Chers lectrices, chers lecteurs,

J'ai "fait le mort" depuis quelques jours et vous dois donc quelques explications. J'aurais pu m'en dispenser et passer directement à tout autre chose, mais quand quelque chose me titille il faut que ça sorte d'abord.

Vous aurez compris, donc, qu'un commentateur acariâtre a tenté d'imposer sa présence sur ce blog [plus précisément sur le fil de commentaires d'un ancien billet], outrepassant le cadre de la libre expression que j'offre à chacun, connus ou inconnus. Ses débordements intempestifs de "victime" légitimant une expression de haine m'ont conduit à mettre en place le filtrage des commentaires. Ce faisant, mon intention n'était pas de le priver totalement d'expression mais de l'inviter à... se modérer de lui-même. C'est malheureusement l'effet inverse qui s'est produit et ce monsieur s'est allègrement lâché dans des commentaires fleuves hargneux et revendicatifs, qu'évidemment je n'ai pas publiés. Ce qu'il a alors considéré comme une "censure" lui a fortement déplu : il estimait avoir droit à la liberté de parole. Il l'avait, sauf que ses réponses restaient polémiques et discourtoises, donc bloquées pour ce motif...

Dans un souci d'apaisement [et pour tenter de me débarasser de cette sangsue] j'ai tenté de correspondre avec lui en privé. J'ai rapidement  renoncé devant la logique obsessionnelle et combative de l'individu. Revenant toujours à la charge il n'exigeait rien moins que l'arbitrage public des lecteurs pour nous départager [et puis quoi encore ?] ! Mais ce qui m'a fait renoncer au dialogue avec lui, définitivement cette fois-ci, c'est surtout le côté retors : tout élément d'explication que je lui donnais était utilisé et retourné comme un gant afin de servir un raisonnement paralogique. Selon lui chacune de mes explications était argument irrecevable, alors que les siens, d'arguments, lui paraissaient implacables. À partir de là, vu l'impossibilité de trouver un terrain d'entente, j'ai décidé qu'il n'aurait plus la parole ici. De la modération je suis passé, à son encontre, au bannissement pur et simple : dehors l'indélicat !

Quand il s'est retrouvé face à mon silence total, au lieu d'en rester là et d'aller trouver un autre terrain de jeu, ce monsieur s'est acharné [et à ce jour n'a pas cessé...]. Il s'est donc mis en tête de fouiller dans mon blog, non pas pour connaître un peu mieux celui qui l'appellait à modérer sa haine, mais pour tenter de me coincer en cherchant de supposées incohérences dans mes propos. Facile : il n'y a qu'à piocher des phrases dans des contextes différents, à des époques différentes, et de les mettre en face à face ! Je vous épargne les suppositions délirantes qu'il a échafaudées, directement nourries par un imaginaire fertile et quelque peu perturbé. Comme je faisais le mort l'olibrius a fait de la surenchère dans la provocation, me traîtant de lâche, de dictateur, de gourou et j'en passe...

Que voulez-vous répondre à ça ?

A ce stade c'était devenu plutôt rigolo, quoique je commençais à me dire que pour me harceler ainsi ce type n'était pas dans un état tout à fait "normal". J'allais en avoir la confirmation rapidement, quand il s'est invité sans vergogne sur un blog ami pour, tel un chevalier blanc garant de la vertu et de la vérité, « montrer le double visage de Pierre ». Il a alors publié là-bas une suite de textes à rallonge, plutôt confus, étalant devant un lectorat étranger des éléments très personnels de ma vie. Une intrusion totalement déplacée et gênante, heureusement rapidement et fermement contrée par la personne qui gère ledit blog.

Là j'ai compris que le gars était sérieusement dérangé ! Et visiblement incontrôlable. Je soupçonne fortement un trouble de la personnalité... que je ne me hasarderai pas à diagnostiquer. Quoi qu'il en soit je me suis senti dégagé de toute obligation à son encontre.

Conclusion :
En sous-estimant le pouvoir de nuisance que pouvait avoir un individu dont j'ignorais le trouble, j'ai manqué de discernement. J'ai utilisé des moyens adaptés à des personnes ayant un raisonnement sain et logique, qui se sont révélés être inopérants, voire amplificateurs des manifestations du trouble...

Or on ne discute pas avec une personne atteinte de troubles du comportement. On s'en préserve...
Et puisque le billet à l'origine de tout cela abordait le sens du silence, voilà une des raisons qui peut expliquer un silence qui tombe comme un couperet.

 

*  *  * 

 

Bon, cette petite mésaventure me rappelle les inconvénients de nos blogs ouverts à tous : n'importe qui peut y entrer. Gare aux éléments sensibles de soi qui, par inadvertance, inconscience ou malveillance, pourront être manipulés sans ménagement ! L'exposition de l'intime n'est pas sans risques, on le sait. Heureusement, avec quelques années de blog derrière moi [celui-ci vient de dépasser les dix ans], j'ai suffisamment d'assises pour tenir le choc.

Il n'empêche qu'il m'a perturbé, l'énergumène ! Pas directement avec ses gesticulations, ni avec ses propos plus délirants que censés, mais par effet de résonnance avec d'autres pans de ma vie en mouvement ces temps-ci. Car s'il n'a pas posé les bonnes questions, il en a involontairement soulevé d'intéressantes [parfois connues depuis longtemps, mais dont la réactualisation n'est jamais inutile].

Questions métabloguiennes :

  • Écrire ce que l'on pense être est-il gage de vérité ? [autrement dit : suis-je ce que je dis être ?]
  • Quelle part le lecteur prend-il dans la latitude interprétative qui s'insinue entre les mots de l'écrivant ? [quelle est ma part de responsabilité dans ce que le lecteur comprend ou interprète ?]
  • Peut-on se fier sans précautions à la validité actuelle d'écrits anciens ? [quelle est la durée de validité d'une perception du présent ?]
  • Qui, du lecteur (distancié) ou de l'écrivant (impliqué), est le plus à même de faire, si nécessaire, des comparaisons temporelles ?
  • L'expression de l'intériorité est-elle encore adaptée à ce qu'est devenu internet ? [ça c'est une grande question !]
  • Ne me laisserais-je pas envahir par des polémiques inutiles, alors que la vie est belle ailleurs ? [hum hum...]
  • Est-ce que, d'une façon générale, je ne consacre pas trop de mon temps au monde immatériel, au détriment du monde sensoriel ?

Questions plus existentielles :

  • Être d'une nature fluctuante, hésitante, souple, adaptable, conciliante, "entre-deux", n'est-il pas propre à déboussoler ceux qui ont besoin de repères fixes et immuables, clairs et tranchés ? 
  • Ne serais-je pas perçu comme une personnalité floue dès lors que je peux écrire avec des avis différents selon l'éclairage et l'angle de vue que j'adopte ? [ça expliquerait bien des malentendus...]
  • Ne me fourvoirais-je pas en considérant que le dialogue peut tout éclaircir, y compris dans des situations conflictuelles ? [là encore, graaaaande question !]

Question subsidiaire :

  • N'est-il pas indélicat de parler ainsi des conséquences du comportement d'un individu, aussi indélicat et désagréable soit-il ?