J'aime les rencontres humaines. Celles ou sensibilité et délicatesse, respect et bienveillance, curiosité et intelligence, permettent la richesse du partage. Celles où chacun peut s'ouvrir à l'autre en confiance et aller plus loin dans la connaissance de l'autre-et-soi. Il m'arrive d'en ressentir un plaisir intense et une profonde joie, qui peuvent parfois porter mon émotion à fleur de larmes. Je ne laisse généralement rien apparaître de cette intensité émotionnelle, qui dépasse ma capacité à l'exprimer. Ce n'est pas que je veuille absolument la cacher mais plutôt que je ne sais qu'en faire. Sur le moment c'est indistinct et tout ce que je sais c'est que je me sens (très) bien. Et que j'aimerais que cela continue.

N'exprimer que très peu cette activité intérieure prive, je le sens, l'instant du partage d'une "énergie" que je pourrais lui apporter. Oh bien sûr, une part m'échappe forcément et dans mes attitudes, mon regard, la passion qui m'anime, les personnes présentes captent certainement mon vif intérêt. Mais j'aimerais savoir exprimer mieux, et notamment par mon attitude physique, dans ma gestuelle, dans mes rires, dans mes élans spontanés, combien j'apprécie ce que je vis à ce moment-là.

Je fais avec ce handicap expressif, que j'accepte comme une composante de ma personnalité, mais sans jamais m'en satisfaire : j'essaie de m'améliorer, j'essaie d'être au contact de ces sensations et de les relier à mon corps vivant. Voilà des années que j'y travaille et il en faudra encore quelques unes. Je suis donc admiratif de ces personnes qui savent montrer leurs émotions à l'instant où elles les vivent. Moi je ne leur donne sens qu'après. Alors bien sûr que peux ensuite en passer par l'écriture, mais ce sera toujours en différé. Et pourtant, quel plaisir je ressens lorsque j'ose être vrai "en direct". Je me sens alors en état d'hamonie, d'équilibre. Je pourrais même dire de plénitude : corps, esprit, émotions, à l'unisson.

Hier j'ai vécu une belle rencontre et j'ai pu ressentir un peu tout ce que je viens de décrire. Je crois que j'en reste encore dans un état proche de la lévitation...

 

Rien à voir en apparence [en apparence seulement...] avec ce qui va suivre, et qui était ce dont je voulais parler en me mettant au clavier : un double coup de coeur. Oh, et puis tiens, justement, je vais vous raconter ce qui m'a inspiré : une vidéo postée par Cloudy, ce matin. On y voit, en femme fatale, la chanteuse Elodie Frégé. Vous connaissez ? Moi pas. Du moins le croyais-je... car en cherchant à en savoir plus sur cette jeune femme assez sublime, je me suis rendu compte que je l'avais déjà découverte dans une émission de télé. Je l'avais alors trouvée absolument charmante, spirituelle, sensible, simple... euh... j'allais dire "malgré sa beauté" [voilà un a priori que je ferais bien d'analyser quelque peu...]. L'émission en question s'intitule "La parenthèse inattendue" et je dois vous avouer qu'à chaque fois que je suis tombé dessus, par hasard, j'ai été captivé. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, je vous décrit le concept : 3 personnalités venues d'horizons différents sont réunies pour 24 heures dans une fort sympathique maison ancienne, apparemment isolée en pleine campagne. Le but étant de faire parler les 3 invités de leur vie, de leurs parcours, sur une tonalité confidentielle. L'animateur, Frédéric Lopez, ainsi que le choix des invités, font qu'une complicité naît très rapidement entre des personnes qui, souvent, ne s'étaient jamais rencontrées. D'une façon générale tout est fait pour que l'ambiance soit propice aux confidences et le pari est réussi puisque chacun se livre avec une sincérité touchante. On est loin des talk-show ou l'invité dispose de quelques secondes pour formuler une phrase avant qu'on lui coupe la parole pour la passer à un autre ou placer un bon mot. Une approche sensible, donc, respectueuse, et qui laisse du temps pour que la confiance s'installe. Je trouve qu'il s'y livre parfois, pour peu que les personnes jouent le jeu de l'authenticité et de la simplicité [tous n'y parvienne pas], de vrais moments de belle humanité. Je ne cache pas que j'ai parfois versé quelques unes de ces larmes d'émotion dont je parlais en début de mon billet...

Dans un genre assez proche, quoique totalement différent par le contexte, j'aime beaucoup "Rendez-vous en terre inconnue", du même Frédéric Lopez [décidément, j'aime ce que fait cet homme-là...]. Cette fois il s'agit de faire se rencontrer une personnalité et une peuplade indigène vivant sous des coutumes qui lui sont propres. Dépaysement garanti, avec des paysages souvent sublimes et la découverte de modes de vies à mille lieux lieues de nos vies d'occidentaux exigeants. Et là encore, en tant que témoins de ces rencontres hors-norme, on découvre la part sensibles d'une "personnalité" dont on ne connaît souvent que la version médiatique, formatée et étiquetée dans le registre auxquelle elle est confinée. Et une fois de plus la durée (plusieurs jours) permet de voir s'exprimer des émotions et naître de belles rencontres.

Coup de coeur, donc, pour ces deux émissions qui laissent la part belle à l'intériorité.

Bon, je sais bien que tout cela a quelque chose d'artificiel puisqu'il y a toujours, au minimum, un cameraman hors-champ, voire plusieurs, ainsi que des preneurs de sons et probablement encore d'autres techniciens. La notion d'intimité est donc relative mais le résutat est là et, pour ma part, j'oublierai presque ce hors champ. Je sais aussi que tout est fait pour inviter l'émotion, avec cadrages adéquats, montage adapté et musique ad-hoc. Je n'ignore pas non plus que ne sont montrés que les "beaux moments". Mais ça fonctionne plutôt bien. Et en tout cas ça me fait du bien. Je trouve là ce que j'aime voir en l'humain : quelque chose qui porte à l'optimisme.

Vous aurez compris maintenant pourquoi mon esprit a fait un lien entre ces émissions et ma rencontre d'hier. Je dois à Cloudy (ainsi qu'à Élodie Frégé et Frédéric Lopez), d'avoir permis de relier tout ça. 

 

 

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Népal, décembre 2010 (photo prise par ma fille)