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Alter et ego (Carnet)
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20 janvier 2006

Intimité publique

Je ne me fais pas d'illusions: le flot constant de visiteurs qui arrive sur ce site depuis deux jours n'est aucunement le signe de la découverte tardive d'un talent ignoré. Bien malgré lui c'est Garfieldd qui en aura été l'indirect pourvoyeur, via Embruns. Il y a aussi eu  quelques requêtes aussi inattendues que «fantasmes sur les super queues de blacks et bites de beurs », mais je crois que là encore ce sacré Garfieldd y est pour quelque chose, avec la complicité de Libération.fr...

Dommage, j'aurais presque pu croire à l'internationalisation de mon lectorat puisque j'ai été lu depuis les USA (harvard.edu, rien que ça...), le Japon, le Danemark, la Suède, l'Allemagne...
Je ne suis pas habitué à une telle audience (que je sais éphémère) et cela modifie forcément la tonalité de mon écriture. Je me sens obligé de rester "sérieux" et généraliste. Or je n'ai guère de compétences pour sauver le soldat Garfieldd, hormis ma capacité à me passionner pour une cause. Mais pas question d'entrer dans un registre personnel tant que cet afflux persiste.
Bon, d'ici quelques jours tout rentrera dans l'ordre et il serait surprenant que j'ai conquis quelques uns de ceux et celles qui seront passés par ici. Je procède de la même façon chez les autres, me contenant généralement de lire le billet qui m'intéresse. C'est une communication évenementielle et conjoncturelle.

D'ailleurs, vu le nombre *hallucinant* de commentaires que mes propos suscitent (hum...), cela relativise toute propension à enfler de la tête. Arhhh, je ne serai jamais une star des blogs, avec 150 commentaires, comme j'ai pu le voir chez certains (eux aussi dans la même vague évenementielle...). Mais bon, je constate dèjà à quel point ce surcroît d'activité modifie mes propos. Ce n'est pas ce que je cherche en écrivant en ligne.

Au delà de ces élucubrations quelque peu nombrilistes, l'affaire Garfieldd relance évidemment la question de l'intimité divulguée en public. Si je me suis souvent interrogé sur ce paradoxe, c'était à ma toute petite échelle: comment assumer le risque d'un regard potentiellement critique lorsque je dévoile mes pensées intimes et fragiles ? Avec une écriture introspective sur un autre site que celui-ci, où je me montrais bien plus vulnérable, je me faisais parfois quelques frayeurs. A la longue le malaise entravait mon écriture et je me suis rendu une liberté en ouvrant ce blog en parallèle. Je ne crois pas que j'aurais pu adopter la posture de Garfieldd, entre boulot et intimité. Et j'avoue que sa... naïveté... me suprend un peu. Pour ma part je me suis toujours gardé de citer ma profession ou mon lieu d'habitation.
Dès mes débuts d'écriture en ligne, il y a près de six ans, et alors que ni les blogs ni ce sacré fouineur de Google (par ailleurs fort pratique...) n'étaient répandus, j'ai été prudent avec mon anonymat. Plus tard je me suis même interrogé sur mon pseudonymat puisqu'à la longue il s'agit bien d'une autre identité, spécifique au net...

Par contre, indépendant de toute structure professionnelle, je ne suis tenu à aucun devoir de réserve. Ce qui est bien différent du cas Garfieldd puisque sa fonction le lui imposait. C'est d'ailleurs ce dernier point qui semble être mis en avant maintenant, au reléguant en seconde zone l'argument "pornographique" qui avait été avancé au départ. Il y avait une délicate juxtaposition, dans le blog de Garfieldd, d'éléments personnels et de considérations professionnelles, notamment à l'égard de son "gentil intendant" dont il décrivait l'incompétence notoire. Je comprends l'inquiétude des blogueurs qui sont aussi personnels de l'éducation nationale ou de toute autre administration. Samantdi a écrit un intéressant billet sur le sujet, ainsi que Valclair. Le blog, pas plus que dans la vie courante, ne permet le mélange des genres sans risques. L'immatérialité ne doit pas faire oublier certaines barrières, et l'indispensable compartimentation de certaines "sphères" relationnelles. Garfieldd l'apprend à ses dépens, quoique d'une façon tout à fait disproportionnée. Et c'est bien ça qui suscite le tollé.

Ainsi s'établissent peu à peu certaines règles d'usage du blog. Espace de liberté d'expression, certes, mais pas totale. Pas sans certaines contraintes qu'il nous faut accepter. Ces limites se construisent et évolueront puisque il semble assez certain que ce mode d'expression personnelle et publique va continuer à se développer. Et sans doute largement modifier un certain nombre de comportements sociaux.

* * *

Toute cette affaire aura quand même eu un effet appréciable en permettant la découverte de quantité de blogs les plus divers. Les angles de vue vont du lien social à l'évolution du journalisme, en passant par le vécu de ceux qui ont travaillé avec lui. J'en cite trois... il y en a des dizaines et c'est passionnant.



Une explication à l'affluence record sur mon site: j'ai été toute la journée le dernier de la liste des 142 blogs parlant de l'affaire, sur le site Embruns. Une nouvelle mise à jour de Laurent, qui prolonge la liste jusqu'à 172 185, a subitement tari l'afflux. Splendeur et décadence...
Moralité: pour être vu, soyez le premier ou le dernier.

Commentaires
I
Bonjour voixfunambule,<br /> <br /> Effectivement on peut écrire sur un blog sans avoir aucun lecteur. Généralement ce n'est pas le but...<br /> Pour exister, il faut se montrer, se manifester. Donc participer aux échanges entre blogueurs, via les commentaires. Si les mots touchent, ils donnent envie de voir qui les écrit. Et pour cela il est important de remplir la case correspondante. Là, par exemple, je n'ai pas pu aller sur votre blog puisque je n'en connais pas l'adresse...<br /> Google prend en compte les pages en fonction du nombre de clics sur les liens qui pointent vers elles. Si aucun lien ne pointe vers votre site, ou si personne ne clique, Google ne sait pas que vous existez. Attirer du public en mettant des mots à connotation sexuelle n'attirera que des gens que cela intéresse. Vous aurez de la visite, mais bon...<br /> <br /> Je comprends vos réticences à "faire de la pub" pour votre site. Je pense qu'il faut plutôt le voir comme une façon de se faire connaître. Une façon de dire "je suis là, et je vous donne mon adresse si vous voulez en savoir plus". Personnellement j'aurais aimé connaître cette adresse, alors si vous repassez dans le coin...
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V
La quantité des commentaires... Je suis nouvelle dans la blogosphère, et je ne reçois encore aucun commentaire (et que deux petites visites!). Cette absence de réponse(s) m'a beaucoup déçue. Et cela m'oblige à me questionner sur ce que je voulais au juste en commençant à écrire sur Internet... Je veux, m'étais-je dit, ouvrir la possibilité d'échanges - mais sans chercher à être lue à tout prix. Ma réaction à l'absence de visites? Je cherche comment les susciter, je vérifie sur Google si mes mots-clés fonctionnent (et non), je vais voir dans les Forums de Canalblog (oû j'apprends qu'il faut un certain temps avant que Google ne nous inclue...), bref, j'agis exactement comme quelqu'un qui veut qu'on l'entende, presque frénétiquement d'ailleurs! Dans le forum, je vois comme conseil pour être lue: "écrivez des mots comme "cul", "sexe", dans vos entrées parce que c'est ce qui est demandé sur les moteurs de recherche... Cela m'a calmée un peu: quel intérêt celui ou celle qui demande ces mots-clés trouverait-il dans mon blog intimiste? Et quel intérêt trouverais-je à ce qu'ils le lisent? Mon blog est de type discret. Il faudrait qu'il soit lu, bien sûr, sinon aussi bien n'écrire que dans mes cahiers... Mais qu'il soit lu par des personnes qui pourront y trouver quelque chose, ou reconnaître des parentés de pensée ou de sensibilité... Hum, je dis "aussi bien n'écrire que dans mes cahiers"... mais non, car mon projet d'écriture "blog" est très précis et m'oblige à parler d'un domaine en particulier de ma vie - et avec seulement quelques entrées à peine - en fait, une seule "vraie" entrée qui met en action mon projet - je vois une différence dans mon attitude: mon projet fonctionne, mon écriture-sur-blog est différente de mon écriture perso et me fait avancer bcp plus!!!<br /> J'ai pris beaucoup de place. C'en est gênant. Une des motivations à mon commentaire est certainement de peut-être inciter quelqu'un à me lire. Je l'admets. Mais je ne le fais pas dans un esprit d'exploitation de votre blog pour publiciser le mien (quoique, zut de zut, ça ressemble tellement à ça!!!!! Re-zut!), mais en lien avec le début de votre texte, début qui correspond à mes préoccupations présentes. Désolée ou non, selon la façon dont vous recevez (percevez)(ressentez) mon intervention.<br /> voixfunambule
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M
Ni premier ... ni dernier. J'y arrive ce soir par hasard. Un moine fantaisiste a dirigé mes doigts vers une nouvelle liste. Je lisais Garfieldd et un très grand malaise m'a saisie lorsqu'il a narré avoir fait l'objet d'un cambriolage - avant son affectation là où il n'a pas cité. Ce n'est pas le sujet. Je continue à lire, c'est ma vocation faute d'autre idéal et mon âge avancé. J'ai signé aussi.
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I
Voui Coumarine, j'étais en train de l'écrire quand tu as posté ;o)<br /> <br /> Merci Zeloune... On ne dit jamais assez ce qui plaît. Et c'est dommage, parce que ça permet aussi d'orienter le sens des réflexions. Je vois le blog comme un lien enrichissant, et les commentaires des lecteurs en font entièrement partie.
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Z
Tes articles sont vraiment bien écrits mais cela on doit te le dire souvent; Tes argumentaires sont bons et poussent la réflexion (la mienne en tous les cas) un peu plus loin: je reviendrai te lire à tête reposée; c'est un plaisir.
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C
Idéaliste, je viens de lire sur médiaTICblog que la révocation serait levée...
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