Lorsqu'elle était chez moi j'ai pu comparer notre débit d'écriture. Pour moi quelque chose d'assez laborieux et réfléchi [vous vous en doutiez un peu...], pour elle une écriture rapide, spontanée, publiée aussitôt posé le point final. Et en plus elle sait dégoter en quelques minutes une photo pour illustrer le tout. Très forte... je suis impressionné.

Bon, on n'a pas le même approche, aussi. Ceci explique sans doute cela.

Par contre il y a quelque chose de bizarre : quand je parle les mots viennent simplement et avec aisance. Quand j'écris tout se complique. Sans doute parce que je cherche à être... irréprochable ? Oui, probablement... Au plus près de l'idée juste. C'est peut-être parce que je mets des enjeux forts dans l'écriture, qui est à la fois une façon de me présenter et de me représenter. Je veux dire : à la fois à destination de lecteurs et de moi-même. C'est ça qui complique les choses...

Remarquez, c'est plutôt une avancée : avant j'étais plus à l'aise pour m'exprimer par écrit qu'oralement ! Maintenant le face à face à ma préférence. Finalement je crois que l'écriture m'a permis de m'en affranchir, et c'est plutôt réjouissant...

 

Mais ce n'est pas à ce sujet que je venais m'entretenir avec vous, ce soir... [on va faire comme si on était entre potes, hein ?]

 

En fait je tourne autour de cette question de « l'essentiel dissimulé », abordée il y a quelques jours.

[ouais, ouais, je sais, on est déjà reparti dans les sujets sérieux...]

Cet essentiel, c'est en grande partie ce qui ne se raconte pas ici et dont la retenue me frustre. En même temps... je ne suis pas du tout sûr que je saurais comment en parler ni par quel bout commencer. Ouais, parce qu'il y a des intrications territoriales avec l'intimité d'autrui et que m'approcher de certaines frontières n'est pas sans risques. Pourtant c'est autour des zones de contact que tout se joue. Dans les espaces d'approche et d'interpénétration relationnelles.

Bon, j'ai l'impression d'être nébuleux, là... Et j'aime pas ça.

Comment dire... l'essentiel c'est que... c'est que je vais bien. C'est que mon rapport aux autres est bon et, apparemment, réciproquement satisfaisant. Ça n'a l'air de rien, mais pour un ex-introverti timide, la satisfaction du chemin parcouru est grande.

Mais ça, encore, ce n'est qu'un conséquence. La chose importante c'est que je me sens bien en moi-même. Je pourrais presque dire "en harmonie". Une sorte de transquillité intérieure ["la force tranquille", qu'elle me surnomme...] qui me fait rester calme dans la plupart des situations relationnelles. Et même si de temps en temps des manifestations insistantes peuvent m'agacer, je sais faire la part des choses et reporter à plus tard le temps de l'échange apaisant. Le recul que j'ai pris m'étonne. Et sans avoir réduit ma sensibilité, je me vois nettement moins affecté par les diverses situations de défense de territoire personnel.

Je me sens... comment dire... plus "solide". Plus apte à faire face aux divers aléas qui peuvent résulter de la confrontation des différences. Oui, c'est ça : les différences ne m'effraient plus vraiment. Soit parce que la curiosité m'ouvre l'esprit, soit parce que je détecte dans quelles situations il est préférable que je me tienne en retrait.

J'ai l'impression d'avoir maintenant une conscience des situations, ce qui me confère une sorte de "force" [tranquille, donc...]. Oh, rien n'est acquis, bien sûr, et je sais pertinemment que mon ignorance des "choses humaines" est encore grande, mais l'expérience vécue m'a enseigné beaucoup et je ne m'en sens que plus libre.

Bon, récapitulons : je me sens libre, relativement "fort", et, ce qui est sans doute le plus précieux : heureux de vivre. N'est-ce pas là une part de l'essentiel ?

 

Billet écrit rapidement et simplement, sans relecture ni corrections [ça fait du bien...]