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Alter et ego (Carnet)
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4 octobre 2005

Perséverance ou obstination ?

« Que la force me soit donnée d'accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être, mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »

J'aime beaucoup cette citation de Marc-Aurèle. Depuis que je l'ai lue, il y a quelques mois, je l'incorpore à ma philosophie de vie. Il y a là toute la tension entre deux opposés, et l'incertitude de la ligne floue qui les sépare. Jusqu'où faut il se battre pour ce à quoi l'on croit ? A partir de quand faut-il renoncer de ne pas y parvenir ? Qu'est-ce qui fait qu'un jour on "décroche", comprenant alors que poursuivre serait sans issue ?
Je suis quelqu'un d'assez persévérant et j'ai beaucoup de difficultés à renoncer à ce qui me tient à coeur. Tant que j'y crois, je cherche inlassablement comment contourner les difficultés, quelles solutions peuvent remplacer ce qui se dérobe ou paraît inaccessible. Mais force est de constater que parfois je ne peux rien changer, lorsque ce n'est pas dans mon pouvoir...

Accepter ce qui ne peut être changé... Toute la difficulté est de le faire sans résignation, sans abandon, mais en pleine acceptation. C'est à dire avec le sourire, en sachant que c'est le meilleur choix. Renoncer, mais avec sérénité. Presque avec sagesse. Comprendre que le maintien d'une quête impossible devient destructurant, et finalement destructeur si on s'acharne.

J'aime beaucoup l'idée de distinguer l'un de l'autre, parce que c'est ce qui fait toute la différence entre résignation et acceptation. Renoncer trop tôt serait du défaitisme, trop tard serait de l'obstination. Entre persévérance et obstination, il n'y a que quelques subtilités. Je crois qu'il faut autant de courage pour persévérer que pour accepter de ne pas le faire. Et beaucoup de lucidité pour voir le point d'inflexion entre les deux dynamiques.

Commentaires
L
Pralinette, oui il s'agit bien de sagesse à acquérir. C'est le travail de toute une vie. J'aime bien l'idée de "sagesse fougueuse" ;o)<br /> <br /> Dina, il y a très probablement une peur de perdre quelque chose quand on ne parvient pas à renoncer. Je crois que c'est justement de surmonter cette peur qui mène à l'acceptation sereine, à la "sagesse".
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D
Néanmoins, il me semble comprendre toute cette subtilité entre 'persévérer' et 'renoncer' situation à choisir vraiment. C'est un oui dans tous les cas.
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D
Parfois, il y a des situations où l'on finit par s'apercevoir que c'est sa propre tête qui tape contre le mur. C'est douloureux, mais on ne veut pas le savoir. Peur de renoncer à la passion, peur de renoncer à ce qui semblait donner un sens à sa vie, peur de ne plus avoir d'élan et finalement peur de se retrouver seule face à ce qui semble être un vide. On finit peut-être par masquer ce vide, à nouveau... à force de penser acceptation, raison, sagesse... je n'ai pas de solution. En tout cas, il me semble que chacun est sur sa planête. Rien à faire.
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P
Non je ne crois pas que ce soit un signe que l'on devient "vieux" dans sa tête.<br /> Je pense plutôt à la sagesse ; devenir plus modéré, plus tempéré, plus réfléchi dans certains domaines, je crois que c'est une qualité qui s'acquiert au fil des ans. Se résigner à quelque chose, n'est-ce pas aussi une autre façon d'aborder la vie, de trouver un bonheur différent au vu de ce qui ne pourra se réaliser ? On dit bien que dans la vie on n'a pas tout ce qu'on veut, on compose donc le meilleur avec tous les possibles. Ce qui n'exclut pas la fougue.
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L
Oui Pralinette, pour ça aussi l'expérience est utile. Sauf qu'on n'a jamais l'expérience de tous les domaines de la vie. Mais bon, en extrapolant un peu, beaucoup de situations présentent des ressemblances.<br /> Et puis c'est vrai que plus on s'accroche, plus le décrochage est difficile. C'est bien ça qui rend la décision de poursuivre compliquée, et peut-être qui finit par rendre fataliste...<br /> <br /> Fatalisme, résignation, acceptation... c'est assez proche tout ça. Dis... c'est pas le signe qu'on devient un peu "vieux" dans sa tête ?
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P
Je me demande si on n’a pas tendance à lâcher prise un peu plus rapidement au fur et à mesure que l’on prend de l’âge, enfin c’est ce que je ressens pour moi. A part ça, pour d’autres raisons également : pour ne pas empiéter sur la liberté d’autrui, dès lors qu’il s’agit d’une situation mettant en scène d’autres personnes. Ensuite pour ramener à un degré minimum le sentiment d’échec en cas de non aboutissement. Plus on s’accroche fermement, plus le décrochage est douloureux, non ? Donc ma peur d’avoir à souffrir d’abandon peut me freiner aussi…<br /> La persévérance peut être entravée par un certain fatalisme aussi : se dire que ce qui ne se réalise pas assez rapidement, ne devait tout simplement pas aboutir.<br /> Ni défaitiste ni obstinée à outrance, peut être suis-je en train de devenir sage ? En tous cas la ligne est bien floue pour moi, en fait j’aime bien y glisser un rien d’intuition et d’aide du destin ! Tout, pourvu que je ne souffre pas plus que ce que je suis capable d’endurer… quand on vieillit on a du mal à se relever :-)<br /> Enfin, tout dépend des enjeux de la « bataille » aussi.
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