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Alter et ego (Carnet)
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11 janvier 2006

De quoi as-tu peur ?

J'ai reçu hier le mail d'un anonyme. J'entends par là quelqu'un qui balance ce qu'il a envie de dire sans un seul mot de présentation de sa part. Et en plus, sous un faux-pseudo, qui est celui d'un personnage de roman. Déjà... j'aime pô trop. Un pseudo c'est une identité.
Bref, cet abruti anonyme se permet d'entrer dans ma boite à mail pour me dire ce qu'il estime que je devrais faire de ma vie. Comme ça, en trois ligne. Ça lui prend comme une envie de pisser, et il me pisse dessus sans vergogne. C'est même pas  « Tu devrais faire ça », mais « Fais ça ! ». Ben tiens... et puis quoi encore ? Pour qui il se prend, ce gland monsieur pour se donner le droit de donner un avis à la con péremptoire ?

J'ai commencé par lui répondre dans la même tonalité, aussi sèchement... puis je me suis dit « à quoi bon ? ». Je ne le connais pas, je me fous de son opinion sur moi, et je ne vais pas tenter de lui rappeller un minimum de règles relationnelles. Alors je l'ai "flushé" (québéquisme éloquent, que je traduis par "tirer la chasse d'eau"). Hop, disparu le mail de ce sinistre connard personnage.

Ça m'a fait du bien...

Bon, ce lourdaud était caricatural, mais cette attidude de "donneur de conseil" n'est pas rare. Pas trop de la part de ceux qui me lisent ici avec empathie, mais bien plus fréquent sur des forums, par exemple. Ou dans la vie sensorielle. Conseils donnés, bien sûr « pour mon bien ». Et je ne doute pas un instant que les personnes qui les prodiguent croient vraiment que c'est la meilleure chose à faire. Sauf que c'est la meilleure chose par projection. C'est ce qu'ils feraient s'ils étaient à ma place. Sauf qu'il ne sont ni à ma place, ni dans ma tête, ni ne connaissent le détail des situations que je décris.

En donnant des conseils "on" (car, honte sur moi, il m'arrive aussi de le faire...) ne fait que projeter ses propres peurs, limites, ou envies, sur l'interlocuteur. C'est d'ailleurs assez révélateur pour qui sait observer à distance...
C'est en osant m'aventurer hors des chemins les plus fréquentés que j'ai pris conscience de l'importance de ce phénomène. Parce que tout à coup j'ai eu des wagons de conseils et avis, désapprobations les plus diverses. Y compris de la part de mes proches. Ce n'est pas moi que ces gens écoutaient, mais les craintes que cela suscitaient en eux s'ils s'étaient trouvé dans ma situation. Je leur renvoyais l'image de leur propre peur, et ils ne pouvaient être rassurés qu'en exorcisant cette peur, c'est à dire en repoussant ce que je leur envoyais comme image. Je me voyais ainsi dans leurs yeux affublé de je ne sais quel comportement malsain, pervers, égoïste, rêveur... Tout y est passé, et avec d'autant plus de virulence que ces gens-là n'avaient pas fait de travail sur eux-même. C'était assez flagrant par la pauvreté des idées émises, ainsi que dans leur brieveté. En deux phrases le tour de la question était fait et j'étais catalogué pour rentrer dans une petite case dûment étiquetée.

Par chance j'ai rencontré bien des personnes qui ont su avoir l'approche empathique. C'est à dire qui on vraiment écouté ce que je disais et ressentais. Et même s'il pouvait y avoir des désaccord, il n'y avait ni rejet ni projection. Ces personnes développaient leurs idées, et souvent un dialogue s'amorçait. Il y avait des questions plutôt que des affirmations. Questions qui m'ont aidé à cheminer et à aller toujours plus en profondeur dans mes réflexions. Ils m'aidaient à avancer, à étayer mes idées, à leur donner un sens. Ils ne projetaient pas leur peur sur moi. Ils ne réveillaient pas mes peurs avec les leurs...

Mais la projection de désirs est toute aussi dérangeante... me retrouver vecteur des rêves des autres ne me plaît pas davantage.

Il faudrait savoir répondre avec tout le recul nécessaire aux gens qui sont agressifs, en colère, dénigrants: « de quoi as-tu peur ? ». Un bloggueur qui se reconnaîtra citait récemment des paroles de sagesse, plus subtiles que ce que je viens de formuler. Face à toute affirmation, il semblerait que la meilleure "réponse" est: « qu'est-ce qui te fait dire cela ? ». Non pas réagir face à des propos qui peuvent paraître incohérents, mais chercher à en comprendre le sens. Sans jugement d'aucune sorte. Seulement s'ouvrir à l'autre et à sa différence, et voir s'il a vraiment réfléchi à ce qu'il dit... ou s'il serait bon qu'il approfondisse un peu. C'est une façon élégante et constructive de mettre l'autre face à lui-même... ou de s'ouvrir à un mode de pensée ou des idées que l'on ignore encore.

C'est d'ailleurs exactement ce que j'ai appris de certaines méthodes pédagogiques...

Commentaires
I
Danaé, oui, on peut parler de soi sur le blog des autres... De toutes façons, dès qu'on s'exprime, on donne quelque chose de soi.<br /> <br /> Comment on fait quand le moi se désagrège ? Je dirais qu'il faut sortir au plus vite de la situation qui cause cette dangereuse désagrégation. Prendre du recul et voir ce qui peut être fait pour réhabiliter ce moi en déshérence.<br /> <br /> <br /> Véronique, oui, les conseils sont importants, tant qu'ils ne sont pas une injonction. Et heureusement qu'on peut se conseiller pour éviter de passer tous par les mêmes erreurs. Un conseil c'est une proposition, un éclairage, un apport. Comme toujours tout est question de dosage...<br /> <br /> <br /> Hydrogène, je ne sais pas si l'enfer c'est moi, mais bien souvent c'est moi qui me le crée ou l'entretient... <br /> Mais pourquoi est-ce que je choisis de rester dans cet "enfer" ? C'est là que commence l'interrogation constructive, la chemin à suivre pour sortir de l'enfer.<br /> <br /> <br /> Pralinette, c'est tout à fait ça: ne pas se considérer comme "supérieur" en quoi que ce soit. Seulement un égal qui apporte sa réflexion. Mais c'est aussi à moi de ne pas m'inférioriser...
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P
Je suis tout à fait d'accord avec toi et avec le commentaire de Véro. Les "fais ceci" "fais cela", avec ce ton dictatorial, déjà ça hérisse le poil. Ou bien alors faites ce que je dis et non pas ce que je fais. Je crois qu'il faut balayer devant sa porte tout d'abord... En quoi sommes-nous supérieurs à l'autre pour oser indiquer la marche à suivre ? C'est avoir peu de respect pour autrui que de vouloir imposer sa vision des choses. Et puis les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Tu as bien fait de "flusher", essayer de dialoguer, même sèchement, aurait bien été vain, je crois.
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H
De quoi ai-je peur ?<br /> Mais de moi. Qui d’autre pourrait me faire peur ? <br /> Qu’est-ce qui me fait dire ça ?<br /> C’est moi qui accepte, moi qui refuse, moi qui prend le risque de savoir ou d’ignorer, de m’élever ou de rester à terre, moi qui ai le courage ou non de me battre.<br /> L’enfer ce n’est pas les autres, c’est moi.
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V
Coucou l'Idéaliste,<br /> Une note comme je les aime ! Des conseils, je crains que l'on ne puisse pas vraiment s'empêcher d'en donner, au moins de temps en temps. Mais il y a conseil et conseil, et rien n'est plus exaspérant que ces messieurs ou mesdames je-sais-tout qui passent leur temps à noyer à tout bout de champs les autres de conseils non sollicités et 9 fois sur 10 complètement à côté de la plaque, justement en effet parce qu'ils ne savent rien des autres et ne parlent qu'au regard d'eux-même, et parce que la seule chose qui les intéresse est de balancer leur "savoir" aux yeux des autres.<br /> Mais il ne faut pas non plus partir trop à l'extrême dans ce sens (et zou, un conseil ! ;-) ), car je crois que l'on a tous des expériences différentes de la vie, et les partager est une bonne chose. Un exemple, si l'un de mes amis veut ouvrir un blog pour la 1ère fois et ne connaît rien au sujet, je vais lui signaler un certain nombre de choses à savoir, à faire ou à éviter. Quand j'ai ouvert le mien, j'ai apprécié la plupart des conseils que l'on m'a donnés. Un autre exemple, quelqu'un qui n'a jamais fait de régime de sa vie décide de mincir et pour cela de supprimer les pâtes et le riz de son alimentation ; je m'y connais un peu alors je lui dirai que c'est une erreur, que ça ne le ou la fera pas mincir plus vite mais en revanche carencera son organisme, que s'il ou elle veut mincir il vaut mieux supprimer l'alcool et diminuer les graisses et les sucres rapides.<br /> Bref, c'est comme tout dans la vie, il y a un juste milieu partout, et le but du "jeu" est de fonctionner avec bon sens. Et surtout, comme tu l'as souligné, d'avoir suffisamment d'empathie pour ne pas réagir exclusivement en fonction de soi-même. Partager son expérience avec autrui ne veut pas dire essayer à tout prix de le convertir...<br /> Bonne journée à toi
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D
réponse d'une idéaliste : lire le texte de Pierre, (presque) tout est dedans... pas plus tard qu'il y a 2 minutes, j'ai testé une des méthodes, en rappelant à quelqu'un de mon entourage "un minimum de règles relationnelles", il semble que ça ait marché.<br /> Restons vigilant ! :)<br /> à bientôt !
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D
l'autre et moi... je viens de voir ces mots. Est-ce qu'on peut parler de soi sur le blog des autres ?<br /> comment fait-on quand l'autre est devenu plus fort que soi ? quand on ne sait plus comment faire pour qu'on ne vous pisse pas dessus ?<br /> comment fait-on pour renforcer un moi qui ne fait que se désagréger ? c'est comme une mort. <br /> je ne sais que flucher pour l'instant, c'est déjà pas si mal, mais n'y a-t-il pas d'autres solutions ?<br /> ma poubelle est pleine ! heeeeeeeeeeelp !
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