19 décembre 2009
Tu ne me dois rien
t Mais tu ne me dois rien Stephan Eicher "Tu ne me dois rien" |
Paroles providentiellement trouvées chez Sonia
06 décembre 2009
Frontières
- Dis-moi, crois-tu vraiment nécessaire de parler, quand tant de fois on a vu que ce sont les paroles mêmes qui dessinent les frontières? - Mais qu'en est-il de l'absence de mots, tu sais bien, quand on s'isole dans la profondeur de ses yeux, sans rien dire, absent volontaire, observateur distant, méprisant peut-être... l'absence de mots crée des frontières bien plus rigides encore... l'incompréhension... "La Patience s'est assise..." - Coumarine - |
25 octobre 2009
Quelques mots sur l'amitié
« – En somme, l'amitié, c'est l'âge adulte de l'amour. Extrait de Sens et vie : L'alter egal, par Raphael Enthoven |
04 septembre 2009
Résonance philosophique
Entendu sur France Inter un entretien avec Raphael Enthoven, professeur de philosophie. Verbe clair et excellente élocution, c'est par les idées qu'il présentait que l'homme m'a séduit. Agréable résonance avec ce que je trouve de l'existence à force de l'expérimenter pour à en comprendre le sens...
Quelques extraits, transcrits à partir de l'enregistrement :
« Quand on croit faire ce qu'on veut c'est qu'on ignore ce qui nous fait agir »
« La joie c'est l'aptitude à aimer la vie malgré elle. Celui qui pleure parce que la vie n'a rien de réjouissant, celui-là est malheureux deux fois. D'abord parce qu'il souffre et ensuite parce que sa douleur se redouble de la plainte qui s'élève contre elle. L'homme joyeux, celui qui est littéralement fou de joie - parce qu'il faut être fou pour être joyeux vu le monde tel qu'il est et tel qu'il devient - oppose à la douleur que lui inflige le monde la possibilité d'un sourire quand même. Il y a de ce point de vue une façon de répondre au monde autrement que par la complainte. C'est en cela que la joie a partie liée avec la foi. (...)
La joie est de l'ordre du présent, elle n'est ni dans le regret ni dans l'espoir, puisque que l'un comme l'autre, espérant ou regrettant, échappent au présent au profit d'un passé révolu ou d'un avenir incertain. La joie est dans la saveur, parfois âpre, du présent.
Il nous appartient de ne pas subir. Ce qu'on subit c'est ce qu'on choisit de subir.
Abolir une contrainte ce n'est pas la supprimer, ni l'éradiquer, mais l'accepter. Le temps est une contrainte qu'il faut accepter parce qu'en en y adhérant on en souffre moins. »
« Sois l'ami du présent qui passe. Le futur et le passé te seront donné par surcroît » (Clément Rosset, dans "Le Réel et son double")
Nous vivons dans le présent mais nous passons notre vie à essayer de lui échapper. Nous espérons d'être heureux, de sorte que nous ne le sommes jamais. Nous regrettons le bonheur perdu, de sorte que nous ne le sommes pas encore.
Aime la vie jusqu'à ce qu'elle a de non aimable, ce qu'elle a même de détestable. Aime l'existence malgré elle et tu en dissoudras les douleurs. »
« La simplicité c'est pouvoir dire simplement des choses compliquées. Ce n'est pas simplifier les choses, qui est le contraire de la simplicité, mais dire simplement les choses en préservant leur complexité, en la rendant audible, accessible, intelligible.
La simplicité c'est le fait d'agir. Il ne s'agit pas de dénouer les ramifications infinies de quelque chose mais tout simplement de trancher le noeud gordien. La simplicité est une façon d'enjamber la difficulté. Celui qui complique le monde le met à la porté de son intelligence. Celui qui vit dans la simplicité met le monde à la porté de son instinct, ou de son intuition. Mais c'est difficile de faire simple.
"Quand tout s'explique on ne comprend plus rien" : on explique les choses au moyen de la raison, on les comprend au moyen de l'intuition. (...) Ce qu'on explique on peut le dire, le restituer, dans des mots compréhensibles par tous. Ce qu'on comprend est indicible et c'est souvent en silence qu'on comprend quelqu'un. »
« Le silence n'est pas l'absence de bruit mais l'absence de parole. Il désigne l'expérience que nous faisons d'un monde qui n'est pas là pour nous faire plaisir. Le monde ne parle pas, le monde n'a pas de sens. Il ne nous parle pas et ce deuil que l'homme doit faire d'un monde bavard, ce deuil qu'il faut faire du sens du monde, l'appel de l'homme et le silence éperdu du monde, ce dialogue de sourds entre l'homme qui parle et le monde qui ne répond pas, toutes nos tentatives de sculpter le monde à notre image, de prendre nos désirs pour des réalités, le silence les déjoue. Le monde se fiche que nous nous y trouvions ou non.
Le silence est le père de Dieu. Nous n'aurions pas besoin de dieu si dieu existait. Nous n'aurions pas besoin de l'inventer si dieu était là. Si dieu existait nous n'aurions pas besoin d'y croire. La meilleure preuve du silence, c'est à dire du désarroi de l'homme qui n'entend rien, sinon le silence, c'est le besoin qu'il a de faire parler la nature, de faire parler le monde. C'est à dire de lui trouver un sens. »
« La philosophie ne sert à rien... mais c'est là elle est utile. Parce qu'elle nous apprend à nous méfier de ce qui est utile, à ne pas nous cantonner l'existence a ce qui serait utile dans la vie. Mettre l'utilité à distance de nous. La philosophie à pour effet d'inviter les gens à penser contre eux-mêmes, être attentifs aux discours qui ne sont pas les leurs. Non pas à penser par soi-même, mais à penser par autrui. »
« Respecter l'autre. Faire à l'autre l'honneur de considérer qu'il n'est pas moins ni plus complexe ni riche que soi-même. Ne pas tenir l'autre pour son égal ou son semblable mais s'attacher à ce qui le distingue de soi.
Il y a deux façons de s'intéresser à l'autre. Soit de repérer ce qui est identique en lui et en moi, soit repérer ce qui est différent. Cette seconde façon est très problématique, mais est une façon de s'attacher à l'altérité de l'autre. »
- Le site où l'émission peut être écoutée
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20 juillet 2009
Pour changer un peu...
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Des questions que (presque) tout le monde se pose, des réponses claires apportées par une écriture fluide, fraîche, pétillante, légère... Ça mérite d'être lu !
Prenez votre temps, il y en a quelques pages et on n'en décroche plus. Juste un regret : le découpage du texte en plusieurs billets.
13 avril 2009
Au rendez-vous des tripes
Comme une réponse aux questions que je me pose parfois, comme un encouragement à perséverer dans cette voie de l'audace intime:
« À l’heure où les sphères privées et publiques sont de moins en moins séparées, comment s’y retrouver, nous demandait-on, pour lancer le débat ? Facile : lorsque les tripes sont au rendez-vous, pas de souci, l’essentiel est là. »
Anne Poiré-Gualino, compte-rendu de la table ronde de l'Apa "Intime, privé, public"
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Floraison discrète d'un érable rouge du Canada
22 février 2009
Écrire pour mieux cueillir demain
« Écrire n'est pas anodin. Extrait de "Écrire : acte de vie", par Pati |
J'aime beaucoup cette simple phrase : Écrire c'est regarder en arrière avec des mots d'aujourd'hui, pour mieux cueillir demain. Je partage cet optimisme qui consiste à voir en l'écriture un travail sur soi et une façon d'appréhender l'existence. Je vois volontiers l'écriture comme acte de création continuelle de soi, en conscience. Prendre le temps d'observer le déroulement de notre existence et comment l'orienter vers ce que l'on sent juste.
20 février 2009
Désirer l'autre libre
« Des larmes qui dans le passage ardent qu'elle se frayaient au centre de ma poitrine ont rendu lumineux ce sentiment jusqu'alors inconnu, de désirer l'autre libre seulement et entièrement pour lui. Comment te dire, comprendras-tu cet amour désarmé qui pourtant n'a jamais été plus fort et balaie le passé sans pourtant l'oublier et même dans la douleur se tient de si peu et de tant, dans une force insensée qui lui échappe et le porte. Un amour inattendu qui est gorgé d'espoir, de désirs et d'envies, blindé de courage, de volonté et de forces insoupçonnées, surpris de patience, de respect, de liberté et pourtant conscient d'être à même de renoncer si la certitude que ce renoncement t'aura laissé libre de tous regrets. » "Sous le même ciel que toi", par Julie M |
20 novembre 2008
Porte parole
« L'homme a cela de touchant qu'il croit qu'en partant, en changeant de décor, qu'il laissera les regrets, les colères, la peine. Mais tout est là, bien enfoui à l'intérieur et sur les nouveaux murs, sombres ou colorés, ça suinte, ça fuit, ça transpire. N'importe où ça demeure, ça le poursuit, ça résiste et un jour ça lui explose au visage, toujours. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas d'autre solution que d'avancer, de comprendre, de dépasser. Dans le temps qui nous est imparti, notre devoir est de faire place à la lumière sans ignorer nos ténèbres.
(...)
La raison elle est vicieuse, elle est petite, oui petite! C'est la meilleure pour envisager les choses sous un angle froid, négatif, minable et banal. En quelques tours de scène, répétitive et monotone, si sûre d'elle, elle se glisse dans la mère, la femme libre, l'épouse qui demeure, à travers elles qui se laissent prendre, elle te gâche le paysage, elle te transforme la plus belle foi, la plus émouvante ardeur, la plus sublime passion, le plus beau courage en un immonde renoncement, en une pseudo tranquillité de pantouflarde, un conventionnel état des lieux. La raison c'est la banlieue tranquille de l'amour! »
Extraits de L'amoureuse, par Julie M
Magnifique texte, brûlant de contradictions, qui met en mots l'insaisissable. Une lumière dans la déchirure qui en est issue.
À lire et à relire.
L'éloquence des femmes qui traduisent leur intériorité me fascine par leur acuité et leur justesse. Peut-être parce qu'elles savent mieux que les hommes entendre et ressentir ce qui se passe au creux de leur ventre ?
20 octobre 2008
Pépite
J'ai découvert le site Portraits de blogueurs, il y a quelques temps. Une vraie mine pour découvrir des talents ! L'idée de donner la parole à d'autres blogueurs, dans leur foisonnante diversité, m'est souvent venue mais, trop pris dans mes propres mots je n'ai jamais agi dans ce sens. Je constate que d'autres le font fort bien...
Aujourd'hui je tombe sur l'interview enjouée de l'auteure d'Envolées sauvages. J'ai immédiatement accroché, dès les premières phrases. Pensez-donc, comme lire ceci peut me plaire : « mon blog suit depuis sa création – il y a trois ans – mon cheminement amoureux et fait état de mes questionnements au sujet du couple et de l'amour. Je l'ai toujours voulu à l'image de ce que je vivais dans ce domaine de la vie et pour parler « vrai », je puise sans cesse dans mon expérience personnelle en constante évolution. ». Fichtredieu, voila qui me ressemble ! J'aime ce genre de "coup de foudre" qui m'électrise les neurones.
Plusieurs des thèmes abordés dans l'interview indiquent un certain recul sur la pratique : « « L'ego » dans l’espace qui nous occupe est franchement mis à l'épreuve. On s'expose et on obtient un retour quasi immédiat. On est l’acteur et le promoteur de notre propre image. ». Je retrouve aussi une « manie de couper les cheveux en quatre, de décortiquer l'âme humaine, les relations » qui ne m'est pas étrangère.
Voila qui m'a donné envie de feuilleter les pages virtuelles de ce blog prometteur. J'y ai trouvé l'alliance de la légèreté et de la profondeur, de l'humour et de la gravité. C'est simple, c'est court, c'est bon. J'aime...
Quelques-uns de ses textes récents :





