Perséverance ou obstination ?
« Que la force me soit donnée d'accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être, mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »
J'aime beaucoup cette citation de Marc-Aurèle. Depuis que je l'ai lue, il y a quelques mois, je l'incorpore à ma philosophie de vie. Il y a là toute la tension entre deux opposés, et l'incertitude de la ligne floue qui les sépare. Jusqu'où faut il se battre pour ce à quoi l'on croit ? A partir de quand faut-il renoncer de ne pas y parvenir ? Qu'est-ce qui fait qu'un jour on "décroche", comprenant alors que poursuivre serait sans issue ?
Je suis quelqu'un d'assez persévérant et j'ai beaucoup de difficultés à renoncer à ce qui me tient à coeur. Tant que j'y crois, je cherche inlassablement comment contourner les difficultés, quelles solutions peuvent remplacer ce qui se dérobe ou paraît inaccessible. Mais force est de constater que parfois je ne peux rien changer, lorsque ce n'est pas dans mon pouvoir...
Accepter ce qui ne peut être changé... Toute la difficulté est de le faire sans résignation, sans abandon, mais en pleine acceptation. C'est à dire avec le sourire, en sachant que c'est le meilleur choix. Renoncer, mais avec sérénité. Presque avec sagesse. Comprendre que le maintien d'une quête impossible devient destructurant, et finalement destructeur si on s'acharne.
J'aime beaucoup l'idée de distinguer l'un de l'autre, parce que c'est ce qui fait toute la différence entre résignation et acceptation. Renoncer trop tôt serait du défaitisme, trop tard serait de l'obstination. Entre persévérance et obstination, il n'y a que quelques subtilités. Je crois qu'il faut autant de courage pour persévérer que pour accepter de ne pas le faire. Et beaucoup de lucidité pour voir le point d'inflexion entre les deux dynamiques.