Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

27 juin 2009

Amour ou amitié ?

« Je me dis que nous n'avons plus rien à vivre ensemble ». Voila, au milieu de tout un tas d’affirmations et de projections, ce que m’a écrit une de mes amies il y a quelques jours. Cela parce que je lui répondais, suite à sa demande que je sentais pressante, que je n’avais « pas encore le désir de la revoir » (notre dernière rencontre ne datait que de quelques jours). Précisant que c’était surtout dû à un besoin de me retrouver seul après une semaine éprouvante et chargée. Réaction bizarre de la part d’une amie, hein ?

Maintenant si je dis qu’il s’agit d’une de mes amantes, je suis sûr que sa réaction paraît beaucoup plus compréhensible. Eh oui, il est admis que l’amour est exigeant…

Mais… est-ce qu’une amante est forcément amoureuse ? Si je présente les choses sous l’angle d’une relation de désir, ça donne quoi comme représentation ? Est-ce que le désir rend amoureux ? Dépendant ?

Quoi qu’il en soit je vois bien que le rythme de contact et de rencontres qui me conviendrait est trop espacé pour elle. Il engendre de la souffrance...

Tour à tour chacune de mes partenaires me renvoie, parfois sans beaucoup de ménagement, l'amertume ressentie face à ma façon de vivre la relation. Mon autonomie affective est apparemment perçue comme de l'indifférence et mes besoins de solitude comme un détachement excessif. Et cela alors même que les temps de présence sont généralement perçus comme très agréables ! Mais c’est comme s’il n’y en avait jamais assez…

J’ai d’abord essayé de prendre l'hostilité de ces attitudes inquiètes avec une certaine philosophie, façon de ne pas me laisser trop atteindre... Sauf que les réactions auxquelles j’ai eu récemment droit sur ce blog m’en ont dit long sur quelques représentations et projections ! À partir de là quelque chose à changé en moi (merci à vous !) et j’ai bien été obligé de reconnaître que ce n'était pas aussi anodin que mes écrits pouvaient le laisser penser. Mon détachement n’était que de façade. J’étais davantage touché que ce que je croyais, et assez profondément. Pas tant par les réactions de mes partenaires en détresse que par leur tentation de mettre fin à ce qui se construisait ensemble. Finalement je ressentais un mélange de tristesse, de frustration et d’une colère montante. Surtout quand ces annonces de fin se répètent à quelques jours d'intervalle ! Je n'avais pas eu le temps de retrouver mon équilibre que de nouveau j’étais bousculé par une attitude qui mettait à mal une confiance qui s'installait. Car pour moi c’est là que tout se joue : la confiance dans la relation.

Encore faut-il savoir de quelle relation il est question… amour ? désir ? amitié ? Un mélange des trois ? dans quelle proportion prédominante ? J'ai bien envie de bannir tout ce qui à trait au mot "amour" au profit du terme "amitié", qui a le mérite de ne pas entraîner vers des représentations aussi chargées…

Amour ou amitié : choisis ton camp camarade ! L’un est exclusif, possessif, entier, et soumis à des règles bien cadrées. La seconde est plurielle, libre, simple, et s’invente dans chaque relation. Je caricature un peu. Si peu…

Mais une relation entre homme et femme, quand attirance et désir sont là, est forcément perçue comme de nature amoureuse. Les commentaires le démontrent de façon assez flagrante. Hors de cela point de salut ! Malheureusement (?) je fais partie de ceux qui pensent qu’une autre voie existe... peut-être. Il se peut que je me leurre mais je crois encore en l’alliance possible de l’amitié et du désir. C'est-à-dire construire une relation de partage fondée sur un respect mutuel, mais qui n’interdit pas au désir sexuel de s’y vivre. Est-ce si compliqué à concevoir ? Intenable dans la durée ?

Mes amitiés avec des femmes sont simples et équilibrées tant qu’elles restent strictement dans ce registre. Elles se compliquent dès que le désir et le sentiments font son apparition. Me faudra t-il renoncer à vivre les deux au sein de la même relation ? Ou bien dois-je faire preuve de persévérance, de patience, et laisser chacune de mes rencontres évoluer à la mesure de leurs possibilités en tenant compte des miennes ?

Jusque-là je tiens le cap et m’adapte, considérant que le jeu en vaut la chandelle. Mes partenaires font de même, malgré le fait qu’elles se cognent à leurs propres limites. Je dois cependant me préparer à me retirer de ces relations si je devais être trop atteint par ce que je perçois comme un manque de confiance qui, à la longue, m'use. Sans jugement de ma part, mais parce que la confiance est indispensable dans les relations pour que je les vive pleinement.

Quitte à laisser du temps pour que se mette en place, si les coïncidences et synchronicités le permettent, une éventuelle suite…

Posté par Coeur de Pierre à 19:45 - Être lié - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Tu parles souvent de "confiance" quand tu parles de tes relations. Tu pourrais défnir ce que tu mets dans ce mot ?

Posté par Kyrann, 27 juin 2009 à 21:47

ton titre, c'est beau comme du Dion dis donc !

Le problème dans l'histoire, ce n'est pas ta façon de vivre, mais plutôt que tes "amieantes" ne vivent pas pareillement.

si je ne me trompa pas dans ce que j'avance, alors pose-toi la question suivante :

Pourquoi je ne porte d'intérêt qu'a des femmes qui seront en attente d'une plus grande disponibilité de ma part ?

Rien n'est anodin dans nos choix, non ?

Posté par fact O'post, 27 juin 2009 à 22:12

Ah oui, avoir un(e) "sex friend" c'est pas simple, la symétrie totale, l'égale distance de part et d'autre, étant bien difficile à maintenir ...

Mais bon, le concept interpelle ! http://www.aufeminin.com/mieuxvivre/sexfriend-f26696.html http://www.lepost.fr/article/2007/12/09/1064958_my-sexe-friend.html

Posté par Yogi, 27 juin 2009 à 22:14

Confiance et sex-friend

Je ne sais pas trop quelle définition je met dans ce mot, Kyrann, mais je sais que c'est une notion absolument essentielle. Ça me vient de très loin.

Je la définirais ainsi : respect des trois entités (moi, l'autre, et ce qui nous relie). Ce peut-être assez compliqué quand l'un et l'autre ne mettent pas la même chose derrière la notion de respect, et surtout si la relation n'est pas considérée comme "sacrée". C'est pourquoi je ne considère plus la confiance comme un préalable, mais comme une lente élaboration qui passe par un vécu commun et une parole libre.
Je ne peux me sentir en confiance que si je sais que je ne serais pas jugé (respect de ma différence), même s'il y a désaccord, et si je sais que la relation ne sera pas menacée par un abandon inopiné. Tant que cette menace plane... je ne peux investir une relation que dans des champs limités. Cela dit je sais qu'une relation peut se terminer, mais... d'un commun accord (ce qui peut nécessiter du temps et du dialogue). C'est ainsi que je garde confiance en Charlotte, malgré le divorce...

J'entrevois d'ailleurs plutôt l'idée de transformation que de fin définitive, sauf si cette solution est jugée préférable par les deux partenaires. Oui, c'est peut-être ça l'idée de confiance : savoir que l'autre sera toujours là jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé.

Fact O'post, je reconnais n'avoir pas été très inspiré pour mon titre, fort médiocre, mais j'avais la flemme de chercher mieux aujourd'hui ;o)

Oui, bien sûr, le problème survient dès que les attentes ne sont pas compatibles...

Pour ta question je la trouve biaisée : je ne porte pas attention QUE à des femmes en attente de ma disponibilité. Ce sont elles qui sont venues vers moi sans savoir, en tout cas sans afficher, qu'elles réagiraient ainsi au bout de quelques temps. J'avais pris soin de préciser ma position, mais sans insister assez. Sans spécifier suffisamment mes limites.
Par contre je peux me demander pourquoi je continue...

Yogi, merci pour ces liens ! Je me sens en effet assez proche du concept des "sex friend" et je trouve vachement intéressantes les règles d'or fixées pour de telles relations. Par contre je n'aime pas trop les anglicismes et "ami de baise" je trouve ça assez moyen.

Posté par Pierre, 28 juin 2009 à 01:31

Le titre est banal en effet mais pas si mauvais car on est bien sur cette interface délicate.
Cette fameuse amitié amoureuse dont j'ai souvent parlé! Une sorte d'harmonie idéale. Décidément serions nous des idéalistes, cher Pierre!

A moins qu'il ne faille parler plutôt d'amitié sexuelle: amitié pour dire qu'il y a bien du sentiment et qu'on se situe dans ce genre de relation a mille lieux de ce qui serait pure consommation type boite libertine; et sexuelle pour dire qu'il y a aussi cet aspect désir et sexualité.

Et en sachant bien qu'entre amitié et amour il y a une palette infinie de dégradés sur lesquels chacun se positionne de façon mouvante dans le temps et selon les personnes et - c'est bien là toute la difficulté - pas forcément en adéquation et en synchronie pour les différents protagonistes.

Posté par valclair, 28 juin 2009 à 11:04

Idéalistes ? Je le crains mon cher Valclair, je le crains ;o)

Mais bon, à quoi bon vivre si ce n'est pour tenter de vivre ses rêves et idéaux ? J'aime bien cette phrase qui dit : « ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait ».

Pour ma part, avec maintenant quelque expérience, je crois vraiment qu'il est nécessaire de lever les ambiguités en évitant toute allusion à quelque chose du domaine de l'amour. Je suis donc tenté de bannir le terme "amitié amoureuse", qui porte trop à confusion. Amitié sexuelle peut convenir, mais je ne sais pas pourquoi je sens que le terme "amitié" est perçu comme alibi à la part sexuelle. Et comme tu le dis on voit bien que l'idée de libertinage vient facilement dans les esprits...

Ton dernier paragraphe est tout à fait juste !

Posté par Pierre, 28 juin 2009 à 11:17

Ces doux rêves "d'unions libres"

Pierre,

Je crois que dans toute relation, qu'elle soit constituée d’amour-désir, d’amour-sexuel ou d’amour-amitié, la femme a un énorme besoin de disponibilité, de sécurité et de se sentir unique aux yeux de l’homme avec qui elle partage une certaine intimité.

Quelqu’un qui désire entreprendre une relation durable trouve et prend toujours le temps de le faire. Alors peut-être le problème réside-t-il dans le fait que même si vous leur dites ne pas vouloir vous engager vous agissez à votre insu (consacrant du temps, de la présence, de l’écoute attentive, de l’attention etc.) qui peuvent laisser penser à l’autre que vous êtes prêts à vous engager et à devenir le partenaire potentiel exclusif. Et donc le moindre refus de vous soumettre à leurs désirs du moment peut être vécu comme un rejet.

Il faut cesser de s’illusionner et peut-être faudrait-il réexaminer votre comportement. Je ne peux que vous conseiller d’écouter vos propres sentiments à l’égard de vous-même et de suivre vos propres désirs, ce que vous semblez avoir fait en choisissant de vous retrouver seul après une semaine éprouvante. Libre à elles de le comprendre ou pas.

Quant à parler d’amour et d’amitié même si on ne les confond pas, les deux aspirent à une forme d’union. Mais Il peut y avoir des amitiés passionnées et des amours calmes et pacifiés. Je pense que l’amitié est beaucoup plus exigeante que l’amour car elle est une forme d’engagement et ne supporte pas la moindre trahison. Les blessures d’amitié modifient l’image que l’on a de l’autre, alors que dans les blessures d’amour on pleure et on pardonne.

En ce qui concerne l’amitié homme-femme je pense qu’il faut déjà avoir été amants avant de pouvoir devenir amis, le désir doit avoir été assouvi; sauf si l'ami(e) nous laisse totalement indifférent(e) sur le plan physique.

L’amour on le subit. L’amitié est quelque chose qui naît lentement et s’approfondit au fil des échanges mais peut être détruite par la moindre frustration.

Cela me fait penser à un proverbe « Offrir l’amitié à qui veut l’amour, c’est donner du pain à qui meurt de soif…. »

Merci encore pour cet agréable moment de lecture.

Posté par Vero, 28 juin 2009 à 12:47

Trop long, mais tant pis... :-)

Je me demande si tu ne devrais pas chercher à préciser cette notion de confiance dont tu parles et qui te parait si importante. Toi qui aimes définir les mots et surtout employer les bons mots dans les bonnes circonstances, il me semble que le mot « confiance » en cache d’autres.

Tu parles de la confiance comme un sentiment qui se développerait dans la relation. Tu as besoin de temps pour avoir confiance en l’autre. Jusque là, c’est vrai que ça correspond à l’idée conventionnelle de la confiance.
Mais ce que tu dis dans ces deux phrases me semble bien plus important que la simple « confiance » :
« respect des trois entités (moi, l'autre, et ce qui nous relie). Ce peut-être assez compliqué quand l'un et l'autre ne mettent pas la même chose derrière la notion de respect, et surtout si la relation n'est pas considérée comme "sacrée". »
« Je ne peux me sentir en confiance que si je sais que je ne serais pas jugé (respect de ma différence), même s'il y a désaccord, et si je sais que la relation ne sera pas menacée par un abandon inopiné. »

Tu considères la relation comme « sacrée », reste à voir ce que tu mets encore derrière ce mot... mais c’est quand même pas anodin !
Tu veux être accepté (aimé ?) comme tu es... sans jugement même s’il y a désaccord.
Et tu veux être assuré de ne pas être abandonné.

C’est quand même pas rien, ce que tu demandes à l’autre. ;-)
En plus quand l’autre s’adapte à toi et va vers un détachement et un « moins » dans la relation... tu ne sembles pas bien.
Tout ça me fait un peu me demander si tu n’aimerais pas simplement être aimé de façon inconditionnelle (comme chacun d’entre nous). Parce que si je suis d’accord avec toi sur le fait que l’amour inconditionnel existe franchement très peu (moi je le vois surtout dans l’amour pour les enfants)... je crois que ça reste quand même un idéal vers lequel on tend de façon instinctive et naturel (et qui nous vient probablement de l’amour maternel justement, reçu ou non).

J’ai l’impression qu’avant cette rupture qui t’a fait changer, tu avais une forte demande d’être rassuré sur l’amour qu’on te portait et que depuis la rupture, c’est surtout cette demande de ta part, que tu as cherché à supprimer.
D’où ta recherche de détachement. C’est vrai que c’était une bonne réaction puisqu’en te détachant, tu as moins besoin de « sécurité », de confort, et de preuves d’amour. Mais du coup, tu es peut-être un peu tombé dans l’extrême inverse en réaction.
Il me semble que tu manques d’assurance et de « confiance en toi »... ce qui te demande peut-être d’aller la chercher « en l’autre » (?).

En fait, je me demande si ce n’est pas juste cette demande déçue que tu ne cherche pas à éviter. Ce n’est pas qu’on t’aime... parce que ça... tu aimes ! ;-) Mais plutôt juste ta dépendance aux preuves d’amour. Ce n’est pas non plus aimer que tu veux éviter... parce que la dépendance aux preuves d’amour n’est pas l’amour... tu le dis assez ! :-)
Tu me donnes l’impression de te chercher toi-même en l’autre. De chercher cette image aimable de toi qui te sécurise. D’où ta difficulté à être toi-même au risque de déplaire.
A chaque fois que tu « râles » parce qu’une femme s’éloigne... c’est peut-être que ton image de toi n’est pas celle dont tu as besoin. Tu aimerais voir l’autre heureux avec toi... et avoir une bonne image de toi dans la relation. Tu cherches à te plaire.
Je ne nie pas que tu sois mal à l’aise devant la souffrance de l’autre... mais je ne sais pas si ta peur de déplaire n’est pas ce qui conditionne beaucoup (avec la peur de l’abandon) ton refus de « rompre »...

Mais bon, on en est tous un peu là (plus ou moins selon les personnes)... s’aimer soi-même à travers l’autre...
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J’aime beaucoup cette idée : « savoir que l'autre sera toujours là jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé »... :-)
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« Je dois cependant me préparer à me retirer de ces relations si je devais être trop atteint par ce que je perçois comme un manque de confiance qui, à la longue, m'use. »

Tu parles de la confiance de l’autre en toi, là ?
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Pour vivre les relations selon les règles des sexfriends il faut surtout être clair ! Je ne crois pas que tu le sois assez au début de tes relations. Il ne s’agit pas d’attendre de coucher avec la belle pour lui expliquer après qu’il ne peut être question d’amour et qu’il ne peut s’agir au plus, que d’une relation où on se « rend service entre amis » ! ;-)

Si c’est vraiment ce que tu veux vivre... alors fais-le, il me semble que ça te correspond assez bien (pour l’instant). Et si tu es clair avec l’autre dès le début, je pense que tu auras moins de déboires. :-)

Mais, comme ils l’expliquent dans les articles en liens... il te faudrait aussi « trancher » si la relation va vers ce que tu ne désires pas. Et comme ils disent, tant pis pour l’autre...
C’est un choix qu’il faut assumer. Mais c’est mieux que de laisser l’autre espérer ce que tu ne veux/peux pas lui donner.
Il vaut mieux aussi accepter la réciproque et donc d’être abandonné du jour au lendemain... si ça ne convient plus à l’autre.

Il faudrait peut-être aussi que tu révises à la baisse ton besoin de « confiance ». Parce que je me demande si la femme en face ne risque pas te trouver un peu trop exigeant face à l’offre. ;-)
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Vero, c’est valable pour les hommes aussi ça : « la femme a un énorme besoin de disponibilité, de sécurité et de se sentir unique aux yeux de l’homme avec qui elle partage une certaine intimité » !!!!!!! :-)

Posté par Kyrann, 28 juin 2009 à 12:56

La confiance est pour moi la composante indispensable à l'installation d'une relation qu'elle soit voulue comme amicale ou amoureuse, ou qu'elle ait pris naissance à notre insu.

Je ne sais pas mentir, ni faire semblant, je trouve que ça complique et fausse toute relation, sans parler de la culpabilité que cela entraîne quand on a le sentiment de trahir.

Là où ça devient délicat, c'est que j'attends de l'autre (ami ou plus)la même honnêteté et ne supporte pas qu'il ne me mette pas au clair avec sa réalité à lui.
Je l'accepte "autre" différent de moi à partir du moment où je sais qui il est et ce qu'il cherche (ou pas)dans sa relation avec moi.
Après et seulement après,j'envisage une relation durable.

Il arrive que le discours de l'autre soit en contradiction avec son attitude, dans ces cas là, je suis très fortement insécurisée et hésite à continuer à donner ma confiance aveuglément.

Cela ne me dérange pas de perdre un prétendant "futur ami", en revanche, si je suis amoureuse et que cet homme joue de mes sentiments, en n'étant pas honnête à mon égard, je suis blessée et très malheureuse et n'ai pas envie de me fourvoyer dans une telle relation destructrice.
(ce qui est très difficile à vivre lorsqu'on est très attaché à la personne.

Véro tu dis:
"En ce qui concerne l’amitié homme-femme je pense qu’il faut déjà avoir été amants avant de pouvoir devenir amis, le désir doit avoir été assouvi; sauf si l'ami(e) nous laisse totalement indifférent(e) sur le plan physique."

Je ne vois pas pourquoi, il faut avoir été amants pour être amis. J'ai des amis hommes, avec qui j'ai établi des relations de confiance, sans pour cela n'avoir jamais été amants....et ce n'est pas qu'une question de physique !!

Posté par nadine, 28 juin 2009 à 13:47

désoléepour ma dernière phrase :

merci de rectifier:
sans pour cela avoir été amants
ou
en n'ayant jamais été amants

Posté par nadine, 28 juin 2009 à 14:00

Kyrann : tu as raison homme ou femme on caresse tous le désir d'être l'unique....

Nadine :Bien sûr que l'on peut avoir des amis hommes (j'en ai moi-même) tout en maintenant une juste distance. L'amitié est une relation libre mais fragile et je trouve que l'amitié mixte a tôt fait de se muer en sentiments si les deux ne restent pas vigilants. Enfin c'est mon point de vue personnel. Il faut dire que l'amitié a longtemps été considérée comme le privilège des hommes, les femmes étant bien souvent cantonnées à leur rôle de mère et d'épouse devant se consacrer uniquement à leur foyer.

Posté par vero, 28 juin 2009 à 14:19

Véro, les déclinaisons des relations dont vous parlez sont toujours articulées autour de l'idée d'amour. Or ce terme à, dans le sens où vous l'employez, une connotaion "amoureuse", avec tout ce que cela peut impliquer comme dépendance, donc de négation de soi. C'est pourquoi je préfère parler d'amitiés...

Et comme Kyrann le souligne, que l'on soit homme ou femme ne change pas grand chose aux besoins de se sentir aimé.

C'est vrai, le temps et l'attention que je consacre à ces relations peuvent laisser croire que je vais vers une idée d'engagement, et en fait de relation quasi-amoureuse. Parce que j'ai manqué de clairvoyance, remettre les idées à leur juste place est difficile après cette dérive. D'où mes nombreuses questions autour de ces relations : j'apprends :o)

Je crois qu'il ne faut pas se fier à certains mots trompeurs : une amitié passionnée est de nature *amoureuse* alors qu'un amour calme et pacifié peut être de nature *amicale* (mais pas forcément).

Je ne ferais pas la même distinction que vous en ce qui concerne l'engagement en amitié et en amour. C'est plutôt l'idée de l'engagement qui fait la différence, quel qu'en soit le domaine. Pour ma part j'ai (j'avais ?) tendance à ne pas dissocier la nature de mes engagements : amour ou amitié c'est pareil. De toutes façons tout est une question de degré, quel que soit le type de relation. Il est de grandes amitiés qui sont plus fortes que des amours de passage, et inversement.

J'aime bien la comparaison avec « mourir de soif », en ce qui concerne la demande d'amour. C'est dire le degré de dépendance !

Kyrann, je ne saurais comment préciser davantage ce que j'entends par "confiance". Ce n'est pas un sentiment, mais... peut-être un engagement ? Un état d'esprit. Une solidarité.
Parler de relation "sacrée", ça veut dire qu'elle est intouchable et doit « inspirer un respect absolu » [Larousse]. Mais toujours avec ce flou subjectif autour de la notion de respect qui rend toute tentative d'objectivité illusoire...

Je ne demande rien à l'autre :o)
Simplement si je ne me sens pas suffisamment respecté cela limite ma capacité d'engagement...

Bien sûr qu'idéalement j'aimerais être aimé de façon inconditionnelle, mais comme je sais que ça n'existe pas, je fais avec ce qui est atteignable.

Avant mon changement j'attendais d'être rassuré, c'est vrai. Maintenant je sais que je suis le seul sur qui je peux compter... même si j'ai aussi besoin du regard favorable d'autrui.

Le seul sur qui je peux compter ça veut aussi dire qu'il est important que je prenne soin de moi pour être apte à tenir face aux aléas de l'existence !

Mon manque de confiance en moi date d'il y a très longtemps. Si une rupture l'a réactivé, elle m'a aussi permis de "travailler" dessus et de "réparer" ce qui était défaillant. Ce que je cherche en l'autre c'est la différence, pas un regard rassurant (même si je peux le trouver...)

C'est vrai, je cherche à éviter la dépendance. De ma part ça semble être réglé, mais de la part de mes partenaires... ça m'effraie parfois.

Pour la suite j'ai l'impression que tu t'égares dans des interprétations ;o)
Je ne crois ni me chercher en l'autre (j'y suis pas !), ni une aimage aimable et sécurisante (je risquerais fort de trouver l'inverse...).

Pour ce qui du « manque de confiance qui, à la longue, m'use » je parlais de la confiance de l'autre envers moi.

Et en ce qui concerne les règles, je reconnais ne pas les avoir précisées assez tôt, encore peu expérimenté face à la "résistance" de celles qui entendent ce qu'elles ont envie d'entendre et pas le reste.

Pour ce qui est de savoir trancher ma réflexion est en cours (cf. mon billet suivant)...

Et enfin, pour ce qui est de l'offre et la demande de confiance, ben... c'est quelque chose qui se fait à deux, selon un principe de donnant-donnant.

Nadine, assez d'accord avec toi. Pour ma part j'accorde au terme "confiance" une idée un peu différente de celle de l'honnêteté et du "tout dire". Elle serait à rapprocher du concept de fiabilité : en qui on peut avoir confiance.

C'est important ce que tu dis des contradictions qui peuvent apparaître entre discours et actes !

Pour ce qui est de « jouer avec les sentiments », encore faut il savoir si c'est un jeu conscient (manipulation) ou un décalage de perception dû à une interprétation différentes des mots. Il y a aussi des cas de "surdité"...

Merci pour vos points de vue :o)

Posté par Pierre, 28 juin 2009 à 17:03

l'analyse de kyrann....

....me *parle*, pierre

je *l'entends* ds le sens où ton 'changement' te porterait vers de "l'amitié sexuelle"

j'ai lu avec intérêt les articles (et les com') des liens transmis par yogi

tu dis te sentir "assez proche du concept des "sex friend" et trouve vachement intéressantes les règles d'or fixées pour de telles relations"

là, je dois dire que ça m'étonne car, pour ma part, je ne m'y retrouve pas du tout ;-)

non, mon vécu d'amoureuse plurielle ne me porte ni vers le libetinage, ni vers l'amitié sexuelle telle que définie par le 'sexfriend' ;-)

il me semblait, depuis des années, que nous avions une vision assez 'proche' de l'amour pluriel mais il s'avère que rien n'est moins 'sûr' à présent! sourire ;-)

de ce fait, peut-être que ton changement t'amène à un manque de clarté vis à vis de tes partenaires (car 'justement', il y a eu 'changement' ;-)): toi, tu te sens de mieux en mieux et elles (au pluriel, semble-t-il et c'est pas 'banal') se sentent de moins en moins bien (ce qui te fait réflechir)

encore un billet très riche d'enseignements! oui, *accord* il y aura à trouver (ne serait-ce qu'accord avec toi-même tout sain'plement, non?)

Posté par camille, 28 juin 2009 à 18:48

Hey, j'ai pas dit que j'étais à 100% d'accord avec le concept des "sex friend", Camille ! ;o)

Hé hé, quand je cherche la précision ça donne des textes lourds et quand je fais plus simple ça mène à préciser mes propos...

Ce que je trouve intéressant dans ces règles c'est le fait d'être très clair sur l'aspect sentimental de la relation. Ce qui n'est pas des plus aisé... Parce que "sentiments", ça veut tout et rien dire, donc ça peut être entendu de façon fort diverse.
L'amitié portant à des sentiments, à de "l'attachement", comment les distinguer des sentiments amoureux ? C'est bien ça qui entraine de complications dans ces relations ! Parce que généralement on n'aime pas du tout de la même façon selon que ce soit de "l'amour" ou de l'amitié.

Mon changement il vient surtout du fait que je constate que mon message n'est pas compris par mes partenaires et que je dois donc me débrouiller pour qu'il le soit. Sinon, dans le fond, moi je ne crois pas avoir beaucoup varié sur ce point...

Posté par Pierre, 28 juin 2009 à 19:20

analyse de cas pratique #1 : On se voit quand ?

Elle : Salut Pierre, Comment vas-tu ?
Pierre: eh bien écoute, très bien. Ca me fait plaisir de t'avoir au bout du fil...

(conversation pluie, beau temps et la situation politique au moyen orient)

Elle : Bon on se voit quand. J'aimerai bien te voir cette semaine.
Pierre : Cette semaine ce n'est pas possible.
Elle : Ah ! J'aurai bien aimé.
Pierre : Désolée... Mais la semaine qui suit c'est possible mardi soir. On se voit mardi en 15.
Elle : Là c'est à mon tour de ne pas pouvoir ce jour là.
Pierre : c'est vraiment dommage. Sinon dans 3 semaines, c'est ok pour moi.
Elle : Non mais laisse tomber c'est complètement ridicule comme situation. J'ai l'impression de prendre un rendez-vous chez le dentiste. Mais bon, ne pas pouvoir me voir n'a pas l'air de t'affecter plus que ça. Tant mieux. Je te rappelle dans 15 jours. Enfin si des fois tu as un créneau qui se libère, pense à moi. On fait comme ça ?
Pierre : Ok, on fait comme ça.
Elle : allez salut
Pierre : je t'embrasse, à plus.

Ils raccrochent

Posté par fact O'post, 28 juin 2009 à 20:02

Bonjour Pierre,
Je crains d'être un peu réducteur ou d'avoir loupé une marche mais une question me vient dans le déséquilibre dont vous faites part... L'amante qui a réagit de manière un peu "définitive", ou le semble, vit-elle concrètement le même "partage" que vous, ou êtes-vous son "seul" amant (ne serait-ce qu'en ce moment ?

Posté par D&D, 29 juin 2009 à 14:44

Fact O'post, le cas pratique est bien posé... mais où qu'elle est l'analyyyyse ? J'aimerais bien l'avoir moi ;o)

D&D, l'amante en question vit fort bien le fait d'avoir un autre homme à la maison... Je ne me permettrai toutefois pas de soulever cette incohérence ;o)

Posté par Pierre, 29 juin 2009 à 18:04

"avoir un autre homme à la maison... " et "êtes-vous son "seul" amant ? " sont parfaitement compatibles ! :-)))

Posté par nicole 86, 29 juin 2009 à 22:18

A moi l'énoncé, à toi et aux autres l'analyse

Oh, cher Pierre, je ne me contente que d'énoncer des faits. Je vous laisse le soin de l'analyse que vous savez si bien faire.

J'ai présenté un premier cas de figure complètement fictif et néanmoins vraisemblable qui m'apparaît comme une bonne base de réflexion sur les relations humaines.

Peut-être devrais-je rajouter à la fin de ces cas : toute ressemblance avec des faits réels est véritablement carrément fortuite.

Posté par fact O'post, 29 juin 2009 à 22:53

difficile et prétentieuse serait ue analyse à brûle-pourpoint...

... mais je dirais que cette interlocutrice est vexée de devoir "attendre un tour", peut-être ?
Examinons l'amitié qui ne serait pas "sexuée", entre deux hommes (hétéros s'entend) par exemple, est-ce que les choses se passeraient ainsi ? Un ami "neutre" (non sexuel), on le voit à l'improviste, on s'invite chez lui, s'il est là tant mieux et s'il n'y est pas ce n'est pas grave... Dans le cas de ce dialogue, on a l'impression que RDV est pris pour une partie de jambes en l'air uniquement, et c'est ça qui est réducteur pour la situation...
Accorder moins d'importance à la rencontre, à son lieu, à la présence ou non d'autres amis (et donc à la possibilité ou non de se retrouver en tête à tête) permettrait de détendre l'atmosphère et de replacer la relation dans le cadre d'une amitié, et pas dans un cadre trop "amoureux", non ?
Bon, à la campagne c'est comme ça qu'on fait, mais je ne suis pas très câlée sur les moeurs citadines, obligation y est p-ê faite de prendre RDV, je ne sais pas ?
Si vous en avez le temps, les uns et les autres, le sujet "questions en A" devrait vous intéresser, ici : http://blog.ifrance.com/lafeepourquoipas Au plaisir de vous lire,

la fée

Posté par la fée, 19 juillet 2009 à 16:32

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