Ce matin, à la pointe du jour, alors qu'au saut du lit je me réjouissais de voir s'annoncer une nouvelle journée ensoleillée, mon regard fut attiré par des cris d'oiseau. À quelques mètres de ma fenêtre une buse venait de fondre sur une pie. Plaquant sa proie dans l'herbe givrée, contre un buisson, la buse la couvrait de ses ailes. Tenant fermement l'oiseau jacasseur dans ses puissantes serres, je les imaginais perforer son thorax. Je vis les muscles de la buse se contracter régulièrement, comme si elle cherchait à étouffer l'autre volatile. Simultanément le rapace asséna des coups de becs lacérants dans le cou de sa vicitime. Une autre pie, en criant, essaya d'effaroucher le prédateur dans des vols rapprochés. Sans succès.

Ne sachant pas à quel degré la pie étrait déjà mal en point, je ne tentai pas d'intervenir. De toutes façons il était question de survie de l'un ou de l'autre oiseau et je n'avais pas à m'immiscer dans le processus naturel. Immobile, j'observai la lutte mortelle avec fascination. Je songeai au cycle de la vie, à la chaîne des prédations, à la gazelle et au lion. J'ignorais qu'une buse puisse attaquer un oiseau presque aussi gros qu'elle.

Je pensais que la lutte serait brève mais, malheureusement pour la pie, l'agonie fut longue. Malgré les coups de bec tranchants je vis des sursauts de vivacité, des battements d'aile désespérés. Énergiques mais insuffisants. Plusieurs fois je crus que la pie allait finalement s'échapper de l'emprise des serres...

Peu à peu la lutte fit glisser les deux oiseaux dans la pente et les buissons masquèrent l'issue du combat.

 

IMGP8667_001

Je sus plus tard qu'elle fut tragique.

 

 

IMGP8622_001

 Mais à part ça la vie est belle (ce matin, entre soleil et brume)