Est-ce par habituation que les attentats qui ont eu lieu en Belgique ne m'ont pas vraiment remué ? Ils avaient quelque chose d'attendu. Presque d'inéluctable...

Dès que j'en ai eu connaissance je me suis isolé du flux médiatique, afin de me préserver de toute image visuelle ou sonore. J'ai voulu éviter l'effet de sidération et de fascination. Trois jours plus tard je ne sais rien de plus que quelques chiffres et éléments bruts. Tout au plus ai-je perçu quelques lointains échos indirects. Cela me suffit amplement ! En savoir davantage ne m'apporterait strictement rien, hormis une certaine forme de "communion" émotionnelle dont je cerne mal les effets sur mon psychisme. 

Ma compassion est donc restée lointaine et mes pensées pour les familles endeuillées, distantes. Je ne me suis même pas laissé aller à imaginer l'effroyable traumatisme de ceux qui ont assisté à l'horreur. Non que je sois indifférent, bien sûr ! Mais tellement impuissant...

Chaque nouvel évènement de ce type m'apprend à mieux me protéger. C'est ma façon de résister à deux fléaux : la terreur et l'émotion téléguidée. La première répond à l'objectif des terroristes, la seconde amplifie l'effet voulu. Or la vie continue pour l'immense majorité des humains et c'est le mieux que nous puissions faire pour contrer la barbarie et le malheur.