Alter et ego (Carnet)

Itinéraire d'une ouverture à soi et vers autrui

25 février 2008

Pauvre con !

Difficile d'échapper au dernier débordement verbal de notre vibrionnant président au Salon de l'agriculture. Il serre des mains, s'approche d'un homme, et celui-ci lui dit « ah non, touche moi pas ! ». Sakozy lui rétorque « alors casse-toi ! ». « ... tu vas me salir », poursuit le premier. « Casse toi, pauvre con ! » terminerait le président [le son, inaudible, est sous-titré] en se tournant vers d'autres mains. Bel exemple de rejet mutuel duquel le président ne sort pas grandi. La vidéo crée un petit scandale. Moi, elle ne me choque pas. Je ne suis pas surpris par cet énième débordement d'un homme manifestement impulsif, prêt à en découdre avec quiconque se place sur son chemin. On l'a déjà vu prêt à se battre avec un marin-pêcheur, partir à l'abordage de journalistes sur leur barque, sans oublier le célèbre coup de Karcher. Le moins que l'on puisse dire est que sa capacité au dialogue courtois est assez fruste.

On lui reproche donc, à juste titre, de ne pas "tenir sa place" et de ternir l'image de la fonction présidentielle. Il est certain qu'il la repeint à sa guise... Mais qu'attendait-on de lui ? Qu'il change, alors qu'il se montre ainsi depuis bien avant son investiture au poste de candidat ? Comment peut-on encore être surpris par cet homme, qui reste fidèle à ce qu'il a toujours été ? Il est arrogant, démésurément ambitieux, dit ce qu'il pense sans prendre de gants. Il a été élu pour ça, il me semble... Cette façon d'être plaît à suffisamment de gens pour qu'ils l'aient mis à la tête de l'état. Tout ce que j'espère, c'est que ce qu'il nous inflige fasse un peu réfléchir à l'avenir...

Maintenant, après avoir vu sa part de responsabilité, regardons un peu la notre, outre le fait de l'avoir élu. Ce qui me surprend, voire me dérange, c'est cette attention constante que les médias lui portent, traquant le moindre dérapage pour le mettre en exergue. Certes, c'est leur rôle, mais ne contribuent-ils pas largement à ce qu'il entendent dénoncer ? À l'ère de la surinformation en temps réel, notamment via internet, il y a de quoi se poser la question.
Ce qui me chiffonne, c'est aussi la façon dont, assez unanimement, cet homme est conspué. Je ne m'inquiète pas pour lui, je suppose qu'il a le cuir épais. Mais quand même, à force de se foutre de sa gueule sans retenue, allant jusqu'à se moquer de son physique, n'atteint-on pas aussi, derrière l'homme, la fonction présidentielle ? Le type qui se trouve dans la foule (pour regarder l'animal de foire en représentation ?), et ne veut pas être touché par le chef de l'état pour ne pas être « sali », qui le tutoie, n'est-il pas aussi le produit d'une attitude collective qui manque singulièrement de retenue et de respect envers ladite fonction présidentielle ?

On attend d'un président qu'il se situe au dessus de ça, et qu'il garde son calme en toute circonstance, gage de sagesse et de tempérance. En bref : que l'homme s'efface derrière la fonction. Mais quand on élit collectivement un trublion arrogant et fier de l'être... et bien on a ce qu'on a voulu (ce qu'ils ont voulu...). Ce que je veux dire par là c'est que ce président est issu de notre comportement collectif, et de l'évolution d'une société dans laquelle nous avons tous notre part. Je trouve facile d'attendre systématiquement des autres (entendez, "ceux qui nous gouvernent") qu'ils endossent l'entière responsabilité de ce que nous sommes collectivement. Sarkozy est le président de la France d'aujourd'hui, et nous sommes tous co-responsables de ce qu'elle est. L'irrespect, les incivilités, la perte des repères, dont on parle tant pour les banlieues, ou à l'école, ce n'est pas Sarkozy qui l'a créé : il s'en est servi. Il contribue certes à l'entretenir, du haut de l'échelle symbolique... où nous l'avons placé. Qui est ce "nous", si ce n'est la société que nous faisons tous ?

Oui, je sais, beaucoup n'ont pas voulu de lui et se désolent de le voir persister dans la voie qu'ils redoutaient. Je partage leur avis, leur révolte, et comprends donc qu'il puisse y avoir une sorte de revanche jubilatoire à traquer ses dérapages, voire à le honnir. Fonction d'exutoire. Pour ma part, je m'attache à voir en quoi je suis "responsable" (pour quelques dizaines de millionièmes) de ce genre de dérives. Voila pourquoi je ne peux être solidaire du concert anti-sarkozien...

En revanche, les manoeuvres tendant à détourner la constitution me semblent beaucoup plus préoccupantes et appellent à une grande vigilance. C'est de ça dont il faut parler (mais c'est nettement plus compliqué...), pas des dérapages verbaux de l'auguste histrion.

Ce matin j'entendais à la radio que « De Gaulle avait taillé le costume de la fonction présidentielle à sa mesure». Il est vrai qu'il était grand... et que la société était bien différente. J'ai quelques difficultés à imaginer, sur les images noir et blanc de l'Ortf, un quidam apostropher le grand homme : « Ah non, Charlot, touche-moi pas, tu vas me salir ! »


Sur le sujet, voir aussi :

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16 janvier 2008

Quand le voile viole

Coumarine raconte une anecdote vue dans le métro, autour d'une jeune fille voilée.

Je ne saurais comment décrire ce que suscite en moi la vision des femmes voilées, et plus encore des jeunes filles. C'est quelque chose de très mitigé, mais dont je ne peux dire que cela m'indiffère. Toujours, je ressens un certain... malaise.

D'un côté je comprends tout à fait cette démarche personnelle, qui s'inscrit dans des convictions religieuse dont je respecte la liberté. Je peux même ressentir une certaine admiration pour les personnes qui vivent leur foi et leur identité culturelle avec autant de détermination et d'abnégation. J'y vois du courage et de la franchise. Loin de moi l'idée de juger ces comportements dont les motivations m'échappent.

Et pourtant... il y a malaise. Je me sens profondément, viscéralement en désaccord avec cette manière d'être. Mais je ressens la même chose face à des familles de bons-cathos-bourgeois, ou les images de juifs ultra-orthodoxes, ou lorsqu'un président étasunien termine ses discours avec un "God bless America". Je le ressens d'autant plus lorsque c'est en décalage avec notre société occidentale où la liberté de pensée et de conscience me semble être devenues des acquis [ce en quoi je me trompe...].

Ce qui me dérange, c'est l'affichage explicite ou implicite d'appartenance à une des religions du livre. Quels que soient ces affichages ostentatoires, excepté chez les religieux officiels, j'y vois tous les aspects les plus négativement traditionnels de la famille patriarcale. Ils dépassent et neutralisent, à mon avis, les aspects positivement humanistes, que je connais fort bien étant issu d'un milieu catholique convaincu et pratiquant.

En fait, ce que je n'aime pas, c'est l'idée de suivre une religion, et tout spécialement une des trois monothéistes. J'y vois un "prêt-à-penser", que je ressens comme une négation de... de l'esprit humain. Afficher sur soi, dans notre société, « je pense et vis comme ma religion me dit de penser et vivre », ça me révulse. Viscéralement. Quelque chose en moi n'accepte pas cela. Pour moi la pensée s'affirme dans la remise en question, pas dans le respect des traditions.

Bon... c'est évidemment plus subtil que ça. Car je sais aussi que l'effondrement de certains repères, et notamment avec l'atténuation des images du père et de la mère comme cadre de référence, font que notre société se sent parfois flottante, avec risque de dérive vers on ne sait où... J'ai bien conscience que ma vision des religions est certainement étriquée et épidermique. Mon rejet est fort et je sens bien que je friserais l'intolérance si je ne parvenais à faire la part des choses. Mais je dois prendre sur moi : je ressens presque ces rappels visuels de la religion comme une violence faite à ma conscience. Cela m'agresse.

Je devrais me demander ce qui est touché en moi, ce qui m'inquiète...

Je dois avouer que je ressens quelque chose de similaire face à d'autres forme de "prêt à penser" : médias, consumérisme et société mercantile...

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06 janvier 2008

Le divorce n'est pas écologique !

« Pourrons nous, dans un monde qui déciderait d’éviter un changement climatique majeur, conserver des jeux olympiques avec des millions de touristes aéroportés, la semaine des 35 heures qui nécessite de faire fonctionner des machines à notre place, un système de soins qui mobilise directement ou indirectement 10% des paires de bras du pays, le divorce (qui nécessite de doubler les surfaces chauffées après séparation et induit des déplacements pour les visites des enfants !), des plats tout prêts (qui nécessitent des industries agroalimentaires, la fabrication d’emballages à jeter, etc), un ordinateur pour tous (fabriquer un ordinateur à écran plat nécessite l’équivalent de 350 kg de pétrole), et tout ce que nous avons vu fleurir en quelques décennies ? »

Extrait du texte de présentation des Entretiens de Combloux, à destination d'un public de choix : les « journalistes "leaders" » et autres responsables de rédaction. Espérons qu'il en ressortira quelque chose...

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28 septembre 2007

Un peu de sérieux

Vous avez entendu parler des biocarburants ? Si comme moi vous vous laisseriez facilement endormir par des discours lénifiants au sujet de cette pseudo-solution qui pourrait agir sur le double problème de l'épuisement des réserves de pétrole et du réchauffement climatique, je vous conseille de vous mettre en bouche avec ce qui suit. C'est encore plus édifiant de suivre les liens, qui argumentent et explicitent en détail la supercherie...

« Les carburants végétaux ne sont pas bios: ils sont issus de plantes cultivées avec toute l'artillerie lourde des intrants de l'agro-chimie et des pesticides. Les termes "biodiesel" , "bioéthanol" et "biocarburants" sont passés en un temps record dans le langage commun, suite à un énorme matraquage publicitaire et médiatique. Ces carburants végétaux sont obtenus grâce à des processus d'extraction industrielle très complexes. Le terme "bio" signifie "vie". On voit difficilement ce qui permettrait à ces carburants végétaux de mériter le préfixe bio. (...) Les carburants végétaux ne sont pas verts, ils seraient même plutôt rouges, de la couleur du sang. Ils vont accroître l'immense tragédie de la sous-nutrition, de la mort de faim, de la misère sociale, du déplacement des populations, de la déforestation, de l'érosion des sols, de la désertification, de la pénurie en eau, etc. »

Extrait de "Mettez du sang dans votre moteur !", par Dominique Guillet


« L’expansion fulgurante des biocarburants est une tragédie planétaire. Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d’hectares de terres agricoles et à l’aggravation tragique de la faim. Pour faire rouler des bagnoles. (...) Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales. En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l’homme, l’orang-outan et l’éléphant d’Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité. En Afrique, le bassin du Congo est attaqué. Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques. Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort. (...) Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l'effet de serre, quoi qu’en dise la propagande. »

Extrait de "La faim, la bagnole, le blé et nous", par Fabrice Nicolino

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03 mars 2007

Pragmatisme et efficacité

Chaque jour je fais visiter une grange, mise en vente dans le cadre de la séparation des biens pour le divorce. Une petite grange en assez mauvais état, sous son grand tilleul. Le lieu n'est pas dénué de charme et nombre de jeunes couples sont déjà venus, alléchés par un prix très bas... mais proportionnel à l'état de la bâtisse.

Devant cette grange les réactions sont diverses. Ça va de l'enthousiasme un peu irréaliste au matérialisme le plus carré. Les uns imaginent déjà comment ils pourraient réaménager tout ça, voient presque leur futur jardin, admirent le tilleul majestueux. Les autres pensent finances, investissement, et sécurité.

Les premiers observent la construction, rêvent à voix haute, sont épanouis et souriants, des étoiles dans leurs yeux qui se parlent. Les seconds ont l'oeil critique, voire soupçonneux, traquent le défaut, énumèrenent les inconvénient. Sens pratique, aucune trace de poésie. Rentable ou pas rentable.

Le dernier qui vient de partir, amené là par sa femme, va droit au but après de rapides salutations. Il commence par me demander « bon, combien vous la vendez, et quelle est la surface du terrain ».
Ouille, quelle entrée en matière ! Discrètement j'ai plaisanté sur le fait qu'il aurait pu demander à sa femme durant le trajet... A peine ai-je répondu à ce petit rustaud survolté qu'il s'exclame, regardant la grange de loin « de toutes façons il faut tout raser, on ne peut rien en faire » [Eeehh ! non mais oh ? ça va pas la tête ?]. Puis, observant le tilleul centenaire « lui, faut l'abattre, et ça va coûter cher » [Ben toi t'es pas prêt de me voir signer la vente...]. Apprenant que le chemin d'accès n'est pas déneigé par la commune (ce qui, vu la neige de ces dernières années, c'est pas bien grave...), il place d'emblée cela comme un inconvénient supplémentaire. Je n'ai même pas besoin de lui dire que depuis douze ans que j'habite ici la neige n'a jamais été une contrainte insurmontable : son opinion est faite. Il a ainsi énuméré tout ce qui lui semblait être un inconvénient pour conclure avec « je vais droit au but parce que je n'ai pas de temps à perdre, ni vous » [effectivement, je commençais à le penser aussi...]. Sa femme, avec qui j'avais eu les contacts, n'a pratiquement rien dit. Elle a laissé son peu sympathique mari énoncer ses griefs et le verdict final.

Je commençais à bouillir et je n'ai pas été fâché de les voir repartir aussi vite qu'ils étaient venus, après cinq minutes de présence...

Certes les rêveurs ne se rendent peut-être pas compte de l'ampleur des travaux. Et le rustre n'avait pas tort en disant que ça coûterait moins cher de tout démolir pour reconstruire en neuf...

Il n'empêche que ma sympathie va aux premiers qui font passer leurs émotions avant l'efficacité, le rêve avant la froide rentabilité.

Peut-être que je me trompe et qu'à rêver on "perd" du temps en vains projets, voire de l'argent. Mais que le monde du rationnel est froid, et sec ! Qu'il est décourageant ! Qu'il coupe l'imagination et les émotions !

Brrr... vraiment pas sympathique ce bonhomme !

[voila déjà les suivants qui s'annoncent...]

GrangeSepia

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08 février 2007

Ma part d'humanité

Ce matin, en marchant entre la gare et l'établissement où j'enseigne, je songeais à ce que j'avais mis en ligne dans mon billet précédent. Pas vraiment à l'aise d'avoir affiché mon regard idéaliste sur le monde, qui peut passer pour naïf et angélique. Probablement une crainte d'être jugé, car je sais qu'avec ce genre de sujet je m'y expose.

Voila pas mal de temps que j'affiche mes pensées intimes sur internet. A force, j'ai appris à sentir jusqu'où je pouvais m'aventurer. Là, je sais que j'ai flirté avec mes limites, mais c'est aussi dans ce genre de situation que j'accède à une plus grande lucidité. En exprimant un avis, je ressens ce qu'il contient d'imprécisions. M'apparaissent alors ces détails dans lesquels je ne me reconnais pas vraiment, et que je pourrais approfondir.

Par exemple je pensais à ce "sens de la vie", un brin idéaliste, qui peut faire sourire. Ben oui, parce que je sais bien qu'il n'y a aucun sens à rien. L'idée de sens, c'est un truc exclusivement humain. Il n'y a que l'Homme pour chercher un sens aux choses. Ce qui n'est pas la moindre de ses particularité.

Reste à savoir si cette particularité à un sens...

Je pensais donc que, finalement... je n'espérais rien de l'Homme. Mon optimisme n'est qu'une façon de ne pas céder au pessimisme. Je crois que l'homme a une très grande capacité à rester dans sa médiocrité. Mais ce n'est pas pour autant que je me résigne. J'accepte cette réalité tout en essayant de changer ce qui est à ma mesure.

J'estime que dans l'humain le "bon" et le "mauvais" sont globalement équilibrés. Il y a autant de forces qui oeuvrent pour amener l'humanité vers quelque chose de meilleur, que de force d'inertie immobilisante, ou d'énergies investies dans la régression, dont l'obscurantisme ou la barbarie ne sont que les manifestations les plus spectaculaires.

L'équilibre est stable. Raison de plus pour tenter d'influer en pesant du côté que l'on choisit...

L'idée de sens à l'échelle de l'humain ne peut être qu'une prise de conscience individuelle. L'humanité ce n'est pas les autres, mais ça commence par moi. Je suis responsable de ma part d'humanité.

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15 décembre 2006

Relations humaines

Au hasard de mes pérégrinations internautiques je suis tombé sur les Freemen. Kézako ?

Les Freemen ne définissent ainsi: « Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que : le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique s'attaquer sérieusement à ce problème (et à d'autres : pauvreté, guerres, etc...) implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance». Au delà, comme le nom 'Freemen' l'indique, chacun pense, écrit ce qu'il veut sur son blog. L'ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle «chaîne», un nouveau «journal», chacun parlant de politique, mais aussi, d'art, de ciné, de tout... ». Il s'agit donc simplement d'une liste de sites qui se reconnaissent dans une vision similaire du développement. Leur credo paraît plutôt alléchant... quoique je m'interroge sur la portée de ce groupement constitué de 87 membres (à la date où j'écris). C'est à la fois beaucoup et très peu. Seulement 87 blogs qui se reconnaissent dans ces objectifs ?

J'ai cliqué sur quelques sites, dont l'implication dans l'objectif prôné par les Freemen (et les Freewomen alors ?) est tout à fait variable. Il y a des sites qui paraissent assez sérieux, documentés, argumentés, et d'autres qui évoquent le sujet de temps en temps, davantage comme une sorte de philosophie de vie plus ou moins conscientisée. Et finalement, avec des mots, c'est assez facile de se dire concerné.

Je n'échappe évidemment pas à cette illusion d'implication. C'est précisément pour cela que je m'informe de plus en plus, afin de mieux comprendre cette évolution humaine à prévoir et les changements difficilement imaginables que cela pourrait entraîner dans notre mode de vie. Je me sens concerné et j'ai envie d'agir. Ne serait-ce que par mes mots, en évoquant cela avec à chaque fois que l'occasion se présente. Participer à la nécessaire prise de conscience collective. M'impliquer. Agir... à ma mesure.

Je ne sais pas du tout où vous en êtes de votre prise de conscience environnementale, vous qui me lisez, mais je me demande si on ne devrait pas tous, chacun à son niveau, tenter d'être une de ces courroies de transmission entre le savoir des scientifiques et celui des citoyens. Il y a une telle marche que chacun  peut, selon ses connaissances du sujet, poser des paliers intermédiaires. En fait il s'agit tout simplement d'alerter en faisant un minimum de vulgarisation. Juste contribuer à la prise de conscience individuelle, donc collective. Car il ne faut pas compter sur les médias de masse pour aborder ce sujet à la hauteur de son importance. L'information existe et est très facilement accessible... sur internet.

Généralement on ne s'y intéresse qu'à condition qu'on la recherche. On ne va pas cliquer par plaisir sur le site du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement par hasard. Ce labo est réputé mondialement pour avoir participé à ces fameuses "carottes" creusées dans les plus anciens glaciers polaires, à très grande profondeur. C'est par l'analyse des bulles d'air emprisonnées il y a des centaines de milliers d'années que l'on connaît maintenant la teneur en CO2 à ces époques lointaines. Et c'est par ces analyses que l'on a pu établir avec certitude la corrélation entre activité industrielle humaine et augmentation du CO2, donc de l'effet de serre. Bon, c'est quand même assez pointu et vite rébarbatif pour le néophyte...

Je cite un site... mais il y en a des centaines. On comprend vite que la marche entre le citoyen lambda et scientifiques est un peu haute. Et même des personnes comme Jean-Marc Jancovici, qui fait un travail de vulgarisation fantastique, ne touchent que les personnes qui sont déjà suffisamment informées.

En fait il faut faire "descendre" l'information, probablement en la simplifiant, de façon à alerter non pas "l'opinion publique", mais chaque citoyen. Ou chaque internaute. C'est un travail de fourmi, mais bon, une fourmillière ça fait pas mal de boulot...

Pourquoi maintenant en particulier ? Ben pardi, parce que les élections approchent (en France, évidemment...) et que c'est l'occasion de "faire du bruit" avec tout ça en profitant de la caisse de résonnance médiatique. Que les candidats soient obligés de prendre en compte le problème, même si on peut s'attendre à ce que ça soit suivi de peu d'effets. Mais peu, c'est déjà mieux que rien. Plus il y aura de "pression" citoyenne, plus les politiques seront contraints d'en tenir compte.

Oui... mon discours fleure bon l'idéalisme naïf... J'en vois qui rigolent au fond de la salle.
C'est qu'ils n'ont pas compris.

Ceci dit... il y a du souci à se faire quand au "pouvoir citoyen". Mooonnnn dieeuuuuu... là non plus on est pas sortis de l'auberge. Qu'on donne la parole au citoyen face au politique, et c'est le plus grand capharnaüm qui s'exprime dans la plus stérile et bruyante confusion. Pour exemple, je suis tombé sur le site Agoravox, "le média citoyen", qui peut donner une vague idée de ce qu'est la parole citoyenne. Il y a de tout, probablement d'une qualité très inégale, mais qu'importe. Par contre chacun peut commenter les propos des rédacteurs. Et là... moooooonnnn dieeuuuuuu... quel bazard ! Quelle énergie dispersée en pure perte. Que de vociférations. Que de nombrilisme, que d'incompétence, que d'ignorance, que de soif de pouvoir minuscule...

J'ai été affligé. [... soupir ...]

La politique politicienne a encore de beaux jours devant elle !
De la base il émane une sorte de rejet généralisé vis à vis de tout ce qui vient "d'en haut", et en même temps les attentes les plus irréalistes pour que "d'en haut" viennent des solutions qui conviennent à tous. J'ai lu tout un fil d'échange qui suivait une "profession de foi" de Corinne Lepage, avocate spécialisée dans les problèmes environnementaux, ancienne ministre de l'environnement, et candidate "environnementaliste" aux prochaines présidentielles. Mais le nombre de personnes qui se sont senties autorisées à critiquer ses intentions, bardés des certitudes de leur étroite connaissance du sujet, m'a montré qu'on était loin du dialogue entre politiques et citoyens. De la critique, de la méfiance, mais tellement peu de recherche de dialogue. Tant de reproches, tant d'énergie passée à critiquer et démolir d'avance au lieu de proposer et d'encourager le mouvement. Et puis le mélange du tout et du n'importe quoi, faisant dériver les possibilités de concordance vers des oppositions hors-sujet...

Arghhh... ça me sidère.

A chaque fois que je cotoie mes congénères humains dans le ressentiment, surtout s'ils sont en meute, je suis effrayé. Je n'aime pas les foules revendicatrices. Et je n'aime plus les forums...

Bordel, mais on n'arrivera jamais à rien faire si les gens ne comprennent pas qu'il faut travailler ensemble, et pas les uns contre les autres ! On croirait voir le parti des Verts, ou la gauche anti-libérale...

Mooon dieeeeuuuu...

Pourtant d'autres foules (ou sont-ce les mêmes ?), quand elles décident d'agir ensemble, sont capables de grands élans de solidarité et d'entraide. Là j'aime ce côté de l'humain. Riche, chaleureux, partageur...

C'est d'ailleurs cette humanité là que je cherche à rencontrer en chaque personne...

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06 décembre 2006

Ancien monde

Je me suis rendu la semaine dernière à un colloque intitulé « Effet de serre et effets de société », animé par des scientifiques, des acteurs de la politique, et quelques personnalités.
[Afin de ne pas aggraver le phénomène dont il est question, en bon éco-citoyen, je m'étais rendu en ville par train, puis au lieu des conférences par tramway.]

Bien que relativement bien informé sur cette inquiétante évolution climatique, je n'ai pas été déçu par tout ce qui s'est dit durant cette journée marathon. Il me serait difficile d'en rendre compte de façon synthétique, et de toutes façons je pourrais me dire que ce blog n'est pas un espace dédié à ce genre de réflexions.

Il n'empêche que c'est un support de diffusion et qu'à ce titre il n'est pas inutile qu'il contribue, même infinitésimalement, à la prise de conscience collective. D'ailleurs il en a été question là-bas : chacun doit agir et faire agir. A l'échelle individuelle il est déjà possible de communiquer pour informer.

Donc... vous n'y couperez pas !

Non non, ne vous sauvez pas, c'est important. Bien plus important que tout le reste !
(et pour une fois c'est pas nombriliste)


Je ne m'attarderai pas sur tous les aspects scientifiques, aisément accessibles pour qui s'y intéresse (cliquez derechef sur le plaisant mais très sérieux site de Jean-Marc Jancovici), mais plutôt sur notre rapport collectif face à ce phénomène sans précédent et d'une ampleur difficile à appréhender par la conscience. Raison de plus pour en parler !

De mes dix pages de prise de notes je retiendrai quelques éléments qui me paraissent significatifs.

D'abord une idée maîtresse, impressionnante : nous venons de quitter l'ancien monde. Celui qui est devant nous, là, maintenant, sera fort différent de ce que nous avons connu. Il devrait déjà l'être. La personne qui énonçait cela n'était pas quelques militante alarmiste de la cause écologiste, mais l'ancienne présidente de la Mission interministérielle sur l'effet de serre. Et elle le disait avec le plus grand calme.

Tous les scientifiques qui se sont exprimés le faisaient avec la même tranquille assurance: c'est une certitude, nous allons vers un réchauffement climatique qui aura des conséquences majeures, quoique difficilement prévisibles, sur l'ensemble de l'humanité. Les incertitudes ne concernent que l'amplitude des changements et l'échelle de temps dans laquelle ils se dérouleront. Conséquences sur le climat, bien sûr, mais aussi sur la biodiversité.

Sur l'humain aussi, en autres espèces animales, qui devra s'adapter concomitamment à une raréfaction des ressources énergétiques à bon marché, tout en changeant radicalement son rapport à la croissance "infinie", le tout dans un contexte de modification de la répartition de l'eau et donc de l'agriculture qui le nourrit. Autrement dit : ça va pas être simple !

Lorsque sont mis en évidences les chiffres, les faits, les graphiques, et l'étendue des conséquences à prévoir, on se demande pourquoi on n'a pas encore changé notre mode de vie devant l'urgence. Car il n'est plus question de parler de lointaines "générations futures", mais bien de générations présentes : ceux qui vont vivre ces changements avec le plus d'acuité sont déjà nés !

On peut se demander ce qui cause cette « apathie civique » qui nous fait continuer à vivre comme s'il ne se passait rien..

Le problème présente plusieurs handicaps pour la prise de conscience. Pas seulement au niveau cognitif, mais dans notre capacité même à le saisir.

  • il ne heurte aucun tabou (ni violence, ni transgression, ni génocide spécifique)
  • il n'y a pas de "responsable identifié", pas de "dictateur", pas de "démon". Nous sommes tous responsables... donc personne ne paraît l'être.
  • la sensibilité morale n'est pas mise en cause, il n'y a pas de sentiment "d'injustice".
  • pas de danger manifeste et immédiat. Ça parait lointain dans le futur, donc ne semble pas concerner le présent
  • la menace est non seulement lointaine, mais son évolution est lente à notre échelle de temps. L'idée même d'évolution laisse croire qu'on va s'adapter, s'habituer, alors qu'il s'agit d'une révolution pour l'humanité

On joue sur l'incertitude, omettant de regarder les certitudes.

Or il y a des certitudes: il va falloir payer le prix de cette révolution. Soit on paye plus cher et plus tard, soit moins cher et tout de suite. On a tendance à ne pas vouloir payer...

Plus on attend et plus les ressources énergétiques abondantes diminuent, donc coûteront plus cher. Tandis que d'un autre côté les adaptations technologiques et structurelles demanderont d'autant plus d'énergie qu'elles seront tardives. Le coût de l'inaction sera donc très largement supérieur à celui de l'action.


Pourquoi l'immobilisme ?

Ce qui se passe est difficile à conceptualiser, parce que totalement inconnu : on a peur de quelque chose qui ne s'est jamais produit dans l'histoire de l'humanité, et qui ne devra jamais se produire. Tout cela est assez abstrait...

La mise en oeuvre passe par une volonté politique, or on sait que la politique voit à court terme, échéances éléctorales obligent. C'est par la pression citoyenne que les politiques agissent. Or les citoyens sont peu informés. Les médias de masse, à commencer par la télévision, sont particulièrement discrets sur ce sujet. Sauf évènements exceptionnels il n'est pas spectaculaire, à moins de verser dans un catastrophisme outrancier qui dessert la prise de conscience: ça parait "trop gros" pour être vrai.

La méconnaissance du public implique qu'il n'y a pas de pression sur les politiques. De plus, toutes les mesures à prendre paraissent fortement liberticides... tant qu'on continue à penser selon la logique de "l'ancien monde". Mais l'ère de la croissance illimitée et des ressources naturelles abondantes est révolue.

On a aussi tendance, notamment en France, a se dire que notre petit pays ne contribue que peu à l'accroissement de l'effet de serre. A 3%, on est bien loin des vilains américains qui a eux seuls y contribuent à 25%. Et que dire des chinois qui vont bientôt battre les américains sur ce terrain ? Pourtant c'est bien l'affaire de tous les pays industrialisés. Nous sommes tous concernés. Et nous le sommes doublement puisque nous devons laisser les pays émergeants se développer comme nous l'avons fait en profitant de ressources comme si elles étaient illimitées. Nous devrions donc réduire d'autant plus notre train de vie fondé sur le gaspillage, ayant épuisé notre "quota" depuis longtemps.

Et le "nous" ce n'est pas seulement le collectif, mais l'individu. Chacun doit, individuellement, réduire sa contribution au réchauffement et à l'épuisement des ressources communes. Mais pas réduire de quelques pourcents, non, réduire d'un facteur quatre notre contribution à l'émission des gaz à effet de serre. On peut se retrousser les manches... et faire preuve d'inventivité pour nos modes de vie.

C'est bien là l'enjeu du défi humain qui se présente : il faut partager ! Partager les ressources, partager les responsabilités, et prendre conscience de notre interdépendance. Nous sommes tous sur le même espace fini.

Puisque qu'il semble utopique de vouloir réduire par quatre notre consommation selon le mode de vie actuel, il faut trouver d'autres moyens d'y parvenir. On entre là dans le champ du social et du culturel, et même dans celui du civilisationnel. C'est tout notre mode de représentation qui va devoir changer. La société du jetable ne peut perdurer. On ne peut continuer à gaspiller des ressources précieuses et limitées. On ne peut épuiser un stock qui est nécessaire à bien d'autres usages que se finir à la poubelle.

Dans nos pays industrialisés il existe une schizophrénie entre l'exigence de réduction de la consommation et une industrie publicitaire qui nous vante l'inverse à coup de véhicules 4x4, de climatisation, ou de voyage en avion à bas prix. Le citoyen est perdu entre des messages contradictoires, poussant d'un côté à un changement sur le long terme, de l'autre à la jouissance immédiate. Un monde rêvé et tentateur qui ne correspond plus à ce qu'il est en train de devenir. En fait c'est la représentation du rêve qu'il faudra changer, pour revenir à quelque chose deplus réaliste, plus concret, plus accessible. Attendre dans l'immobilisme ne fera qu'induire un jour à la prise de mesures autoritaires. Convaincre maintenant, ou contraindre plus tard. Il est à craindre qu'il faille passer par la contrainte...

Le rôle de chaque citoyen est donc de s'impliquer pour que la prise de conscience se fasse. S'impliquer en se fédérant, en s'associant, pour exercer un levier sur l'inertie du pouvoir. Et s'impliquer en faisant circuler l'information...

Vous excuserez cependant l'éclairage assez superficiel que j'apporte, mais je ne suis tout de même pas un spécialiste du sujet.

couchersoleil



Par ailleurs je vous félicite pour l'apport de votre signature au pacte écologique lancé par Nicolas Hulot (87 % d'opinion favorable, au dernier sondage de popularité Ifop), puisque je vois que pas loin de 235.000 personnes l'ont signé en un mois, dont au moins 50% venaient directement d'un de mes billets.
Oups, on me signale dans l'oreillette une erreur: en fait il s'agirait de 0,00005% 

Bon ben qu'est-ce que vous faites encore ici ? Allez-y vite !



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09 novembre 2006

Travailler par plaisir

Sur Mon blog de fille [qui n'est a priori pas particulièrement adressé à un public masculin mais vers lequel un billet de Telle m'a aiguillé], il y a eu ces derniers jours une vigoureuse échauffourée. Il avait été proposé aux lectrices de rétribuer l'auteur pour ce qu'elle considère comme un "travail", au vu du temps qu'elle dit passer à la tenue de ce blog. Contribution volontaire et facultative, de montant libre, et n'ouvrant à aucun droit particulier. Ce billet a suscité des réactions vives et opposées, et généré une avalanche de commentaires (plus de 200). Les réactions les plus épidermiques et violentes sont venues des opposantes à ce paiement, pourtant facultatif. Entre autres arguments j'ai retenu celui-ci, qui m'a semblé être le fond de la révolte : si l'auteur a besoin d'argent, elle n'a qu'à travailler ! Tenir un blog est un loisir, pas un travail !

Je ne reviendrai pas sur la polémique annexe du principe de gratuité du net, ni sur celui de la comparaison de qualité entre les écrits d'un blogueur (bénévole) et d'un journaliste (rétribué), tout cela et bien d'autres choses a été abondamment développé dans les commentaires.

Ce qui m'intéresse c'est le fond: quel regard est porté sur celui qui cherche à tirer des revenus d'un travail qui est aussi un plaisir ?
Ou pour être plus direct : quelle est l'acceptation à ce qu'un plaisir soit rétribué ?

Je me demande si tout cela n'aurait pas des relents de culture judéo-chrétienne, dans laquelle le travail est forcément pénible, générant une souffrance, voire une "torture" si on se réfère à l'étymologie du mot. Travailler c'est dur et contraignant ! La vivacité des réactions à l'idée de donner de l'argent à une fille qui s'amuse à tenir un blog pourrait bien avoir là son origine.

Pourquoi quelqu'un qui passe du temps à entretenir un blog, à le faire vivre, à le nourrir, ne serait pas rétribuable ? Qu'en est-il d'un écrivain ? D'un compositeur ? D'un artiste ?
Une rétribution ne signifiant d'ailleurs pas qu'on puisse en vive. C'est là un tout autre problème...

Si cette réflexion m'inspire c'est parce que j'ai choisi, il y a une quinzaine d'années, de faire d'un loisir mon métier. Ce qui était une passion est devenu un travail. En faisant cela je me suis ouvert à une nouvelle vie, alors que je m'éteignais dans mon travail précédent (qui me plaisait beaucoup à l'origine). Pourtant, à la longue, il y a eu quelques inconvénients avec ce second métier: le côté "travail" l'a emporté sur le côté "loisir". Je me suis de moins en moins amusé en travaillant. J'ai perdu une grande part de ma passion initiale et le travail est devenu pénible, générateur de malaise, de lassitude.

D'une certaine façon les choses rentraient dans l'ordre : travailler c'est dur et contraignant. Mais précisément c'est là que l'envie d'autre chose apparaît. L'envie de faire un travail qui me plaît. Et si je pouvais vivre de quelque chose qui me passionne... ce serait assez tentant. C'est ce que je cherche depuis quelques temps, lorsque je ne m'amuse pas à écrire sur internet...

Mais j'en viens à me demander si on peut durablement exercer un métier-plaisir. Par exemple, j'aime beaucoup écrire [nooon, sans blaaague ?], mais j'imagine que si j'en faisais mon métier j'en perdrais le plaisir. Si j'étais obligé d'écrire sur commande, ça n'aurait peut-être plus rien d'un plaisir. En fait il me semble que ce qui est plaisant c'est le changement. D'où mon désir d'exercer un métier varié. Ou plutôt des métiers.

Je commence à voir ce qui me plairait. L'inconvénient c'est que la pluralité offre un grand nombre de pistes à explorer. Sortir des chemins balisés est forcément plus compliqué.

Peut-être que j'aime bien ce qui ressemble à un défi, lorsqu'il faut inventer.
Peut-être que la simplicité, pour moi, passe d'abord par des phases compliquées ?

Le problème c'est que le temps qu'il me reste pour réfléchir se réduit comme peau de chagrin.
Si je ne veux pas mettre le doigt dans l'engrenage dont parle Christine, c'est très vite que je dois trouver des solutions...

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13 août 2006

Blogs et guerre

Je vis une période tourmentée en ce moment, mais je relativise en pensant à ceux qui fuient sous les bombes, qui tremblent, qui souffrent. Je me dis que nous avons une chance inestimable de vivre dans des pays en paix, quoi qu'il puisse s'y passer.

Je me demande ce que pensent de nous ces Libanais ou Israéliens qui vivent dans la crainte permanente de voir leur maison détruite par un missile, ou leurs proches, ou eux-mêmes tués. Je me dis que dans ces moments là on doit se sentir abandonné du reste du monde, qui tourne comme d'habitude.

Je sais que c'est une vision purement émotionnelle, mais c'est ce qui m'importe. Car au delà des enjeux politiques, terroristes ou défensifs (et inversement), ceux qui trinquent ce sont les individus. Civils ou militaires.

De savoir que ça se passe en ce moment, sous nos yeux, me sidère.

Posté par Coeur de Pierre à 16:07 - Le monde tel qu'il est - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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