Elle n'avait pas d'appareil photo pour ses vacances et m'a demandé si je pouvais lui préter le mien. Le petit, celui que j'utilise pour prendre des clichés rapides. Quand elle est arrivée j'ai pris le temps de lui expliquer les quelques fonctions de base et j'ai senti qu'elle n'était pas pressée de partir. J'étais moi aussi disposé à prolonger un peu ce moment. Nous avons discuté, debout, jusqu'à ce que, sentant que la situation s'y prétait, je lui propose que nous allions nous asseoir dans le jardin. Elle a accepté, ce qui m'a réjoui. Mais si elle n'avait pas voulu rester cela ne m'aurait probablement pas affecté. Je n'avais pas d'attentes à ce sujet.

Nous avons discuté longtemps dans les chaises longues, à l'ombre de l'érable. Parlé de nos enfants. De nos familles respectives. D'un divorce pour lequel chacun de nous a les échos d'un des protagonistes. Avec des versions différentes, évidemment. Elle m'a parlé du décès récent de son père et des réactions diverses de la fratrie. Du passé qui refaisait surface. Je l'ai vue émue.

De temps en temps une subtile brise relevait légèrement sa robe au dessus de ses genoux. D'un geste réflexe elle les recouvrait immédiatement. Une pudeur que j'ai remarquée, ne la lui connaissant pas.

Quand l'ombre s'est allongée elle a pris congé.

Ce fut un bon moment d'échange amical, nettement teinté de notre ancienne complicité. Le dialogue a été serein d'un bout à l'autre. J'ai même tenté un peu d'humour et elle a ri. Un signe qui ne trompe pas. J'ai senti, aujourd'hui, qu'une confiance mutuelle était de nouveau là et cela m'a fait plaisir. Il y a longtemps que j'espérais retrouver cela avec elle. Elle avec qui j'ai partagé ma vie pendant plus de vingt ans.

 

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Au jardin...