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Alter et ego (Carnet)
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8 mars 2006

Rationnalisme ou empirisme ?

Une question m'a été posée: « Faut-il être rationnaliste ou empiriste lorsqu'on aborde les sujets comme l'amour ? »

Je reformulerai la question ainsi: « serait-il préférable d'être... etc.», évitant ainsi l'injonction. Et je m'empresse de dire qu'à mon avis les deux sont nécessaires. Se servir uniquement de l'expérience serait prendre le risque de passer par un interminable chemin d'erreurs et fausses pistes, tandis que se fier uniquement à la raison manquerait furieusement d'expérience pratique ! Chaque expérience permet d'aller plus loin dans le raisonnement en lui donnant un corps, un ressenti fondé sur le vécu et les émotions. Inversement le raisonnement permet de cerner dans quelles limites on laisse les émotions se développer. Je dirais volontiers que, pris isolément, empirisme et rationnalisme ne permettent pas le développement de l'amour. C'est la conjonction des deux, et leur dosage variable, qui l'autorisent.

L'amour est ancré dans le registre émotionnel (voire pulsionnel) et on sait à quel point raison et émotions peuvent être contradictoires. Écouter exclusivement la raison bride les pulsions et le désir. Mais se fier exclusivement à l'expérience peut tout aussi être inhibant, par peur de la répétition d'erreurs passées, ou d'échecs, et des émotions douloureuses qui les ont accompagnés. Il est nécessaire, pour donner du sens aux erreurs, d'introduire une part de raisonnemement. Comprendre l'erreur pour en éviter la répétition.

Le raisonnement peut permettre, en ne s'arrêtant pas à l'erreur, de persévérer là ou l'empirisme pourrait déduire qu'une erreur est une impasse, sans laisser de chance à son décorticage... Mais, inversement, le raisonnement pourrait conduire à ne pas perséverer dans l'erreur, tandis que l'empirisme saurait que l'erreur est dépassable. En fait tout dépend de la personnalité de chacun et de la volonté de faire durer l'amour. Cette volonté n'est ni de l'ordre du rationnel, ni de celui de l'empirisme, bien qu'elle puisse prendre sa source des deux côtés. Tout comme le renoncement y trouvera ses justifications...

Je ne parviens pas à imaginer un fonctionnement qui privilégierait rationalisme ou empirisme. Je ne crois pas non plus que ce soient des éléments déterminants. Les émotions, les désirs, me semblent infiniment plus créateurs, innovants, à la recherche de solution. Si le désir est là, quelle que soit la méthode selon laquelle on aborde l'amour... on ne se pose pas de questions.

En fait, j'ai l'impression que la question ne se pose que lorsque l'amour devient problématique...

Commentaires
I
Alain, tu as oublié idéalisme ;o<br /> et diarisme...<br /> <br /> C'est vrai que ce blog est un peu sérieux, merci d'y apporter un brin de sourire.<br /> <br /> <br /> Hydrogène, c'est justement le coté déroutant de la question qui m'a stimulé. C'était inattendu, mais ça permet d'explorer les choses différemment, et d'en arriver à mettre un peu de sel dans le café... euh non, de chocolat dans le sel... euh... pffff
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H
J’ai moi aussi trouvé la question un peu… bizarre ? En me disant qu’elle ne se posait même pas. Réponse à l’emporte-pièce : surtout pas trop de l’un ni de l’autre et surtout beaucoup d’autres choses. <br /> <br /> Et si ? Et si c’était un début de réponse.<br /> <br /> Volonté d’authenticité vis-à-vis de soi - vis-à-vis de l’autre – volonté de savoir – volonté de comprendre – de découvrir – volonté de tout mettre dans des petites cases - volonté de ne pas souffrir – volonté d’être serein… <br /> <br /> Quel goût aurait mon gâteau au chocolat si j’avais mis trop de sel et de café ?
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A
"accoler "amour" avec des mots en "isme" est bien hasardeux… et très limitatif. "<br /> <br /> Mais si c'est possible !<br /> <br /> érotisme (évident !)<br /> alpinisme (et le 7° ciel ?)<br /> christianisme ( amour de dieu)<br /> communisme (ben si, tout en commun)<br /> despotisme (ah ! les femmes despotes dans un couple)<br /> donjuansime (ménage à 3,4,5? et + si affinités)<br /> éclestisme (Kamasoutra)<br /> exotisme (accessoires et divers)<br /> hypnotisme (l'amour est aveugle)<br /> libéralisme (tu fais ce que tu veux chéri !)<br /> échangisme (en période de soldes ça marche pas)<br /> monothéisme (je n'aimerai que toi mon unique)<br /> mutualisme (à plusieurs c'est encore mieux)<br /> nudisme (je n'ai rien à te cacher)<br /> paludisme (ah ben voila fallait pas avec ces animaux !)<br /> proxénétisme (donne moi ton salaire que je le dépense)<br /> <br /> -----------<br /> Voila ! Vu que l'on rigole pas assez sur ce blog !!
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I
LaBlonde, je n'ai effectivement pas répondu aux questions qui concernaient une différence homme-femme. Je suis très prudent avec ce genre de distinctions, car je crois qu'elles entretiennent un clivage masculin-féminin.<br /> <br /> On ne peut se baser sur un constat pour en tirer des conclusions qui pourraient être erronnées. Je pense qu'il peut y avoir bien des raisons pour que les hommes quittent difficilemnt leur épouse, pas seulement expliquables par leur tendance à rationnaliser. Cette tendance même est intéressante à observer: pourquoi beaucoup d'hommes privilégient-ils le rationnel ?<br /> <br /> La psychologie, la sociologie, peuvent offrir bien des explications...
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L
Les mots empiriste et rationnaliste sont des termes bien masculins et ils ne sont pas les seuls à séparer les deux contextes. <br /> Je voulais simplement lancer une petite reflexion d'ordre général pour, dirons-nous, banaliser le sujet ;-). <br /> Par expérience, je sais que certains se posent la question devant un dilème amoureux et les hommes préfèrent souvent la raison à la passion... <br /> N'y a t'il pas 80% des divorces qui sont demandés par les femmes ? ;-) Combien d'hommes ont des maitresses dont ils sont amoureux mais ne quitterons jamais leurs femmes ?
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I
J'avoue que la question m'avait laissé perplexe parce que je ne me l'étais jamais posée en ces termes.<br /> <br /> En rédigeant la réponse je me suis rendu compte aussi que je ne privilégiais aucun des pôles proposés, et donnais donc une réponse dite "de normand". C'est là que je me suis dit que la vérité devait se situer ailleurs...
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A
Ouf ! j'ai eu un peu peur en lisant le début de ta réponse : )) <br /> C'est en arrivant à ce passage, donc à la fin, que j'ai retrouvé ce qui m'a attirée dans tes textes…<br /> <br /> "Je ne parviens pas à imaginer un fonctionnement qui privilégierait rationalisme ou empirisme. Je ne crois pas non plus que ce soient des éléments déterminants. Les émotions, les désirs, me semblent infiniment plus créateurs, innovants, à la recherche de solution. Si le désir est là, quelle que soit la méthode selon laquelle on aborde l'amour... on ne se pose pas de questions.<br /> En fait, j'ai l'impression que la question ne se pose que lorsque l'amour devient problématique..."<br /> <br /> C'est une réponse à une question, donc ceci explique sans doute cela, mais il est vrai, que pour moi, accoler "amour" avec des mots en "isme" est bien hasardeux… et très limitatif. <br /> A mon sens, s'il est un domaine non "balisable", échappant à toute "méthode", dans notre existence d'humains chercheurs de sens, c'est bien celui des sentiments et particulièrment de l'amour. <br /> Et c'est tant mieux. <br /> Qu'il reste cette source intarissable de renouveau, de surprise, d'inconnu et d'inconnaissable. Sans aucun mode d'emploi, sans filet, sans recette. <br /> A chacun, comme tu le dis, d'être "créateur et innovant". <br /> Et que chaque nouvelle rencontre avec l' amour reste unique et originale, sans cesse renouvelée, à jamais incomparable.<br /> <br /> Et je reconnais qu'on se pose plus de questions lorsque les problèmes apparaissent, mais je crains ( ??) que les réponses ne soient pas en "isme"... ou alors prisme ? : ))
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