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Alter et ego (Carnet)
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12 décembre 2005

De l'air dans la tête

Autrefois j'aurais certainement pensé qu'il était plus simple de rester chez moi en famille plutôt que de traverser la France pour deux jours en étant privés d'eux. Et puis j'aurais eu un peu peur du changement, de l'organisation, des rencontres d'inconnus, de ne même pas savoir où j'allais dormir. Toute une série de petites craintes stupides confrontées à la simplicité confortable de l'immobilisme: si je reste chez moi, avec qui je connais... au moins je ne crains pas de mauvaises surprises.

Pas de bonnes, non plus...

Maintenant je prends bien plus facilement la décision de changer de ryhme de vie, ou de lieu. Et j'y trouve très souvent une grande satisfaction. Un avantage non négligeable, aussi: le changement dilate le temps. Je ne suis parti que deux jours et demi et j'ai l'impression d'avoir vécu une semaine. J'ai changé d'air et cela m'a éclairci les idées. Le brouillard et les sombres nuages qui parfois envahissent mes idées se sont dissipés. J'étais "ailleurs". Dans un autre monde que celui de mes habitudes. Dans un autre que celui de mes réflexions égocentrées. Et j'y étais très bien...

A part un moment d'insomnie, je n'ai pratiquement pas pensé à ce qui parfois alourdit mon cheminement. C'est très reposant...

Durant quelques instants il m'arrivait de songer à ce monde de l'internet, à mes écrits impudiques et redondants... Tout cela était bien loin.


Parfois je me dis que je pourrais tout arrêter d'un coup. Zapper ce monde dit "virtuel". Tirer un trait. Redevenir "libre"... Car cette écriture que j'appelle "libératrice" est aussi une aliénation. Je me suis lié à ce qui me libère... D'une certaine façon je suis dépendant de cette quête de liberté. Il y a un côté ronronnant dans cette "mise en danger" (pas toujours facile de s'exposer...) devenue routinière. Quand l'aventure exploratoire devient habituelle... n'a t'elle pas perdu beaucoup de son intérêt ?

Ne faudrait-il pas savoir "tout changer" dans sa vie ? Tout quitter pour reconstruire ailleurs. Déménager, changer de pays, de continent, de culture, de mode de vie ? Quitter tous les liens, toute attache, et recommencer avec une identité vierge...
Les circonstances ont fait que la question m'est sérieusement venue en tête il y a quelques mois... et depuis reste en arrière-fond. Elle chemine et tend à s'incruster. Le rêve prend une certaine épaisseur. Partir. C'est totalement en contradiction avec la démarche relationelle que je tente de mettre en place. Cherchant les liens durables... l'idée de totale liberté me fascine aussi. Étonnante ambivalence...

Il me semble que la vie se trouve dans le changement... mais j'y vois aussi un besoin de continuité. Peut-être que les séparations, les détachements, sont aussi des moyens de vivre librement ? Et en même temps il me semble qu'une vie sans attaches serait vide de sens. Ne construirait rien. Peut-être serait-elle aussi une fuite...

Les vrais nomades, ceux qui ne repasseraient jamais au même endroit, existent-ils ? N'est-on pas forcément amené à retrouver quelque chose de connu ? N'y trouve t-on pas une satisfaction d'autant plus forte ?

J'ai l'impression d'avoir en moi à la fois un désir de liberté et un besoin d'attachement...
Me sentir de quelque part tout en désirant parcourir le monde.
Tenter la chance de la différence, de l'inconnu...

Plus je me libère de mes attaches et de mes habitudes et plus j'y trouve satisfaction
Pourtant... j'ai peur de lâcher ce que je connais...

A chaque fois que je surmonte ma peur, je suis heureux de ce que je découvre.
Et chacune de ces victoires modifie mon mode de pensée...
Me libère de mes peurs.

Commentaires
I
Hélène, tu as raison: le voyage a commencé par l'écriture. Bien avant ce blog d'ailleurs...<br /> <br /> C'est en écrivant que j'ai osé m'ouvrir à autre chose de plus vivant, et c'est par là que j'ai compris que ma vie était trop figée, trop immobile, trop fermée.<br /> <br /> Je n'ai jamais été un errant... et sans doute ai-je besoin maintenant de me détacher de certaines racines qui me donnaient une apparence de solidité. Et de sentir la liberté que je peux prendre avec ces ailes restées trop longtemps repliées. J'y ai pris goût bien plus que je n'aurais pu l'imaginer.
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H
(Décidément, ça devient récurrent, cette histoire d’ailes…)<br /> Je n’ai pas de racines. Il n’y a pas d’endroit où je me sente chez moi, pas plus que de pays. C’est comme ça, l’errance fait partie de moi depuis que je suis toute petite. Je n’envisage pas m’installer quelque part. Bouger est un pressant besoin – et le besoin devient oppressant si je ne le satisfais pas.<br /> J’ai bougé et je bougerai. Je ne change pas pour autant, je suis mon évolution et mon chemin. Je n’ai pas cassé de lien ni renoncé à l’amour (sous qq forme que ce soit) que je ressens pour les personnes dont je m’éloigne. J’éprouve toujours un énorme plaisir à les retrouver. Je ne prends pas la fuite ni un nouveau départ. Je m’ouvre à d’autres personnes, c’est tout.<br /> Le défi puis le plaisir d’être l’étranger qui devient frère, au fil des jours et mois qui passent. <br /> L’absolue nécessité de savoir se donner, d’accorder sa confiance - de s’ouvrir tout simplement. Voyager, c’est aimer et savoir se faire aimer, qu’importe la distance qu’on parcourt ou la durée de voyage.<br /> Finalement, ton voyage n’a-t-il pas commencé sur ce blog ?
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I
Oui Gourmande, je crois qu'il me faut bien définir quelles sont mes peurs. Si je les fractionne c'est plus facile à affronter.
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G
tout recommencer, vivre autre chose, ce sont des choses que j'ai expériementé, j'en suis heureuse. c'est merveilleux. En fait tu sais la peur se greffe si on pense que c'est définif, mais il faut se dire qu'on peut toujours revenir en arriere. Si tu laisses ta région, ton pays, ta famille, ce n'est pas forcement pour le reste de ta vie.<br /> La découverte d'autres lieux, d'autres pays, d'autres cultures enrichie énormement.<br /> Lance toi pour des vacances la prochaine fois.<br /> Pourquoi pas en Amérique Centrale, sur une ile;-)<br /> tu danserais la salsa et le merengue....
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