Mon blog n'est pas des plus subversifs mais il y a un thème qui déclenche presque à chaque fois la controverse : celui de la liberté amoureuse. Il suffit que je fasse état de mes réflexions pour que quelques voix s'élèvent et tentent de disqualifier ce que je décris : ce serait chemin de perdition ou de débauche et je me fourvoierais à tenter de persévérer. Seul sujet qui déclenche presque automatiquement jugements et critiques, plus ou moins péremptoires, il génère parfois une virulence dénigrante à la limite de l'insulte, voire quelques bassesses.

Pourquoi tant de véhémence ? Qu'est-ce qui pousse certain(e)s à vouloir me remettre dans le droit chemin ? Que cherchent-ils à défendre en rabaissant mes idées ou moi-même ? En quoi mes propos dérangent ?

J'ai ma petite idée, et c'est la tonalité vexatoire de certains commentaires qui m'a aiguillé... Car il est arrivé plusieurs fois, alors que je n'en disais pas un mot, que le sexe fasse irruption dans les remarques. Il peut suffire que j'utilise le terme "intimité", en parlant de relations, pour qu'elle soit vue à travers le prisme de la sexualité ! Comme si intimité et sexualité allaient forcément de pair.

Dans la liberté relationnelle il y a, bien sûr, l'éventualité d'une liberté sexuelle. Et ça... je crois que ça dérange ! Le sexe est censé ne plus être tabou en tant que tel, mais il l'est encore dans son rapport aux sentiments. Pour certaines personnes il n'y a qu'une seule alternative, et il faut choisir son camp : soit la sexualité est liée à l'amour, auréolée alors des plus belles louanges, soit elle ne l'est pas et mérite d'être vilipendée avec mépris. Entre les deux il n'y aurait aucune place.

Quant à l'amour, sur lequel s'appuie cette vérité révélée, il est très codifié : il ne peut être qu'exclusif et entier pour être authentique. Pas de demi-mesure ! D'ailleurs, c'est bien connu, il est impossible d'aimer au pluriel. Ou alors c'est mal aimer. Ceux qui savent vous le diront. Oui, il y a des gens qui savent ce que c'est que le vrai amour pur et qui ne sentent chargés de dénoncer l'amour frelaté colporté par des ignorants.

Evoquer d'autres possibilités que leur doctrine suscitera la réprobation de ces gardiens vociférants de la vérité. Persister pourrait même avoir des conséquences fâcheuses, telles qu'une brouille tenace...

Bizarrement je ne me souviens pas avoir lu de semblables réactions sur des sites nettement plus orientés sexualité que le mien ! Des sites où il n'est pas fait état de réflexions, de recherche, de doutes, du souci de l'autre, mais du choix clairement assumé d'une sexualité sans aucun engagement. Une sexualité ludique ou de consommation, avec parfois description détaillée des ébats et des performances...

Alors est-ce parce que je parle à la fois de relation à l'autre et de liberté que mes propos dérangent ?