Le jour de notre mort nous est généralement inconnu. Impossible, donc, de mesurer le temps qu'il nous reste à vivre. Et c'est très bien ainsi. 

Tant qu'on est jeune ces échéances paraissent fort lointaines, presque abstraites. Et puis avec les décennies qui s'additionnent, force est de constater qu'inéluctablement l'idée d'un terme devient plus pénétrante. Non, nous ne sommes pas immortels et un jour tout sera terminé pour nous. Un jour...

Imperceptiblement, commence à se dessiner l'idée qu'on est peut-être déjà à la moitié de son existence - à supposer qu'elle ne soit pas interrompue plus tôt qu'on se l'imagine. A trente-cinq ans on s'amuse de ces premiers frottements avec la réalité de notre propre finitude. Pendant quelques années encore ont peut jouer la carte de l'optimisme en s'imaginant octogénaire vaillant, peut-être nonagénaire fringant, et pourquoi pas centenaire alerte ? Pourtant, vient un jour où, même en faisant preuve d'un optimisme dopé aux emphétamines, les limites de la durée de vie humaine s'imposent. Avec certitude la moitié de la vie est atteinte. Sans échappatoire ni fioritures.

Aujourd'hui je me sais être forcément plus proche de ma mort que de ma naissance.
Sur ce point l'optimisme céde devant la raison.
Je passe le cap.

La vie ne m'en paraît que plus précieuse.

 

IMGP8265

Végétation d'éboulis au Col des Fourches, forêt des Maures

.

.

.

IMGP8284

.

.

.

.

IMGP8242

Lavande papillon (Lavandula stoechas)

.

.