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Alter et ego (Carnet)
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24 août 2025

Du relativisme de l'essentiel

6h15, ce matin. Je me réveille subitement avec cette pensée : c'est quoi, l'essentiel ?

 

Question existentielle s'il en est, nuitamment née de ma réponse, déposée ici-même hier soir, à la contribution de Célestine. De quoi était-il question, au juste ? Du relativisme de l'essentiel.

 

C'est quoi l'essentiel ? Avec évidence une pensée fuse : la vie !
La vie et son corollaire, la mort. La fin de la vie, en quelque sorte.

 

L'essentiel serait donc la vie au présent. Mais pas n'importe quelle vie : il est aussi essentiel de vivre... libre !



Oh là, je m'emballe de bon matin. Posons le sujet. Cet essentiel là est situé : point de vue d'un humain pensant. Restons-en à l'essentiel dans ce qu'il aurait de plus fondamental : la vie. Pour l'amibe comme pour le scolopendre, l'essentiel est de se reproduire pour perpétuer l'espèce. C'est l'unique objectif. Les hasards des croisements de gamètes et de la génétique feront le reste, par le biais de la sélection naturelle. Ainsi "la vie" se perpétue et s'adapte constamment au milieux dans lesquels elle trouve les conditions favorables constituant sa "niche écologique".



Bon... ça c'est seulement du point de vue terrestre. Encore un point de vue situé, celui des hôtes de ce petit point bleu pale en orbite dans le système solaire, lui-même inclus dans une des milliards de galaxies qui constituent l'univers en expansion... si toutefois il n'y a pas de dimensions autres.

 

Cette mise en perspective relativise grandement la notion d'essentiel, n'est-ce pas ?

 

« Plus de 10.000 galaxies sur une seule image » [source]

 

L'essentiel considéré par l'individu humain porte généralement moins loin. Mais même lorsqu'on focalise sur la vie terrestre, l'éventail est encore large entre ceux qui pensent à l'ensemble du vivant et ceux qui limitent leur champ exploratoire à l'unique espèce dont le sort les préoccupe : Homo sapiens. Ajoutons-y, avec un intérêt bien compris, le cortège d'animaux et plantes qu'il a asservis domestiqués.

 

Quoi qu'il en soit, pour l'ensemble du vivant, humain et non-humain, l'essentiel c'est bien de vivre. Et l'essentiel de l'essentiel, c'est de disposer d'eau, sans laquelle la vie n'est pas. Et d'une source d'énergie, indispensable pour se développer : le soleil, plus quelques acides aminés. Accessoirement d'oxygène et de minéraux. Voilà, en très simplifié, c'est ça l'essentiel : ce qui permet à la vie d'exister.

 

C'est pas beaucoup, hein ?

 

Ce n'est évidemment pas de cet essentiel-là qu'il était question dans la contribution sus-mentionnée. Non non non, il s'agissait d'un autre essentiel : celui de la condition humaine et du libre arbitre individuel. 

 

Revenons aux bases : selon Larousse, l'essentiel est ce « qui est indispensable pour que quelque chose existe » . Une deuxième acception du terme est la suivante : « Qui est d'une grande importance ; principal, capital ».  Ce sera plutôt celle-ci qui nous intéresse. Elle relativise grandement le premier sens, que je viens de brièvement exposer.

 

Lorsque j'ai besoin de bien cerner la polysémie d'un mot, j'aime me référer au site du Cnltr. Ainsi, parmi les multiples propositions pour Essentiel, je trouve, dans le sens courant du terme : « fondamental, important ». Les deux sont bien des termes relatifs, comparatifs, subjectifs.

 

Je reviens maintenant à la source de ma réflexion matutinale, l'emploi du terme "essentiel" dans la contribution de mon amie-lectrice. Je cite le passage : « l'individu n'est qu'un rouage minuscule dans la grande machine de l'univers, mais [...] c'est un rouage essentiel ». L'écart sidéral qui sépare « la grande machine de l'univers » et le « rouage essentiel » que serait l'individu m'a mis face à l'idée de relativisme. Perplexe, j'ai formulé en retour mon questionnement : « Mais essentiel en quoi ? Qu’est-ce qui est essentiel quand on entre dans le relativisme ? Rien… ou tout. Et si tout est essentiel, alors tout se vaut. Vertigineux ;) ». Finalement, plutôt que la notion d'essentiel, c'est la relativité du concept qui a mis ma pensée en mouvement. L'essentiel humain est toujours relatif. Donc subjectif. Donc sujet à divergence d'appréciation.

 

Célestine a précisé sa pensée, par rapport au rouage que serait l'individu : « En valorisant les petits gestes dérisoires, les petits métiers, les petites gouttes d'eau, les petits élans, on parviendra peut-être à enclencher le processus qui inversera la chute. ». J'ai apprécié la nuance qu'apporte le "peut-être". Car de quel pouvoir est doté l'individu désireux de changer un système aussi ancré que celui de l'exploitation illimitée des ressources naturelles ? D'aucuns, plus crûment, parlent même d'un « système qui transforme la nature en déchets ». Sachant les bénéfices qu'en tirent ceux qui en ont le pouvoir, y compris et surtout celui de "consommer" à volonté, les verrous sont tels que le système n'évolue qu'à la marge, infiniment lentement et pas du tout avec l'amplitude de ce qui serait nécessaire. Les "petits gestes" ne sont pas vains, en ce sens qu'ils procurent satisfaction et bonne conscience à ceux qui les effectuent, mais ils sont néanmoins des leurres entretenant le système en agissant de façon minimale, donc quasi inefficace. Les seules actions significatives sont les gestes forts et engagés, les renoncements définitifs, les changements radicaux. C'est aller à contre-courant , démarche toujours difficile, exigeante et demandant un courage soutenu.

 

Honnêtement, je n'y parviens pas. Parce que faire un tel choix oblige à trop de ruptures sociales.

 

Dans le fond, ce sur quoi nos visions divergent, avec Célestine, est porté par nos croyances. Nos visions, représentations, projections, de l'humanité, d'une part, et des individus qui la composent d'autre part. « Rouage essentiel » (sur cela nous sommes d'accord), l'individu aurait le choix entre deux tendances opposées : soit aller vers son meilleur, par la grâce de l'amour et des poètes (vision de l'humain fondamentalement altruiste) ; soit céder à l'insatiable appétit qui, en alliant son plaisir mimétique à celui de ses congénères, fascinés par l'ostentation comportementale des riches, conduit l'humanité consommatrice vers une auto-destruction et, pire encore, à la destruction du fabuleux milieu qui lui a offert ses conditions d'existence (vision de l'humain comme être fondamentalement égoïste). Les deux tendances coexistent depuis l'aube de l'humanité, cependant la démesure conquérante s'accroît. On sait pourtant quels ravages a causé l'hubris en tout temps et en tout lieu, jusqu'à dépasser plusieurs limites de la régénération naturelle des milieux de vie. Qu'on accepte cette réalité ou non, notre petite planète bleue, aussi généreuse de magnifiques ressources soit-elle, est limitée. Elle limite donc l'expansion de notre prolifique espèce (invasive, diraient certains...). 

 

Or, pour en revenir à mon point de départ, on peut considérer la vie comme essentielle quant à la spécificité de notre planète. Ce qui revient à dire que la vie, au sens large, serait plus essentielle que l'humanité. Cette humanité dont l'évolution spontanée est devenue dangereuse, mortelle pour le reste du vivant. À ce jour, hormis favoriser la vie humaine (plus ou moins...) et accroître sa longévité (plus ou moins...), l'humanité a réussi à augmenter la fertilité et la productivité des non-humains "utiles" qui lui servent de nourriture et de ressources (pensées pour les "sans-ciel"). Le reste du vivant, quant à lui, n'a pas été épargné mais pillé, tué, ravagé, détruit. L'humain comme rouage essentiel... de destruction. Certes l'humain, être paradoxal, est aussi un créateur génial, doté d'une sensibilité sublime... L'un n'empêche pas l'autre.

 

Avec les éclairages dont je dispose je suis peu enclin à penser que quelque chose va changer à la situation que je viens de décrire. Du moins pas sans une sérieuse prise de conscience collective. À ce jour elle n'est qu'infinitésimale, quasi insignifiante. Or la destruction continue, jour après jour. Parfois irréversiblement. Pire : certains des « rouages essentiels » qui disposent d'un pouvoir accélèrent la prédation au nom d'intérêts économiques ou politiques faussement considérés comme "essentiels". Par eux, mais aussi par ceux qui en sont bénéficiaires et complices (nous), au mieux honteux, au pire indifférents, voire cyniques.

 

J'ai quelques difficultés à imaginer un renversement de tendance. Hormis je ne sais quelle catastrophe aux conséquences pénibles et douloureuses, je ne vois pas ce qui pourrait infléchir les courbes des réalités statistiques. L'avènement d'une humanité poétique, altruiste et généreuse, aimante et reconnaissante, semble s'éloigner, hélas. J'y croyais, autrefois. Mais les replis populistes et nationalistes qui essaiment un peu partout n'augurent rien de bon, je le crains. Tout comme les guerres à visées expansionnistes, que l'on aurait pu croire révolues. Les tensions sur les ressources suscitent des replis auto-protecteurs.

 

Dans ce contexte quelque peu inquiétant, l'humanité ne cède rien sur l'essentiel de ce qui la constitue en tant qu'espèce : se reproduire. Cela pose question, non ?

 

Tout ceci étant posé, je ne peux que reconnaître que je cède moi aussi à la facilité : je ne résiste que mollement, comme si cela était vain. Je continue de contribuer à la destruction du monde.

 

Et en même temps je continue à croire que, quoi qu'il advienne, il y aura toujours de l'amour, de la douceur et des poètes.

 

Mes remerciements à Célestine, pour ce que sa contribution m'a permis de préciser.

Commentaires
M
Bonjour Pierre,<br /> <br /> Ce que je voulais souligner avec l'enfance,c'est cette simplicité non pas volontaire, mais naturelle qu'avaient les enfants des générations précédentes.<br /> La nôtre peut être ?<br /> Génération qui semble se sentir la + concernée par la Création et l'écologie . <br /> <br /> Tu trouves les enfants insouciants?<br /> Moi pas...<br /> Ils ont d'autres souciances.<br /> Ils aiment l'essentiel aussi, quand on ne les corrompt point. <br /> <br /> Les adultes sont plus ou moins responsables, je dirais, car sinon l'humanité aurait fait d'autres choix...<br /> Mais j'entends ce que tu veux dire par responsables. <br /> Bien sûr ils se lèvent pour aller travailler , ramener de l'argent, font les repas, nourrissent et soignent leurs petits , s'occupent de leur communauté, s'impliquent pour des causes, etc etc <br /> <br /> Mais les grands penseurs, les sages, les prophètes, les philosophes, les écrivains, ont finalement peu été écoutés en leur temps, car il y en a eu pour nous éveiller tout au long des millénaires.<br /> Il y avait aussi déjà eu des mises en garde concernant l'écologie, même si nommée autrement.<br /> Et puis des mises en garde<br /> contre la cupidité et l'orgueil.<br /> Et du besoin de discernement , haute vertu, difficile à acquérir à cause des enfances, cultures familiales et autres, systèmes sociétaux, époques, manques d'expériences , modes, internet et ses dérives maintenant <br /> etc etc <br /> la liste est longue ) <br /> <br /> Je sais bien que le vivant est en partie décimé.<br /> Les grands animaux et les tout petits, aussi.<br /> 68 pour cent,c'est énorme dis donc!!<br /> Merci pour cette information, Pierre, je n'avais pas cette donnée.<br /> Je retransmets.<br /> Ça donne une vraie température de l'urgence. <br /> <br /> C'est dire l'immense diversité, créativité, dont la planète jouissait avant.<br /> Et cette très grande part de cette Intelligence, cette Beauté et ces coopérations inconnues des humains, désormais perdues.<br /> Et probablement d'une forme d'équilibre disparu ? Planétaire... <br /> <br /> Sans compter la destruction de la flore,du végétal.<br /> Du minéral.<br /> Et de beaucoup d'humains aussi ( esclavagismes, sur utilisations, guerres, sous diverses formes). <br /> <br /> Il y a déjà eu de grandes transformations planétaires, sans notre concours.<br /> On pourrait ( au mieux) imaginer que l'humain ne serait qu'un de ces rouages dans ces transformations ponctuelles, peut être.<br /> Avec ses limites mentales, ses limites en terme de préservations, ses limites en terme de visions-projections sur le long terme, ses limites affectives, ses difficultés à écouter les intuitifs- ves, ses élans de survie et de conforts, ses désirs qui ont mené à tant de technologies entre autres, <br /> et de dégâts divers alors. <br /> <br /> Faudrait il pour autant ne pas résister, chercher à protéger?<br /> Personnellement j'ai décidé de faire ma petite part,comme dirait le Colibri, quoiqu'il en soit.<br /> Entre autres , dans une recherche de respect et d'affection pour la Beauté connue du monde et pour son Intelligence cachée au commun de mortels , que je devine intuitivement dans une aube qui s'esquisse par ( petits) moments sur ma conscience.<br /> Surtout quand j'observe un coin de nature.<br /> Tant de choses nous sont encore "cachées", non?<br /> C'est Mystérieux, tout ça.Tout de même. <br /> <br /> Une hélas triste petite histoire entendue ces derniers jours: <br /> On achète bio, on investit pour le bio, <br /> si on le peut : on cultive bio,<br /> Et voilà t'il pas qu'on découvre dernièrement que le bio au même titre que le non bio est gravement contaminé dans certaines régions, par les particules des pneus de nos voitures.<br /> " on ne sait pas encore quel impact ça aura sur la santé".<br /> Comme si ça pouvait être sain... <br /> <br /> On découvre aussi l'impact négatif des serres plastifiées, sur les terres, les légumes et les fruits.<br /> Les pires semblant être les " biodégradables". <br /> alors même quand on souhaite bien faire, c'est très complexe....<br /> <br /> Et ça, on le sait de mieux en mieux: <br /> On mange du poisson contaminé aux plastiques ( entre autres). <br /> <br /> Les arbres sont contaminés par ces mêmes plastiques et on découvre depuis peu que ça pénètre dans leurs racines et ça les empêche de boire et de capter alors les nutriments dont ils ont besoin pour vivre.<br /> Ça participe aussi des sécheresses de certaines forêts. <br /> <br /> Je n'ai pas trop envie de nourrir l'anxiété en énumérant le peu que je connais, mais je peux me sentir prise d'un vertige considérable peu maitrisable, par moments. <br /> Et qui peut me déprimer considérablement.<br /> <br /> Il faut quand même garder de la Force?<br /> Alors, je garde foi,malgré tout!!<br /> En la bonne volonté humaine quand elle conscientise les problèmes et trouve sa place au sein d'un groupe, en affinité, qui va de l'avant.<br /> En son intelligence intuitive.<br /> En son amour pour la vie, pour le vivant et pour ses descendants.<br /> En ses capacités de coopérer pour des justes causes quand elles deviennent claires et qu'on lui propose des vraies solutions ( car ça résonne en profondeur).<br /> En la force de la Nature et ses capacités de régénération ( même si ce qui est perdu, l'est sans doute pour beaucoup définitivement et c'est fort malheureux.<br /> On a et on s'est privé d'énormément de joies, de connaissances et probablement de grandes découvertes extraordinaires.<br /> Je crois encore en la capacité de la Nature de suivre le courant et de se rebeller naturellement. <br /> <br /> J'ai foi en une Intelligence,en des lois Cosmiques et inscrites  , aussi. <br /> <br /> Je pense que les médias, la transmission, sont très importants.<br /> Il y a un véritable travail d'ampleur à faire avec le + de discernement possible.<br /> Mais l'IA va s'en charger ( ça c'est pour " la blague". <br /> <br /> Je suis d'accord avec ton analyse sur ce sujet de l'IA). <br /> <br /> Tu parles de temps en temps de certaines de tes difficultés sociales.<br /> Mais quand on est sensible, intelligent et cultivé, voir passablement des trois, c'est assez compliqué de trouver sa place et son "clan" , sa famille d'âmes et d'esprits. <br /> Ainsi que celui ou celle qui va être complémentaire pour partager ce chemin.<br /> Et de pouvoir se confronter au monde alors ensuite... sans trop d'anxiétés. <br /> <br /> Coeurs forts et têtes bien faites. <br /> <br /> Je comprends et je partage. <br /> <br /> Tu as beaucoup donné Pierre, à te lire.<br /> Et tu donneras encore...<br /> C'est comme ça les sources, ça ne se tarit pas avant que ce ne soit le temps. <br /> <br /> ( eh oui, les humains on sait assez mal aimer... et s'aimer.<br /> Apprenons à mieux aimer ? <br /> <br /> On fait malgré tout au mieux, je crois et c'est vrai c'est souvent pas terrible, pas génial...<br /> j'suis oki avec ce constat.)
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P
Bonjour miel<br /> <br /> Je ne dis pas que les enfants sont insouciants en tout : ils ont leurs propres soucis, qui peuvent être terribles pour eux. Mais globalement ils sont relativement insouciants face à l'avenir, trop abstrait et lointain. Cela ne les empêche pas de ressentir des peurs diffuses : la mort, l'abandon, la guerre...<br /> <br /> Il ne me semble pas que cela évolue avec les générations. C'est plutôt une question de maturité cognitive qui s'éveille avec la conscience. Cela dit le système informationnel peut bien plus aisément faire effraction aujourd'hui. Nombre d'images extrêmement perturbantes peuvent arriver devant les yeux de nombreux jeunes enfants, bien davantage qu'autrefois.<br /> <br /> Pour ce qui est de la responsabilité des adultes quand à notre commune aventure humaine... je ne saurais qu'en dire. Être responsable quant à soi, quant aux enfants que l'on éduque, quant à sa place dans la société dans laquelle on s'insère, je dirais que globalement cette responsabilité est correcte en conditions de paix et de relative abondance matérielle. Que ces conditions se durcissent, et la responsabilité au sein du collectif se fissure. Mais je voulais parler de la responsabilité en tant qu'individu humain dans l'humanité. Alors là, j'ai l'impression que nous sommes de grands irresponsables ! En regardant ce que l'humanité inflige à la planète (la biosphère) au sein de laquelle elle a su s'épanouir, cela ressemble fort à une conduite suicidaire, sans préoccupations quant aux conséquences pour autrui. À entendre ici comme l'extraordinaire ensemble du vivant.<br /> <br /> Tu écris : « Personnellement j'ai décidé de faire ma petite part,comme dirait le Colibri, quoiqu'il en soit. ». Cette histoire de colibri qui ferait sa part... hmmm... comment dire ? Une fois que l'on a lancé ça, est-on sûr de bien mesurer de que serait "sa part" ? Est-on sûr d'être en capacité d'effectuer cette supposée "part" (de quoi ) ? Je n'emploie jamais cette formule, parce que je suis convaincu que "faire ma part", au sens de ne pas nuire au reste du vivant, est un objectif qui m'est inatteignable dans la société dans laquelle je suis né et vis. Autrement dit, j'ai conscience d'être un rouage (on y revient) de la destruction des écosystèmes. Donc du milieu qui me permet de vivre. Je suis partie prenante de la conduite suicidaire que je dénonce.<br /> <br /> Comment vivre serein avec cette conscience ? Je ne sais pas...<br /> On appelle cela "dissonance cognitive".<br /> <br /> Tu cites l'exemple des pneus de voiture, producteurs de "particules fines", qui nous empoisonnent, ainsi que toute la chaine alimentaire. Parfait exemple : si je ne veux pas y contribuer, je ne dois plus rouler en voiture, ni en bus. Je ne dois plus acheter ce qui a été transporté en camion. Et chacun de nous, tous ensemble, nous devrions faire le même choix. Sacré changements en perspective ! Et cela seulement en regardant les particules fines issues des pneumatiques. On peut appliquer le même raisonnement aux pesticides, mais aussi à l'utilisation des énergies fossiles. Bref : notre mode de vie "à l'occidentale" n'est pas soutenable. Et persister dans l'insoutenable, c'est avoir une conduite suicidaire.<br /> <br /> « Je n'ai pas trop envie de nourrir l'anxiété en énumérant le peu que je connais, mais je peux me sentir prise d'un vertige considérable peu maitrisable, par moments.<br /> Et qui peut me déprimer considérablement. » Voilà, tout est dit :)<br /> Penser à cela rend anxieux (éco-anxiété) et, d'une certaine façon, notre impuissance individuelle nous pousse à nous sauvegarder en mettant cette conscience de côté. Sans doute ne peut-on pas, collectivement, vivre avec cette anxiété... alors on fait comme si tout cela n'existait pas. Et on continue à rouler à tombeau ouvert (c'est le cas de le dire) vers l'abîme. Irresponsables.<br /> <br /> Je n'irai pas plus loin dans ma démonstration. Il revient à chacun de cheminer entre lucidité et déni de réalité, entre ignorance volontaire et accommodements avec sa conscience.<br /> <br /> Cela ne veut pas dire que tout est perdu... mais que quelque chose d'important (d'essentiel) va se perdre, disparaître. Il en renaîtra certainement autre chose, de différent... ou pas :)<br /> Je crains que nos générations irresponsables soient témoins de cette déréliction.<br /> <br /> Pour ce qui est des difficultés sociales et de la sensibilité, je partage ton point de vue : pas évident de trouver sa place. Quant à trouver des complémentarités, je me demande si, dans mon cas, elles ne consistent pas à être multiples, diverses, fugaces, aléatoire et temporaires ;)<br /> <br /> Cette incertitude quant à la complémentarité, jamais acquise, jamais garantie, donc sur laquelle je ne saurais compter pour être rassurante me rend peut-être un peu familier de l'anxiété. D'où une capacité, peut-être, à y faire face et en assumer la charge. Simple hypothèse, sur laquelle je pourrais me pencher.<br /> <br /> Je ne sais pas si je donne ou si je me donne. Peut être l'un ne va t-il pas sans l'autre ? En tout cas, merci de me le dire :)<br /> <br /> Sur ce, je te souhaite une très belle journée.
M
Bonjour Pierre, <br /> <br /> Je continue d'écrire sous ton tout tout premier texte,car j'ai tenté hier autrement et mon message s'est glissé, au milieu des autres, c'était encore +plus incohérent, me semble. <br /> <br /> Pour l'I.A<br /> je crois que quelque chose change :  ces jours.( ah bien oui,la rentrée...)<br /> Ce matin après avoir été vérifiée en tant que " non robot" <br /> je devais ensuite cocher sur une case pour que:  JE vérifie que JE n'étais pas un robot. <br /> <br /> S'en était l'énoncé : <br /> " Veuillez cocher sur la case pour que VOUS puissiez vérifier que vous êtes bien un humain"<br /> "Sic"<br /> Ah,je dois donc sur certains sites dès ce jour ,vérifier que je suis humaine.<br /> Ah ah ah<br /> On nous emberlificote.<br /> Ou alors je suis trop stupide mais aussi assez fainéante pour tout comprendre de leurs combines qui nous dépassent tous et qu'en plus on alimente tous. <br /> <br /> Comme toi,Pierre, je suis très inquiète pour nos descendants.<br /> Ça fait un certain temps, déjà. <br /> Et on est plusieurs parents à en voir deja des dégâts.<br /> Malgré que ces gens réfléchissent.<br /> <br /> Internet, ça a tendance à nous couper de nos intuitions et donc de la voie à suivre et des voies à suivre.<br /> Et surtout si on ingurgite une multitude d'informations,ce qu'on a tendance à faire, presque malgré nous.<br /> D'autant que les bancs d'écoles, nous ont appris très jeunes à travailler avec notre mental prioritairement, et ce pour satisfaire un système , celui qui a créé ces catastrophes. <br /> <br /> Ces écoles, ça manqu(e)ait d'équilibre: entre le mental et corporel, l'artistique, le créatif, le sensoriel, les liens avec le vivant, la nature, les ressentis et la communication entre enfants, <br /> etc etc...<br /> Il y aurait tant à analyser. <br /> <br /> On était alors tous bien préparés pour cette formidable bibliothèque géante : Internet,youpie. <br /> <br /> C'est un outil assez formidable, mais c'est aussi un bon coupeur de liens que ce soit humains ou à soi même, Soi même plutôt et alors au naturel. <br /> <br /> Et c'est aussi un outil redoutable. <br /> <br /> Et là, intuitivement ça va trop loin pour moi!<br /> Je n'ai pas du tout envie de passer un doctorat en informatique/ IA etc<br /> Avec toutes leurs combines impossibles à comprendre, à maîtriser et qui comme le reste parce qu'on fini par " les connaitre" va nous emmener dans le mur, sans qu'on en comprenne le sens. <br /> <br /> Instinctivement, je limite.<br /> Je choisis.<br /> Je trie.<br /> Je tente de discerner.<br /> Et j'espace de + en +.<br /> J'ai mes petits chouchous, mes petites lumières/ lueurs et j'essaie de faire attention à mes ressentis. <br /> <br /> Alors , pour contrer tout ce monde virtuel, je crois que les bains de pleine Nature, et d'amitiés sincères, profondes, <br /> parfois même silencieuses mais présentes ,<br /> nous rapprochent de l'important voir du crucial. <br /> Nous font deviner et sentir le subtil,le Sublime.<br /> <br /> Ça apaise le mental,l'émotionnel.<br /> Ça ressource.<br /> Ça recentre.<br /> Ça offre d'autres solutions + justes,+ simples. <br /> <br /> Ça permet de se détacher des fausses envies, des désirs influencés par le monde et qui ne sont pas/plus vraiment les nôtres, de discerner nos vrais besoins qui sont, je crois, relativement simples finalement, sans pour autant se priver de tout, juste ne pas...abuser, de tout et de tous.<br /> Recréer du plus simple. <br /> <br /> J'ai parfois ce sentiment de retrouver un peu de mon enfance et de ses besoins simples , sympas, rigolos, créatifs.<br /> La grange ou la cabane au fond du pré ,la couverture, le goûter , les cousins, les cousines, le chien qui va nous protéger , les éclats de rire et l'envie de passer ses vacances "comme ça".<br /> Oh puis toute la vie,si on avait eu le droit de... <br /> <br /> C'etait tellement mieux que les préoccupations et disputes parentales, leur stress, les repas longs, les discussions sans aucun intérêt pour nous les enfants, leurs remarques parfois humiliantes, leurs incompréhensions du monde intuitif de l'enfance. etc <br /> <br /> On voulait juste vivre " des tas de trucs" ensemble et dans les prés, les fleurs, les herbes, les coccinelles, les arbres,manger les cerises sur le cerisier et se faire des chewing gum avec du blé<br /> et puis se bidonner ou discuter ou même se disputer parfois pour mieux se comprendre ensuite.<br /> <br /> <br /> Moi aussi, je me sens en colère ,Pierre par moments. <br /> De ce que ce monde nous oblige de vivre,de subir,de supporter.<br /> De voir la Beauté du monde être détruite: " l'air de rien".<br /> <br /> Et puis d'un autre côté, je n'ai AUCUNE idée, de ce qui va apparaitre après cet essai de folle destruction de cette Sublime Création,<br /> à côté de laquelle on est passés avec si peu de Consience.<br /> Cette partie n'est pas terminée! On le voit tous les jours et on y participe. <br /> <br /> Mais je ne crois pas à la destruction totale. <br /> <br /> Je peux croire à un autre monde en naissance.<br /> Un qui se meurt, un autre qui renait. <br /> Si je pousse mon esprit très loin, dans une forme d'acceptation, de confiance a plus Intelligent que nous.<br /> Malgré nos résistances aussi, nos transmissions, nos bons sens.<br /> Une ouverture à un Nouveau... <br /> <br /> Ce n'est pas la 1ère fois qu'il y a un énorme changement sur terre.<br /> Pourtant, les petits parasites que nous pouvons être, sommes passés a côté de connaissances inouïes, en vérité.<br /> J'en fais partie.<br /> Ça, c'est vraiment malheureux et triste. <br /> <br /> Nous faisons aussi partie d'un Cosmos et nous avons aussi des capacités remarquables,en terme de sensible,de réflexions,d'actions.<br /> A plusieurs on est parfois + forts,si il y a de vraies affinités.<br /> On n'est pas que des petits parasites destructeurs,non plus. <br /> <br /> Pour l'Amour ( bonjour Célestine)<br /> Mais l'amour, c'est quoi aimer,autre qu'un ressenti doux,intense ?<br /> <br /> J'aime l'eau, j'aime cet élément.<br /> J'aime me baigner, me laver, pouvoir nettoyer, <br /> la pluie qui arrose la nature, qui nous rafraîchit  en été, qui remplit les nappes phréatiques,<br /> ses allers et venues,<br /> ses nuages, sa neige saupoudrée sur nos montagnes le matin au réveil, ce qui nous émerveille au lever.<br /> OUAH mais qui est passé par là, cette nuit, pour saupoudrer juste ce qu'il fallait?<br /> Etc<br /> Combien j'en gaspille?<br /> Comment je la protège?<br /> Qu'est ce que j'emploie comme produits?<br /> Comment je l'utilise, ici, quand je pense aux gens du désert qui en prennent grand soin?<br /> Ça me prend la tête,de trouver les justes voies.<br /> Des fois, durant des ans ( même si je pense a d'autres choses aussi.ouf) <br /> <br /> J'aime les fleurs.<br /> Durant des années, j'étais si heureuse quand un amoureux m'offrait un bouquet et que ça magnifiait mon petit appartement.<br /> Et il en disait tant sur son affection... pour moi.<br /> C'était important.<br /> Puis un jour tout a changé: j'aimais trop les fleurs, je ne voulais plus qu'elles soient coupées pour moi.<br /> Ça c'est fait tout seul.<br /> J'ai mis en arrière fond mon plaisir personnel et mon besoin d'être rassurée.<br /> Peut être que ça , ça avait un peu la couleur de l'amour. <br /> <br /> Joyeuse journée <br /> Et bientôt soirée, sous les étoiles ,si possible<br /> <br /> Aimons...<br /> <br /> (Pierre,tu es très aimable dans tes retours au sujet de mes messages, et c'est bien agréable mais n'idéalise pas trop la personne.<br /> Je suis pétrie d'interrogations et je n'ai pas pratiqué le quart de ce que tu pratiques, mon milieu ,les épreuves de l'existence, ne s'y prêtant qu'a moitié.<br /> <br /> Autre chose,mes écrits ne sont que spontanés, je suis incapable d'écrire autrement.<br /> <br /> Pensées amicales)
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C
Bonjour miel<br /> <br /> Pas de problème pour des réponses "en haut de la pile". C'est plus facile à retrouver.<br /> <br /> Tu abordes le sujet de l'IA, qui se montre absurde en te demandant de te prouver à toi-même que tu es bien humaine. Cet exemple illustre l'emprise de cette IA, qui t'es imposée. Il y a certainement des fonctions de l'IA à laquelle nous ne pourrons pas échapper, par exemple pour trier des données de façon hyper-rapide. C'est immixtion dans nos vies est cependant problématique sur au moins deux points :<br /> 1- on ne nous demande pas notre avis quant aux usages qui nous son imposés<br /> 2- c'est un outil fortement consommateur d'énergie et de ressources, alors que nous devons aller vers la sobriété.<br /> <br /> Là où nous avons le choix de résister c'est en pratiquant ce que Jacques Ellul a nommé la "non-puissance" : avoir la capacité de faire usage d'un pouvoir... mais refuser de l'utiliser. Nous avons ce pouvoir de refuser d'utiliser l'IA générative. Non seulement elle est encore plus consommatrice d'énergie, mais en outre elle présente un risque, encore non mesurable, dont les conséquences pourraient être délétères quant à notre autonomie de pensée et de réflexion. Comme chaque outil qui nous facilite l'existence, l'essayer c'est l'adopter. Jusqu'à ce que, rapidement, on ne puisse plus s'en passer. Céder à la facilité, c'est s'asservir (Cf. "la servitude volontaire").<br /> <br /> C'est ce qui s'est produit avec internet, dont nous sommes aujourd'hui totalement dépendants dans le système économique mondialisé. Une coupure d'internet nous montrerait à quel point nous en sommes devenus dépendants. Non pas pour nos usages privés (quoique...) mais parce que toute la logistique mondiale, tous les systèmes de transactions bancaires, les entreprises, le pilotage des énergies, toutes les administrations (dont le système hospitalier, la police, l'armée...) ne peuvent plus fonctionner sans internet.<br /> <br /> Et tu as raison, nos usages personnels d'internet nous coupent peu à peu de la part sensorielle-émotionnelle des relations. D'un autre côté, internet nous permet aussi d'entrer en relation avec "le monde" bien au delà de notre cercle de proximité géographique. Ce qu'on a perdu en relations de proximité physique on l'a gagné en relations de proximité intellectuelle, immatérielle, "virtuelle", avec tous les avantages et inconvénients qui peuvent en découler. À nous, individuellement et collectivement, d'opter pour les usages vertueux de l'outil, tandis que d'autres chercheront inlassablement à en tirer profit au détriment d'autrui.<br /> <br /> À nous de rester au contact du réel : les liens directs avec les autres, avec le vivant, avec la matière.<br /> <br /> Je remarque que tu te laisses aller à évoquer l'enfance, son insouciance, son innocence, ses rêves alors que tout semble possible. En devenant adultes on devient responsables... et un certain nombre de rêves se heurtent aux limites du réel. Les limites planétaires en font partie, pour peu qu'on accorde de l'importance aux autres que soi ;)<br /> <br /> C'est là que ça devient compliqué, puisqu'il faut arbitrer entre nos envies et les conséquences que leur réalisation va entraîner. C'est compliqué parce nous avons le *pouvoir* d'accéder à beaucoup de nos envies mais que nous avons aussi la connaissance des conséquences. Nous savons - ou au minimum nous pressentons - que nos actions ont un impact sur des gens, des paysages, des écosystèmes. Nous pouvons faire semblant de ne pas y penser, consciencieusement refuser de nous informer pour "ne pas savoir". Éthiquement, cela pourrait nous mettre mal à l'aise...<br /> <br /> Tu énumères bien ces questions que l'on peut se poser et qui, si on est honnête avec soi, finissent par nous faire changer de comportement et même de référentiel.<br /> <br /> Non, il n'y aura pas destruction totale, mais il y a bien destruction massive du vivant. Pour prendre un exemple éloquent et "visible" : il y à un siècle (1930), il y avait 10 millions d'éléphants en Afrique. Aujourd'hui il en reste 400.000. De façon plus générale, 68 % des populations de vertébrés (mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens) ont disparu entre 1970 et 2016, soit en moins de 50 ans.<br /> <br /> Jusqu'à quel degré de destruction allons-nous aller ? On l'aime comment, notre monde ?<br /> <br /> Sur ces questions sans réponse, je te souhaite une bonne soirée.
C
Wouaou, je ne pensais pas déclencher tant de réflexions passionnantes avec ma petite phrase.<br /> Puis-je simplement expliquer ce qui m'a traversé l'esprit quand je l'ai écrite : cette notion de rouage essentiel se référait en premier lieu à une notion systémique. Nous faisons partie d'un grand système appelé l'Univers, formé lui même d'une infinité de sous-systèmes. Le mot rouage n'est pas pris au hasard : dans une mécanique, chaque pièce, chaque roue dentée est indispensable. En ayant conscience de cette responsabilité, nous contribuons à la bonne marche de la mécanique, qu'elle soit biologique (notre propre corps) écologique (le lien entre tous les organismes de notre environnement) ou encore social, politique, économique (la façon dont nous organisons notre existence sur le petit point bleu pâle).<br /> Dans notre corps, chaque organe est utile, et nous devrions nous efforcer chacun d'en prendre soin. Mais il y a des gens qui s'autodétruisent à coup de drogue, d'alcool, etc. Sur notre planète, chaque plante, chaque animal, chaque pierre joue un rôle. Et pourtant on détruit allègrement non seulement la nature mais aussi nos propres constructions. Faut-il être con pour faire la guerre...<br /> Car malheureusement, cette conscience n'est pas développée chez tout le monde, et même carrément absente de certains cerveaux atrophiés, notamment de ceux qui, hélas, sont en position de gouverner, donc d'infléchir concrètement la marche des choses.<br /> Est-ce pour cela qu'il faut baisser les bras ? Et que devient l'essentiel dans cette conjoncture pessimiste ?<br /> Pour moi, l'essentiel réside dans la façon dont on utilise le merveilleux cadeau (empoisonné ?) que représente l'intelligence. La vraie, pas l'artificielle, qui n'est qu'un avatar de notre folie créatrice et destructrice en même temps.<br /> Utiliser son intelligence pour améliorer la vie de ses semblables, pour leur apporter du soutien, du positif, bref pour faire le bien : tu as évoqué à ce titre les choses géniales dont est capable l'être humain. <br /> L'essentiel, c'est l'Amour. (Je rejoins Miel). Seul antidote à son contraire, qui est non pas la haine, comme on pourrait le supposer, mais la Peur. <br /> Les grandes avancées de l'humanité sont toujours motivées par l'amour. Les grandes régressions le sont toujours par la peur. L'essentiel réside peut-être dans cette compréhension-là. Pourquoi dis-je peut-être ? Sûrement, oui.<br /> Tant qu'on ricanera bêtement dans les états-majors ou les assemblées législatives dès que quelqu'un prononce le mot « amour » l'humanité restera enfoncée dans ses névroses destructrices et glissera vers sa perte. <br /> Les colibris, les fourmis, les poètes, les travailleurs de l'ombre, les semeurs de graines, les lanceurs d'alerte, les mère Teresa, les Gandhi, crameront mais ils auront fait « leur possible ». Donner du sens au mot espoir. N'est-ce pas là l'essentiel ?<br /> <br />  •.¸¸.•*`*•.¸¸☆
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C
Ah, mais aurais-tu oublié, Célestine, qu’un battement d’ailes de papillon pouvait avoir des conséquences à l’autre bout de la terre ? Cette fois ce sont tes mots déposés il y a quelque jours qui, sans toi, ont engagé un échange passionnant :)<br /> <br /> Quoique je relativiserai l’importance des rouages humains dans le grand mécanisme de l’univers, je saisis bien le sens de ta logique : chacune de nos actions a des conséquences. Certaines sont bénéfiques (selon notre appréciation humaine), d’autres sont néfastes. Cependant ce principe, qui semble assurer un équilibre entre les forces, est rapidement discutable. Quelques exemples actuels sont éloquents : Poutine dit vouloir agir favorablement pour « La Grande Russie » ; un certain nombre de malfaisants pensent agir pour le bien du Grand Israël, tout comme en face d’autres pensent œuvrer pour le bien de la Palestine. Même chose au niveau de. la politique mondiale: quelques dominants sont persuadés d’agir en faveur de la prospérité économique, à leurs yeux seule capable de voir la richesse globale s’accroître et « ruisseler » vers les plus pauvres. Autrement dit, le bien, le mal… ça reste subjectif et variable, selon l’importance que la focale que l’on porte sur le système terrestre global ou la prééminence de la place accordée à certaines catégories d’humains.<br /> <br /> Bien sûr, il ne faudrait pas baisser les bras. Ne pas se laisser décourager. Et pourtant que faire, hormis cette « résistance » minimaliste que chacun s’efforce d’opposer, plus ou moins activement, à un « système » tellement puissant. Puissant parce qu’entretenu par l’autre versant de chacun de nous, en tant que privilégié soucieux de garder ses avantages ? Nous sommes les acteurs, les rouages, de la destruction du vivant ! Nous sommes du côté des destructeurs, par nos modes de vie et de consommation. Toute tentative d’exonération de cette responsabilité - plus collective qu’individuelle, certes - est une tromperie envers soi-même.<br /> <br /> Tu écris que « l'essentiel réside dans la façon dont on utilise le merveilleux cadeau (empoisonné ?) que représente l'intelligence. ». Ouais, parlons-en de notre soit-disant intelligence. Littéralement, « intelligere » devrait nous porter vers la compréhension, qui passe par la connaissance, l’attention, l’empathie… et pas qu’au sens humain. Je crains que notre très cher « progrès » nous ait bien éloigné de la compréhension subtile de ce qui nous est étranger : le vivant non-humain. L’amour *aussi* du non-humain. Déjà qu’entre humains c’est pas simple, quelle place est-elle laissée à l’amour face au radicalement différent de soi ?<br /> <br /> Tant qu’on ne raisonnera que dans le microcosme humain, on ne pourra pas comprendre les malheurs que l’on inflige au macrocosme terrestre (i.e. la biosphère). En cela je te rejoins, par rapport à la peur de l’inconnu qu’est le différent de soi, et encore plus par rapport au très différent de soi. Et si « les grandes avancées de l’humanité sont toujours motivées par l’amour », alors nous avons une sacrée évolution des conscience à opérer pour élargir notre champ d’amour !<br /> <br /> En revanche je ne te suis pas sur ce que serait le principe adverse : la peur. Certes la peur (de l’autre ? de l’incertitude ? de manquer ? de mourir ?) peut entraîner un repli, qui mène vers la régression. On voit bien cette peur à l'oeuvre. Mais n’oublions pas la peur du danger réel ! Cette peur-là est nécessaire, indispensable, vitale. Ce qui nous ramène vers l’inquiétude tenace qui suinte de mes propos dès que je me laisse aller. Je la crois tout à fait rationnelle, fondée sur la compréhension profonde des conséquences du mouvement de mécanismes systémiques que l’humanité a enclenchés sans vouloir les arrêter. Cette humanité tellement ignorante de tout ce qui n’est pas elle-même.<br /> <br /> Tu mentionnes l’amour, Célestine, et je te rejoins pour ce qui est de l'humanité. Mais combien d’humains « modernes » mesurent-ils l’ampleur de ce qu’il y a à aimer ? Je suis convaincu de n’en faire pas partie, peinant à seulement évaluer l’immensité de mes lacunes. Je fais mon possible, mais je ne peux que peu.<br /> <br /> Pour ce qui est de donner du sens au mot espoir, je vais citer des propos de Jacques Ellul, entendus récemment sur France-Culture, qui correspondent bien à ma perception des choses :<br /> <br /> "L'espoir est la malédiction de l'homme. Car l'homme ne fait rien tant qu'il croit qu'il peut y avoir une issue qui lui sera donnée. Tant que, dans une situation terrible, il s'imagine qu'il y a une porte de sortie, il ne fait rien pour changer la situation. C'est pourquoi, depuis tant d'années, j'essaie de fermer les fausses issues du faux espoir de l'homme. L'espérance au contraire n'a de lien, de sens, de raison, que lorsque le pire est tenu pour certain. L'espérance c'est la passion de l'impossible. Elle n'a de sens, de lieu, de raison d'être que là où rien n'est effectivement plus possible et qu'elle fait appel non pas à la dernière ressource de l'homme, ou à quelque second souffle, mais à la décision extrinsèque qui peut tout transformer."<br /> Extrait de L'Espérance oubliée de Jacques Ellul, 1972 (pages 243-246)<br /> <br /> https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avoir-raison-avec/un-theoricien-politique-de-la-religion-la-liberte-chretienne-est-une-liberte-de-contestation-7196742<br /> <br /> Tu auras compris que l'espérance m'empêche de plonger :)<br /> <br /> Un grand merci, Célestine, de partager ta perception des choses. L’expression croisée de nos divergeances , malgré nos convergeances et similarités moult fois nommées, m'est essentiellement précieuse.
M
Bonjour Pierre,<br /> <br /> Je n'arrive pas à répondre directement sous ta réponse.j'en suis désolée.<br /> Je ne sais pas comment faire.<br /> Espérons que l'échange reste claire. <br /> <br /> <br /> Tu as beaucoup contribué aux biens de l'ensemble,porté par une force intérieure et par la Nature et c'est vraiment nécessaire d'en faire la liste parfois, de faire le point. <br /> <br /> J'entends qu'il y a eu peu de reconnaissances pour ce formidable travail accompli.<br /> Et peu de suivi ensuite en plus. <br /> <br /> Mais je crois que toute cette énergie déployée n'a pas été vaine.<br /> Dejà, plein de graines sont plantées, envolées, tu ne peux pas savoir de suite comment elles vont germer, ni où, ni en qui...<br /> Mais il y aura forcément du très bon, qui en naitra. <br /> Car je te vois très impliqué.<br /> Et avec une somme de travail,très importante.<br /> <br /> Ensuite , je crois que ce qu'on donne de bon coeur et parfois en faisant des gros efforts , navigue très subtilement " dans les airs" un peu comme ces rivières célestes et sauvages qu'on a découvertes sur les dessus de l'Amazonie et qui contribuent largement aux bienfaits planétaires et qu'on avait jamais remarquées. <br /> Elles sont plus subtiles,mais leur job est énorme et très essentiel.<br /> <br /> Tu peux tout de même être fier au sens noble du terme de tout ton travail accompli...<br /> Qui d'une manière ou d'une autre,va perdurer, continuer .<br /> Rester confiant.<br /> La Nature est reconnaissante et généreuse.vraiment!<br /> Elle s'en servira , retransmettra, redistribuera, ici , là et là encore.<br /> Tu peux t'en réjouir et faire juste confiance. <br /> <br /> Pour les incendies...<br /> J'ai remarqué cet été qu'il faisait par moments si chaud, que même dans une immense grange dont les murs sont très épais et donc assez isolants, je ressentais sur mon visage comme des " brûlures " comme si j'étais en train d'attraper un coup de soleil.<br /> Il n'en était rien, mais le ressenti était ressemblant.<br /> Ces canicules font immédiatement réfléchir et sont assez anxiogènes pour beaucoup de gens. <br /> <br /> D'autant que les nouvelles étaient peu réjouissantes en terme d'incendies.<br /> Ça impacte! <br /> <br /> Comme j'étais au fin fond de forêts de châtaigniers avec une mini route en zig zag <br /> entourée de ces forêts pour en monter et en redescendre , j'ai évidemment pensé que si le feu , voir les orages tant attendus pourtant, provoquaient un incendie, il en serait fait de nous. <br /> <br /> Et j'ai éteint les infos!<br /> Et je suis sortie.<br /> Comme la presque pleine Nature m'avait déjà enveloppée depuis plusieurs jours et commencé son travail de ressourcement, j'ai pu lâcher prise avec cette angoisse qui m'avait fortement étreinte. <br /> <br /> J'étais dans ce lieu là, juste là, maintenant, il y avait la paix, le calme, le sauvage, l' intense et tellement de douceur à la fois.<br /> La peur s'est enfuie.<br /> Je ne sais même pas trop comment. <br /> <br /> Les incendies très ravageurs pour l'humain et les animaux, sont pourtant aussi très régénérateurs, en vérité.<br /> Pour une jolie histoire :<br /> dans ma région après de grands incendies, qui n'ont coûté la vie de personne cette fois ,<br /> on a vu renaître des fleurs rares et disparues depuis longtemps, que les botanistes avertis pensaient ne jamais revoir sur terre.<br /> Des graines s'étaient enfouies profondément dans le sous sol, mais on l'ignorait.<br /> La chaleur intense, leur a permis d'éclater, de germer et de rejaillir.<br /> C'était une si belle histoire de Vie, au milieu de la destruction. <br /> <br /> Oui, beaucoup de gens,de scientifiques, de politiciens savaient déjà, dès les années 60- 70 qu'en prenant la direction du matérialisme, de la consommation, l'humanité se fracasserait car c'était juste irréaliste sur le long terme ( plutot court le terme,en vérité).ils en étaient conscients,c'est vrai. <br /> Et ils ont pour beaucoup contribué au malheur...<br /> Pouvoir,cupidité.<br /> On était avertis pourtant, par différents Êtres de Sagesse, venus avant.<br /> <br /> Perso,je ne suis pas contre un confort simple et une forme d'esthétisme.<br /> Je n'aime pas avoir les doigts de pieds glacés,genre...<br /> Ni manger moisi, parce que je n'ai pas pu protéger mes aliments au frais.<br /> Ni mettre 3 semaines pour aller voir des amis à quelques centaines de kilomètres.<br /> Ni laver mon linge au lavoir durant l'hiver et avoir les doigts glacés.<br /> Etc etc etc<br /> Bon... les classiques.<br /> <br /> Je fais au mieux, mais certains font au pire.<br /> Souvent par ignorance ( mais pas toujours).<br /> Je ne crois pas que les gens soient ,pour la majorité, conscients de ce qu'il se prépare.<br /> Il est même impossible de tout appréhender quand on y est sensible .<br /> <br /> Pour les relations humaines...<br /> L'envie de fuir,de se mettre dans sa bulle,d'aimer malgré tout...<br /> Alors là ,on vit aussi une époque formidable et la pandémie n'a rien arrangé.<br /> <br /> Pour l'écologie, je crois que de multiples solutions sont déjà nées, sont là, naissent encore et qu'il y a vraiment du merveilleux,du génial, du bon sens, beaucoup d'intelligence en éveil.<br /> J'ai assez foi,meme si l'urgence se fait sentir.<br /> Il faudrait retransmettre "en boucle" les connaissances, les solutions.<br /> Ce me semble vraiment important, ça, maintenant. <br /> <br /> Par contre,pour le facteur relationnel- humain alors là, j'avoue traverser aussi beaucoup de labyrinthes : psychologiques, humains, affectifs...et c'est assez fatiguant.<br /> <br /> Parfois tout s'éclaire et souvent ça s'assombrit.<br /> Qu'est ce que c'est complexe!!<br /> <br /> Et on peut,  en plus, très bien avoir plein d'affinités et buter sur quelque chose qui ne passe pas.<br /> Et puis rester ouvert et confiant,quand on a déjà pris des claques, c'est pas toujours si simple.<br /> Et puis s'enfoncer dans ses habitudes, ses loyautés familiales même plus d'actualités , c'est si long à découvrir et à transformer.<br /> Et puis rester ouvert et confiant quand l'autre est très différent,c'est difficile aussi et pourtant parfois,ça permet d'éclairer tout un pan de l'existence.<br /> <br /> Et puis,et puis et puis...<br /> <br /> Le respect,la reconnaissance,l'affection,<br /> Ce me semble des clefs essentielles, mais la liste d'essentiels est beaucoup plus longue en vérité... <br /> <br /> Bien sûr Pierre, on ne peut répondre à tout ce que l'autre écrit, j'entends bien.<br /> Et oui, j'ai déjà répondu à un de tes messages il y a longtemps, sans doute avec le même pseudo, que j'emploie en principe, sauf exception.<br /> Hélas,je ne sais plus sur quel message.<br /> J'écris très peu sur internet depuis de longues années...<br /> Et je lis tes écrits, quand ils arrivent dans ma boîte. <br /> <br /> Merci Pierre, pour cet échange, qu'il me faudra relire, car riche...<br /> Merci pour tes connaissances et tes transmissions et ton courage.<br /> <br /> Et puis pour les relations humaines, un rappel de ce bon De La Fontaine : <br /> <br /> “Tout l'univers obéit à l'Amour ; Aimez, aimez,aimez, tout le reste n'est rien " <br /> <br /> Jean de La Fontaine <br /> <br /> La phrase du siècle<br /> Tout le reste n'est...rien<br /> 😘<br /> Aimez
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C
Bonjour miel<br /> <br /> Pour répondre dans le même "fil" de discussion il faut cliquer "répondre" sur le commentaire initial. Pas très intuitif ni logique, en effet...<br /> <br /> Il est probable, c'est vrai, que les graines semées auront fait un peu bouger les choses dans le sens souhaité. Et c'est sans doute le mieux que je pouvais faire depuis là où je m'exprimais. Utile rappel du réel à la modestie : il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Ce sentiment d'impuissance est d'ailleurs connu. Frustration et découragement, voire colère, sont le lots de ceux qui veulent résister à bien plus fort qu'eux.<br /> <br /> Hier soir, après avoir posté ma réponse, je me suis rendu compte qu'en fait c'était ma colère qui se libérait. Une colère silencieuse, sans haine, calme mais puissante. Je crois que cette colère est tout à fait saine, et juste.<br /> <br /> Merci de me rappeler que ce que j'ai donné de moi pour essayer de changer un peu les choses a une valeur. Et sur oui, cela n'aura pas été vain. Ne serait-ce que pour avoir porté une parole engagée dans des assemblées d'élus où cette parole est rare. Ce qui est encourageant, c'est que durant le mandat précédent j'étais seul à la porter et que durant celui qui s'achève nous étions plusieurs à nous exprimer dans le même sens. On se serrait les coudes. Même si, lassés de jouer les porte-voix sans écho, la passivité résignée a fini par l'emporter. J'ai arrêté de jouer le rôle ingrat de Cassandre. Je crois que cette expérience infructueuse, alors que je pensais vraiment pouvoir influer sur le cours des choses à l'échelle locale (du moins suffisamment pour que des actions concrètes soient engagées dans un délai de quelques années), aura miné quelque chose de ma détermination. Les effets se sont étendus bien au delà de la microsphère politique dans laquelle j'ai voulu influer. Mon découragement est sévère.<br /> <br /> Je me rassure en me disant que j'ai fait ce que j'ai pu, avec l'énergie intérieure dont je dispose (facteur limitant que je ne peux qu'accepter). Il m'en reste une certaine fierté, en effet ;)<br /> <br /> Pour ce qui est des incendies, ils ont au moins une vertu : ils témoignent des changements en cours. Tout comme l'augmentation de la durée et de la fréquence des canicules. Pendant quelques semaines, quelques mois, la plupart des médias en parlent. Peu à peu cette éventualité qui se concrétise secoue un peu les conscience. Il en faudra encore et encore, avec plus de surfaces ravagées, de maisons brûlées et davantage de morts pour que cela percute vraiment. D'ici à faire un lien avec notre système consummériste irresponsable... ce sera une toute autre affaire. Et c'est là que la notion de temporalité s'invite : plus les années passent sans action, sachant que le changement climatique dont nous sommes la cause est un processus irréversible (et ce mot est capital), plus on "bloque" les curseurs (de chaleur, de sécheresse, d'inondations...) à un niveau élevé. Nous ne retrouverons pas les étés "frais" (pas trop chauds...) de notre enfance, quelque soit notre décennie de naissance.<br /> <br /> Et quand on parle d'incendies, c'est généralement en termes de paysages ravagés (émotionnellement perturbant, il est vrai), de bâtiments ou de cultures brûlés, ou encore de vacances gâchées. Il est bien plus rare que l'on évoque l'hécatombe faunistique, qui touche indistinctement espèces courantes (on s'en fout, ça compte pas...) ou menacées (on s'en fout aussi, une bestiole ou une autre c'est kif-kif...).<br /> <br /> Mais tu as raison, il se peut que l'on en vienne à légitimement s'inquiéter de se savoir isolé dans un massif forestier ou une guarrigue en période de sécheresse. Vrai aussi : les incendies ont un rôle régénérant... à conditions qu'ils ne repassent pas trop souvent au mêmes endroits. Et qu'ils ne soient pas de surfaces trop considérable, ne laissant aucun refuge pour la faune.<br /> <br /> Tu évoques le confort moderne, auquel personne n'a envie de renoncer après y avoir goûté. C'est un peu notre point faible : tout nous encourage à y goûter et nous avons bien du mal à résister à la tentation. C'est en ce sens que j'ai mentionné l'IA, dans ma précédente réponse. Il nous faudrait absolument refuser cette invention géniale, qui va nous simplifier la vie (et surtout "gagner du temps") tout en accélérant les impacts délétères sur notre milieu de vie. On peut aussi s'interroger sur les effets à long terme quant aux capacités d'élaboration mentale des générations qui vont grandir avec ça...<br /> <br /> La logique du "plus vite avec moins d'effort" nous a extrait d'une vie de labeur (nous les privilégiés du monde) mais nous a rendus accros à l'amélioration continue... jusqu'à devenir absurde. Ce ne serait pas un problème si nous disposions de ressources et d'énergie illimitées. Leur raréfaction va nous contraindre à des renoncements qui pourraient être douloureux. Il va falloir réapprendre à partager. Ceux qui ne veulent pas partager pourraient être tentés de recourir à la violence pour garder leurs privilèges. D'autres, au niveau étatique, pourraient être tentés d'étendre leur territoire et de s'octroyer des ressources rares. Ah, on me susurre dans l'oreillette que c'est déjà le cas ! Il semblerait que certains auraient pas mal d'appétit et suffisamment de ressources pour ne pas se laisser intimider par qui que ce soit.<br /> <br /> Tu dis « Je ne crois pas que les gens soient ,pour la majorité, conscients de ce qu'il se prépare. ». Je ne crois pas non plus. J'en suis même assez certain. C'en est même assez inquiétant. D'un autre coté, ça nous laisse du répit : "jusque-là, tout va bien...". Là encore le "confort" mental l'emporte : il est plus simple de détourner les yeux de l'incendie (ou la falaise, ou le mur) qui approche. Ce sont des images destinée à "heurter" mais je les sais inefficaces : on n'ouvre pas les yeux des gens qui sont dans le déni. D'ailleurs, pour ma part, je fais partie de ceux qui considèrent que le processus de délitement, ou d'effritement, a déjà à l'oeuvre. Peu perceptible, inodore et incolore (quoique, depuis quelques temps, le travail de sape de quelques puissants de ce monde nécessite un certain aveuglement pour ne pas être vu).<br /> <br /> J'apprécie ton positivisme nuancé. Je prends chaque mot, chaque idée, je les trouve justes et équilibrées. J'aimerais croire, comme toi, que ce versant de l'ambivalente humanité l'emportera au final. Et peut-être sera-ce le cas, le moment venu. Reste à savoir quand cela adviendra. Avant ou après l'effondrement du système délétère dont nous, riches européens, jouissons ? J'aimerais avoir l'insouciance de considérer le temps long et me dire que les choses viendront lorsque nous (ou nos descendants) y seront prêts. Je pense trop à mon échelle de temps, alors que je devrais relativiser (retour au point de départ : la relativité de l'essentiel). Après tout l'humanité est une émanation de la nature et elle a toute liberté d'évoluer librement, pour le meilleur ou pour le pire... dont je ne sais même pas quels critères pourraient les définir.<br /> <br /> Lâcher prise. Vivre l'instant présent. Impermanence. Aimer, respirer, être simplement présent.<br /> <br /> ...<br /> <br /> [quelques secondes de respiration]<br /> <br /> <br /> ...<br /> <br /> Tu parles du facteur humain. Il est au centre de l'équation, depuis l'aube... (tiens tiens, on y revient...) de l'humanité. Peut-être sommes-nous restés bloqués à cette aube d'un jour d'épanouissement qui ne viendrait pas, ou plutôt qui ne tiendrait pas. Comme si le feu toujours nous menaçait de son ombre, du saccage de ce qui peut naître et grandir de beau. Hum... on dirait la lutte du bien contre le mal, mon truc. <br /> <br /> Rien de nouveau, en fait.<br /> <br /> « rester ouvert et confiant quand l'autre est très différent,c'est difficile aussi et pourtant parfois,ça permet d'éclairer tout un pan de l'existence. ». Absolument d'accord ! Difficile, mais éclairant. « C'est le difficile qui est le chemin » disait Kiekegaard.<br /> <br /> De nouveau je te remercie pour tout ce que tu apportes comme éléments de réflexion, de nuance, d'équilibrage et de positivisme. Cela me nourrit, me réconforte, m'aide à clarifier mes pensées et m'orienter. Et j'apprécie d'autant plus ce que tu m'apportes en apprenant que tes écrits sont rares. J'ai de la chance :)<br /> <br /> Merci de me rappeler qu'il y a des abonnés qui peuvent me lire sans se manifester. J'ai tendance à "oublier" ce qui m'est invisible. C'est dommage, quand je lis la perspicacité dont tu fais preuve en toute discrétion :)<br /> <br /> Moi qui exprimais ma frustration de manquer d'échanges enrichissants, me voilà exaucé.<br /> <br /> Aimez ? Aimez !
M
Bonjour Pierre<br /> <br /> Mais je te comprends tout à fait aussi.<br /> Je peux également me sentir emportée par l'urgence, touchée - blessée par des infos négatives ( communiquées en masse et sans trop de solutions énoncées, offertes, alors qu'il y en a +++ ) <br /> Infos et réalités négatives qui existent aussi bien sûr, je ne vis pas non plus "au pays des bisounours".<br /> Je suis là où ... on en est tous. <br /> ( et un peu + privilégiés, encore , que dans certaines contrées).<br /> Emportée aussi par l'angoisse qui étreint, par la grande souciance pour les petits , nos descendants, etc<br /> <br /> Mais, une fois la lumière posée sur ce qui ne va pas du tout , au moins en partie car la liste est trèèèèès longue, et plus encore qu'on ne peut le concevoir humainement,<br /> alors choisir sa voie, voir sa petite voie et ... kaizen si il le faut...les petits pas,<br /> ça compte +++<br /> Car,<br /> ça impacte de fil en aiguille ,en soi puis autour de soi, sans peurs et sans résistances ,<br /> Ça éveille en douceur, ce qui prolonge les effets.<br /> C'est de l'énergie douce et durable, je crois, justement.<br /> <br /> On ne parle pas assez dans les médias de tout ce qu'il y a de possibles à faire, à co- créer, de tout ce qui est déjà fait, de ce qui se met en place, de ce qui fonctionne véritablement, qui a été expérimenté , de toutes les excellentes solutions, découvertes, mouvements divers, gens, jeunes, moins jeunes qui agissent et font des merveilles!!+++<br /> Partout sur terre.<br /> Dans tous les domaines : cultures ,arboriculture , architecture- constructions , recherches, hydrologie, reforestation , sauvetages des tortues,dauphins, baleines, castors, coraux, graines anciennes et autres faunes flores, <br /> pédagogies, arts, redécouvertes des cultures et de leur valeur , des différents arts de vivre , de connaissances médicales ancestrales ( à discerner) , tri- déchets ( beaucoup de boulots + discernement encore) etc etc etc<br /> Sans compter ceux qui n'ont jamais quitté le Simple,le Juste...<br /> <br /> Bien sur il y a à discerner , à réfléchir encore, à découvrir encore et à bien comprendre pour agir juste. <br /> Et ça, c'est des alliances d'intelligences diverses ,c'est coopératif, ça peut se compléter par affinités de valeurs.<br /> <br /> En fait,il y a à faire pour chacun ,une place pour chacun et pour tous.<br /> et ces milieux sont souvent sympas en +.<br /> <br /> Car finalement les bonnes voies se trouvent là, les bons récits, les bons exemples, la bonne " mode" (enfin une) ! Et les bonnes énergies et motivations.<br /> <br /> Il y a tant de diversités d'humains , d'intelligences, de créativités et de solidarités qui s'éveillent et avancent.<br /> Ça peut devenir juste Génial!<br /> Ça va devenir génial.<br /> <br /> Les autres?<br /> Les endormis, les illusionnistes dangereux pour l'humanité et pour la faune, la flore, les éléments,<br /> A quoi bon encore leur donner de l'énergie?<br /> A quoi bon lutter contre eux ?<br /> Avec les années, il me semble que ça ne sert plus à...rien.<br /> Ils ne veulent pas ( encore?) entendre.<br /> Ils veulent du pouvoir et manquent de grandes Visions et de Courage.<br /> Et puis d'Amour,n'est ce pas?<br /> Les "premiers" seront les derniers à se réveiller, peut être. <br /> C'est un jeu d'apparence qui génére en attendant que chacun s'éveille et se révèle ,beaucoup de souffrances,il est vrai.<br /> <br /> Mais plus de gens donneront vers ce qui compte <br /> : le respect du vivant , le bien, l'important, le beau, le juste, le sain, le merveilleux et le réenchantement.<br /> En redécouvrant ce qui est vraiment sublime et digne d'intérêts ,<br /> en pigeant le réel fonctionnement de la Nature qui est généreuse, abondante, subtile et superbe qui plus est ! ( et parfois rebelle et intense)<br /> Nature, où sont inscrites des lois remarquables,<br /> plus "le reste" s'effondrera sans effort...<br /> <br /> Je crois sincèrement qu'il faut rester très branché à ses intuitions positives et engager son énergie...là. <br /> Mettre son poids sur l'autre plateau de la balance...<br /> <br /> Même à petits pas et peut être à plus grands ensuite, selon ses capacités, ses rencontres , son âge, son énergie et son destin <br /> <br /> Courage, Pierre,<br /> Connecte toi, si j'ose ,<br /> quand tu désespères après avoir tant vu,senti, ce qui ne va pas , <br /> aux bonnes forces lumineuses qui agissent dans l'ombre .<br /> Il y en a tant!<br /> Ça va te recentrer ,te rebooster dans l'essentiel, "l'essence ciel", te protéger aussi.<br /> <br /> Tu as déjà beaucoup donné dans le très concret.<br /> L'Esprit ça compte aussi, c'est une très bonne force pour transmettre, à l'heure d'internet , si tu le souhaites, <br /> toi qui aime tant écrire<br /> <br /> Bonne journée
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C
Merci miel :)<br /> Je suis comme toi, pas toujours disponible pour répondre rapidement lorsque cela demande de s'accorder le temps d'une émergence de conscience.
M
Bonjour Pierre<br /> Et Célestine <br /> <br /> Je viens juste mettre un petit mot, après vous avoir lus.<br /> Je repasse dès que possible, j'ai quelques journées d'affilées chargées.<br /> <br /> Merci pour ta réponse Pierre.<br /> Très bonne journée un peu + fraîche, je vous souhaite
C
Il fut un temps où mon fond optimiste me préservait de l'influence néfaste des "mauvaises nouvelles". J'avais toujours tendance à penser que, globalement, le monde ne tournait pas si mal... Je peux continuer à le dire, de temps en temps quand ce fond optimiste "oublie" un peu la réalité. Je peux aussi, sciemment, faire semblant de privilégier "le bon côté des choses". C'est assez simple : il existe bel et bien des "belles choses".<br /> <br /> Cependant le réel me rattrape toujours... et je vois que l'incendie se rapproche. L'incendie, il se fout de la beauté des choses. Il n'a ni morale, ni éthique, ni sens esthétique. Pas d'états d'âme, pas de sens de la justice. Il se fout de l'aube, aussi prometteuse soit-elle, comme du crépuscule. La métaphore de l'incendie, c'est aussi celle du Colibri, qui "fait sa part"... mais qui crame quand-même, malgré son courage, sa générosité, ses idéaux.<br /> <br /> Voila, c'est un peu ça ma vision des choses (dont je n'ai pas vraiment conscience, ça me vient en l'écrivant). J'ai trouvé ça chouette, au début, cette légende du colibri. Gentillet mais chouette quand-même. J'étais déjà passablement désabusé mais j'ai pris mon petit bâton de colibri-pèlerin (d'habitude, c'est pas plutôt le faucon qui est pélerin...), j'ai manifesté avec les jeunes dans les marches pour le climat, je me suis formé au Camp climat, j'ai fait l'Académie du climat. Chouette, super, on est nombreux, on y croit...et puis...et puis quoi ? Pschiiit. J'ai trouvé super que des climatologues proposent au députés de les former (la plupart on décliné l'offre). J'ai visionné des tonnes de vidéos, écouté des podcast, lu pléthore d'articles. Aujourd'hui encore, Valérie Masson-Delmotte, pourtant du genre positivé et raisonnablement optimiste, alerte dans Le Monde : « La situation climatique va encore empirer, mais le danger vient aussi d'un déni collectif ». Ah, ce cher déni... Non, pas Dennis (Meadows), lui c'était il y a 53 ans qu'il a alerté le monde que le modèle de croissance était insoutenable et que si nous ne faisons rien nous allions tout droit vers rien moins qu'un effondrement civilisationnel. Et lui ne prenait même pas en compte le changement climatique, pas encore vraiment identifié en 1972. Et qu'on fait les grands de ce monde ? Ils ont continué comme si de rien n'était : a fond les ballons ! Cap sur la croissance infinie !<br /> <br /> Oui oui petit colibri, auraient ils pu dire, continue bien à faire ta part si ça te fait plaisir :)<br /> <br /> Les perspectives sont effroyables... mais nous continuons à foncer. Comportement absurde ? Oui, mais nous sommes humains. Donc pas à une contradiction près. J'adore cette formule : « Nous ne croyons pas ce que nous savons ». Car nous savons tous qu'une croissance infinie n'est pas possible. Et pourtant ce mythe absurde reste notre moteur. Il paraît que nous allons tous nous mettre à l'IA, cons comme nous sommes, qui consomme des ressources colossales au moment où il faut absolument aller vers une sobriété drastique. Bel exemple de démesure.<br /> <br /> Voilà, c'est ça notre monde (du moins celui des privilégiés que nous sommes). Pas kaizen du tout !<br /> <br /> Dans le genre petit pas, j'ai tenté d'influer à ma mesure, localement, au niveau ds élus de mon territoire intercommunal. Avec mon petit bâton j'ai frappé aux portes, je suis intervenu en commissions, j'ai participé aux groupes de travail, aux comités de pilotage, j'ai même initié une démarche visant à préparer le territoire en cas de manque de ressources. J'ai fédéré des élus d'autres communes, eux aussi inquiets. Des heures et des heures de travail. Forcément, ça allait faire un peu bouger les choses, ça allait "sensibiliser", "éveiller les conscience". Ben oui, il ne pouvait pas en être autrement ! Il suffit d'informer les gens, ils ne pourront qu'être saisis d'effroi et jouer leur rôle de responsables informés !<br /> Quelle naïveté ! Tout cela à fait flop. Même pas flop : rien, pas de bruit. Etouffé, dissoud. Près de six ans après les élections (un mandat), ces questions ne sont plus abordées, les groupes de travail ont été reconfigurés (et comme par hasard je n'y suis plus convié, parce que voyez-vous, c'est plus simple quand il n'y a pas d'élus dits "d'opposition". Alors mon petit bâton de colibri-pèlerin et mon étendard de personne lucide, je peux les ranger au placard ou me les mettre où je pense. Tout le monde s'en fout ! Tiens c'était le titre d'une chaine de vidéos de sensibilisation humoristique sur le même thème, ça.<br /> <br /> C'est pas vrai que tout le monde s'en fout, mais la majorité... n'a pas envie d'en entendre parler. Les sujets flippants, les gens aiment pas trop ça. Surtout si on pressent bien que leproblème est pas simple et ne va pas se résoudre en douceur.<br /> <br /> Hmmmmmmm... je respire un grand coup. Je me recentre. Je m'ouvre au calme intérieur. Zen ! Cela ne sert à rien de s'égosiller. « Jusque-là, tout va bien » dit celui qui a sauté sans parachute.<br /> <br /> Tout ça pour dire que mon optimisme a perdu de sa vigueur. Il m'en reste, bien sûr, parce qu'on ne change pas sa nature, mais disons que je ne cherche plus à l'appliquer là où il n'a pas sa place. Ce serait de l'énergie gaspillée en pure perte.<br /> <br /> Bon, je me suis exprimé en roule libre (et ça fait du bien !) sans forcément répondre à ta contribution, particulièrement développée et elle aussi animée par ce qui compte pour toi. J'aime bien ta contribution elle apporte un contrepoint à cet côté plombant que j'expose. Ça équilibre un peu :)<br /> <br /> Je relis tes mots. C'est vrai, il y a plein de belles idées, d'actions engagées, heureuses, dynamiques, enthousiastes. C'est hyper important de savoir que ça existe et qu'un peu partout des gens essaient de créer, inventent, construisent, tout en s'émancipant un peu de notre système mi-protecteur, mi-délétère. Un truc bancal, sans avenir tel qu'il demeure mais plein de germes porteurs de nouveauté. Il va y en avoir besoin quand... les parts pourries du système se déliteront (c'est déjà en cours). Il faudra prendre la relève. Ça oui, ça soulève de l'espérance (pas l'espoir, qui pour moi est une forme passive, attentiste).<br /> <br /> Je ne suis peut-être pas prêt à me joindre au mouvement - que je vois bruiter autour de moi - parce que les interactions sociales ne me sont pas simples. C'est un handicap qui, peut-être, me conduit à une forme de découragement. Accepter mes limites, c'est un début de sagesse.<br /> <br /> Tu écris « Les endormis, les illusionnistes dangereux pour l'humanité et pour la faune, la flore, les éléments,<br /> A quoi bon encore leur donner de l'énergie?<br /> A quoi bon lutter contre eux ?<br /> Avec les années, il me semble que ça ne sert plus à...rien. ». En fait je me rends compte que nous sommes assez largement d'accord :)<br /> <br /> Plus je relis ta contribution, plus je me sens en accord. Je crois que j'avais besoin de sortir mon ras-le-bol, mon découragement... et je n'ai pas perçu tout de suite que tu m'encourageais à euh... croire en mon intuition (j'allais écrire "croire en moi", mais je me demande si cette expression à vraiment du sens).<br /> <br /> Oui, il y a pléthore de « bonnes forces lumineuses qui agissent dans l'ombre ». Je suis d'accord et je crois que, malgré mon découragement, je les "sens" et cela me permet de ne pas désespérer :)<br /> <br /> J'ignore si je te connais sous un autre pseudo, mais je te remercie pour tout ce que tu as su exprimer afin que j'embarque avec ta façon de présenter les choses.<br /> <br /> Alors juste un grand merci :)
M
Bonjour Pierre<br /> <br /> Les petits pas, le Kaizen et sa puissance de changement<br /> <br /> Tant de gens s'activent sur la planète vers ce qui est juste et sain ,pour tous.<br /> Il y a tant d'idées , d'intelligence,de générosité, de cooperations, dans ces gens, ces actes et ces dons.<br /> L'aube se lève et c'est très beau...<br /> <br /> Courage et espoir, ça nait
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C
Bonjour miel<br /> <br /> Les petits pas, laisser au changement le temps de se faire... oui, excellente philosophie de vie. Mais qu'en penser lorsqu'une situation s'aggrave en fonction du temps qui passe ? Oui, c'est vrai, tant de gens s'activent pour ce qui est juste et sain pour tous... mais tant et tant d'autres s'activent dans l'autre sens, souvent en toute inconscience, parfois avec cynisme et en force. Qui l'emportera, alors que le temps presse ?<br /> <br /> Oui, il y a tant de belles choses... et tellement de laideur aussi. Peut-on regarder les unes sans regarder les autres ?<br /> <br /> L'aube se lève d'un côté, l'incendie gronde de l'autre, et je vois les deux à la fois. <br /> Est-ce cela, la lucidité, cette « blessure la plus proche du soleil » ?<br /> <br /> Merci pour ces mots réconfortants, j'apprécie vraiment l'intention, bien que mon inquiétude reste intacte.<br /> Je me demande toujours s'il est sain de l'exprimer.
J
Waouh...<br /> Au nom du Pierre, la fille (Célestine) et la Simple d'esprit (moi) 🤣 Amen ! <br /> Éblouissantes réflexions sur la noirceur du monde ; nous aurons ce que nous méritons... L'essentiel c'est de tenir bon 😀<br /> Allez, après mon intervention non essentielle je te souhaite une douce journée, cher Pierre.<br /> Amicalement, Julie 😊
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C
"La simple d'esprit", tu ne manques pas d'humour ;)<br /> <br /> La noirceur du monde (des humains) rivalise depuis toujours avec sa lumière. Le problème est que ceux qui mériteraient d'être confrontés aux conséquences de leurs actes réussissent souvent à y échapper. Et ce sont les plus à plaindre qui trinquent, encore et encore. Injustice révoltante.<br /> <br /> Merci pour tes mots et elle journée à toi de même :)