Un vent tempétueux venu du sud souffle et ronfle, ce matin. Il agite mon paysage et secoue violemment les arbres, dont certains arboraient déjà une belle teinte dorée. Je vois passer leurs feuilles arrachées, que je sais finir inexorablement au sol. C'est à cela que l'automne s'annonce vraiment : le retour des grands vents. Ils anticipent la défeuillaison tranquille et la lente transition vers les silhouettes grises et nues de l'hiver.

Mes préparatifs de voyage sont bien avancés. Itinéraire repéré, météo suivie de près, moyens de connexion modernes enfin acquis. Cette fois j'embarque un ordinateur léger, aussi fin qu'un bloc de papier, pour pouvoir écrire. J'ai aussi un smartphone flambant neuf, récemment attribué par mon employeur. Ma résistance à la connexion permanente s'émousse et je découvre, épaté, à quel point la technologie du nomadisme a évolué.

Surveillant attentivement les cartes d'avancement de coloration automnale, je crains d'être un peu en avance en cette année puisque l'été joue les prolongations sur l'est du Canada. Il semble cependant qu'en altitude la phénomène commence...

Il me reste une journée pour rassembler tout ce que je veux emporter et l'insérer judicieusement dans deux sacs à dos. Vêtements, guides de voyage, cartes routières, passeport, réservations de vol et de voiture, matériel photo. Demain - si tout se passe bien - je serai de l'autre côté de l'Atlantique.

 

Puisque je n'écrirai probablement pas dans les prochains jours je vous invite à en profiter pour aller faire un tour dans l'univers capiteux de Sophie. Je sens en elle une grande amoureuse. De la vie, de l'écriture, des hommes. Si son écriture était un vin, ce serait assurément un grand cru. À regarder en transparence, à humer délicatement, à y tremper les lèvres pour laisser venir en bouche et laisser les papilles exploser suavement. Sensuelle et délicate, son écriture c'est du velours...