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Alter et ego (Carnet)
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5 janvier 2025

Ce qui nous anime

Il pourrait être judicieux que je relise mes écrits récents avant de me lancer dans la rédaction d'un texte. Cela m'éviterait de réécrire à peu près la même chose à deux mois d'écart ! Mon texte d'hier ressemble fort à celui écrit le 26 octobre dernier et intitulé « Préparer la suite ».


Bon, cela a le mérite de la cohérence : récit similaire, avec seulement un décalage temporel. La seconde partie est bien la suite de la première. La situation a évolué comme prévu et le futur annoncé est devenu présent. Il n'empêche que la redondance est indéniable. J'aurais dû faire plus attention...


D'un autre côté la répétition peut paraître significative : c'est le sujet qui m'occupe en ce moment. Euh... vraiment ? Disons plutôt que c'est le sujet communicable du moment. D'autres thèmes de réflexion parcourent mes pensées, sans être nécessairement communicables. Soit parce que cela me demanderait trop de temps et d'énergie par rapport aux bénéfices à en attendre ; soit parce que je n'ai pas suffisamment élaboré pour passer par l'écrit ; soit parce que... je ne "sens" pas que cet espace d'expression soit le lieu approprié. Autrement dit : ce n'est pas parce que je n'écris plus que j'ai cessé de cogiter. Mais peut-être me suis-je lassé de chercher à transcrire mes cogitations ? Ou bien ces dernières ne me mettent-elles plus en difficulté, n'ont-elles plus besoin d'être "verbalisées" ? Ou encore me serais-je rendu compte que la transcription, outre l'aspect chronophage, avait quelque chose de vain ? À qui, à quoi, cela sert-il d'écrire encore et encore ?

 

Oh je sais bien l'utilité potentielle de l'écriture et son corollaire, la lecture : clarification, compréhension, partage, connaissance, découverte, apprentissage, résonance, conscience, émotions, beauté, jouissance, évasion, rencontre, imagination. Mais aussi futilité, médiocrité, répétition, vacuité, méchanceté, haine... Les rézosocios montrent à l'envi l'étendue de la palette. En soi l'écriture n'est qu'un outil, un moyen d'extérioriser ce qui est en nous.

 

Nous sommes des millions à écrire et diffuser ce qui nous anime.

 

Avalanche continue de pensées et réflexions, des plus réjouissantes aux plus viles. Brouhaha indescriptible, cacophonie permanente, logorrhée perpétuelle. Extraire ce qui fait sens, qui avive l'émotion, et oublier le reste. Ce qui est fade, plat, médiocre. Trier, classer, jeter. Recommencer, chaque jour.


« Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

 

 

Commentaires
J
Merci Pierre (philosophale) pour cette réponse bienveillante et instructive ! <br /> Mais je savais que tu n'étais guerre "incisive" 😋
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J
"Il faut imaginer Sisyphe heureux"<br /> Bonjour Pierre, pourquoi cette "injection" ? 😊<br /> Du coup j'en déduis que Sisyphe n'es pas vraiment heureux... Est-il le cas ? 😋 <br /> Merci de partager tes réflexions, c'est toujours intéressant et agréable de te lire.<br /> Bon weekend <br /> Julie
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C
Bonjour Julie.<br /> <br /> Ah mais no, il n'y a là aucune injonction : il s'agirait plutôt d'une approche philosophique de l'existence, qui consiste a accepter ce qui tient de la fatalité (ce qu'on ne peut changer). La brève citation m'est revenue lorsque j'ai écrit « recommencer chaque jour ». Tout comme Sisyphe qui, si on l'imagine heureux (et seulement si), échappe au tragique de son destin de perpétuel recommencement.<br /> <br /> En 2 minutes : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-malheur-des-uns/sisyphe-ou-le-sens-de-l-absurde-1567151
J
Injonction, pfffff... 😂
C
Décidément, tu me surprendras toujours (et j'aime bien).<br /> Des mois de silence et puis soudain deux billets en deux jours. Pour quelqu'un qui se demande si ça vaut la peine d'écrire, c'est pas mal ! ;-)<br /> Je te rassure : je n'ai pas vu d'ennuyeuse répétition dans ton billet d'hier : mais plutôt une suite logique, une cohérence intellectuelle qui fait plaisir, dans ce monde de zapping fou où les idées ont du mal à se frayer un chemin serein dans la logorrhée universelle.<br /> Pour ce billet-ci, je note une interrogation récurrente par rapport à l'écriture : « Pourquoi écrire ? »<br /> Je me la suis posée moulte fois. Avec toujours cette envie de répondre comme les enfants « Parce que. »<br /> Se demande-t-on pourquoi on respire, pourquoi on gravit des montagnes, pourquoi on cueille une fleur ? <br /> Pourquoi on peint ? Pourquoi on saute en parachute ? Pourquoi on collectionne les timbres ?<br /> Tant d'activités humaines semblent vaines et inutiles, sauf à considérer que c'est par elles que l'on se sent vivant. Pleinement vivant.<br /> On écrit pour s'exprimer, pour transmettre des idées, pour communiquer, pour échanger, pour laisser une trace aussi...Parce que les paroles s'envolent et que les écrits restent.<br /> Alors certes : beaucoup écrivent pour lâcher leur fiel, leur haine. Sans évaluer les conséquences de leurs actes.<br /> Le bien et le mal, éternel sujet, qui ne sera jamais résolu. Il y a de tout en l'homme.<br /> <br /> Voilà pourquoi j'aime bien ton titre : ce qui nous anime. C'est à dire ce qui nous rend vivants, finalement.<br /> Pour des surefficients mentaux comme toi et moi, il y a tant de pensées qui nous traversent que l'on en revient à la notion de tri, continuel. Dont acte.<br /> Bien sûr que l'on n'écrit pas tout, bien sûr que certains sujets demandent mise en forme et réflexion.<br /> Bien sûr que ne pas écrire ne signifie pas ne plus penser.<br /> Que dire de plus ? Tu te poses depuis si longtemps la question de la pertinence de cet espace (que personnellement j'ai toujours beaucoup apprécié, par sa confidentialité, justement, et le niveau de réflexion qu'il engage). Peut-être décideras-tu un beau jour de l'abandonner. Tes lecteurs respecteront tes choix, comme toujours. C'est l'avantage des lecteurs d'un tel blog : il me semble qu'ils ont des valeurs de respect, et que les déferlements de haine propres à FB ou autre seraient incongrus ici.<br /> Bref, une fois de plus, je te renouvelle mon goût pour tes écrits, et le regret que j'aurais quand même, malgré tout mon respect, à ne plus trouver ici qu'une porte <br /> « fermée définitivement pour cause de doute existentiel. » :-) :-)<br /> Bises<br /> <br />  •.¸¸.•*`*•.¸¸☆
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J
"Pourquoi on collectionne les timbres ?"<br /> Parce que ! c'est mieux que collectionner les timbrés 😀<br /> Bonjour Maîtresse si vous passez par là 😊
C
Va savoir ce qui génère flux et reflux de l'écriture ;)<br /> <br /> Le « pourquoi écrire ? » fait partie des questionnements récurrents de celles et ceux qui écrivent. Pour ma part je crois qu'il est là depuis le quart de siècle de ma présence sur la toile. Et probablement avant, lorsque j'écrivais pour moi seul (écrit-on seulement pour soi, même quand on est seul ?). Tu as tout à fait raison : on pourrait se poser cette question pour chacune de nos actions. Il me semble qu'un des réponse pourrait être : parce que j'en ai envie. Parce que cela me fait me sentir en-vie. Ou autrement dit, ce qui nous anime ;)<br /> <br /> Et c'est là que les motivations des personnes qui déversent leur haine deviennent obscures et mystérieuses : est-ce ainsi qu'elles se sentent en vie ? Quelle tristesse !<br /> <br /> Tu marques un point à propos de ceux qui pensent continuellement : oui, il faudrait faire du tri, continuellement. Et il se fait nécessairement, même si, dans mon cas, ça passe par diverses étape d'empilement en vrac, de couches successives, au gré des émotions, des souvenirs, des orientations vagues qui se dessinent.<br /> <br /> Tu marques un deuxième point, avec le terme d'espace de confidentialité. Finalement je crois que cette confidentialité me sied. À l'époque, fort lointaine, ou j'avais beaucoup de visites, cela me mettait une pression qui ne convient guère à mes aspirations à la sérénité. <br /> <br /> Quant à abandonner cet espace, si je me pose régulièrement la question, le temps de mûrissement de chacune de mes décisions le met à l'abri d'une impulsion destructrice. Peut-être s'éteindra t-il un jour, après des mois de silence ? Peut-être restera t-il longtemps en sommeil, pouvant de raviver au hasard de pensées que j'aurais en-vie de partager ? Finalement ce sera toujours « ce qui m'anime » qui l'emportera. Soit par les mots, soit par le silence.<br /> <br /> Le doute existentiel restera probablement longtemps (indéfiniment ?) ce qui me caractérise, mais jusque-là il m'a plutôt conduit à l'ouverture vers autrui qu'à la fermeture.<br /> <br /> Un grand merci pour l'attention que tu portes à mes mots :)