14 novembre 2009
L'éloquence du silence
Le silence, dans mon existence, est un vieux compagnon de route. Je suis entré en silence à l'adolescence, période de souffrance et de solitude. Je suis revenu à la vie lorsque j'ai rencontré celle avec qui j'allais sceller une alliance de couple. La parole et l'écoute allaient installer une communication libératrice et épanouissante pour chacun, autour d'un dialogue fécond. De mutique et solitaire je suis devenu, avec elle et seulement elle, disert, parfois bavard, au sein du pacte de confiance qui s'était installé. J'ai d'ailleurs cessé d'écrire quelques mois plus tard...
Quand le flux des mots entre nous se bloquait, tarissant la source de l'échange, je souffrais profondément du silence qui prenait place. C'était toujours parce qu'il y avait incompréhension. L'apport des confidences cessait, me renvoyant à un sentiment de solitude et d'impuissance. Quand je me sens proche de quelqu'un les silences lourds, ceux qui ne sont pas de simples moments de paix intérieure, me perturbent beaucoup. Ils m'inquiètent.
J'ai plusieurs fois écrit sur le silence, quand je l'ai vécu comme une déficit de paroles. J'y voyais une absence de sens. « Le sens du silence » titre d'un de mes textes, est une des requêtes les plus fréquentes pour les internautes que Google convie ici.
Et puis la vie et ses aléas m'ont poussé vers une existence assez solitaire. Le silence y prend une grande place : il est des jours où je ne prononce pas un mot, parce que je ne rencontre personne. Mon récent voyage au Québec à été très silencieux, hormis quelques discussions au hasard des rencontres et une soirée de jasette passée avec une amie de longue date.
J'apprécie le silence. Je m'y laisse souvent aller et le recherche fréquemment. Il me permet de me retrouver ou de rester dans une vie intérieure active lorsque la présence des autres me distrait, est pesante, ou trop en décalage avec ce que je me sens être. Je pense, je ressens, j'observe. Mais je parle peu.
Dans mes relations affectives et amicales je passe aisément de la parole au silence, selon que l'autre soit là ou pas. En présence je parle, parfois longuement mais, lorsque la distance géographique nous sépare, je me satisfais très bien de l'étirement des périodes de silence. Je vais peu vers les autres, même quand j'apprécie ces personnes. Peut-être parce que je suis "bien avec moi-même" et que la solitude permet à ma pensée en mouvement d'évoluer librement. En apparence, du moins, parce que je sais bien que cette liberté ressemble à celle du bocal de poisson rouge : un circuit fermé. Je sais bien que c'est la rencontre de l'autre qui m'ouvre l'esprit, fait surgir des pensées insoupçonnées, m'apporte des éclairages nouveaux, me permet de valider mes pensées ou de les mettre à l'épreuve d'une autre réalité. L'autre élargit mon horizon, me déstabilise, m'enrichit.
Aller peu vers l'autre, rester silencieux dans la distance, inquiète parfois les personnes avec qui je suis en lien. Je ne m'en rends pas toujours compte et suis désolé si je sens que cela pèse. Je tente alors de répondre au plus vite, montrant que je suis toujours accessible. Du moment qu'il ne m'est pas fait reproche de ce silence, ou que je ne sens pas d'attentes auxquelles je sais ne pas être en capacité de répondre...
Aujourd'hui je réalise que mes silence, parce qu'ils ne donnent aucun sens à l'autre de ce qui se passe en moi, laissent place à son imaginaire. Comme les silences de l'autre ont pu favoriser mon imaginaire, pour le meilleur parfois et souvent pour le pire. Les inquiétudes et le silence ne font pas bon ménage. Les questions qui restent sans réponse, en ne donnant pas de sens, prennent une forme d'éloquence.
L'éloquence des silences est pourtant délicate à interpréter. Un silence peut être refus de communication, indifférence, colère, mal-être... ou simple repli intérieur. Temps de conscientisation ou de repos. Le dialogue de soi à soi demande que le silence se fasse avec l'extérieur. La recherche personnelle, la quête de sens, l'appel aux ressources profondes ne se fait pas en communiquant avec l'autre. Il en est de même lorsqu'on soigne ses blessures.
Ce que le silence exprime c'est que le dialogue, à ce moment, n'est pas. Mais il peut reprendre dans l'instant qui suit, pour peu que l'autre exprime son besoin de communication. Ou du moins il peut être rompu pour dire qu'il correspond à un besoin d'isolement temporaire.
Silence et relation ont quelque chose d'antinomique...
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24 juillet 2009
Libérer le Désir
Il y a trois mois j'entrais marié dans le bureau du juge. Une dizaine de minutes plus tard j'en ressortais divorcé. Aussi serein que je pouvais l'être en ces circonstances, c'est à dire entièrement prêt à la dissolution administrative d'un lien fortement empreint de symbolique et marqué d'une indubitable valeur personnelle.
D'ailleurs, en l'écrivant ces lignes je remarque qu'aujourd'hui est la date anniversaire de notre mariage...
Ce divorce, après en avoir longtemps refusé l'inéluctabilité, j'avais fini par en attendre l'aboutissement. Non parce que j'aurais été pressé de quitter ce qui restait du couple, séparé amicalement depuis plus de deux ans, mais parce que l'acte juridique et symbolique me rendait libre.
Libre de mes choix, puisque désormais seul.
Libre de vivre mon Désir...
Le Désir en tant que pulsion vitale.
Vitale
Le divorce, prix à payer pour vivre.
24 avril 2009
Six ans et dix minutes
Six ans et dix minutes. C'est le temps qu'il aura fallu, entre le premier jour ou l'idée à été lancée, inimaginable, effrayante, inacceptable, et ce matin, quand Mme la juge a prononcé le divorce. Six ans pour passer de la révolte au deuil, puis à l'acceptation, l'apaisement et enfin la sérénité. Une dizaine de minutes pour la procédure, efficace et sans fioritures : elle consiste à vérifier que chacun des époux est bien consentant et d'accord pour le partage des biens, établi antérieurement. Oui. Même pas le temps de laisser place à un frisson d'émotion.
Ensuite c'est allé tellement vite qu'après avoir demandé « vous n'avez pas de questions ? » la juge lançait déjà « je prononce donc le div... ». Non ! coupa Charlotte en répondant à la... première question. Deux secondes d'hésitation de la juge, le temps de comprendre le quiproquo, quelques sourires et c'était terminé. Couple suivant ! Il y en avait quatre autres ce matin, convoqués au tribunal à la même heure que nous. Apparemment tous en bonne entente, parlant entre eux ou consultant leur agenda pour les prochaines gardes d'enfants. Oui, le divorce est un acte devenu tellement banalisé...
Nous sommes sortis légalement étrangers l'un pour l'autre, après 27 ans de mariage dont quelques années d'une séparation progressive. Nous avons pris le temps nécessaire.
Je n'avais pas trop pensé à ça ces derniers jours, voyant cet aboutissement comme une ultime formalité. Mais hier soir, et surtout ce matin en me levant, j'ai senti une légère tonalité sombre. Un voile de mélancolie. Il y avait quand même la fin de quelque chose. Je repensais à notre oui commun... Autre époque, autres individualités, autres conceptions. C'est de ce temps d'avant que je divorce. Les mouvements induits par la vie ont fait bouger des choses. Davantage que celles qui sont demeurées dans une continuité. Même si à mes yeux l'essentiel est intact.
Au sortir du tribunal, en discutant dans la rue à côté de Charlotte, j'ai eu envie de lui prendre le bras. Sans le faire. Nous nous sommes assis au soleil à la terrasse d'un café, prenant le temps de bavarder un peu. Finalement ça ne change pas grand chose d'être divorcés...
Lorsque j'ai dit à Charlotte que je la trouvais jolie et paraissant plus jeune que son âge elle a joué les effarouchées : « ah ben tu ne vas pas te mettre à me draguer maintenant ! ». Ben quoi, je suis libre maintenant, non ?
Libre ? Ouais... pas si sûr...
Mais c'est un autre sujet.
29 mars 2009
Désir de femme
"Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin." (Carl Gustav Jung)
Ben voila, mon destin se charge de me faire savoir ce que je ne voulais pas : mes limites ! Ah ben merci le destin ! Pfff, j'vous jure...
Figurez-vous que mes extrapolations fantasmatiques refoulées au sujet de ma voisine se sont révélées être... justes ! Elle m'a écrit peu de temps après que je mette en ligne [au point que je me suis demandé si elle m'avait lu !] pour me dire, sans ambiguité possible, ce que je pressentais. Avec un tourment de sa part, qui demandait à être apaisé.
Bigre ! Me voila au coeur de mon sujet. Confronté de près, de très près, à un cas de conscience que généralement j'élude : la femme mariée (ou en couple, c'est pareil). Jusque-là les quelques femmes mariées qui m'ont approché l'ont fait délibérement et je pourrais dire que je me suis laissé faire, sans beaucoup de résistance. Après tout elles sont de grandes filles et je n'avais pas à m'immiscer dans la dynamique de leur couple. Dans ma grande générosité désintéressée j'ai bien voulu devenir acteur dans le film de leur vie...
Mais là ça devient plus délicat puisque je connais le mari. Il y a donc triangulation de fait puisque je suis en relation avec lui, bien que ce soit de façon assez minime. Qu'une femme mariée cache quelque chose à son mari, après tout ça la regarde. Mais que moi je cache quelque chose... là ça me met face à ma conscience.
D'un autre côté il y a le futur professionnel de la relation de couple qui m'habite et qui ne peut s'empécher d'avoir un regard extérieur sur ce qui est en oeuvre. Ce qu'a très bien perçu ma voisine dans le courrier que je lui ai adressé en réponse à ses questions...
J'ai essayé de rester assez neutre, bienveillant, sincère, objectif. Ce qu'elle a apprécié [flûte, ça influe dans un sens, ça !]. Aurais-je dû arrêter illico un éventuel emballement en disant : « non, vraiment, je suis touché par ce que tu me dis mais pour le bien de tous il vaut mieux en rester là et oublier cet épisode » ? Ouais, peut-être. C'est l'attitude que j'aurais pu avoir en tant que professionnel, par exemple. Mais je ne le suis pas, dans cette relation.
En même temps il y a l'homme. Non pas le mâle (quoique...), mais l'humain, qui voit une femme qui désire quelque chose, qui rêve peut-être un peu, mais qui vit, vibre et rayonne. Qui se dévoile, s'offre, ouvre son intimité bien davantage par son âme que si elle le faisait avec son corps. Alors l'homme, l'humain, est touché. Avec une envie d'être ce réconfort attendu, cet espoir suspendu... tout en sachant que c'est prendre le risque de mener à des désillusions.
En quelques messages je suis déjà devenu confident, en sachant plus que son mari ne le saura peut-être jamais. Qu'est-ce que j'en fais ? Je remercie et restitue ce "cadeau" surdimentionné ? Je referme un espoir qui ne demande qu'à jaillir et s'épanouir ? Ou alors je n'accepte qu'une partie de cette offrande-supplique, garantissant de ne pas aller au delà d'un registre strictement amical ? Mais déjà je sais que c'est davantage que ça qu'elle désire...
Je lui ai proposé de réfléchir à ce qui la faisait s'éloigner de son couple dans son désir de se rapprocher de moi... mais visiblement son attirance est plus importante que de suivre une piste recentrée sur le couple.
Alors sachant tout cela je fais quoi ? Dois-je refermer au plus vite la boite à rêve de cette jeune femme ? Puis-je lui accorder une partie de ce qu'elle désire tout en sachant que j'aurais à canaliser cette énergie de vie vers un registre d'échanges seulement intellectuels ? Puis-je envisager de répondre à une demande de tendresse, de contact... tout en établissant une frontière infranchissable à définir ? Qu'est-ce qui est le moins frustrant, le plus enrichissant, le plus épanouissant ?
En me posant ces questions je pense surtout à elle.
Et moi, comment je me situe là-dedans ? Qu'est-ce que je désire partager avec elle ? Que réprésente t-elle à mes yeux ? Est-ce sa personnalité propre qui m'intéresse, ou est-ce que je la vois comme "une femme" qui aurait envie de vivre quelque chose avec moi ?
Euh... qui est-ce qui disait, récemment, que je me posais beaucoup de questions ?
23 mars 2009
Sacré engagement !
Dans le billet précédent il a été question de grands mots et, comme c'est souvent le cas, chacun leur donne un sens qui ne fait pas consensus. On sait que le langage ne traduit qu'imparfaitement les idées et ces investissements différents du signifié sont inévitables. En outre certaines polysémies ne contribuent pas à la simplification. Les décalages s'accentuent encore avec des mots très chargés de sens, auxquels chacun donne une puissance qui ne rejoint pas toujours, loin d'en faut, celle donnée par l'interlocuteur. Que l'on songe, par exemple, au mot amour et ses dérivés...
Je ne me hasarderai surtout pas à tenter de définir l'amour, n'ayant plus que des idées confuses sur la question, mais je me suis saisi de mon Larousse de poche pour vérifier le sens précis de deux termes : sacré et engagement.
Sacré,e adj 1. Qui se rapporte au religieux, au divin : les vases sacrés. 2. Qui doit inspirer un respect absolu, inviolable : un engagement sacré. 3. Renforce un terme injurieux ou admiratif : sacré menteur !
En évoquant le lien sacré du mariage, j'ai cru percevoir une certaine ambiguité puisque le terme pouvait aussi bien correspondre au premiers sens qu'au second. Pour ma part, lorsque j'évoque ce lien sacré je me situe pas du tout dans une idée religieuse [quoique j'ai dû en être culturellement imprégné...], mais bien dans celle du respect absolu et de l'inviolabilité. Respect de quoi et de quelle inviolabilité ? La question reste posée mais c'est bien sur cette base que je me suis engagé.
Engager : 1. Lier par une promesse; 2. Recruter, embaucher; 3. Mettre en gage; 4. Inciter, exhorter; 5. Commencer, entamer, entreprendre; 6. Faire entrer, introduire; 7. Investir
S'engager 1. Promettre de; 2. S'avancer, pénétrer; 3. Commencer. 4 Contracter un engagement professsionnel ou militaire; 5 S'inscrire à une compétition; 6. Prendre publiquement position sur des problèmes sociaux, politiques
Engagement physique : utilisation maximale par un sportif de ses qualités corporelles
Voila, les termes sont posés : engagement sacré. L'un renforçant l'autre, et inversement, ils furent le socle sur lequel j'ai construit ma vie de couple. Dès le départ, et même avant cela, je considérais que l'engagement en amour - et amitié - avait valeur de promesse sacrée. C'est à dire que cet engagement était irréversible et devait être absolument respecté. Dans le cas contraire je l'assimilais à une trahison, c'est à dire la pire chose qui puisse arriver dans une relation. Le mot est fort, mais bien à la hauteur de mes représentations d'alors.
Pour le pur et dur que j'étais l'engagement consistait à ne pas renoncer une fois que le mouvement était lancé, une fois qu'un acte était posé, une fois que la confiance était accordée. La marche arrière était exclue de ma conception des choses. Mon idée de l'engagement relationnel consistait à faire en sorte qu'une solution satisfaisante pour les deux soit trouvée (concessions). Chaque acquis le restait. Le divorce ne faisait donc pas partie des éventualités.
Tout cela était trèèès exigeant...
Ça a fonctionné jusqu'à ce que les actes que je voulais réaliser ne soient pas acceptables par Charlotte. C'est là qu'elle a commencé à me parler de divorce...
Inimaginable ! Je n'en revenais pas. Un monde s'écroulait sous mes pieds. Ce qui était acquis, ce que j'avais pris pour une promesse et un engagement indéfectible... était menacé de disparaître. Et le pire c'est que c'est moi qui étais à l'origine de sa réaction ! C'est mon attitude qui faisait que Charlotte ne pouvait plus me suivre. Le couple était en grave danger de scission.
J'ai alors longuement et profondément remis en question mes convictions, me suis interrogé sur le sens que je voulais donner à mon existence, sur le sens de mes engagements, sur la signification de l'amour, sur l'importance que j'accordais aux liens... et après bien des tergiversations j'ai décidé de poursuivre ma route, quelle que puissent en être les conséquences. Ça m'était vital ! Pour autant je ne considérais pas me désengager, ni même renier mes promesses fondamentales. Je me sentais rester fidèle à la relation. Mais j'en reprécisais les modalité et contours...
De l'autre côté Charlotte considérait, elle, que je me désengageais. Mes choix de vie lui étaient inacceptables, malgré son attachement. Et voila comment un couple qui s'aimait en est arrivé à la séparation sans qu'elle ne soit vraiment désirée.
Qu'est-ce qui a pu déclencher un tel séisme ?
Mon exigence dans l'engagement ! Oui mais... dans un autre engagement. Je m'étais lié avec une autre femme, d'une façon quasi équivalente à celle du couple conjugal, cohabitation et vie de famille mis à part. C'est à dire que j'ai considéré cette autre relation comme étant un engagement en amour-amitié, à peine moins sacré que l'autre, mais plus volontaire. Une promesse de laquelle il m'était devenu impossible de me soustraire. Là aussi je ne concevais pas de faire marche arrière. J'étais engagé... à vie.
Ça peut faire sourire, ou paraitre dément, voire absolutiste, mais cela correspondait à mes valeurs d'alors.
La suite devait me prouver qu'elles étaient intenables : je ne pouvais m'engager d'une façon similaire envers deux personnes [comment faire si les deux avaient besoin de moi simultanément ?]. De plus, si j'avais un certain pouvoir sur mes engagements, je n'en avais aucun sur ceux de ces deux femmes ! Et puis les promesses n'engagent que ceux qui les croient, surtout si elles n'ont même pas été énoncées.
J'ai compris, un peu tard, que mes valeurs hautement exigeantes [et un peu folles] n'étaient pas partagées.
Depuis ces désillusions salutaires je ne me suis plus engagé de la même façon : mes engagements nouveaux ne sont surtout pas des promesses, mais des prises de position à un moment donné. Des intentions, des désirs, des actes, mais sans promesse de pérénnité : je vis les relations au présent. Je n'exige rien, si ce n'est que chacun se sente libre de se désengager. La liberté est devenue mon maître mot. Si je m'engage dans une relation, je ne m'engage pas à en faire quelque chose. Je ne construis plus sur le mode du sacré, si ce n'est à l'échelle du respect que j'estime devoir à l'autre. Je vis mes relations dans toute leur diversité, le temps qu'elles dureront. Sachant que je ne tiens qu'un seul bout de la relation je maintiens les liens tout en acceptant que les relations puissent s'éteindre.
Je veux m'y sentir libre. En lien mais libre.
Liberté cependant limitée puisque je constate, sans surprise, n'avoir plus été saisi par un véritable état amoureux depuis mon dernier engagement "irréversible"...
21 mars 2009
Mon ex
Dans ma dernière note j'ai furtivement glissé que j'avais rencontré mon épouse à la manif du 19 mars. Cette formulation n'a pas échappé à l'oeil vigilant d'un lecteur qui connaît mon histoire et s'est souvenu que, du fait d'une séparation du couple, j'avais auparavant fait usage du néologisme transitoire de "future ex", ou Futurex.
L'utilisation du terme épouse n'est en rien un acte manqué. D'abord parce que nous sommes toujours officiellement mariés [pour quelques semaines encore]. Ensuite parce que, comme je l'ai mentionné dans mon commentaire, elle est jusqu'à maintenant la seule femme que j'ai épousée et le restera très probablement. Je n'ai nulle intention de renouveller cet acte d'engagement majeur, duquel sont nés trois enfants avec qui nous constituons une famille. Que cette famille soit un peu plus dispersée que si le couple parental était resté cohabitant ne change pas grand chose à la nature, la force et la symbolique des liens.
Donc ce que j'ai subrepticement mis en évidence c'est que Charlotte, la mère de nos enfants, reste une personne très particulière, absolument unique, avec qui les liens sont chargés d'un sens à nul autre pareil. Certes le terme d'ex, contraction d'ex épouse ou ex femme, aurait indiqué clairement cette situation particulière. Pourtant il est devenu tellement banalisé, habituel, voire brandi comme un trophée, qu'il me rebute un peu. Je ne dis jamais "mon ex" en parlant d'elle. Pourtant ce serait plus pratique, plus compréhensible, que d'employer un mot portant à confusion ou de chercher un improbable mot pas encore inventé. Mais je tiens à manifester la persistance de ce lien... unique [et là le mot "unique" prend toute sa saveur puisque c'est de mon désir de pluralité dans les relations hétérosexuelles qu'est survenue la séparation du couple...]
De toutes façons, quel que soit le vocable employé, l'utilisation du pronom possessif qui le précède me dérange: ma femme, mon épouse, mon ex... Ce signe d'appartenance, y compris après séparation, trahit la nature insécable du lien. Alors, puisqu'il demeure... je ne ressens pas le besoin de mettre en évidence en la surlignant une rupture qui reste, par nature, impossible : on ne peut pas davantage rompre avec son conjoint qu'on ne le pourrait avec ses parents, ses enfants, sa fratrie. On ne peut anéantir ce qui a été lien. Toute rupture - physique - de lien n'est que la manifestation du désir de le voir - symboliquement - rompu en même temps qu'un aveu d'impuissance à le faire. Chercher à nommer la rupture démontre intrinsèquement qu'elle ne peut avoir lieu et que le lien demeure dans la pensée.
J'assume donc... que dis-je : j'affirme l'existence de ce lien du couple. Et ce d'autant plus que j'ai fait ce qui était en mon possible pour ne pas le rompre. J'ai préféré le voir se transformer, évoluer vers un ajustement à une distance optimale permettant le confort de chacun.
Mais puisqu'il faut bien utiliser un langage, j'essaie de réduire l'appartenance que génère le pronom possessif en l'accollant à un terme qui indique la notion de partenariat, fut-il quelque peu désuet. Je ne peux être époux que de celle qui, à un moment de sa vie, à désiré m'épouser. Mon épouse, toute ex qu'elle soit, est bien celle qui m'a épousé. Devrais-je alors dire "mon épousée" ? Par contre le terme ma femme (et pourquoi pas ma meuf, tant qu'on y est !?) renvoie au genre qu'elle représente, faisant abstraction de son libre consentement. Quant à "ex-femme", sans être précédé d'un signe d'appartenance, pourrait laisser des doutes sur son identité sexuelle... Je pourrais aussi utiliser ma compagne (ou mon ex-compagne) mais, outre le fait que je ne l'employais pas autrefois, j'aime assez suivre l'idée clairement affichée d'engagement dans le mariage. Cela correspondait à quelque chose de fort qui fut déterminant pour moi, pour nous, durant près d'un quart de siècle. Quant à dire mon amie, ou une amie... il n'indiquerait pas la nature si particulière du lien de conjugalité, fut-il aboli. Resterait bien des tentatives nominales aussi hasardeuses qu'amie-ex, amie-ex-épouse... Amiex ? Amiexépouz ? Mouais...
Vous aurez compris que, parmi ces vocables, je n'ai pas encore trouvé de dénomination qui me satisfasse vraiment... Alors j'ai envie de vous demander : et vous... comment avez vous choisi de nommer vos éventuels conjoint-e-s devenus ex ?
12 février 2009
Menaces sur l'éducation à la sexualité
Parmi les multiples sujets d'inquiétudes du moment chacun réagit selon sa sensibilité, son implication, son sentiment de révolte. Pour ma part, et parce que cela concerne de près le choix de mon engagement, c'est le récent... désengagement de l'état en ce qui concerne " l'éducation à la sexualité, le soutien à la conjugalité et à la parentalité " qui m'inquiète. La presse s'en est récemment émue.
- Le Monde - 27/01/2009 : Le Planning familial proteste contre la réduction des crédits de l'état
- L'Express - 06/02/2009 : La rigueur budgétaire ne passe pas au Planning familial
Pour avoir une idée de ce en quoi consiste cette mission d'intérêt public, un article de Rue 89 évoque le récent film « Les bureaux de Dieu », hélas passé quasiment inaperçu. Au delà de l'information apportée autour de la contraception, des infections sexuellement transmissibles, de la grossesses ou de son interruption volontaire, il y est aussi question de la complexité des rapports hommes femmes. Notamment au travers de la violence faite aux femmes ou de la recrudescence d'idées discriminatoires parmi les jeunes.
Mais l'information n'est pas la seule mission des diverses associations qui pratiquent le conseil conjugal et familial. Il y a aussi tout ce qui concerne la sphère intime dans les rapports intrafamiliaux : relations de couple, relations parents-enfant, problématiques personnelles. Sans être des "psy", les personnes qui accueillent sont formées pour écouter et, le cas échéant, orienter, accompagner ou aider les personnes en difficulté. La profession est peu reconnue par les pouvoirs publics et dispose d'un statut ambigü sur lequel plane certaines menaces.
Un collectif de l'ensemble des associations qui agissent dans ce domaine (car il ne s'agit pas uniquement du fortement médiatisé Planning familial), ont rédigé un communiqué de presse.
Communiqué de presse
L’Etat se désengage de l’éducation à la sexualité, du soutien à la conjugalité et à la parentalité Une diminution de 42 % du budget voté dans la loi de finances 2009 met en péril les missions, confiées par l’Etat, aux associations de conseil conjugal et familial pour le programme relatif aux familles vulnérables. D’après la loi de 1973, les missions suivantes, d’utilité publique, ont été confiées aux associations :
Depuis 35 ans, ces missions sont assurées par les conseillers conjugaux et familiaux qui agissent sur le terrain. Les associations : AFCCC, ANCCEF, ANCIC, CLER Amour Famille, COUPLES ET FAMILLES, FAMILLES RURALES, FNEPE, MFPF, réunis en Collectif, s’élèvent contre cette diminution de crédit qui fragilisent les actions auprès de tous, jeunes et adultes. Conséquences : moins de prévention, moins d’espaces de parole et d’échanges, moins d’accompagnement des couples et des personnes, moins de relais des campagnes de prévention. Plusieurs DDASS (Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale) ont déjà averti des associations de la baisse ou de la suppression des subventions pour 2009. Nous demandons : Que les missions précitées relèvent toujours de la politique de l’Etat Que la ligne budgétaire concernant le Conseil Conjugal et Familial soit maintenue et développée. |
Par ailleurs une pétition en ligne recueille le soutien des personnes qui veulent « défendre le droit à l'information, à l'éducation à la sexualité pour toutes et tous ».
* Lire aussi le billet de Luciole : Le SOS du Planning familial
09 février 2009
Questions difficiles
Dans le cadre de ma formation à l'accompagnement je devais rencontrer un psychologue. Histoire que je sache comment je me situe dans mon futur rôle d'aide aux personnes et déceler d'éventuels points à travailler...
Le psychologue m'a d'abord demandé ce qui m'avait amené vers ce métier. Je m'attendais un peu à cette question et avec évidence je lui ai répondu que les rapports de couple m'intéressaient beaucoup, tout particulièrement du côté de la communication. Brièvement je lui ai raconté ma séparation, que je qualifie de réussie, et mon désir d'oeuvrer auprès des personnes en difficulté dans ce domaine.
Question du psychologue : qu'est-ce que c'est, pour vous, le couple ?
Bigre ! le voila qui pointait précisément sur un concept devenu fort nébuleux à mes yeux. Pas en ce qui concerne une vision "traditionnelle", mais en ce qui concerne MA vision du couple. J'ai parlé d'attention portée à l'autre, à ses ressentis, à ses besoins. De désir de fonctionner ensemble, de communication, de confiance... et de non-exclusivité. Il m'a écouté puis m'a dit que si je voulais écouter des personnes en difficulté dans le registre du couple je devais être sûr de mes propres repères. Que je ne devais pas être dans le flou face à des personnes qui ne savent elles-même plus très bien où elles en sont. Et que peu importait ma conception du couple du moment qu'elle était précise. Rappel des règles du "cadre", qui est un gage de sécurité tant pour l'écoutant que les consultants.
J'ai précisé ma pensée en parlant de fidélité à la relation, de durée, d'engagement, de solidarité...
C'est quoi, pour vous, la fidélité ?
Palsembleu ! En voila une question difficile ! J'ai tenté de scinder clairement entre *fidélité à la relation* et *exclusivité sexuelle* mais visiblement il cherchait à me ramener à la réalité du terrain : pour la plupart des gens la fidélité se définit par rapport au sexuel. Son but était affiché : me pousser vers mes limites. Ce que j'ai accepté volontiers. Je dirais même que j'étais là pour ça...
J'ai parlé du dilemme qui peut se présenter entre fidélité à la relation et fidélité à soi-même... ce qu'il a prestement balayé : la fidélité à soi-même n'a pas de sens et peut autoriser n'importe quoi. Là je me suis senti déstabilisé et j'ai précisé que tenir compte de l'autre faisait évidemment partie de la fidélité à soi-même. Dans le sens de se sentir en accord avec sa conscience, y compris dans le respect de l'autre.
Nous en sommes venus à la nécessité de partager une vision commune du couple par rapport à ces questions. Peu importe ce que chacun y met derrière, du moment qu'il y a acceptation. Pour lui l'essentiel du couple se situe dans cette idée de partage d'une vision commune. Construction commune d'un projet de vie. Sans cela le couple ne tient pas.
Bon, je ne vais pas de nouveau théoriser autour de sujets archi-rebattus et développables à l'infini mais j'ai pris conscience que je n'étais pas très au clair entre mes conceptions antérieures, traditionnelles, et les plus récentes. Je crois qu'il y a un peu des deux : fidélité et liberté. Je garde une part [faut-il que je m'en étonne ?] d'idéalisme... et dois me souvenir que je ne peux attendre des autres qu'ils aient les mêmes idéaux. Je garde une vision très "élevée" du couple et si je me sens actuellement en rupture avec ce concept c'est très probablement parce que je ne sais pas comment y parvenir. Pour autant je n'y ai pas renoncé. S'il m'arrive d'affirmer que je ne crois plus au couple c'est un peu par dépit. Je devrais plutôt dire que pour le moment je ne sais pas comment le vivre. J'ai besoin de clarifier mes attentes, mes valeurs.
Alors en attendant... je préfère rester célibataire. Même si je vis de temps en temps des périodes qui ressemblent à une vie de couple.
Nb : en me relisant je constate que pas plus dans ce billet qu'au cours de l'entretien je n'ai prononcé le mot "amour" ! Significatif, non ?
24 janvier 2009
Les champs de cactus
De temps en temps je m'amuse bien en suivant ma formation à l'écoute. Tenez, la dernière fois il nous a été demandé de représenter, au moyen d'un collage photographique, "La communication dans le couple et la famille". Une présentation orale de l'oeuvre devait être effectuée devant le groupe, un peu comme le ferait un artiste pour un vernissage.
Distribution de magazines, de ciseaux, de colle, une grande feuille blanche comme support, et hop... en avant ! Chacun(e) s'est mis à feuilleter les pages de papier glacé, puis à découper ou déchirer les images inspiratrices.
Du coin de l'oeil je regardais de temps en temps les photos glanées par mes acolytes, sensiblement différentes des miennes, et je me demandais quel sens allait leur être donné. Pendant une demi-heure il y avait une grande concentration et seulement le bruit des papiers et des ciseaux. Je me suis laissé porter par les images et mon imaginaire, trouvant le sens que je pouvais donner à des photos inattendues et disparates. L'exercice était amusant et je souriais tout seul du scénario qui me venait en tête...
Puis vint le moment jubilatoire de la présentation des oeuvres. J'étais très curieux de voir ce qui allait apparaître. Rapidement je me suis dit que je passerai en dernier, mon panneau étant résolument différent de ceux que j'avais vu s'assembler sur les tables voisines. De ces feuilles affichées l'une après l'autre, toutes différentes, se dégageait une certaine homogénéité : il y avait beaucoup de photos de couples et de tendresse, de bisous et de câlins, d'enfants souriants, de familles unies et de convivialité autour des repas. Une belle harmonie, un idéal d'entente et c'était mignon tout plein ! Parfois se glissait l'image discrète d'une dispute, mais à peine signalée, comme si ce n'était qu'une éventualité à peine évocable. Chaque oeuvre était originale, colorée, vivante, avec son mode d'assemblage singulier, la densité des images et des espaces vides, l'importance donnée à tel ou tel aspect du thème. Il y eut quelques émotions au moment de mettre en mots, avec tout un sens caché qui apparaissait.
Arriva mon tour. Je sentais bien que mon oeuvre avait un peu intrigué et il ne me déplaisait pas d'en donner le sens. J'allai donc l'accrocher sur le panneau et commençai la présentation :
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"La communication dans le couple"
La lecture se fait de bas en haut. Du jeune couple vers le couple âgé, qui représente leur possible devenir. Entre eux, le chemin à parcourir. Les deux côtés ne sont pas attribués à un sexe et sont interchangeables. D'emblée j'ai opté pour me limiter au couple, l'affirmant comme base d'une saine communication au sein de la famille. Si celle du couple ne fonctionne pas il y a peu de chance que celle de la famille y parvienne...
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À la base, le couple : ils sont beaux, ils sont jeunes, ils ont des projets communs. Oui... mais on peut observer qu'ils ne regardent déjà pas dans la même direction. De plus la page était coupée à cet endroit-là, symbolisant ce qui les sépare.
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Un monde les sépare. Celui de leurs différences. Avec beaucoup de points d'interrogation autour. Mais c'est aussi un monde à parcourir. Celui dans lequel ils vivent, en même temps que celui qui les mènera peut-être vers la destination commune souhaitée. Les deux partenaires prennent alors leur bâton de pélerin, main dans la main...
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Chacun porte dans son sac des rêves, des idéaux, des lourdeurs.
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Il y a le rêve plus ou moins conscient de réussir une famille heureuse et épanouie.
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Mais il y a aussi les représentations issues de l'enfance, les souvenirs, qui sont autant de références et de projections vers le futur.
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Chacun croit devoir se montrer fort et à la hauteur des enjeux, tout en étant plein de doutes...
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La société, le regard des autres, portent de nombreuses injonctions. Comme celle d'être "une fille canon", tout en étant mère attentive, femme active, cuisinière hors-pair, etc... Et idem pour les hommes.
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Il y a aussi les rêves, les fantasmes, les désirs plus ou moins avouables...
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Bref : il faudrait être un super-héros pour correspondre aux attentes de l'autre et se sortir de situations inextricables.
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Car de multiples dangers menacent le couple et peuvent surgir inopinément, menant à des conflits
, des luttes, des oppositions...
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L
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L'aventure du couple c'est un peu pagayer en eaux troubles au milieu d'une jungle, sans connaître la direction à suivre...
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A
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Alors face à tant d'incertitudes on sort les grands moyens pour trouver le bon éclairage
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I
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Il faudra apprendre à devenir zen
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Les partenaires comprendront que plutôt que de s'affronter...
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... ils ont tout intérêt à s'inspirer des mouvement d'une danse. Chacun y accompagne les mouvements de l'autre en étant attentif à l'harmonie commune
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A
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Alors le couple communiquant bien ils pourront poursuivre leurs projets de vie communs
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E
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En ayant accepté toute la part de mystère de l'autre. Comme la fantaisie de cette femme, incompréhensible pour tout homme normalement constitué...
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Alors ce couple ayant compris ce qu'est une bonne communication pourra poursuivre vers le rêve secret de la plupart : vivre en harmonie et en confiance durablement

Sans jamais oublier que pour en arriver à cet état de sérénité
il aura fallu traverser pas mal de champs de cactus...
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Pour finir le formateur nous a demandé quelle photo nous plaisait le plus. J'ai opté pour deux : celle des enfants épanouis et heureux, qui représente incontestablement la plus belle réussite que je partage avec Charlotte, et celle du couple âgé. En me disant que ses teintes noir et blanc étaient assez représentatives de la situation dans laquelle je me trouve face à cette éventualité...
Edit du 1er février : je vous recommande de lire aussi la contribution de Claire-Lise, qui développe un aspect essentiel de la communication de couple.
14 janvier 2009
Le troisième voyage
Où suis-je ? Voila ce que je me suis demandé en me réveillant ce matin, un peu hagard, dans la chambre spartiate d'un ancien couvent à flanc de montagne. Car aussitôt arrivé chez moi, dimanche soir, je me suis rendu à une session de formation lundi matin. Pas de répit pour les aventuriers de ma trempe !
Après 30 heures de trajet du pont du bateau à la porte de ma maison, foulant le sol de 4 pays, utilisant pas moins de 3 avions, 2 voitures, 2 autobus, 1 train et quelques kilomètres à pied, j'ai enfin réintégré le climat local, 40° plus bas que celui que j'avais quitté samedi. Brrrr... l'impression de rentrer dans un congélateur en sortant de l'avion ! Faut avouer que le T-shirt n'était pas particulièrement approprié...
Les derniers jours de mon voyage auront été fertiles en rebondissements dignes de l'émule de James Bond que je me sens devenir. Pensez-donc : dans les rues de Panama-City, mon acolyte ayant été arrêté par la police, ce n'est que par la corruption du fonctionnaire de cette noble institution que nous avons pu nous sortir de cette délicate situation. Le lendemain, accompagné d'une élégante femme, avec l'intrépidité qui me caractérise nous sommes partis de l'Ambassade de France et, contournant habilement une meute de journalistes et leurs caméras, avons abouti au ministère des affaires extérieures. Les grilles ont été franchies sans difficultés en amadouant le colosse qui gardait l'entrée. Audacieusement nous avons alors tenté une approche du siège de la présidence Panaméenne, franchissant la barrière avec la complicité d'un garde. Quelques minutes plus tard, en quittant les lieux, nous traversions les quartiers sordides fréquentés par la pègre panaméenne, malgré les mises en gardes des autorités. Finalement nous arrivâmes au marché aux poissons d'où une voiture noire nous enleva prestement. Le soir, en guise de relaxation, une séance d'hypnose à la pleine lune allait me permettre d'explorer mon passé enfoui.
Tout ceci est véridique... quoique légèrement décontextualisé, je le concède. Mais avouez que les détails triviaux gacheraient l'ambiance. Et puis zut, c'est pas tous les jours que je peux raconter des histoires de ce genre, alors j'en profite.
Pour finir, alors que l'avion s'apprétait à atterrir à Genève, pas loin de frôler la cime des arbres, il a subitement remis plein gaz et est remonté en flèche au dessus des nuages parce que la piste, sous un épais brouillard, n'était pas libre... C'est-y pas digne d'Indiana Jones, ça ?
Mais l'aventure est terminée. Du moins pour le premier voyage : celui de la distance. Me voila revenu à mon point de départ géographique, avec la tête farcie de souvenirs. Le deuxième voyage, celui qui s'effectue en distordant l'écoulement du temps n'est pas encore terminé. Je suis parti deux semaines et c'est comme si des mois s'étaient écoulés. Je ne retrouve que lentement le ryhme de vie "normal", occidental, celui du travail et des obligations, des horaires et pressions de toute sorte. Ce soir j'ai écouté les messages sur répondeur, commencé à lire les derniers mails et ouvrir la pile de courrier. Téléphoner au plus urgent. Pffff, va me falloir des jours pour venir à bout de tout ça ! J'ai aussi anticipé les effets prévisibles du retour au travail, qui risque fort d'être assez pesant.
Reste le troisième voyage, qui s'est déroulé concommitamment avec ma singulière mission. Par hasard ce voyage intérieur s'est poursuivi jusqu'à ce soir grâce à la formation que j'ai suivie hier et aujourd'hui. Le thème en était la communication. J'ai d'ailleurs parlé de ma mission confidentielle aux co-participants et aux animateurs, qui en ont été fort surpris et heureux pour moi. Un peu admiratifs, aussi.
Cette mission, puisque certains d'entre vous brûlent d'impatience d'en connaître la teneur, concernait effectivement la communication. Sans en dévoiler les particularités, je peux dire qu'il s'agissait d'une observation et de l'exploration commune d'une relation de couple. Un voyage au coeur des coeurs, si je puis dire. Mission de confiance et de confidences, délicate, prenante, sérieuse. L'éclairage extérieur que je pouvais apporter était attendu, avec le nécessaire recul qui convient.
Nous avons bien travaillé et j'ai énormément appris de ce que j'ai observé. Et si j'ai souvent ressenti des résonnances avec les relations de couple que j'ai vécues, je reviens surtout riche d'une expérience rare qui me sera fort utile dans mon apprentissage de la relation d'aide.
Pour ce qui est de mes impressions de voyage, je me laisse le temps de voir comment je vais pouvoir en proposer le partage. Probablement en m'appuyant sur quelques unes des 900 photos que je ramène de là-bas. Je n'ai pas encore pris le temps de le regarder. Peut-être pas envie de me rendre compte que j'en suis déjà si loin...




