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Si j'avais suivi mon envie de nature, de liberté et de dépaysement, actuellement je serais à 6000 km plus à l'ouest. De l'autre côté de l'Atlantique, quelque part au milieu des érables, des pins blancs ou des sapinettes. Je respirerais le parfum sucré des forêts de là-bas, je m'enivrerais de grands espace et de solitude. J'écouterais le silence des lacs ou le grondement des cascades. J'observerais la migration criarde des oies des neiges, le plongeon des fous de Bassan, je guetterais le souffle d'un rorqual et croiserais peut-être un orignal.

 

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6 octobre 2017 - Charlevoix

 

Oui mais voilà : un seul voyage là-bas représente la totalité de la part à laquelle j'ai "droit" en tant qu'humain pour ne pas épuiser les ressources planétaires. Or j'ai besoin de manger, de me chauffer, de me déplacer... et rien que pour ça, même en m'efforçant de rester dans une relative sobriété, je dépasse déjà d'au moins un facteur 2 ma part de planète.

Alors j'ai rompu avec le rythme que j'avais choisi de ne pas dépasser : pas plus d'une année sur deux. Depuis dix ans.

Cette année je ne suis pas parti. Question de cohérence.

Mais c'est un renoncement qui me coûte. J'avais pris goût à ces voyages d'un luxe modeste d'occidental aisé. À cette "évasion" confortable et sans risques à l'écart de mes congénères humains. Je dois choisir d'autres directions, moins lointaines. Moins familières aussi. Le Québec, c'était un peu "chez moi", depuis le temps que je le parcours et en découvre l'esprit.

Je ne sais pas s'y j'y retournerai.

 

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