Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

07 novembre 2009

Éclats d'octobre

L'automne se consume lentement et s'éteint sous les pluies froides. Les sommets sont déjà en hiver tandis qu'au pied des montagnes les colorations des feuillages sont encore vives.

Les automnes québecois sont réputés pour leurs colorations, à juste titre, mais cette années le nôtre n'a pas démérité. Il a prolongé mon plaisir d'outre atlantique en m'offrant une seconde tournée de ce grand spectacle. Je n'ai pas résiste au plaisir de saisir les tableaux naturels composés par des assemblages inattendus, prenant encore davantage de photos que les années précédentes.

Et puis... j'ai un petit privilège : je dispose chaque année de mon petit spectacle particulier. Mon jardin est planté de nombreuses espèces choisies pour leur éclat d'octobre. Et chaque année je suis surpris par des accords de couleurs encore jamais vus...

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Posté par Coeur de Pierre à 23:42 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Avant de lire ta note j'étais subjuguée par les belles couleurs des photos, et je me suis dit :
" si il a pris ces photos dans sa région, cela veut dire que l'automne en France n'a rien a envier au Canada"
A la lecture....J'avais juste.

bisous a toi

Posté par Josie, 08 novembre 2009 à 01:57

J’ai lu chez cette autre « toi » puisque tu rappelles l’existence de cette autre trace que je n’avais jusqu’alors pas eu la curiosité de visiter. J’ai lu quelques billets pris comme ça, au hasard d’un clic et je me suis dit que le rapport aux autres est bien complexe. Excuse-moi, mais mon impression première est que tout cela manque de simplicité. Nous sommes tous différents, nos attentes sont toutes différentes, oui, les situations, les vécus sont distincts pour chacun de nous mais quand bien même, parfois nous reconnaissons dans les écrits d’un(e) autre des cheminements qui nous sont communs et on trouve alors des affinités, des points d’accord, comme si on observait notre reflet dans un miroir et c’est déjà beaucoup. Ca procure quoi ? Un sentiment de sécurité, ça rassure et éloigne temporairement "la solitude", propre à chacun de nous. Je n’ai pas tout lu, je n’ai pas le temps, et j’aime me greffer comme ça de textes en textes, lire selon mon envie, mes besoins et donc je ne pourrais apporter ici qu’une interprétation fausse de ce que j’ai lu rapidement. Hormis, ce manque de simplicité dans le rapport aux autres, dans le virtuel comme dans le réel. Et me vient alors cette question, pourquoi ? Pourquoi est-il si difficile de lier, de tisser vraiment un lien avec un (e) autre personne sans faux semblant ? Aurions-nous toujours peur d’être jugé ? Depuis quelques années, je vois les choses différemment, je trace ma route, seule et parfois accompagnée, sans blesser inutilement les gens qui m’entourent, mais ma surprise reste intacte quant aux manipulations de toutes sortes, à la dissimulation de la vraie nature ou des vraies attentes de la plupart des gens. Parfois, j’aime sincèrement, parfois, je me procure simplement du plaisir, parfois je découvre et j’apprends, tout cela peut être mêlé mais je ne le cache à mes interlocuteurs…Certain(e)s disent que je suis cash, oui sans doute, j’ai appris à l’être pour m’éviter des déconvenues, des malaises ensuite…on aime cela ou pas, je ne force personne à apprécier ce comportement. Seulement, c’est le seul moyen que j’ai trouvé d’être en phase avec moi-même, de trouver un « certain » équilibre même s’il est parfois fragile. Tu as beaucoup écrit, moi aussi, plus maintenant, ça ne m’apportait plus rien, j’ai cessé il y a quelques mois de me coucher sur le net, j’ai cessé de me tourmenter par les mots même si les maux sont encore présents occasionnellement. Ca permet d’évacuer certes, mais ce n’est pas suffisant pour avancer réellement. Il me faut vivre les choses, en mal ou en bien, en crise ou sereinement, pour trouver le chemin qui m’emmène plus loin. Ca demande parfois du temps, la digestion est difficile dans la vie de tous les jours mais l’écrire ne suffit pas pour passer à autre chose. Rien ne vaut les actes, même s’ils se réalisent à la vitesse de l’escargot…^^ !
Voilà un bien long monologue de ma part que j’inflige à tes autres lecteurs, j’espère qu’ils feront comme moi parfois, ;) ils passeront sans lire pour rester vierges des impressions que tes écrits leurs procurent…

Posté par calamityjane, 08 novembre 2009 à 10:49

C'est superbe.

Posté par charlotte, 08 novembre 2009 à 17:14

Simplifier

Merci pour ton intéressant monologue, Calamityjane :o)

Beaucoup de justesse dans ce que tu décris. Oui, tout cela manque de simplicité et j'en ai bien conscience. Je crois pourtant que je travaille à me simplifier la vie. En tout cas elle se simplifie et je crois que c'est parce que j'y travaille ;o)

Si j'y travaille c'est parce que j'ai besoin d'en passer par là. Si mon rapport aux autres avait été simple je n'aurais pas ressenti le besoin de poser mes réflexions à ce sujet.
Maintenant il se peut qu'à la longue cette méthode (analyser et écrire) montre ses limites. C'est ce que je me demande souvent, avec l'envie parfois forte de cesser. Je ne l'ai pas encore fait mais ça peut venir à tout moment. Je me rends bien compte que je dépense une énergie dans des réflexions qui, d'une certaine façon, m'éloignent de la vie alors que je cherche à y entrer de plain pied. En même temps je vis, hors de l'écrit, et constate que mon rapport aux autres reste insatisfaisant. Il y a peu de personnes avec qui je me sens bien, libre de partager et de vivre. D'où ma satisfaction à me retrouver seul...

C'est un choix par défaut : puisque je ne me sens pas très bien avec les autres, alors je reste seul. Mais dans l'absolu je préfere le partage.

Tu te/me demande pourquoi il est si difficile d'être soi, tout simplement. Parce qu'il y a la peur du rejet, probablement. Celle de ne pas être accepté et aimé tel qu'on est. Être "cash", comme tu dis, procure certainement une liberté et en tout cas évite d'accumuler des tensions. C'est un comportement que je commence à adopter parfois mais il se heurte à une tendance lourde : mon côté "sauveur" qui me pousse à prendre soin d'autrui. Il m'est difficile de voir l'autre mal "à cause" de ma franchise (même si je sais que c'est son problème...).

Tout ça pour dire que je suis d'accord avec ton monologue mais que je n'en suis pas encore au même point que toi :o)

Posté par Pierre, 08 novembre 2009 à 18:29

Je comprends parfaitement le coté "sauveur" qui te limite dans cette façon directe d'être. C'est difficile pour les autres et encore plus pour soi, moi en l'occurence, tu peux me croire, car étant très sensible au bien-être de l'autre, je me rends compte souvent que mon comportement pourtant des plus sincères puisque franc entraîne des incompréhensions douloureuses...mais indispensable pour ma vie et mon équilibre. Tout cela n'empêche pas de prendre soin d'autrui mais il s'agit juste de savoir "de qui" prendre soin, qui en vaut la peine, qui pourra comprendre ou plus simplement essaiera de comprendre la démarche sans juger, sans préjugés, sans voir de "mal" ni d'égoïsme la dedans, juste un instinct d'humanité, de survie parfois...Oui, je reconnais moi aussi préferer m'isoler de temps en temps car le courage me manque pour me faire comprendre, pour expliquer que je ne suis pas qu'une egocentrique, individualiste qui se fout de tout...et puis, j'admets, même en expliquant, certain(e)s ne comprennent pas, sont trop loin de cette analyse pour tenter d'apercevoir ce que je veux exprimer, alors à quoi bon s'evertuer...il faut faire des choix. Mais parfois, un contact, au hasard, permet non seulement de trouver un point d'orgue, un souffle, un apaisement, sans avoir besoin d'explications sans fin et là, oui, qu'est ce que ça fait du bien ! c'est rare...et précieux. Mais gare à la deception, car dans ce genre de relation, où on se livre sans protection, la souffrance peut être terrible s'il y a trahison (même petite), je l'ai vécu peu de fois, mais quand même, ça fait terriblement mal, on peut parler de dépendance alors, chose dont tu essaies de te détacher, je sais (j'ai un point de vue contraire, nous en reparlerons peut être une autre fois)...même aujourd'hui où j'ai noué une relation réelle avec quelqu'un sur ces bases, je reste vigilante...réminiscence d'un passé encombrant, mais qui n'empêche pas d'avancer...oui...toujours ! ;)

Posté par calamityjane, 08 novembre 2009 à 22:48

Ton témoignage me touche beaucoup, Calamityjane, car il me rappelle que, quelques soient nos attitudes, elles sont souvent (toujours ?), un moyen de vivre "au mieux", au plus près de ce qu'on se sent être. Cela peut parfois entraîner des incompréhensions aux effets dramatiques et douloureux.

Ce que tu dis de la trahison résonne fort en moi, au moment où je me dis que, peut-être, par mes attitudes on a pu se sentir trahi. Parce que je n'ai certainement pas toujours su "entendre" l'autre, assourdi par mes propres peurs et douleurs.

Un grand merci...

Posté par Pierre, 08 novembre 2009 à 23:36

Vraiment beaucoup de sincérité dans votre échange, Pierre et Calamityjane! Je me sens à mi-chemin entre vous deux...Comme je l'ai déjà dit, moi aussi j'ai écrit pour me "soigner". J'ai arrêté car ça ne m'apportait plus rien et pourtant je ne suis pas guérie...(mais peut-on guérir pour toujours de la condition humaine???) Tout comme vous j'ai besoin de ces moments de solitude qui me font du bien, qui me sont indispensables pour me retrouver, pour me ressourcer. Ces moments où l'on ne trouve personne avec qui parler de "choses sérieuses" mis à part des bavardages incessants qui n'apportent rien. Je ne veux pas dire que les personnes soient inintérressantes, Oh non!car ce peut être en plus, quelqu'un que l'on aime énormément, mais quelqu'un avec qui on n'est pas sur la même longueur d'onde à un moment donné...et pourtant il faut sortir des mots, et des maux en essayant de mettre en pratique ce vers quoi on souhaite aller...Vivre, même si tout n'est réellement comme on le voudrait, continuer à avancer tout en ne perdant pas de vue le bien que l'on a pu ressentir en pensant que si les choses étaient différentes tout serait bien évidemment plus simple, accepter cela puique on ne peut pas changer les autres. Se détacher, ne veut absolument pas dire tomber dans l'indifférence. Bien au contraire une nouvelle sensibilité naît, une vigilance de tous les instants est là. Je dirais également que la perceptiblité est accrue. On ressent plus profondément la souffrance de l'autre, mais ce n'est pas toujours en se taisant qu'on peut lui éviter de souffrir...on ne veut finalement que son bonheur et le nôtre naturellement. Je ne vois pas de l'égoïsme dans cela, je vois tout simplement de l'amour. Je ne sais pas si je réussis à me faire comprendre, mais l'essentiel c'est que je me comprenne! En résumé pour moi la vie c'est vivre en paix et aimer ou aimer et vivre en paix. L'écriture, la lecture, les thérapies, les dialogues... sont les "instruments" qui sont à notre diposition pour nous aider à passer à l'étape suivante, pour nous permettre d'avancer et non stagner. Merci à tous les deux. Je vous embrasse et vous souhaite un bon début de semaine...à plus

Posté par Josiane, 09 novembre 2009 à 06:21

j'aime beaucoup toutes ces photos d'automne que tu nous montres actuellement...

Un truc que je ne t'ai jamais dit : quand je te lis, quand je vois tes photos, quand je pense au métier que tu as exercé, me vient souvent l'évocation de la nouvelle de Giono : "l'homme qui plantait des arbres"
On la trouve ici : http://home.infomaniak.ch/~arboretum/pla.htm

tu connais sans doute...

j'ai connu ce texte par la très belle vidéo avec la voix de Philippe Noiret comme narrateur.
figure-toi que c'est un ami québécois qui m'avez offert cette cassette VHS !

on trouve des extraits ici sur le net :
http://www.dailymotion.com/video/x90yq3_lhomme-qui-plantait-des-arbres-1_creation

Posté par alainx, 09 novembre 2009 à 11:55

« Se détacher, ne veut absolument pas dire tomber dans l'indifférence. ». Je le ressens bien ainsi, Josiane...

« on ne veut finalement que son bonheur [de l'autre] et le nôtre naturellement. » Ce n'est pas toujours compatible, hélas... et bien des souffrances viennent de là.

Alainx, merci pour cette comparaison. Je viens de relire le texte : il est magnifique. Pour ma part les premiers de "mes" arbres, semés il y a une trentaine d'années, atteignent maintenant une douzaine de mètres...
J'avais vu le film d'animation il y a... oooh, bien longtemps déjà, et je reconnais que... oui, il y a bien quelques ressemblances. Mais je n'ai pas la sagesse de cet homme (qui avait mieux à faire que passer du temps sur internet !) :o)

Posté par Pierre, 09 novembre 2009 à 23:07

Définition de «détachement» dans les dicos de langue française (ce qui permet aux français de se comporendre en parlant la même langue) :

Au fig : Action de se dégager de liens d'intérêt, moraux (affectifs, intellectuels, etc.); état d'une personne, d'une de ses facultés dégagée de tels liens, indifférente à quelque chose, à quelqu'un, qui manifeste de l'indifférence, du désintérêt. Complet, parfait détachement; d'un air de détachement. « Je parle là d'une passion raisonneuse qui connut des froideurs et de longs détachements » (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 56). « Ils (...) collaboraient loyalement mais avec détachement à la marche de la maison » (Queneau, Enf. du limon, 1938, p. 313) :

détachement, nom masculin ; Indifférence, insensibilité. Synonyme indifférence

************
Je pense que puisque vous remaniez le dictionnaire de la langue française (on a déjà eu : amour, attachement...) il serait temps que vous proposiez une définition claire et concise aux équipes qui mettent à jour les dicos, puisque leurs définitions servant à la «norme» ne semblent pas vous convenir. ;-)
Mais je me demande si Vos tentatives de définitions ne seront pas pour le coup un peu trop orientées ?

Posté par Kyrann & Julie.M, 10 novembre 2009 à 10:51

Oh la, on sort les dicos ? Je sens comme une sensibilité sur le sujet... :o)

Quand un terme à plusieurs sens, on ne peut en choisir qu'un seul. Ce n'est pas parce que certains sens de détachement sont synonymes d'indifférence qu'on doive se limiter exclusivement à celui-là.

« État d'une personne dégagée de liens affectifs » me semble parfaitement convenir avec l'idée du détachement dont je parle. Du moins si on prend le terme "dégagé" dans le sens de « libéré de ce qui entrave, emprisonne ».

J'aime assez ce qu'en dit le wiktionnaire :
« Action de se détacher ou état de celui qui s’est détaché d’une passion, d’un sentiment, de tout ce qui peut captiver trop l’esprit ou le cœur. »
http://fr.wiktionary.org/wiki/d%C3%A9tachement

Posté par Pierre, 10 novembre 2009 à 22:21

HiHiHI... Pierre, "détachement " n'a qu'un sens. Et puis je me dis : liens, attachement, détachements.tu vois? Le lien amene directement à l'idée d'attachement, un lien détaché, un lacet détaché, une fermeture eclaire ouverte, une boutonnière défaite et tout ce qui se trouve à l'intérieur n'est plus lié au contenant et prend le risque de "tomber"...alors là oui on peut se mettre à broder (encore une histoire de fils;) sur les images et les emotions que cela induit...le détachement du corset libere les seins de la femmes...le pied se délasse dans des chaussure aux lacets défaits...lol je ris...j'en perd le fil!! ;))

bises Pierre :-))

Posté par Julie.M, 11 novembre 2009 à 15:25

Liens et détachement

Julie, je vois que tu persévères !! T'as raison ;o)

Lien, relation, relié, religion... autant de termes qui comparent ce qui relie les êtres (par la pensée) à ce qui relie physiquement des objets. Mais les objets sont statiques, pas les pensées. L'analogie a donc des limites :o)

Curieusement l'étymologie de "détachement" vient de quelque chose encore plus fixe que le lien : l'étai (= pieu, piquet). Attacher c'est "fixer". Détacher ce serait donc "dé-fixer". Oui, ll y a une idée de liberté dans le détachement qui me convient bien...

Je retrouve donc ce que tu dis des liens détachés qui libèrent (les seins, les pieds, ou les êtres, hé hé).

Mais bon, qui préfère y voir un strict synonyme d'indifférence est libre de le voir ainsi. Reste à voir, dans le for intérieur de chacun, pourquoi est choisie cette interprétation... qui peut susciter des inquiétudes.

Posté par Pierre, 11 novembre 2009 à 15:50

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