Souvent je suis tenté d'écrire quelques phrases ici, en rapport avec mon état d'esprit du moment ou avec mes petites préoccupations du quotidien. Pas de quoi faire un billet...

  • La semaine dernière c'était l'anniversaire de mon père. Un fragment de la famille s'est retrouvée autour de lui pour un petit moment de convivialité. Conversation variée, avec quelques bons moments de rire parce que le rire à toujours fait partie de l'esprit familial. Je me suis rendu compte que depuis toujours je guettais discrètement si mon père riait, pour m'assurer qu'il prenait part à la complicité ambiante. Son rire était autrefois une garantie de bonne humeur, qui nous mettait à l'abri, pour un certain temps, de ses colères et de sa violence... Face à lui je resterai toujours un peu un enfant.
  • Depuis que je suis devenu "chef" je dois gérer beaucoup de situations simultanément, dans des domaines très variés. Comme je veux bien faire les choses j'ai tendance à me surcharger et accepter tout ce qu'on me demande. A long terme c'est intenable et je le mesure à l'aune d'un stress croissant, contraire à mes valeurs personnelles. J'apprends donc à déléguer, à transmettre des éléments de ce dont je reste responsable. Il me faut faire confiance et accepter que les choses soient faites autrement que ce que je voudrais. Les circonstances font aussi que je dois savoir dire non, être capable de sanctionner, de résoudre des situations complexes. On attend cela de moi, tant de la part de mes subordonnés que de mes supérieurs. Je suis au milieu... Ce n'est pas simple, mais c'est passionnant : j'aime ce que je fais !
  • De loin en loin j'écoute les infos de notre monde nombriliste. Rien de passionnant. Beaucoup de bruit médiatique pour pas grand chose, avec toujours la surenchère de l'évènementiel immédiat. En ce moment le sujet qui fait audience c'est "la crise". Depuis que je suis en âge d'écouter les infos j'entends parler de crise... « Oui mais celle-ci est plus grave que les autres ! » Ah bon... Et en quoi l'entendre répéter à outrance va t-il me permettre d'agir, à part susciter des angoisses face ce que je suis dans l'incapacité totale de résoudre ? Par contre il se passe quelque chose d'autrement plus important à mes yeux, quasiment absent du système médiatique : l'incapacité des états du monde à s'entendre, au sommet de Durban, sur les mesures à prendre pour limiter l'impact du dérèglement climatique. « Oui mais c'est pour dans longtemps, et puis c'est compliqué à comprendre, et puis on n'est pas sûr... et puis ça va nous demander vachement d'efforts ! ». Bon, ok, alors on continue à foncer droit dans le mur. Et à s'inquiéter de ne peut-être pas pouvoir consommer toujours plus ! En attendant le choc contre le mur de la finitude on continue à parler de vétilles...