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Alter et ego (Carnet)
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30 janvier 2015

Traditions et (re)présentations

Coup de fil de mon fils (30 ans), qui prépare son mariage en septembre prochain : « est-ce que tu aurais envie d'inviter des amis à toi pour l'apéro du mariage ? ». Surpris, je lui avoue que cette idée ne m'avait même pas effleuré l'esprit ! Tout en le remerciant je lui explique que pour moi c'est leur mariage et que, puisque je n'en suis pas l'organisateur, mes amis n'ont aucune raison d'être présents. Ce n'est pas moi qui "marie mon fils". Je ne me sens plus du tout faire partie de cette coutume, en vigueur lors de mon propre mariage, qui voulait que chaque couple parental invitât ses amis. Une façon d'afficher un accomplissement ? Une réussite dans la normalité ? Bon, vu que les parents payaient le mariage, il aurait été malvenu de leur dire que leurs vieux potes ne nous intéressaient pas plus que ça...

Dans notre société, alors que le mariage est censé résulter d'un libre choix, je trouve un peu bizarre que des parents invitent leurs amis au mariage de leur enfant. Sauf si, bien sûr, lesdits amis sont presque assimilés à la famille et connus de tous. De la même façon je trouve surprenant que perdure cette tradition qui veut que le parent du sexe opposé "accompagne" son rejeton jusqu'à la personne qu'il ou elle a choisi. Avec mon épouse nous l'avions refusée... ce qui avait un peu peiné nos parents.

Donc, hormis le fait d'être présent en tant que père du marié, je considère être un invité comme les autres et viendrai seul.

Il en aurait été autrement si j'avais eu une compagne "officielle", évidemment. D'ailleurs mon fils hasarda, un peu hésitant « je pensais que, peut-être, Artémis... ». Sauf qu'Artémis et lui ne se connaissent pas et que, si la question d'une rencontre s'est déjà posée, elle ne s'est jamais concrétisée. Dans mon esprit le fait de partager avec elle, de temps en temps, soirées ou week-end ne nécessite pas qu'elle soit "présentée" au cercle de mes proches. Si cela doit se faire ce sera au hasard des circonstances. Le mariage de mon fils pourrait en être une, bien sûr, mais il y aurait une trop haute portée symbolique dans un évènement familial de cette envergure. Mon ex-femme sera certainement accompagnée de son conjoint de fait, ce qui me semble juste, mais moi je me considère toujours comme vivant "libre" et en solo. C'est mon statut. Il n'est donc pas question que mon entente avec Artémis, éminemment instable et temporaire bien qu'elle dure depuis plusieurs années, puisse être considérée comme une relation "officielle" par la nébuleuse familiale, à qui il aurait fallu "présenter" cette personne à mes côtés... Et la présenter sous quel vocable ? Une/mon amie/amante/copine ? Six possibilités et autant de représentations pour les interlocuteurs [sans qu'aucune des combinaisons de mots ne fasse consensus entre Artémis et moi]. Bref, ce serait trop compliqué ! Mes enfants savent à peu près ce qu'il en est, et c'est très bien ainsi, mais je n'ai pas envie que le cercle élargi se livre à des élucubrations sur mon retour dans la normalité du couple. Naon, je ne suis pas "en couple" ; Non, je n'ai pas "refait ma vie" ! Non, je ne me reconnais plus dans le modèle traditionnel de mon entourage amicalo-familial !

Si tout de suite je me suis interrogé sur les motivations obscures de mon net refus, émis avant même d'en parler avec la potentielle intéressée, il m'a fallu un peu plus de temps pour réaliser que, si la vie avait pris un autre chemin, j'aurais certainement invité sans hésiter une autre amie...

Et là, finalement, je me dis que la décision de présenter l'ami(e) à la famille, ou pas, en dit long quant à l'avenir vers lequel on se projette.

Commentaires
P
C'était bien sûr une allusion humoristique : où peut conduire la recherche de la solitude , mais je n'assimile pas cela aux Pierre que nous sommes<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Smiley , grand rire
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P
Voulant m'entraîner à chanter SOUND OF SILENCE, j'ai fureté parmi les paroles de Simon et Garfunkel, et j'ai trouvé ceci :<br /> <br /> <br /> <br /> I Am A Rock (2:50) MIDI<br /> <br /> P. Simon, 1965<br /> <br /> <br /> <br /> A winter's day<br /> <br /> In a deep and dark December<br /> <br /> I am alone<br /> <br /> Gazing from my window<br /> <br /> To the streets below<br /> <br /> On a freshly fallen silent shroud of snow<br /> <br /> <br /> <br /> I am a rock<br /> <br /> I am an island<br /> <br /> <br /> <br /> I've built walls<br /> <br /> A fortress deep and mighty<br /> <br /> That none may penetrate<br /> <br /> I have no need of friendship<br /> <br /> Friendship causes pain<br /> <br /> It's laughter and it's loving I disdain<br /> <br /> <br /> <br /> I am a rock<br /> <br /> I am an island<br /> <br /> <br /> <br /> Don't talk of love<br /> <br /> Well I've heard the word before<br /> <br /> It's sleeping in my memory<br /> <br /> I won't disturb the slumber<br /> <br /> Of feelings that have died<br /> <br /> If I never loved I never would have cried<br /> <br /> <br /> <br /> I am a rock<br /> <br /> I am an island<br /> <br /> <br /> <br /> I have my books<br /> <br /> And my poetry to protect me<br /> <br /> I am shielded in my armor<br /> <br /> Hiding in my room<br /> <br /> Safe within my womb<br /> <br /> I touch no one and no one touches me<br /> <br /> <br /> <br /> I am a rock<br /> <br /> I am an island<br /> <br /> <br /> <br /> And a rock feels no pain<br /> <br /> And an island never cries
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P
Sérieusement, maintenant, j'ai envie (si je puis) de donner mon point de vue. La présentation à la famille est délicate. Ainsi, j'ai connu quelqu'un pendant cinq ans et été très vite incorporée aux réunions familiales (soit dit en passant, ce n'est pas mon truc... Et pourtant, je suis sociable). L'ennui, c'est quand la rupture survient. On perd non seulement quelqu'un qu'il devenait parfois nécessaire, même à regret, de quitter (dans mon cas, c'était pour raison d'alcoolisme de l'autre), mais on perd aussi des personnes à qui l'on risque de s'être attaché. Non, (revenons au je) auxquelles je m'étais attachée.<br /> <br /> <br /> <br /> En même temps, "l'ancienne Pivoine" (féministe et spontanée) que j'ai été a envie de prendre la défense de la "pauvre Artémis" qui se retrouve dans une non-relation, etc. comme tu l'as très bien décrit. Mais peut-être qu'une femme se satisfait aussi de cette situation. Vu les ennuis qu'on peut parfois avoir dans un couple, (et depuis le début de la relation), il vaudrait sans doute mieux s'en tenir aux bons moments, qui ont peut-être plus de chance de durer ainsi... <br /> <br /> <br /> <br /> Evidemment, il y a aussi au fond de moi une indécrottable sentimentale qui aimerait croire encore dans l'amour au long cours, etc. Mais c'est comme Dieu, c'est fini, je n'y crois tout simplement plus, du moins, pas comme je me le suis imaginé longtemps. L'amour, tel que je le conçois maintenant, ça peut être aussi d'essayer d'évoluer personnellement pour cesser de désespérer ceux qui nous (m') aiment... <br /> <br /> <br /> <br /> Et enfin, c'est évident que quand les jeunes organisent leur propre mariage (ouf pour nous les parents o;))) pourquoi y irait-on avec une floppée d'amis ? (D'amis blogueurs, lol). <br /> <br /> <br /> <br /> Bonne semaine, Pierre.
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A
Cela me surprend toujours cette sorte d'antagonisme largement répandu entre d'une part, « Vivre seul pour être libre » et d'autre part «vivre avec un partenaire et être entravé »<br /> <br /> Cela m'a toujours semblé une position infiniment restrictive.<br /> <br /> Il est vrai que mon vécu personnel et mon ressenti le plus profond est de vivre une grande liberté tout en vivant avec une compagne d'existence depuis plus de 45 ans… le plus terrible c'est que ma compagne se sent tout aussi libre d'être qui elle désire être.<br /> <br /> Je me dis parfois qu'on devrait nous présenter dans les foires, tellement ça semble une sorte de truc antédiluvien, Une survivance d'un passé lointain…<br /> <br /> Un genre de couple Jurassic Park !<br /> <br /> :-))
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C
Il y a dans la blogosphère des billets interpellants...On vient, on lit, on repart, on revient, on relit...et on se dit qu'on reviendra.<br /> <br /> Le tien est de ceux-là, certainement parce malgré l'adage, on ne peut pas parler légèrement de ces choses graves. <br /> <br /> Je retiens une phrase d'AlainX qui me questionne: <br /> <br /> "J'ignore si c'est un modèle culturel, ou si c'est une aspiration profonde de l'être humain de ne pas vivre seul. J'aurais tendance à penser pour la deuxième hypothèse."<br /> <br /> <br /> <br /> Est-ce cette aspiration profonde qui rend si difficiles les séparations? Et quelle aspiration contraire sous-tend le besoin de solitude choisie que je lis souvent ça et là chez des blogueurs? <br /> <br /> <br /> <br /> Pour ce qui est de gérer les invitations à un mariage, je pense que cela dépend effectivement de qui paie le mariage. Et qu'à trente ans, ton fils est assez grand pour choisir ses invités tout seul.<br /> <br /> Bises celestes<br /> <br /> ¸¸.•*¨*• ☆
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C
L'expérience amoureuse de chacun, le vécu amoureux détermine pour tous la notion ou non de couple en durée ou non. C'est frappant et très intéressant pour chacun des commentaires postés ici. <br /> <br /> Ce qui prouve qu'il n'y a aucune règle qui convienne à tous. Chacun compose entre son passé plus ou moins douloureux et son avenir et sa peur de souffrir...<br /> <br /> <br /> <br /> Concernant les relations :<br /> <br /> Au fil du temps et de mes expériences malheureuses, je découvre que je ne veux plus sacrifier ma liberté à une relation. Je suis devenue exigeante = je ne veux que le bon, tous les partages possibles mais je ne veux pas subir le quotidien que je trouve tueur d'amour. J'ai pour habitude de dire que je n'aurais plus d'enfant, je ne me marierais plus, je ne veux plus vivre avec quelques uns...alors que reste-t-il ? ? le meilleur, j'espère ! ! un partage basé sur nos échanges et non sur nos obligations réciproques...<br /> <br /> <br /> <br /> Concernant les enfants:<br /> <br /> Je n'ai jamais considéré ma fille comme m'appartenant. Aujourd’hui, elle est adulte, elle fait ses choix mais ses amis ne sont pas les miens et réciproquement. Nous ne nous devons qu'une présence d'amour quand nous le souhaitons, loin des obligations ou conventions sociales. Loin de la maison, je ne l'oblige pas à m’appeler systématiquement tous les dimanches soirs...Elle le fait lorsqu'elle en a envie ou le temps et la réciproque est vraie. J'ai envie de lui offrir cette liberté afin d'avoir une relation plus authentique, me semble-t-il.<br /> <br /> <br /> <br /> Je m'excuse pour ce coté un peu narcissique à se raconter ainsi mais ce soir, j'en avais besoin, je crois.<br /> <br /> Merci à Pierre de nous offrir cet espace<br /> <br /> Catherine
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E
Il y aurait beaucoup à dire. <br /> <br /> <br /> <br /> En effet, t'offrir d'inviter des amis à toi peut-être vue sans contrainte, sans esprit de tradition mais simplement avec un souci sincère que tu puisses partager ce jour avec qui tu l'entends, et comme tu l'entends. <br /> <br /> <br /> <br /> Si je comprends bien Artémis est venue en offre numéro 2... :)... Je serais Artémis je n'aimerais pas non plus connaître ta position, mais je t'avoue que je préfère ne pas aimer des choses dans ma relation sentimentale que savoir que tout ce qui se fait sera fait... sans que ça soit forcément désiré. On va ensemble ici et là, on est invités ensemble. Ca m'effraie... Il y a le fameux "pour et le contre" dans chaque type de relation/liaison, mais je garde l'impression que dans une "union libre" les tiers sont mieux disposés à nous voir indépendants pour certaines choses, le voient d'ailleurs comme un élément positif et constructif, qu'ils ne pardonnent pas dans un mariage...
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P
"J'ai l'honneur de ne pas demander ta main, ne gravons pas nos noms au bas d'un parchemin......"<br /> <br /> <br /> <br /> Soit il s'agit de cela, c'est de l'ordre de l'intime.....<br /> <br /> <br /> <br /> Soit l'important est dans le dialogue père-fils : ce dialogue est ici décrit comme profond et véridique avec le fils en question ; ce pourrait être, de la part du fils un souhait de communion "Pierre, mon père, je te souhaiterais heureux comme moi je le suis dans cette démarche initiée par le mariage" ; après, entre vous , cela reste de l'ordre de l'intime<br /> <br /> <br /> <br /> Bonne journée
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C
Nous avons choisi d'arriver à deux à l'église. Mon père a très bien compris. Ma belle mère je ne sais pas :elle a pleuré toute la journée !!!.Nous avons toujours invité nos amis au mariage de nos enfants. Quant à notre mariage mes parents ont invité bien plus d'amis et relations que nous !C'est eux qui payaient !
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C
Ça me fait "rire".<br /> <br /> La préparation de notre mariage remue beaucoup de choses autant pour mes parents que pour moi.<br /> <br /> Ma mère est très peinée qu'aucun de mes oncles et tantes ne soient invités (alors les amis, je ne t'en parle même pas !).<br /> <br /> J'ai proposé à mon père de m'accompagner jusqu'à la Mairie, car symboliquement, c'est fort pour moi. Lui n'y voit pas un grand intérêt...<br /> <br /> Mais il ne s'agit pas ici tant du mariage de ton fils que des relations polyamoureuses (?) me semble-t-il ;)
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