Incertitude, ambivalence, tergiversations, hésitations... voila quelques termes qui pourraient me qualifier dès qu'il s'agit de faire un choix. Je suis comme ça : j'ai besoin de réflechir, de peser le pour et le contre, d'envisager les conséquences, de tenir compte des souhaits de chacun. Je voudrais faire le meilleur choix. 

Est-ce pour ne pas me tromper ? [par rapport à quels critères ?]
Est-ce pour ne pas décevoir ? [pour rester "aimable" ?]
Est-ce pour trouver le meilleur compromis ?

Ou bien pour être le plus "juste" possible, de façon à n'avoir aucun regret en agissant en mon âme et conscience ?

S'il y a bien un peu de tout ça je crois qu'au final c'est la quatrième option qui l'emporte. Quitte à décevoir, parfois...

Décider me demande d'autant plus de temps que les conséquences envisageables sont importantes. Et le temps, parfois, agit directement sur le choix à faire. La procrastination est alors préjudiciable. C'est ainsi que, à force d'hésiter, la maîtrise de certains choix m'a échappé... Il m'est même arrivé, pour certains choix cruciaux, de subir celui d'autres personnes qui, elles, avaient besoin de décider plus rapidement. J'en ai souffert mais, fondamentalement, ça n'a pas changé ma façon d'être : il me faut du temps pour (me) décider. Et quand c'est trop difficile... alors l'indécision peut durer aussi longtemps que nécessaire. Quand rien ne presse c'est aussi une façon de rester ouvert au présent et à toute nouveauté.

Vous aurez compris que je ne suis pas dans la radicalité ni dans les certitudes ;)

Pour illustrer mon propos je vais aujourd'hui vous présenter deux exemples, dont vous avez pu suivre l'évolution :

Dans mes derniers billets j'ai évoqué, d'abord par le silence, puis par l'écriture, l'inconfort dans lequel j'ai été récemment placé après que mon ex-épouse m'ait fait part de sa méfiance actuelle à mon égard. J'en ai été profondément atteint, alors que je pensais m'être sufisamment "détaché" de son avis. Comme me l'a rappellé un des nombreux commentaires qui ont suivi ces billets [ce dont je remercie chaleureusement les auteurs...], ce n'est pas parce que j'ai décidé de me détacher que ça fonctionne ainsi. Et j'aurai beau vouloir mettre de la distance, voire carrément couper les ponts... ce ne sont que des réactions blessées qui me font décider ainsi, sans trop de réflexion. Une façon de "trancher dans le vif" pour tenter de me débarasser de ce qui génère inconfort, voire douleur, tristesse, colère. Mais... non, fondamentalement je ne suis pas comme ça. Et pour donner raison à Charlotte, qui me le disait récemment : « on ne change jamais ». Bah oui, sur ce plan-là je resterai probablement toujours un "gentil", affectueux avec les personnes que j'aime et suffisamment sensible pour être touché par leurs demandes. Plus "humain" que brute. Il est donc vain que je tente de me convaincre que je peux couper les ponts sans états d'âme alors que c'est tout le contraire.

J'en veux pour preuve ma réaction, hier matin, lorsque Charlotte m'a téléphoné à une heure inhabituelle : elle m'annonçait le décès de son père. Je l'ai écoutée, évidemment, avec compassion et tenté de lui apporter par cette écoute un maigre réconfort. Elle m'a longuement confié sa douleur, bien que cette fin, attendue, soit aussi une délivrance. Il était important, je le dis sans aucune hésitation, que je sois "présent" à ce moment-là, comme je le serai aux obsèques. Je ne me suis même pas un instant posé la question, tant tout cela coulait de source dans un tel moment.

Envisager de couper les ponts avec elle est donc une absurdité ! Il suffira qu'elle vienne vers moi avec des intentions pacifiques pour que je réponde à ses sollicitations. Non pas de façon servile, bien sûr, mais parce que je suis toujours prêt à offrir ma présence, mon soutien, mon affection, à qui vient vers moi avec simplicité et humilité. C'est ça l'amitié !

Ressentir en moi cette disponibilité me confirme, si besoin était, que toute fermeture relationnelle n'est que la marque d'une blessure, d'une peur, d'un ressentiment, d'une incapacité à se remettre en question. Elle peut être nécessaire et bénéfique, au moins temporairement pour qui la met en place, mais dans le grand tout de l'univers c'est une perte dans le champ des possibles. C'est donc contraire à ma vision du monde.

Bon, j'arrête là parce que je ne veux pas me lancer dans un billet trop long mais je pourrai développer ultérieurement ces quelques idées...

 

L'autre exemple se situe un peu dans le même registre relationnel : c'est celui de mon implication sur ce blog. Vous aurez sans doute constaté que j'écris moins fréquemment (en tout cas je constate en moi une moindre énergie à y consacrer) depuis quelques temps. Les variations d'implication font partie de la vie de cet espace dont je n'ai toujours pas décidé de la pérennité. Force est de constater qu'il existe depuis près de neuf ans mais, dans mon esprit, il est toujours "expérimental". Parfois je trouve un grand plaisir à le voir exister, lorsqu'il s'y échange des propos faisant appel à une réflexion un peu approfondie et "aidante" entre nous. C'est ce qui s'est passé ces derniers jours, où ensemble nous avons échangé des réflexions. J'aime vraiment ça et j'ai alors l'impression de contribuer, infinitésimalement, à l'élaboration commune de nos pensées individuelles. Une sorte d'entraide.

Mais d'autres fois je ne sais plus comment me situer par rapport à ce blog, sur lequel je ne me sens pas vraiment le droit de nommer autrui [comme je l'ai pourtant fait vis à vis de Charlotte...]; sur lequel je n'ai pas envie de faire acte de présence pour simplement ne pas rester trop longtemps silencieux; sur lequel me livrer avec mes failles me paraît être déplacé et impudique; sur lequel je ne suis pas toujours à l'aise quand apparaît une convivialité à la tonalité légère qui me fait craindre "l'entre-soi"...

Parfois ce blog me pèse : trop exposé, trop fréquenté, trop superficiel, trop éclectique, trop "dispersant". J'ai alors l'impression de me "perdre" un peu... et en même temps je sais que c'est ainsi que je me "trouve" ! Car ce blog m'apporte aussi beaucoup quand plusieurs d'entre vous répondent présent au moment où je perds un peu pied; quand d'autres, ou les mêmes, joignent leurs réflexions aux miennes et me permettent de prendre du recul. Oui, vraiment, ce qui s'échange dans les commentaires m'apporte beaucoup à ces moments-là. Et je sais, parce que cela m'est dit, que cela apporte aussi à une partie des lecteurs.

Récemment, une amie lectrice me disait au téléphone que si un jour je cessais d'écrire ça créerait un grand vide pour ceux qui me lisent depuis longtemps. Et bien figurez-vous que je l'ai crue ! Je comprends bien cela, moi qui ai vu partir tant de ceux et celles que je lisais...

Voyez-vous, quand on parlait de se sentir important, il y a quelques jours [je dis ça comme si on en avait discuté tous ensemble...], j'oubliais de mentionner cette "importance" [toute relative, certes] que j'ai pour certains d'entre vous. Merci de m'avoir rappelé qu'elle m'est importante, cette importance. Non pas dans le sens d'orgueil, mais dans celui de contribution à quelque chose de nécessaire et bienfaisant, de l'ordre de l'émulation collective. D'une certaine forme de pensée, qui se veut réaliste-optimiste. Et solidaire.

Bon allez, je ne vais pas plus loin aujourd'hui. J'avais juste envie de vous faire part de mon mode de pensée et de ma façon de ne pas décider trop vite, ni trop radicalement. Finalement avec mon indécision je me situe dans une sorte d'ouverture permanente aux évolutions constantes que la vie apporte :)

Faut pas que je me coupe de ça...

 

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Renouveau