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Alter et ego (Carnet)
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28 novembre 2005

L'économie sentimentale

Je sens que je tourne autour d'un truc, là, depuis quelques temps. Il y a des mots-clé récurrents...

- D'un coté les mots attirants, qui "brillent": confiance, fidélité, amour et/ou amitié. Ça, c'est que je suis prêt à donner et que j'ai envie de recevoir.

-De l'autre côté il y a les mots "sombres": abandon, voire trahison. Ce sont ceux que je crains de recevoir en échange.

Tous ces mots orientent mon existence pour toute sa part relationnelle. Ils ont toujours été des piliers très "forts" dans ma conception du lien. Dans mon dernier texte aussi j'ai parlé d'investissement dans une relation. Après coup ce mot m'a semblé être important. Il pourrait bien être une des clés de compréhension de ma problématique. C'est un des avantages que je vois dans cette écriture que je qualifie de "thérapeutique": ce mot est venu s'écrire devant mes yeux, je le regarde et en cherche le sens (allusion à des échanges sur un autre blog).


Constat: j'investis une part de moi dans toute relation, et d'autant plus qu'elle me plaît, me devient précieuse, voire essentielle. J'investis alors beaucoup. J'investis mon âme, mon être, mon essence. J'investis abondamment. Je "donne" temps, confiance, sentiments. Généreusement. Mais je donne parfois trop de moi. Avec le risque flottant de me trouver un jour dépouillé de ce "trop investi". Le risque est grand, et suscite donc une crainte diffuse, qui n'a de cesse d'être rassurée. Toute ma fragilité se situe là... Ma tranquillité dépend de cette réassurance.

Alors...il m'apparaît évident qu'il y a un problème d'adéquation entre ce que je donne et les besoins qu'il y a en face. Ou plus trivialement: il y a un décalage entre l'offre et la demande. Simple problème économique en quelque sorte...

Y'a t-il un économiste sur ce blog ?
Puisque je n'y connais rien en investissements et en stock-options, je vais prendre les principes économiques de base, bien terre à terre, pour expliquer ma petite logique perso.



Je donne trop... et qui dit "trop" d'un côté dit "pas assez" à échanger de l'autre. Trop de marchandises à écouler font baisser les cours, donc pas assez d'argent pour le producteur. Si un agriculteur propose gentiment 30 kg de pommes contre le prix de 2 kg... il court à la ruine. Il se dépossède. Sans compter que 30 kg de pomme ça fait beaucoup pour le client... Il y en a pour longtemps avant que le besoin de pommes de fasse de nouveau sentir. Entretemps le brave vendeur de pommes aura crevé de faim...

Dans le domaine des sentiments, c'est pareil: si je donne "trop" je gave l'autre qui, n'en ayant pas besoin d'autant, étouffe. Et qui ne me nourrit pas suffisamment en échange.


Pour ce qui est de la confiance, il faudrait plutôt comparer avec euh.. la joaillerie? Car c'est très précieux la confiance... et en même temps ça ne vaut que par la valeur qu'on lui attribue. C'est précieux parce que c'est rare, pas donné à tous, et pas surabondant. Si le bijoutier déversait une brouette de bijoux devant une cliente, elle ne saurait que faire de ce fatras...
Et si la cliente n'a besoin que de petites boucles d'oreille fantaisie, mais que pour le même prix le bijoutier lui en laisse des serties de diamants avec des émeraudes (c'est d'un kitsch..), plus la bague assortie en prime... ben faut pas qu'il se dise qu'il s'est fait avoir si la cliente ne revient pas ! Faut pas qu'il se dise "trahi" par sa cliente qui n'a pas su voir la valeur des bijoux. Pour simplifier, il est peut-être bien gentil ce bijoutier... mais très con !

Doooonc, ce que je veux dire par là, c'est que c'est à moi de me responsabiliser et de ne pas confier quelque chose de précieux dont je pourrais me trouver démuni. Faire preuve de prudence dans le "don" que je fais. Et n'investir qu'en m'assurant que c'est un choix judicieux, correspondant à un investissement comparable de l'autre côté de la relation. Ou qui, en tous cas, ne me démunit pas si je peux donner en abondance. Maintenir un équilibre, en fait. Tout simplement...


Euh... c'est évidemment bien plus compliqué que ça, parce que la logique économique est fluctuante, et que parfois le client ne veut plus de pommes, mais des bananes, puis des cerises, puis plus rien. Mais que peut-être il revoudra des pommes. Ou des boucles d'oreille...

Moralité: n'investissez pas tous vos oeufs dans la même poule.
[qui a dit de préférer une basse-cour ???]



Commentaires
I
Chat Fou, j'aime bien cette idée de retour sur investissement, donc bénéfice. J'y avais pas pensé, mais je le sens comme ça.<br /> Ce que j'investis dans une relation est censé m'apporter plus que ce que j'avais avant: ce bénéfice, c'est l'enrichissement personnel (dans le sens affectif/intellectuel) et le plaisir ressenti. J'investis une relation en supposant, en croyant, qu'au final, chacun sera "enrichi" par les résultats de la relation. Ce n'est évidemment pas calculé consciemment, mais dans l'inconscient il y a ce désir sous-jacent.<br /> <br /> Bon, mais là s'arrête la métaphore économique. Non, les sentiments ne se mesurent évidemment pas avec une balance. Quand je parle d'investissement je ne parle pas de sentiments ni d'affectif. Plutôt de... communication (sous quelque forme que ce soit). De "don de soi". De don de l'intime. De confidences/confiance. Ouais, plutôt ça...<br /> <br /> Mais c'est inquantifiable, non mesurable, et incomparable. Ça se fait au feeling réciproque et la mayonnaie prend ou pas. Et il se peut que j'aie parfois un mauvais feeling, ce qui fait qu'il peut m'arriver de déséquilibre moi-même les choses. Comme si mes intruments de mesure étaient faussés...<br /> <br /> Et... ben ça me fait chier (mais j'me soigne).<br /> <br /> J'aime bien ton dernier paragraphe...
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C
Investissement.... donc retour sur infestissement... donc bénéfice.<br /> Je ne diabolise pas la contamination du ocabulaire affectif par le vocabulaire comptable/économique. Du moment qu'on sait qu'on limite du coup la mesure de nos sentiments à une mesure de balance... <br /> <br /> Bref, tout ça pour dire que quand tu parles d'investissement, j'entend beaucoup ce dont tu parlais souvent, le besoin d'égalité, d'équivalence dans les relations. Partager, mais partager équitablement. Pour que personne ne se sente lésé aprés.<br /> Bien. Tu as su voir que dans ton enfance, tu as manqué d'un retour. Le père taiseux, le frére qui prend -et usurpe parfois - les médailles. Puis cette longue "folie" amoureuse, toi adulte qui ne comprenait pas la trahison amicale d'une enfant. Là encore, ton investissement manquait de retour.<br /> <br /> Pour rester dans l'image de la balance.... nous ne faisons pas tous le même poids. Ni la même taille. C'est pareil, je crois, pour ce que produisent nos coeurs et nos âmes. La quantité et la valeur de ce que nous donnons, de ce que nous attendons, est fondée sur notre échelle individuelle, notre "bourse des valeurs" affective.<br /> <br /> Pour moi, ce serait illusoire d'attendre qu'une autre personne ait fondé le cours de sa bourse des valeur sur les mêmes modéles que nous, avec les mêmes résultats.<br /> Nous ne pouvons que mesurer nos besoins et notre productivité (je sais, ça devient moche cette métaphore...). Trouver ceux qui peuvent échanger avec nous.<br /> Mais la France est toujours plus demandeuse de vin que de saké, l'angleterre aime le vin et le paye cher parce qu'il est rare, en revanche on adore leurs marmelades...<br /> Bref : dans l'économie affective, il peut y avoir une éthique, ça peut trés bien se passer, mais pour l'égalité...<br /> Tes retours sur investissements ne viendront que de ceux qui produisent ce dont tu as besoin, pas de ceux à qui tu as donné ce que tu produis. <br /> Je sais pas si c'est clair, mais j'ai essayé.
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I
Véronique, oui, ça fume...<br /> <br /> Gourmande, en fait je me rends compte que... ben tout bêtement je n'ai pas noué assez de relations fortes dans ma vie pour me connaître sur le plan relationnel.<br /> M'y mettant tardivement, je ne peux que faire des erreurs qui m'apprennent là où je dois devenir plus prudent. Davantage vis à vis de moi que d'autrui. Parce que moi je peux me "changer"... mais pas les autres. Je n'ai de pouvoir que sur moi-même.<br /> <br /> Il m'est arrivé de "trop" donner, me "vider", sans savoir que c'était le cas. Je ne me connaissais pas sur ce plan là, mais j'apprends peu à peu, comme tu le décris. <br /> <br /> Savoir dire oui et savoir dire non... Bien moins simple qu'il n'y paraît. Surtout pour le non... Savoir entendre le non à l'intérieur de soi, déjà. Là encore il faut être très à l'écoute de sa part émotionnelle, intuitive. Ça s'apprend aussi...<br /> <br /> Pfff, que de choses à apprendre ;o)<br /> <br /> Pour ce qui est de l'égoïsme et du don... ma nature optimiste me fait croire qu'il n'y a que des inadéquations. On perçoit quelqu'un comme égoïste quand on attend de lui quelque chose qu'il ne nous donne pas. Si on sait se satisfaire de ce qu'il donne... il ne paraît plus égoïste. Nous sommes sans doute tous différents dans notre capacité à donner, et dans les domaines où ce don s'exerce. Je peux être généreux pour quelque chose et "avare" (égoïste) ailleurs.
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V
Pffffiouuuuu... trop compliqué pour ce soir, j'y reviendrai plus tard ;-)
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G
En fait je fonctionne d'une façon simple qui rejoint un peu ce que tu dis aussi.<br /> Je donne ce que j'aimerais recevoir en pensant que l'autre aimerait le recevoir.<br /> Là on peut se tromper l'autre n'a pas forcement le même besoin. Quand je parle de don altruiste et égoïste c'est parce que en fait un don altruiste ne doit rien attendre. Dans ma forme de donner c'est altruiste puisque je donne sans compter et j'ai envie de faire du bien à l'autre, mais égoïste parce que j'en tire un bien être personnel, je me sens généreuse comme j'ai dit.<br /> Sur l'aspect investissement, bien sur il peut y avoir décalage, mais là encore tout dépends de ce que l'autre donne ou investi et ce que cela nous apporte. Quand tu parles de ressources pour donner c'est pareil, il faut être prudent et écouter notre petite voix interne qui nous dit que le don ou l'investissement nous coûte plus que de coutume. Personnellement je ressens comme une fatigue, une gène, devant les demandes de l'autre ou bien une baisse dans ma capacité énergétique de donner.<br /> Je crois qu'il faut apprendre à gérer, nos dons ou investissements et nos attentes, pour ne pas se laisser dépasser par les événements. Trop donner, au delà de nos limites nous procure une certaine lassitude ou rancœur lorsque on n'est pas "récompensé" comme on le "souhaite". Et, trop attendre peut générer de la déception si l'on juge que ce que l'on reçoit est insuffisant.<br /> Là encore et toujours il n'y a qu'une bonne et franche communication qui peut éviter ses sentiments négatifs. Je crois que cela peut se solutionner en "sachant" dire Oui ou non.<br /> J'ai mis sachant entre guillemets parce que cela signifie pouvoir dire oui ou non en connaissant les raisons du oui ou du non.<br /> <br /> Quant à ta phrase : "Ce qui revient à dire qu'il faudrait très bien se connaître avant d'entrer en relation. Sauf que c'est par la relation qu'on se connaît"<br /> <br /> Je pense qu'il y a d'abord l'approche, le don ou l'investissement de soi et celui de l'autre. Au début d'une relation on est dans une phase qui peut être "euphorique", mais il ne faut pas oublier d'observer, notre façon d'agir et la façon d'agir de l'autre. C'est cette phase d'observation qui est importante et qui nous indiquera si on a faire à un profiteur, un égoïste, un égocentrique, ou à quelqu'un qui donne, s'investi et partage.<br /> Et surtout ne pas laisser cette "euphorie" nous aveugler. Souvent dans cette phase on se ment à soit même parce qu'on souhaite inconsciemment que l'autre soit notre alter ego :-)) Donc prudence, est le mot du jour, mais attention pas méfiance.
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I
Gourmande, merci pour ce commentaire argumenté... <br /> Je t'avoue que le post que j'ai laissé me turlupine. Il y a quelques chose dedans qui, a posteriori, ne me convient pas. Mais je ne cerne pas ce que c'est.<br /> <br /> Tiens... peut-être parce que je me suis trop "ouvert", j'ai "trop donné" (en public)... Ou bien j'ai trop dit de "je", qui sont peut-être davantage des intentions que des réalités. Bref, ça me chifonne un peu, et j'aime pas trop. (que de "trop"...).<br /> <br /> Oui, donner c'est sans compter. Mais le mot "don" en lui-même me semble un peu faussé (trop beau pour être vrai). C'est pour ça que je dis "investir", parce que je ne suis peut-être pas capable d'être dans le don totalement désintéressé et purement altruiste. Je "donne", mais au fond de moi il y a une attente de quelque chose. Une reconnaissance du don, comme tu dis...<br /> <br /> Il y a peu je disais que le don me "coûte" quelque chose. Ce coût je l'offre sans calcul, mais je n'ai pas forcément suffisamment de ressources en moi pour donner inconsidérément. Donc je devrais peut-être calculer... Si je ne me nourris pas de quelque chose qui répond à ce "don" (investissement relationnel), cela draine une part de mon énergie. Et à la longue m'épuise. J'aime donner... mais je dois aussi me préserver. Si je donne trop je me retrouve en manque vis à vis de moi-même.<br /> <br /> Ce que tu dis sur la franchise relationnelle est très important. Plus que ça: c'est fondamental. Mais il faut aussi parler le même "langage", et dans le même registre. La franchise de l'un ne "parle" pas forcément à celui qui écoute.<br /> <br /> J'aime bien ce que tu dis aussi sur la préférence de la qualité sur la quantité. J'y adhère...<br /> <br /> Un truc aussi, qui va dans le sens de ce que tu dis «on pense qu'il a des besoins et on se trompe». Personnellement je vois là un gros piège: j'ai tendance à donner ce que dont moi j'ai besoin (besoin non-conscient), parce que ça doit me sembler "évident" que ce besoin doit être satisfait. Je ne sais même pas qu'il puisse en être autrement. Ce qui revient à dire qu'il faudrait très bien se connaître avant d'entrer en relation. Sauf que... c'est par les relations qu'on se connait. Et même que chaque relation est la résultante de deux individualités dont le fonctionnement relationnel est unique. Autrement dit, la relation idéale n'existe pas. Mais on s'en doutait un peu, non ?
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G
Je ne vois pas les choses comme toi. Lorsque j'entre en relation avec quelqu'un en qui j'ai potentiellement confiance, je donne. Oui je peux donner 30 kilos de pommes contre 2 kilos d'autre chose. Ce qui est important pour moi c'est d'offrir ce que j'ai à donner et c'est là que j'en tire toute ma satisfaction, savoir que j'offre tout ce que j'ai. C'est altruiste et à la fois égoïste parce que c'est le fait de donner qui me remplie. Je me sens généreuse, bien avec moi-même.<br /> Bien sur que si je donne j'attends quelque chose. En définitive ce que j'attends c'est quoi ? Que l'autre reconnaisse que je donne, même s'il n'a pas besoin de mon don. <br /> Mais aussi et surtout que l'autre soit franc, et qu'il me dise qu'il n'a pas besoin d'autant de pommes, que ça lui donne une indigestion. Alors là, je freine mes impulsions de don et bien sur je me sens un peu frustrée, mais je respecte son appétit.<br /> Quand aux deux kilos d'autre chose que je reçois, je les reçois avec d'autant plus de bonheur si je sais que l'autre donne à petite dose, ce qui n'enlève rien à la valeur de ce qu'il donne (à ses yeux).<br /> Ce que je ne supporterai pas c'est que l'autre ne me dise pas qu'il ne veut plus de mes pommes et qu'il s'éloigne en prétextant l'indigestion. Ou encore que l'autre me donne que lorsqu'il est disponible pour donner alors qu'il est demandeur. Je veux dire qu'il ne profite pas de ma capacité à donner sans m'offrir la sienne. Je crois que nous avons tous des réserves de ce que l'on peut offrir. Pour certains la quantité est grande pour d'autres non. C'est la qualité qui compte. Si je donne de bonne qualité, j'attends la même qualité du don, même à petite dose. C'est de ma responsabilité de savoir, de reconnaître, que je donne plus et que je n'en aurai pas autant en quantité, mais beaucoup en qualité.<br /> Il est important de connaître la capacité de recevoir de l'autre, et c'est l'autre qui doit fixer les limites, sans quoi on pense qu'il a des besoins et on se trompe. Il est important aussi de savoir comment donne l'autre, s'il donne quand il veut, quand ça lui chante, ou s'il est prêt à donner à la demande. Je veux dire par là s'il répond présent lorsqu'on en a besoin.<br /> Ce qui est important n'est pas tant de donner, mais de savoir si c'est reçu avec bonheur, et si l'autre donne avec bonheur aussi.<br /> J'espère avoir été explicite dans ce commentaire.
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