Ce qui nous anime
Il pourrait être judicieux que je relise mes écrits récents avant de me lancer dans la rédaction d'un texte. Cela m'éviterait de réécrire à peu près la même chose à deux mois d'écart ! Mon texte d'hier ressemble fort à celui écrit le 26 octobre dernier et intitulé « Préparer la suite ».
Bon, cela a le mérite de la cohérence : récit similaire, avec seulement un décalage temporel. La seconde partie est bien la suite de la première. La situation a évolué comme prévu et le futur annoncé est devenu présent. Il n'empêche que la redondance est indéniable. J'aurais dû faire plus attention...
D'un autre côté la répétition peut paraître significative : c'est le sujet qui m'occupe en ce moment. Euh... vraiment ? Disons plutôt que c'est le sujet communicable du moment. D'autres thèmes de réflexion parcourent mes pensées, sans être nécessairement communicables. Soit parce que cela me demanderait trop de temps et d'énergie par rapport aux bénéfices à en attendre ; soit parce que je n'ai pas suffisamment élaboré pour passer par l'écrit ; soit parce que... je ne "sens" pas que cet espace d'expression soit le lieu approprié. Autrement dit : ce n'est pas parce que je n'écris plus que j'ai cessé de cogiter. Mais peut-être me suis-je lassé de chercher à transcrire mes cogitations ? Ou bien ces dernières ne me mettent-elles plus en difficulté, n'ont-elles plus besoin d'être "verbalisées" ? Ou encore me serais-je rendu compte que la transcription, outre l'aspect chronophage, avait quelque chose de vain ? À qui, à quoi, cela sert-il d'écrire encore et encore ?
Oh je sais bien l'utilité potentielle de l'écriture et son corollaire, la lecture : clarification, compréhension, partage, connaissance, découverte, apprentissage, résonance, conscience, émotions, beauté, jouissance, évasion, rencontre, imagination. Mais aussi futilité, médiocrité, répétition, vacuité, méchanceté, haine... Les rézosocios montrent à l'envi l'étendue de la palette. En soi l'écriture n'est qu'un outil, un moyen d'extérioriser ce qui est en nous.
Nous sommes des millions à écrire et diffuser ce qui nous anime.
Avalanche continue de pensées et réflexions, des plus réjouissantes aux plus viles. Brouhaha indescriptible, cacophonie permanente, logorrhée perpétuelle. Extraire ce qui fait sens, qui avive l'émotion, et oublier le reste. Ce qui est fade, plat, médiocre. Trier, classer, jeter. Recommencer, chaque jour.
« Il faut imaginer Sisyphe heureux ».
/image%2F1147477%2F20250105%2Fob_a6542a_imgp1192.jpeg)