspect de toi ? Tu sais qu’ils ne te jugent que parce qu’ils ne te connaissent pas, en fait.
Ensuite, c’est vrai que ton détachement amène une certaine « froideur » et ça, tu es bien obligé de l’assumer pour bien vivre tes relations. Sinon, tu vas avoir du mal à résister à ces femmes qui te demandent plus de « chaleur » (et nous en savons quelque chose, puisque j’en fais partie ;-) ).
C’est un choix à faire, mais ce qui exprimé par les lecteurs de ce blog peuvent aussi t’aider à te « positionner »... en assumant. Ou alors, il te reste le choix d’écrire sur ton journal pour ne plus avoir de coms... ou ne plus écrire.
Mais au fond, tu n’as pas à écrire de façon encore plus « désincarné » pour satisfaire des lecteurs ? Ton blog est à toi... et tu n’écris pas pour eux ?
Moi, j’aimerais mieux (en admettant que ça compte, puisque je dis avant que tu ne dois pas te laisser influencer ;-) ) que tu écrives en montrant mieux ce que tu es. :-)
J’aimerais bien que tu sois moins « pudique »... et que tu montres les côtés sensible, ouvert et accueillant de ta personnalité. Ca rétablirait un peu l’équilibre avec ton côté « pro », observateur objectif qui parait un peu froid... parce que tu n’es pas ni l’un, ni l’autre mais un mélange des deux. ;-)
Désolée pour ce long com... et un bisou pour me faire pardonner... :-)
Ouh là, encore une fois, j'arrive après la "bagarre" et commente les deux billets d'un coup.
Toute personne qui lit Pierre ou qui le connait sait forcément qu'il n'a rien ni d'un Valmont ni d’un frénétique coureur de jupons. Que des personnes qui le découvre récemment puisse le voir ainsi je veux bien le comprendre, par contre je suis stupéfait, voire choqué, du ton de certains commentaires venant de personnes le connaissant bien. Franchement qui plus que lui est dans le respect, dans le souci de l’autre dans sa façon de gérer les relations, sans rien s’interdire tout en s’efforçant de ne pas se blesser et de ne pas blesser l’autre, justement en ayant l’honnêteté de poser ses limites telles qu’il les ressent. Il ne prend sûrement pas les femmes et les gens en général, pour des objets à manipuler.
Bon, Pierre, là j’arrête de te jeter des fleurs, faut pas que j’en fasse trop quand même !
C’est vrai qu’il y avait peut-être des formules prêtant un peu à confusion dans le dernier billet mais qui te connait en vrai ou même qui te lis depuis assez longtemps doit pouvoir interpréter.
Sur le fond, tu le sais, je suis plutôt d’accord avec toi pour poser que l’amour passionnel avec ce qu’il charrie de dépendance et de possessivité n’est pas forcément le top des relations humaines et que des relations plus matures d’adultes capables de vivre des relations diversifiées de façon non exclusives, comportant des parts plus ou moins importante de sexualité accomplie ou pas me paraissent de loin préférables. Un peu ce que je mets dans mon concept d’amitié amoureuse. Sans penser naturellement que c’est simple et que ça prémunit de toute douleur, de toute incohérence, de toute manipulation à l’égard d’autrui.
Je comprends Pierre que tu puisses te sentir un peu malmené par certains commentaires (quoique tu aies maintenant la peau épaisse à ce sujet, ça n’a pas toujours été le cas) ou qu’en tout cas tu te sentes découragé d’être parfois mal compris. Mais malgré cela il serait dommage que tu prennes un ton plus distancié, que tu te désincarnes, je suis bien d’accord avec Julie là dessus, c’est bien parce que tu vas au cœur d’expériences concrètes, vécues, en donnant tes cheminements et tes interrogations que tu apportes beaucoup à ceux qui te lisent.
« L'amour inconditionnel n'existe pas »...
Plutôt que cette affirmation, ne faudrait-il pas dire que tu ne l'a pas rencontré... encore...
Pour ma part, j'ai expérimenté et expérimente cet « amour inconditionnel ». Je le ressens dans ma chair, au moins d'une personne envers moi, et dans la durée de longues années... Et de quelques autres, au moins pour un temps, j'en ai l'empreinte indissoluble en moi...
Quant à savoir si moi je prodigue à quelqu'un un amour inconditionnel... Ce n'est pas à moi de le dire... Mais à l'autre !
Serais-je donc unique au monde à en faire l'expérience ?
Mais peut-être que parfois, certains, cet amour inconditionnel, ils le refusent bec et ongle. C'est tellement dangereux d'être aimé totalement pour soi-même et pour qui l'on est vraiment !...
Il me semble qu'en ce qui te concerne (mais je peux me tromper...) Tu préfères essayer d'aimer l'autre (ce qui permet de garder toujours un certain contrôle sur lui/elle), que de te laisser aimer de lui/elle (ce qui suppose un abandon, et de perdre le contrôle, pour se laisser recevoir d'un autre...)
Il est évident que lorsqu'on a refermé son coeur à l'expérience amoureuse... Cela s'avère difficile d'observer ce qu'est l'amour. Car l'amour authentique entre un homme et une femme passe invariablement par sa phase " amoureuse " (pour reprendre ce mot ) ce n'est qu'avec la durée et l'engagement que l'on débouche un jour sur l'amour inconditionnel... Ou pas... !
Mais on ne peut pas faire un voyage en amour sans commencer à marcher sur le chemin amoureux... Ou en revenant sans cesse en arrière... Ou en en prenant d'autres voies multiples...
On ne guérit pas de traumatismes de l'enfance sans se laisser totalement aimer par quelqu'un.
Cela ne peut pas être une expérience en chambre, où le fruit d'une spéculation raisonnée. Il faut que ce soit vécu dans sa propre chair.
Avec les souffrances qui seront à gérer, et les bonheurs qui seront à recevoir...
Ce qui est gênant dans ton entrée précédente (et je pense que Kyrann en a fait une analyse infiniment pertinente), c'est que tu disséquais une relation avec la froideur d'un chirurgien qui considère la barbaque interne plus que la personne elle-même. Ce n'est sans doute pas ton intention, mais on n'a jamais le résultat de ses intentions, seulement de ses paroles et de ses actes.
Tu présentes certaines de tes relations intimes comme un objet d'observation. Il n'est pas alors étonnant que certaines femmes parmi tes lectrices se sentent indirectement instrumentalisées par personne interposée en quelque sorte... Puisqu'à force d'écrire sur ton blog, tu deviens quelque peu un personnage emblématique. (Que tu le veuilles ou non...)
.
Il me semble que le positionnement assez complexe pour ne pas dire plus, qui est le tien en matière de relations intimes féminines, génère forcément d'énormes ambiguïtés. À vouloir être tout à la fois distant est excessivement proche, tout à la fois *passionné - inhibé* et analyste distant des relations amoureuses, tu obtiens plutôt l'effet inverse : des commentaires à caractère passionnel !
Pourras-tu maintenir longtemps sous cloche tes pulsions internes ?
Ou sombrera tu un jour prochain corps et biens (*sourire *) dans "l'état amoureux" ?
L'avenir le dira...
Mais pour l'instant... Tout semble parfaitement cadenassé !...
Je terminerai en disant qu'il me semble que ceux qui te lisent ont beaucoup de considération pour toi. Pour ne pas dire une certaine affection pour ta démarche et ta recherche. C'est peut-être au nom de l'idée positive globale qu'ils se font de toi qu'il leur arrive de t'interpeler...
Juste un petit mot pour toi Pierre
Entre nous il y a une amitié de longue date, qui a été ponctuée par des rencontres, lors de deux manifestations littéraires dans ta région.
Je te lis depuis cinq ans, je connais ton histoire, je l'ai suivie de près...
Le commentaire "passionnel"'que je t'ai mis n'est en rien dirigé contre toi, mais "contre" les deux derniers paragraphes de ton billet précédent.
Je pense que nous avons pu nous expliquer à ce sujet...
Et donc Valclair, rassure-toi, il n'y a en moi aucun jugement hâtif ni surtout condamnant ou je sais pas quoi vàv de notre ami Pierre (sinon il y a longtemps que je ne le lirais plus, au contraire je le lis régulièremten me demandant parfois s'il trouvera un jour autre chose que le simple détachement (bon dac, Pierre j'interprète, tu te dis heureux tel que tu vis maintenant, moi je ne le "sens" pas comme ça. Et sans doute d'autres que moi. Mais toi seul sait ce qu'il en est. Je te dis ce qui se perçoit (en projection peut-être!) de l'extérieur...
Et me croiras-tu si je te dis que cela me fait de la peine pour toi?
Kyrann je t'admire beaucoup Kyrann pour ton commentaire que je trouve aimant et mesuré...je t'admire parce que je sais pour te lire combien tu peux souffrir de ne pas être plus "importante" dans la vie de Pierre... il n'y a dans ton commentaire aucune rancœur ni jugement, au contraire une analyse très fine de la façon dont Pierre a écrit ce billet
Je tenais à écrire pour les lecteurs "nouveaux" et ceux qui te découvrent depuis peu, que, comme le dit Alainx il y a une réelle affection qui lie les blogueurs anciens que nous sommes
Alainx le dit aussi, tu parles parfois de tes relations comme un chirurgien qui OBSERVE, qui dissèque, qui examine...
Attentivement certes, avec respect, c'est évident, mais voilà..
Cette observation méticuleuse dérange parfois dans la mesure où la femme qui lit peut se sentir objet d'étude, et non sujet d'amour
En fait Pierre, me vient une idée
Tu es sensible, chaleureux et respectueux dans la vie concrète (et ça je peux en témoigner)
Mais il arrive que dans ta manière d'écrire ici, dans ton souci constant de bien COMPRENDRE, d'analyser le plus précisément possible ce qu'il se passe,tant en toi que dans les autres, tu passes du côté de l'observateur "clinique" qui dissèque les choses...
Et le danger est grand de faire un amalgame entre les deux Pierre
Parfois je ne retrouve pas ici le Pierre avec qui j'ai discuté deux bonnes heures à Lyon en automne dernier...
"Mais je reconnais que me voir renvoyer l'image d'un homme sans scrupules et sans coeur est parfois lourd à porter..."
Je comprends...
Un homme sans coeur et sans scrupule... ce n'est pas du tout ainsi que je te vois...
Je te vois comme un idéaliste!
Merci !!
Faute de temps je ne peux répondre maintenant mais je vous dit déjà un grand merci pour tout ce que vous m'avez donné à travers ces commentaires qui me font chaud au coeur :o)
ne pas perdre......
....son *nord* ;-)
autrement dit *se faire confiance* ;-)
les com' du billet précédents montrent bien comment leurs auteurs peuvent passer de la colère à la compréhension, pour peu qu'ils ne laissent pas leurs ressentis perso prendre le dessus (et perdre ainsi toute 'objectivité d'analyse)
tous ces écrits témoignent d'un désir *d'avancer* ds la connaissance de soi et celle de l'Autre ;-)
*ne pas en faire une affaire personnelle*, c'est assez difficile mais c'est constructif....pour ma part, je m'y emploie ds toutes mes relations (ds le vraie vie comme ds mes lectures, ou sur ces blogs)
merci à toi, pierre, de ta ténacité à témoigner de ton vécu (et d'oser des mots 'chocs' ;-)) et merci à ceux qui y répondent avec leurs affects ou de façon détachée....moi, *ça m'éclate* à présent alors que ça m'a fait *voler en éclats* par le passé ;-)
on avance, on avance......;-)
bisous
La preuve du changement
Je vais dire des choses assez brusques et caricaturales.
Tu sais, les réactions que tu peux avoir quand tu parles de libraimance, ça peut venir de ton évolution affective et intellectuelle.
Tu as toujours eu un lectorat féminin, parce que l'effet mirroir fonctionnait sur ton goût pour l'autoanalyse, l'interprétation du quotidien, les difficultés de l'intimité.
C'est pas forcément le lectorat le plus souple, même quand il est bien intentionné.
Aujourd'hui, ton choix, et le fait que tu l'assumes changent tes émotions et donc tes idées dans l'autoanalyse que tu mets en ligne. Tu es toujours aussi sensible, mais moins douloureusement. Tu as moins de la peur qui faisait de toi un "homme blessé" pour lequel il était normal de compatir. Du coup, ta nouvelle attitude peut être déceptive pour celles (et ceux) qui s'identifient moins à toi qu'à tes difficultés.
Il me manque sûrement des éléments, mais je crois que celui-ci n'est pas à ignorer.
....★
Pierre, une petite phrase qui m'a fait penser à toi : ""Aimer l'autre, cela devrait vouloir dire que l'on admet qu'il puisse penser, sentir, agir de façon non conforme à nos désirs, à notre propre gratification, accepter qu'il vive conformément à son système de gratification personnel et non conformément au nôtre.
Mais l'apprentissage culturel au cours des millénaires a tellement lié le sentiment amoureux à celui de possession, d'appropriation, de dépendance par rapport à l'image que nous nous faisons de l'autre, que celui qui se comporterait ainsi serait en effet qualifié d'indifférent." Elle est extraite du livre "Eloge de la fuite" de Henri Laborit :-) Si ce n'est déja fait (et si tu as assez de temps, sourire) je t'en conseil la lecture. :-) Je viens juste de commencer et déjà je jubile. :-) Bisous. et au fait... si la libellule mutante passe chasse là assez vite, rire, je l'attends depuis des mois ;-)
Emouvante fragilité humaine...
Bonjour à tous,
Je n'avais lu les 2 dernières entrées de Pierre qu'en diagonale, manquant de temps... Hier soir, j'ai lu plus attentivement, et aussi vos mots de réaction, de commentaire... Bousculants ou compréhensifs...
J'avoue avoir amicalement *souri* en lisant ceux d'Alainx ("Pourras-tu maintenir longtemps sous cloche tes pulsions internes ?
Ou sombrera tu un jour prochain corps et biens (*sourire *) dans "l'état amoureux" ?
L'avenir le dira...
Mais pour l'instant... Tout semble parfaitement cadenassé !...", dont je partage assez la vision de "l'amour inconditionnel", celui que je ressens pour mon mari, dont je suis pourtant séparée depuis bientôt 2 ans maintenant... Car alainx, sans le savoir, a écrit à Pierre, sous d'autres mots, le message que je lui avais moi-même adressé sans l'avoir/vous avoir lus, dans le cadre d'un mini-forum que nous tenons avec quelques amis et dont Pierre fait aussi partie... Je vous livre donc, puisque c'est *en lien*, un extrait de ma contribution au sujet de l'attachement/ le détachement affectifs:
"En tous cas, moi, je réalise que plus j’avance (et j’ai quand même l’impression d’avancer !) et moins je me sens ‘sure de moi’ en termes d’équilibre personnel (re)trouvé, en termes d’invulnérabilité supposée acquise avec tout ce que j’ai dejà traversé… plus je suis consciente que les moments où je suis ‘debout’ et ‘sereine’ sont autant dus à la « chance » qu’à mes propres efforts. En d’autres termes, l’adage selon lequel « tout ce qui ne tue pas rend plus fort », je le transformerai en « tout ce qui ne tue pas peut blesser à jamais »… La trace mnésique de la souffrance est infinie….
Puisque F. a accepté que j’évoque ici son parcours de vie, je voulais dire que cela m’a particulièrement troublée, moi qui la connaîs intimement depuis maintenant plusieurs années, et moi qui ai été souvent très impressionnée et très boostée par sa capacité de prise de recul et de lâcher prise dans la souffrance, de la voir litteralement « s’effondrer » plusieurs jours (semaines ?) durant…. Même si depuis mon amazone chérie s’est relevée et est remontée en selle….
Cette évolution possible pour N’IMPORTE QUI me rappelle notre condition humaine, infiniment sensible, infiniment fragile…
En cela, je me distingue nettement de la conception de Pierre, qui se pense « à l’abri » avec le travail intéressant de durcissement de sa carapace émotionnelle, qu’il effectue dans le domaine de ses relations amicalo-amoureuses…
Pierre, je ne voudrais pas te casser la baraque et paraître toxique dans ce que je t’exprime, mais je pense, en toute sincérité et amitié, que tu te leurres… Si tu parviens, pour le moment à ne plus souffrir, ce n’est pas ‘uniquement’ parce que tu as bien blindé le mécanisme…. C’est surtout, à mon avis, parce qu’aucun tsunami amoureux n’est venu toucher tes collines redevenues paisibles après le passage de l’ouragan Nathalie en terre grenobloise… Crois moi, si l’amour devait te « frapper » à nouveau, tes petites digues psychologiques n’y changeraient rien…
C’est pourquoi je ne cherche pas, pour ma part, à travailler le « détachement affectif »…. Oui, je suis « dépendante affective », bien plus que je ne le pensais, comme à mon avis finalement presque tous les humains de cette terre…l’Homme est un Animal social… il ne peut vivre hors du regard de l’Autre…
...le fond de mes mots se veut être un hymne à la Vie... la Vie sans limitation inefficace et sans protection exagérée...
Pierre fait *tout* pour se protéger et ne plus jamais 'souffrir' comme cela lui est déjà arrivé.... Ce faisant, il me semble, il se protège aussi de l'exaltation des émotions très fortes et des sentiments de braise....
Moi, j'ai envie de Vivre en continuant à ressentir ces émotions et sentiments qui font VIBRER.... pis, je ne me sentirais pas VIVRE si je m'empêchais de goûter encore à ce qui donne du goût à ma vie... et ce qui donne le plus de goût à ma vie, ce sont les relations avec l'Autre... potentiellement dangereuses pour ma sérénité et bousculantes de mon équilibre précaire....
Ce faisant, je SAIS que je peux souffrir à nouveau intensément... je ne cherche pas à l'éviter, même si, je ne suis pas complètement 'maso', je préfèrerais l'éviter... Mais pour moi, c'est naïf de penser qu'on peut être certain d'y échapper.... un peu comme si je disais "moi, je ne veux jamais avoir à mourir"....lol
La souffrance comme le bonheur, font partie de la vie... elles sont indissociables.... Et à moins de ne se poser *aucune question*, et de se contenter strictement de ce que l'on a ou que l'on est en mesure d'avoir, le bonheur perpétuel me semble une utopie... La vie est une succession de joies et de peines..."
Continuez
Pierre, je n’ai pas l’habitude de faire des commentaires sur les blogs que je parcours, je les garde pour moi. Mais aujourd’hui, après vous avoir suivi à travers tous vos messages, perçu et comprenant fort bien votre façon d’être. Etre unique comme tout à chacun disait Albert jacquard, c’est là notre richesse ! Je vous ai senti touché par ces commentaires qui, c’est vrai, sont quelque peu acerbes.
Aussi pour une fois je sors de l’ombre juste pour vous témoigner que j’apprécie énormément ce que vous écrivez, votre façon de vivre est respectable beaucoup plus que certain bien pensant, vous jugeant sans vergogne.
Proche de vous dans ma façon de vivre, mais n’ayant pas les qualités de réflexion et de rédaction que vous avez, votre blog a cette essentielle qualité pour mes amantes, celle de leur permettre une meilleur compréhension de ma façon de vivre.
Je vous souhaite très sincèrement bonne route et de continuer à nous permettre de réfléchir sur le sens de la vie.
Merci
Pierre, tu me fais penser à un de mes anciens thésards, un provençal. Un jour que je plaisantais avec lui au sujet de ses multiples relations avec les femmes, il m'a répondu : "Aaah, c'est si beau, une femme, c'est si tendre, si doux, si compréhensif ... Comment leur résister ?".
Depuis peu, il vit un amour inconditionnel avec une bonne petite flamande, hi hi.
Bon, je te souhaite quoi ? Un amour inconditionnel, une etite flamande ou les deux ?
OK, je sors de nouveau : pas bon les petites bulles !
oui, altadis....
....que pierre continue de *partager* malgré les douches froides, voilà qui est à saluer et je lui en suis infiniment reconnaissante, en tant que femme (car ça m'aide à comprendre les hommes de ma vie!)
plutôt que de le réduire aux mots 'forts' qu'il emploie parfois, je trouve intéressant, pour ma part qu'il *OSE* dire tout haut ce que d'autres taisent et qu'ainsi, il laisse s'exprimer une 'masculinité' que je trouvais un peu 'absente', il y a qqs années
d'ailleurs, je remarque qu'il plaît nettement plus aux femmes aujourd'hui que par le passé....très positif, son parcours 'évolutif' selon moi
il me semble déceler des formes diverses de jalousie ds les com'.....comme si le bonheur ne pouvait qu'être 'impur' voire 'inadéquat' qd il est fait de ce que vit pierre actuellement.....l'envie ne mène pas tjs à *l'en VIE* ds les com' mais vise plutôt à 'parier' et 'prédire' une souffrance à venir (et alors? il sera tant d'y faire face si elle se présente)
c'est sans doute oublier un peu vite les souffrances anciennes qui l'ont mené là où il est aujourd'hui
bien sûr, je 'projette' mon propre vécu sur le sien....et j'en suis pleinement consciente! mais je projette tout ce que mon vécu a de *positif* pour l'encourager à ne pas être *infidèle à lui-même*....envers et contre tout....car, pour ma part, j'en récolte les fruits, bien au delà de mes espérances
Avalanche
Ouhlalalala, quelle avalanche ! :o)
Beaucoup de vos commentaires ouvrent des pistes de réflexion fort intéressantes et diversifiées... mais je me vois mal y répondre ici, à leur suite. Ce serait trop long et indigeste. Je crois que je vais plutôt les utiliser comme base pour un nouveau billet, probablement en regroupant les thèmes abordés.
Je vous dis un grand merci pour cette attention que vous portez à mon cheminement (même si je me doute bien qu'il contribue à nourrir le vôtre...) et pour tout ce que vous me donnez de vous.
Le dernière phrase...
Est pour moi là aussi importante...
Nous aimons donner...mais comme c'est bon aussi de recevoir !
Bon w-e...attention aux orages !
Se laisser 'guider' par la Vie
Parier ou prédire....une souffrance à venir...?
Je ne sais précisément à qui et à quels mots ceux de Camille s'adressaient, mais pour ma part, ce n'est pas dans cet esprit que j'ai formulé les miens...
J'ai eu l'occasion d'en discuter avec toi hier, Pierre et je pense que ma voix joviale ont donné une indication sur la voie que j'espère pour toi!... Tout en me ravissant du chemin parcouru par mon ami *cher*, de la "densification" et de la plus grande gaieté de sa vie entre notre avant-dernière et notre dernière rencontre...
La Voie de la Vie, pleine et "entière"... sans méfiance, sans essai de résistance à l'abandon, celui qui permet de goûter pleinement aux bienfaits et à la griserie de l'amour...voilà ce que je lui souhaite... c'est un voeur positif, pas négatif... tout comme je lui souhaitais de retrouver l'envie de "se lier" sentimentalement, tout simplement, quand je lui ai offert "La voie de l'amoureux" d'Arouna Lipschitz il y a 2 ans... Voie qu'il est à nouveau audacieusement parti explorer depuis, même si "à sa manière"...
Tant mieux... *tant mieux*....
Pour ma part, je me sens infiniment plus "libre" et je trouve beaucoup plus 'facile' et 'apaisant' de laisser advenir "ce qui EST", bon ou mauvais, que de chercher à le maîtriser...
Cesser de croire en sa "toute-puissance" sur sa vie, c'est, à mon avis, quitter la part naïve et potentiellement souffrante de l'enfance pour n'en garder que celle du rêve et de la fantaisie, de l'accueil de l'"imprévu" et de la "découverte"...
Je trouve ma vie, la Vie bien plus "passionnante" et "excitante" depuis que je ne cherche plus à la *dompter* mais plutôt à me laisser 'guider' par Elle... lol
Sourires à tous
SolAnge
applaudissements SolAnge de la première à la dernière rangée de mon théatre intérieur..!
Alors que je suis souvent frappé à vous lire par une grande proximité de recherche et de ferveur, il y a eu tout à coup quelque chose qui m'a semblé une différence essentielle avec votre ressenti : cette question de l'amour inconditionnel.
Ou alors nous n'employons pas ici les mêmes mots pour les mêmes concepts. C'est d'autant plus troublant que votre distinction entre "amour" et "état amoureux", que je partage totalement, me semblerait y conduire, "naturellement", aux spécificités d'un amour inconditionnel...
Je ne sais pas... Mais je cesse de bavarder, AlainX a déjà beaucoup dit, et brillamment, sur le sujet
AlainX
Alainx, je me permets de réagir ici à ton com... en te donnant aussi ma vision de « la bête » dite « lion des alpages »... ;-)
« Quant à savoir si moi je prodigue à quelqu'un un amour inconditionnel... Ce n'est pas à moi de le dire... Mais à l'autre ! »
Je ne crois pas, non. Toi seul peux dire si tu continuerais à aimer la personne, quoiqu’elle puisse faire. Parce que c’est quand même ça, l’amour inconditionnel : aimer sans condition ? Et dans ce cas, ce n’est pas l’autre qui peut savoir.
« Mais peut-être que parfois, certains, cet amour inconditionnel, ils le refusent bec et ongle. C'est tellement dangereux d'être aimé totalement pour soi-même et pour qui l'on est vraiment !... »
Je crois qu’on refuse parfois l’amour et ce qu’il implique.
Mais je ne vois pas en quoi il est dangereux d’être aimé pour ce qu’on est. Je pense que ce qui est dangereux, c’est d’être vu tel qu’on est... et ne pas être aimé. Du moins, c’est ce qu’il me semble.
« Il me semble qu'en ce qui te concerne (mais je peux me tromper...) Tu préfères essayer d'aimer l'autre (ce qui permet de garder toujours un certain contrôle sur lui/elle), que de te laisser aimer de lui/elle (ce qui suppose un abandon, et de perdre le contrôle, pour se laisser recevoir d'un autre...) »
C’est étrange, j’aurais dit l’inverse. Que Pierre accepte d’être aimé, mais qu’il refuse d’aimer. Ne voulant pas se mettre en danger, c’est logique. On prend quand même plus de risque en aimant qu’en étant aimé.
Le contrôle, on le garde quand on n’aime pas (ou moins) l’autre et qu’on peut ainsi garder la maitrise de la situation.
« l'amour authentique entre un homme et une femme passe invariablement par sa phase " amoureuse " (pour reprendre ce mot ) ce n'est qu'avec la durée et l'engagement que l'on débouche un jour sur l'amour inconditionnel... Ou pas... ! »
Je ne crois pas que ce soit aussi catégorique. On peut aimer quelqu’un sans passer par un « état amoureux ». Ce que tu décris là est le cas le plus fréquent, puisqu’on fonctionne ainsi dans notre société. Mais ce n’est pas « invariable ».
« Tu présentes certaines de tes relations intimes comme un objet d'observation. »
C’est bien une partie de ce qu’elles sont. Ce n’est pas un hasard si cet aspect ressort dans ses écrits. :-)
Mais elles sont plus que cela quand le temps passe et qu’il « s’habitue » à l’autre. Sa confiance grandissant avec le temps, il se lâche un peu... et il apprécie la présence de l’autre, tout en restant (volontairement) relativement détaché. ;-)
« Mais pour l'instant... Tout semble parfaitement cadenassé !... »
En apparence, en tout cas... :-)
Parce que le discours laisse parfois échapper des petits éléments qui laissent penser que si une lionne passe dans le coin, il la verra... ;-))
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