Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

03 mai 2008

Explosion verte

Le froid qui s'était prolongé en avril a retardé l'éclosion de la végétation, surtout en altitude. Ainsi le gradient de températures est nettement visible entre la plaine, déjà verdoyante, et les hauteurs totalement brunes dominées par des sommets encore largement enneigés. Le dégradé de couleurs s'élève jour après jour.


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Cliquez sur le panorama

Ces derniers jours, doux et ensoleillés, provoquent une véritable explosion verte à l'occasion du débourrement des bourgeons. On voit donc se côtoyer en forêt des arbres exubérants de tendre verdure et ceux qui sont encore en livrée hivernale, nus. Hêtres, charmes et tilleuls déclinent leurs tonalités, avec la ponctuation blanche des merisiers en fleurs. Les châtaigniers sont encore engourdis tandis que les chênes nimbent leur ramure d'un voile vert-doré caractéristique.

L'herbe, en dehors des gazons tondus, élance ses brins et tiges qui ondulent sous le vent. Le sol disparait sous l'épaisseur croissante. L'été sera bientôt là et les fenaisons auront lieu dans un peu plus d'un mois, ramenant cette exubérance à raz de terre...

La variation des nuances de la couleur verte est incroyable. Pas une seule qui ne soit identique. Et si on ajoute la transparence des contre-jour, c'est encore meilleur...

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Vert pétant !

Bon, c'est bien joli tout ça, mais j'ai une tondeuse à passer, moi...

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21 avril 2008

Histoire en épisodes

Un quidam m'a fait une remarque inattendue, suite à mon billet d'hier : « T'as pas l'air d'aller très bien... Ca fait un peu le type qui se parle tout seul ».

Je comprends fort bien que quelqu'un qui atterrit sur mon blog par hasard ait de quoi être surpris. Dans le genre « c'est quoi ce type qui raconte ses états d'âme ? ». Étant donné que mes mots sont accessibles à un lectorat divers, je m'adresse préférentiellement à un public d'habitués. C'est à dire que j'écris au fil de l'eau, sans contextualiser à chaque fois. Il y a une large part d'implicite et de "suite de l'épisode précédent". Ah ben oui, si on débarque au milieu du feuilleton ça peut faire un peu bizarre...

La remarque est inattendue... et me dérange un peu. Lapidaire, elle laisse pas mal de latitude interprétative. Pour ma part j'interpréterais cette irruption comme un tantinet sans gêne : j'arrive en un lieu et je fais part de mes remarques sans vraiment chercher à comprendre ce qui se passe. Normal, c'est ouvert et tout le monde peut entrer. Y'a rien à dire de ce côté-là. Mais il me semble que prendre le temps d'observer un peu avant de donner son avis n'est pas inutile. Ceci dit, la spontanéité offre un regard neuf, dans l'instant, et ce n'est pas inintéressant.

M'enfin, chacun fait comme il le sent, hein ?

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06 avril 2008

Dilapider la vie

Depuis plusieurs années j'ai deux vies : celle de l'action et celle de la réflexion. Je n'aurais aucune raison de les disssocier si elles se situaient dans la même unité de temps et de lieu. Or il se trouve que, la plupart du temps, ma réflexion s'élabore devant mon clavier. Elle est "solitaire", quoique sous le regard de ceux qui me lisent. Les interactions sont donc différées dans le temps, alors que la vie de l'action est "en direct". J'aime cette liberté de temps qui me permet d'aller plus loin... tout en sachant bien l'importance des relations en direct pour ne pas perdre contact avec la réalité.

Actuellement ma "vraie vie", celle de l'action, m'occupe beaucoup et ne laisse plus guère de place à "l'autre vie", celle qui s'est constituée autour des échanges à distance et de l'écriture/lecture. Ça me manque un peu... bien que, par la force des choses, je n'aie pas vraiment le loisir d'y penser. C'est fou comme on se laisse vite happer dans une vie qui oublie les bienfaits de la lenteur ! J'enchaîne travail et réunions municipales, accumulant de la fatigue parce qu'elles se terminent tard. Je n'ai parfois même plus le temps de me faire un repas.

Normalement ça ne devrait pas durer à ce rythme...

Je n'aime pas avoir une vie trépidante. J'ai l'impression de la dilapider.

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23 mars 2008

Avant la fin

Semaine assez éprouvante. D'abord je prends progressivement conscience de mon engagement communal, du temps que je vais y consacrer, et surtout de sa durée...

Ensuite j'ai du faire des choix de positionnement qui m'ont demandé d'être à l'écoute de mes ressentis. Par exemple, lors de mon premier conseil municipal, dans la solennité des boiseries du lieu, j'ai décidé de voter en mon âme et conscience lors de l'élection du Maire. C'est à dire de ne pas suivre la consigne de vote donnée à toute l'équipe : montrer que nous sommes unis. Ce qui est faux depuis que les manigances ont démontré qu'il n'y avait pas de solidarité dans la clarté de l'information. Je ne peux me sentir solidaire de manoeuvres de tromperie...
Au dépouillement public allait forcément apparaître ce vote distinct. Fort heureusement deux autres conseillers ont fait comme moi, ainsi que les quatre élus de l'autre équipe. Notre bon maire n'a pas été élu avec le plebiscite qu'il attentait. Je sais que cette scission a déplu, mais tant mieux, elle montre que nous ne sommes pas un troupeau à sa solde.

Dans le village ça barde, les gens se sentent, avec raison, manipulés et trompés. Pour ma part j'ai établi des contacts avec les élus de "l'autre liste", qui sont maintenus à l'écart par ceux qui entendent mener la danse à leur mesure. Je n'apprécie pas du tout et cela ne fait que stimuler mon autonomie d'action. Il n'empêche que je ne me sens pas très à l'aise dans ce genre de situation et que cela draine une part de mon énergie.

Dans ma vie relationnelle j'ai été quelque peu désapointé, et déçu par les réactions de ma collègue de travail, devenue soudainement distante. Les choses se sont arrangées en fin de semaine, mais ont pesé le reste du temps sur mon moral.

Et puis vendredi le décès d'un cousin que j'appréciais particulièrement m'a rappelé que les liens ne sont pas éternels. J'ai alors pensé à ces liens qui, vivants, ne sont pas entretenus à la hauteur de ce qu'ils méritent. J'ai pensé à cette foutue fin...

J'ai pensé que la vie est là, à saisir tant qu'il est temps !

A ce propos j'accueille mon fils et son amie ce midi, et les deux plus jeunes demain. Je suis heureux de les voir et passer un bon moment avec eux.

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15 mars 2008

Manipulation et manigances

Aussitôt élu, ma naïveté se trouve confrontée à la réalité de la politique. Ou du moins une certaine idée que certains se font de la politique : la fin justifie les moyens.

Manipulation : Amener quelqu'un à agir dans le sens que l'on souhaite, s'en servir comme moyen pour arriver à ses fins.
Manigance : Manoeuvre secrète qui a pour but de tromper, de cacher quelque chose.


Je me suis fait berner comme un débutant (avec des circonstances atténuantes : je le suis !).

Non seulement j'ai été trompé, ainsi que quelques-uns de mes co-listiers, mais en plus j'ai été rendu complice, à mon corps défendant, d'une tromperie vis à vis des électeurs. Oh, rien de bien grave sur le fond, mais fort préoccupant quant au principe.

Voici les faits : celui qui s'est présenté comme "tête de liste" avait prévu dès le départ de se désister au profit d'un autre candidat. Pas n'importe lequel : un ancien maire qui n'avait pas été réélu. Très connu dans le village, ce dernier faisait duo avec celui qu'il présentait toujours comme « conduisant la liste ». Seule une partie de mes co-listiers connaissait la subtilité de la manoeuvre.

Quand, dans un certain flou, la nouvelle a été annoncée mardi soir à ceux d'entre nous qui l'ignoraient, j'ai été outré. Non seulement d'avoir été trompé, mais surtout de faire partie d'une liste qui cache cette réalité aux électeurs, attendant que le vote soit effectif pour dévoiler ses cartes. C'est comme si on vendait un produit pour le substituer par un autre une fois la vente conclue. Cette attitude va à l'encontre de mes convictions fondamentales. En outre elle s'oppose radicalement à une de nos idées fortes, bien mise en évidence dans notre programme : agir en toute clarté.

Certes le procédé n'a rien d'illégal : c'est bien le conseil municipal élu qui désigne son maire et rien n'oblige à ce que ce soit celui qui a conduit la liste. M'enfin bon... entre une possibilité de changement et une préméditation, il y a une nuance qui permet de s'en tirer à bon compte...

Là où j'ai ma part de responsabilité, c'est que j'avais flairé cette éventualité dès la première rencontre des deux comparses. J'avais bien senti que "tête de liste" avait davantage l'air d'un suiveur que le volubile bavard qui, à ses côtés, se présentait comme un humble assistant désireux d'offrir ses compétences. J'étais entré avec circonspection dans cette liste, attendant de humer l'ambiance au contact des autres, que je ne connaissais pas. Et puis à la longue j'avais vu se dégager de belles énergies, malgré la lourdeur empesée d'un passé dans lequel d'autres semblaient restés englués. J'ai préféré voir le bon côté des choses, faire preuve d'optimisme. C'est ma tournure d'esprit. Il n'empêche que quelque chose flottait dans l'air, qui perturbait ma pleine adhésion à ce groupe disparate.

Durant la préparation de la campagne il y a eu quelques frictions avec les revanchards. Sans eux, par ailleurs les plus motivés, nous aurions vraiment pu aller vers quelque chose de novateur et constructif. Il y a une quinzaine de jours, lassé des vieilles querelles et rancunes, j'avais pris la parole pour orienter résolument notre campagne dans le sens du positivisme et des idées qui donnent envie d'avancer. J'avais mis en avant ce qui nous avait chacun motivés à nous lancer, laissant de côté la logique d'opposition à "l'autre liste". Bref, penser "pour" plutôt que "contre". Plusieurs personnes m'avaient suivi dans cet élan. Mais dès le lendemain d'autres voix s'étaient élevées en disant qu'en étant trop gentils nous allions droit à la catastrophe. Dèjà il ne croyaient plus notre "victoire" possible et que "les autres" ne se priveraient pas d'utiliser n'importe quel moyen pour nous battre.

"Les autres"... ces vilains manipulateurs...

Je me suis dit que j'étais sans doute assez candide et qu'il fallait peut-être, effectivement, adopter une posture un peu plus offensive. Les sourires sont revenus parmi les grincheux et l'équipe semblait avoir trouvé une certaine cohésion. J'ai certainement eu une part dans notre élection puisque, avec un petit comité, je retravaillais les textes pour les rendre plus pertinents. J'ai ainsi été l'artisan d'une voie de compromis : choix des formules percutantes, à la fois positives et mettant en cause l'incompétence (réelle ou supposée ?) de l'équipe sortante. Toutefois, en mon for intérieur, j'aurais préféré que certains d'entre nous ne soient pas élus... et que quelques uns de nos "adversaires" le soient. J'estime que nous avons été élus avec une trop forte majorité.

J'ai été mal à l'aise de faire partie de cette bande lorsque j'ai constaté que mes co-listiers élus entendaient battre totalement la liste adverse de façon à en éliminer la moindre trace parmi nous : il fallait que notre liste entière soit élue. Qu'aucun des autres ne puisse se joindre à nous. Comme s'ils incarnaient le diable !

Beurk ! J'aime pas cet esprit...


Alors, quand j'ai appris la manigance, j'ai pensé à deux éventualités : la dévoiler publiquement avant le decond tour ou... démissionner à peine élu.

La première solution était très simple puisque c'est moi qui m'occupe du site internet. Hé hé, ça aurait fait du raffut dans le village ! Mais bon, en sabotant les plans de ceux avec qui j'étais élu je risquais fort de rendre l'ambiance future assez détestable. De plus ç'aurait été un abus de pouvoir que de me servir de cette tribune publique collective en mon nom personnel. Qu'en aurait-il été des possibilités ultérieures de travailler en équipe ? De toutes façons les initiés étaient en nombre supérieur que les ignorants...

La seconde option avait le gros désavantage d'être une fuite. En démissionnant j'aurais eu l'esprit tranquille et ma belle conscience pour moi... mais en même temps, en quittant le navire je laissais tomber ceux qui m'ont élu. De plus, je laissais libres les mains du manipulateur...

Cas de conscience, donc.

Quoi qu'il en soit j'ai manifesté très fermement ma colère et demandé des explications à l'instigateur de la manoeuvre. Je suis allé dire a ce très probable futur maire ce que je pensais de sa tromperie, envoyant un mail collectif aux autres membres de la liste. D'autres ayant aussi exprimé leur mécontement, l'effet immédiat aura été de provoquer une réunion de mise au point. Un tour de table a permis à chacun de faire part de son avis et de clarifier la situation. Plusieurs étaient très mécontents et se sont inquiétés des réactions des villageois quand ils apprendront le nom du maire. J'ai toutefois fini par me ranger à une évidence : il est important que nous restions unis. Nous allons quand même devoir travailler six ans ensemble...
Le manipulateur à tenté de s'en tirer pitoyablement en disant qu'il n'avait pas pensé à préciser à chacun les enjeux secrets... et qu'il n'avait pas eu le temps... et que la tête de liste avait été choisie par ordre alphabétique, et parce qu'il était le doyen... Bref : n'importe quoi. Un gamin pris les doigts dans la confiture et qui dit que c'est pas de sa faute.

J'ai désormais une capacité de lecture dans le langage du corps pour percevoir qu'il n'était pas à l'aise. Je l'ai vu déstabilisé, perdant son éloquence alambiquée, laissant échapper des phrases brutes très significatives. J'ai enfoncé le clou entre le prenant entre quatre zyeux, lui montrant que je n'étais pas dupe.

Cet homme est un politicard, habile parleur qui sait très bien noyer ce qui le dérange en faisant diversion. Je me méfiais de lui, maintenant je sais qui il est. J'ai compris clairement qu'il avait d'autres ambitions, à un niveau politique plus élévé. Pas forcément pour des avantages personnels (être maire n'est pas une place enviable, question tranquillité), mais parce que c'est sa conception de la fonction d'élu : être bien placé dans les instances supérieures pour que la commune bénéficie de tous les avantages possibles. Sans oublier que l'édile en bénéficie indirectement grâce au statut qu'il tire de la notoriété de sa commune. Certains ont besoin de ça...

Il va me falloir à mon tour tenter de manoeuvrer de l'intérieur, en m'alliant avec d'autres, pour débusquer les plans douteux et les contrer. La clarté ne viendra pas du côté des habitués à la fonction d'élu. A moi de jouer, à ma mesure, un rôle de contre-pouvoir au sein de l'équipe municipale.

Ce qui est certain c'est que notre manipulateur et son acolyte auront constaté qu'ils n'avaient pas avec eux une bande de béni-oui-oui. Finalement cette tentative de leur part nous aura permis d'être vigilants avant même que le conseil municipal ne soit mis en place. J'ai bien insisté sur le fait que ce qui était dissimulé, non-dit, finissait toujours par générer un trouble. Si notre équipe s'est trouvée désunie ce n'est pas parce que nous exprimons un désaccord, mais bien parce que nous avons été tenus à l'écart de certains éléments.

Confirmation, si besoin était, que le non-dit finit toujours par gangréner les relations, quel qu'en soit le type.

Je sens que je n'ai pas fini de rigoler avec cette bande hétéroclite...


(Ces péripéties éléctorales m'ont maintenu à l'écart de la blogosphère. J'espère que cela n'augure pas d'une désaffection trop marquée, faute de disponibilité...)

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10 mars 2008

Zélu !

Et bien voila : contre toute attente me voilà surpris de faire partie des zélus. Je ne m'étais pas vraiment préparé à quoi que ce soit, sachant que ce n'est qu'en vivant les choses que l'on y réagit. Je pensais plutôt à une éventuelle déception si je me retrouvais parmi ceux qui ont le moins de voix. Pas la déception de ne pas être élu, mais celle de me voir le dernier. Réminiscences d'une toujours présente phobie du rejet.

Ce qui est certain c'est que je ne m'attendais absolument pas à être élu au premier tour. Et encore moins avec un score plus qu'honorable (mais qu'est-ce qu'ils ont trouvé de bien en moi ces gens qui ne me connaissent pas ???). Je m'y attendais tellement peu que je ne comprenais pas les signes approbateurs et joviaux clins d'oeil que m'adressaient ceux qui passaient de table en table pendant le dépouillement des bulletins. Moi j'étais occupé à énoncer clairement les noms et à veiller à ce que celle qui me faisait face mette bien à chacun la petite barre qui marquait une voix.

Pour ceux qui l'ignorent, dans les campagnes reculées de la France profonde on peut voter en panachant les listes. C'est à dire rayer des noms ou en rajouter sur les listes en présence. C'est amusant au début, mais particulièrement long comme énumération quand lesdites listes comportent 19 noms.

Les anciens du village étaient là, observant autour des cinq tables de comptage. Certains sont resté de 18 h, fermeture du scrutin, à plus de minuit, lorsque les chiffres officiels ont été annoncés. Entre temps il avait fallu passer au vidage de l'urne transparente après ouverture avec double jeu de clés, comptage des enveloppes, mise sous paquets scellés... tout un cérémonial fait au vu de tous et empêchant la fraude. Il faut reconnaître que cette garantie est bien appliquée.

Lorsqu'au bout de deux heures les scores de chaque table ont commencé à pouvoir s'additionner significativement les plus fébriles se hasardaient à des pronostics. Mais les hasards des répartitions font qu'il faut être bien avancé dans le dépouillement pour avoir une idée à peu près fiable : d'une table à l'autre les impressions peuvent être assez différentes. Lorsque j'ai entendu parler d'une possible majorité pour notre liste, j'ai attribué cet enthousiasme à un optimisme exagéré. En fait l'optimisme est devenu de plus en plus fort, de plus en plus incontestable au vu des chiffres. Et c'est finalement quinze des candidats de notre équipe qui ont été élus.

Un peu abasourdis, je crois que nous sommes alors rendu compte que maintenant les choses sérieuses allaient commencer...

Dans quoi me suis-je lancé ?

Posté par Coeur de Pierre à 22:48 - Jour après jour - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2008

En halte pour le mouvement

Faute de temps disponible j'ai pris quelque distance avec le net, ces derniers jours. Pas d'écriture. Pas de lecture des blogamis. J'ai un peu l'impression de voir un train continuer sa route sans moi. J'ai fait une halte en me laissant happer par le mouvement de la vie. Immobile ici, en action ailleurs.

Deux jours en formation, riches de découvertes, de sensations, d'expériences, de ressentis, d'authenticité.
Trois jours de travail, au milieu de cette humanité des humbles, dans la réalité des êtres, leurs difficultés et leurs espoirs.
Quatre soirées prolongées dans le dialogue, l'écoute, la vibration palpable des silences éloquents, au coeur des profondeurs du soi.
Une journée consacrée à mieux appréhender l'écoute bienveillante, celle qui permet à la parole de se dire, à l'être de s'entendre.
Le tout sur fond d'une fébrilité élective qu'il peut être bon de tempérer de temps en temps.

Et la pensée qui oeuvre à chaque interstice de temps libéré...

Semaine vécue en plein.
Avec, quand même, cette impression d'en manquer une part : je n'en restitue rien par écrit. Je n'en garde pas de traces. Je ne partage pas mes impressions.

Mais cela se loge quelque part, s'imprime dans ma mémoire d'une façon ou d'une autre. Quelque chose en ressortira inévitablement. Ne serait-ce que parce que chaque jour nouveau me fait changer imperceptiblement. Et cette semaine sans doute un peu plus que d'autres.

* * *


Cette petite réflexion sur les fonctions et enjeux de l'écriture de soi sur internet m'amène à vous signaler, pour ceux qui ne l'auraient pas encore appris par son auteure, la parution de "Tout d'un blog" . Cet ouvrage, bientôt disponible, captivera certainement tous ceux qui s'intéressent au "blog de soi". C'est un des thèmes sur lesquels j'aurais aimé écrire si j'en avais eu le courage. Le sommaire est alléchant et, connaissant l'amie Coumarine, je lui fais confiance pour le contenu.

toutdunblog

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08 mars 2008

Journée de femmes

Très terre à terre je ne vais pas me lancer dans une analyse sur l'utilité ou la futilité de la journée de la femme. Juste dire que pour moi ce fut une journée de femmes : une bonne centaine, pour seulement quatre hommes. Drôle d'impression de rentrer dans une salle sous autant de regards...

Le métier pour lequel je me forme est à 97% féminin. Nous étions donc représentatifs, dans cette assemblée, de la moyenne nationale.

J'aime assez faire partie de cette minorité masculine. D'une part parce que j'apprécie tout ce qui peut contribuer à conterdire les clichés, d'autre part parce que j'aime faire partie de ceux qui donnent une autre image de l'homme. Et puis j'apprécie la compagnie féminine qui, je le sais, se modifie dès lors qu'un homme est présent. Je me sens bénéficier d'une certaine sollicitude, une bienveillance, dont les motifs seraient difficiles à analyser, mais me sont nettement perceptibles.

Ce ne sont évidemment pas ces raisons qui m'ont attiré vers ce métier, bien qu'elles aient pu jouer un certain rôle. Non, c'est vraiment le travail au coeur de la relation qui m'intéresse : accompagner la personne qui cherche à comprendre ce qui se passe dans sa relation à l'autre. L'aider à prendre conscience des interactions, dont le champ de variations est immense.

Tout ce que j'apprends/comprends/intègre, me passionne et correspond exactement à ce vers quoi ma vie me mène. Tout coule de source, tout semble suivre un chemin d'évidence.

C'est plutôt bon...

Posté par Coeur de Pierre à 19:45 - Jour après jour - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mars 2008

Routine ? où ça ???

Je me suis posé des questions sur une éventuelle routine qui pourrait s'installer avec le salariat. La vie se charge de répondre en y mettant la méga-dose.

Nan, ma vie est loin d'être menacée par la routine !!!

Comme le fait remarquer Pralinette, déjà, l'ambiance clochemerlesque de la préparation électorale est stimulante pour les neurones. Mais bon, tout cela ne touche pas à l'essentiel de ce qui donne du goût à la vie.

Ce qui se passe, s'est passé, et va se passer dans un délai court est bien plus captivant (pour moi, cela s'entend...). En effet, quelques bonnes brises se sont levées du côté de ma vie relationnelle et affective de célibataire heureux de l'être :
- en début de semaine une double réconciliation suit, dans le même élan, l'annonce coup sur coup de deux ruptures d'amitié.
- hier soir ma collègue de travail me fait une magnifique déclaration de... disons très forte attirance, à demi-mots, que seul un sourd aveugle pourrait feindre de ne pas comprendre (je ne suis ni sourd ni aveugle, seulement extrêmement prudent...).
- ce matin une... comment dire... déclaration aussi, subtilement nuancée mais suffisamment directe pour que j'en comprenne bien le sens. Ceci de la part d'une amie, après lecture de ce que j'ai écrit ici au sujet de la précédente (un petit grain de jalousie peut avoir du bon pour débloquer les mots...).

Des vents favorables se sont levés, donc, déclenchant quelques tourbillons intérieurs. C'est bien agréable. Je me sens particulièrement vivant !

Pour parfaire le tableau je pars en début de semaine prochaine pour deux jours de formation à la communication relationnelle ! J'ai donc toutes les raisons d'être satisfait...


Je suis tenté de développer un peu en abordant un sujet qui s'inscrit en filigrane de chacun de ces mouvements relationnels : savoir écouter ce qui est dit, et savoir signifier que le message a bien été entendu.

Mais pour l'heure je laisse les cogitations de côté. J'y reviendrai probablement en développant plus longuement, parce que c'est diablement important dans la communication relationnelle.

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28 février 2008

Panier de crabes

Je sens que je ne vais pas regretter d'avoir accepté de soumettre ma candidature à l'élection municipale : mes convictions et ma naïveté pourraient fort bien se voir quelque peu réévaluées...

M'étant proposé pour gérer le contenu du site internet de notre équipe, c'est à moi qu'il revient de mettre en ligne les textes qui l'alimentent. Je suis donc en contact direct avec une petite partie de l'équipe, qui décide pour tous. Le principe est discutable, mais semble accepté. J'ai bien sûr une place prééminente puisque je peux, jusqu'au dernier moment, proposer des modifications.

Tant que nous restions dans la phase préparatoire, nous diffusions de l'information et tout se passait sans encombre. Mais depuis quelques jours nous sommes entrés dans le jeu des questions-réponses. Les citoyens peuvent poser leurs questions, et un de ceux qui ont mis en mouvement notre équipe y répond. Bon... comme il considéré que certaines réponses doivent être apportées, il arrive que ce soient des membres de la liste qui posent les questions adéquates ! C'est de bonne guerre, probablement, mais cela met un peu à mal ma probité. Surtout quand on se targue d'être une quipe qui agit en toute clarté... Je me trouve un peu en porte-à-faux, entre ma pensée qui peut émettre des opinions et le poste de webmaster qui est là pour rendre service à l'équipe sans état d'âme.

Jusque là je m'accomodais de ce stratagème, pas vraiment dérangeant... hormis sur le principe (ce qui n'est pas rien, déjà).

Mais la campagne électorale entre dans sa phase chaude, et les évènements prennent une autre tournure. Voila qu'émergent des histoires anciennes et apparemment complexes, qui donnent lieu à des questions précises mettant directement en cause certains membres de l'équipe adverse. Des éléments sérieux... qui me plongent dans l'embarras. Je ne connais que très peu ce qu'on m'apprend et je me vois bien embêté avec tout ça : je suis toujours prudent lorsque je n'entends qu'un son de cloche. Même si j'ai confiance en ceux qui me parlent, je ne connais pas suffisamment les tenants et aboutissants pour me faire une opinion qui aurait un minimum d'impartialité. Ce qu'on me présente comme la vérité... n'est que celle de ceux qui l'énoncent. Je suis certain qu'en face on me donnerait une autre version des faits, probablement avec la même apparence de bonne foi.

Je ne peux évidemment pas aller voir l'autre équipe pour demander ce qu'il en est. D'autant plus que les faits discréditent certains de leurs membres, et en particulier celui qui se présente comme tête de liste. S'il y a des incompétences notoires, il serait bon de le faire savoir. Mais sont elles réelles ? Et à la hauteur de ce qui m'est annoncé ? N'y aurait-il pas une part d'inimitiés personnelles ? Qu'en sais-je...

Cas de conscience.

Et puis ça ne vas pas du tout dans le sens de ce que je souhaite : aller vers une idée de rassemblement des énergies, d'ouverture, et surtout pas vers une logique d'affrontement. Proposer plutôt que démolir, agir pour quelque chose plutôt qu'être contre ce qui est. Mon côté idéaliste se trouve confronté à la réalité des mentalités villageoises, des vieilles querelles plus ou moins justifiées, là où des rancunes tenaces font que des gens refusent de se dire bonjour en tournant ostensiblement la tête.

Je ne suis pas là pour avoir trop d'états d'âme puisque je suis le webmaster... En tant que tel, je dispose d'un peu de pouvoir d'influence, mais je ne peux pas décider de la tournure que prennent les évènements. Cela ne peut se faire que devant toute l'équipe... qui semble avoir délégué à quelques uns la liberté éditoriale d'un site de propagande électorale.

Si je ne redoutais pas de me voir associé de trop près à des comportements que je ne cautionne pas forcément, tout ceci serait finalement assez intéressant. Pour le moment je m'en tiens à rappeller l'importance de l'irréprochabilité : s'en tenir aux seuls faits vérifiables.

Posté par Coeur de Pierre à 23:03 - Jour après jour - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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