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Alter et ego (Carnet)
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14 mars 2006

Insomnies

L'aube pointe à peine son nez, la pleine lune se couche... et moi je me suis levé après avoir tourné et retourné dans mon lit: insomnie. C'est de plus en plus fréquent, alors que j'ai toujours eu un sommeil de plomb. Parfois je reste dans un semi-sommeil agité, mais là, depuis 5h ce matin c'était la vraie insomnie, avec les pensées qui défilent dans la tête. Alors en comprenant que le sommeil ne viendrait plus, je n'ai pas insisté.

A quoi je pense ?

A ma vie qui est dans un sacré bordel. A cet homme qui ne parvient pas à le devenir. Crise existentielle tardive, profonde, d'un rêveur qui se cogne aux limites de la réalité. J'ai voulu "vivre libre", "exister par moi-même", "voler de mes propres ailes", et... ben voila, j'y suis ! Autant d'aspirations salutaires, pour quitter un reliquat de post-adolescence mal émancipée, mais qui m'ont mis face à moi-même. Je suis bien un adulte qui ne l'est pas vraiment. Il me faut grandir et trouver le sens de ma vie, au moment où beaucoup de mes repères ne sont plus valables. Désorienté, en recherche, ne pouvant plus m'appuyer sur les personnes dont je dois me détacher, je ne peux (et ne dois) compter que sur moi-même. C'est l'évidence, mais je crois que je n'en avais pas vraiment conscience...

Je me perds en tergiversations, qui pourtant me permettent de trouver ma route dans ce brouillard qu'est devenu mon avenir. Je cogite, je décortique, j'analyse... et je ne vis pas vraiment dans cette soupe constamment agitée. J'avance, j'avance... mais vers quoi ?


Je m'étais lancé dans le vide, aspiré par l'appel d'un élan de vie... et je me retrouve dans le vide sans élan. C'est un peu con comme posture. J'ai compté sur des solidarités qui ne pouvaient plus exister: quand on veut vivre sa vie, on s'assume tout seul. Euh... je crois que j'avais mal préparé cette deuxième condition. Mais peut-être que tout cela n'était qu'une façon de me faire bouger. Cet élan de vie était "vital" et j'ai bien fait de le suivre. Ne pas le faire aurait été me résigner à "mourir vivant". Peut-être que le vide dans lequel je suis est la meilleure façon de trouver qui je suis et ce que je veux faire de ma vie. Seul, sans entraves... ni filet de protection. La vraie vie quoi. Celle où on est seul face à soi-même.

En écrivant tout cela je pense à ces autres hommes qui, comme moi, se retrouvent à peu près au même âge face à une réalité qu'ils n'avaient pas envisagée sous cet angle. J'ai voulu vivre libre... je le suis. Et maintenant démerde-toi ! Plus possible de revenir en arrière, on ne grandit qu'à sens unique. J'étais en couple et j'ai voulu grandir "seul". C'était très bien d'oser faire ce pas, s'il était nécessaire, mais il faut le faire jusqu'au bout.

Mes anciens soutiens me poussent unanimement, plus ou moins gentiment, vers où je dois aller... seul. Moi seul peut faire mon chemin, et en solitaire. En homme qui s'assume, quoi.

C'est pas facile, mais le résultat en vaudra la peine.
En attendant... c'est un peu inquiétant.

Parce que j'suis pas encore un homme...

Commentaires
A
Etre libre pour moi c'est parvenir à faire la différence entre "entraves" et "limites", je rejoins parfaitement ce que dit Alainx à ce sujet. On peut être libre dans une relation quelle qu'elle soit si l'on est en cohérence avec les limites que l'on sent justes pour soi. Dans ce cas il n'y a aucune obligation à être seul pour être libre... "Les chaînes" ne "menacent" que nos failles envers nous-mêmes...<br /> Ceci dit, ce n'est pas forcément le plus facile à instaurer mais je crois que c'est possible.
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I
Alainx... je suis globalement d'accord avec ton commentaire. <br /> Ce qui me laisse plus circonspect c'est cette "revendication de l'enchaîné". Je ne crois pas que la liberté soit acquise, elle serait donc toujours à reconquérir. Ce qui implique que les chaînes nous menacent toujours...<br /> <br /> Mais peut-être n'ai-je pas encore trouvé la voie qui mènerait vers une liberté qui serait un état permanent ?
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A
La liberté n'est pas de s'affranchir des contraintes, ça c'est la revendication de l'enchaîné.<br /> La liberté c'est se donner librement les contraintes nécessaires au développement de sa personne. Et lle vont etre nombresues et faudra s'y tenir par soi-même.<br /> <br /> C'est donc la chose la plus difficile qui soit d'être libre ! Il n'y a plus personne à accuser, rien à revendiquer, fini de raler ou de rêver !<br /> <br /> Je pense que sans avoir trouvé ses bases personnelles solides, on ne peut pas y arriver. On recherchera de nouvelles chaines et aliénations.
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I
Le plaisir de la liberté c'est de s'affranchir des contraintes. Le problème, c'est que sans contraintes... on ne sait plus que faire de cette liberté. Et puis être seul et libre... c'est presque un pléonasme. Reste à savoir si c'est vraiment enviable...<br /> Donc d'accord avec toi sur les "contraintes" que l'on se choisit.
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L
Souvent la solitude à laquelle on aspire lorsqu'on est pas seul, devient un fardeau lorsque soudain on l'est. Que faire de toute cette liberté ? C'est comme un trop plein de vent lorsqu'on le prend en pleine figure et on étouffe. Alors il faut retrouver ses marques, s'imposer un rythme de vie nouveau, s'imposer des contraintes...comme si on était pas seul... C'est un peu idiot, mais c'est tout ça. S'imposer d'appeler des amis, de sortir, de voir du monde. Entre vivre à deux et vivre seul, il y a tout un monde et pourtant, il n'y a qu'une seule personne...celle qui manque à notre vie...
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I
Alauda, merci pour tes encouragements. Les réponses viennent peu à peu et guident cette quête aveugle. C'est une sorte d'intuition qui me sert de boussole: je sais que c'est par là que je dois passer.<br /> Devenir adulte n'est pas tuer sa part d'enfant, mais s'en libérer quand elle empêche de vivre. Il y aune part d'enfant qui refuse de grandir et s'accroche à un état qu'il faut pourtant quitter...
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I
Couette, de toutes façons je ne peux pas faire autre chose que laisser venir ;o)<br /> <br /> Rose, sans vouloir te faire faux-bond je vais tâcher de ne pas entrer dans le club des insomniaques...<br /> <br /> Tristana, oui, je crois ne pas être le seul homme dans ce cas. Il est long le chemin vers soi, et parfois difficile pour les proches qui en subissent le contrecoup.<br /> <br /> Hydrogène... ben... et mon commentaire ? Si tu auto-censures je vais être frustré ! <br /> Seul(e), on l'est toujours... et pourtant les autres sont là. Il suffit seulement de ne pas attendre davantage que ce qu'ils peuvent nous donner.
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A
En lisant ces mots <br /> "Peut-être que le vide dans lequel je suis est la meilleure façon de trouver qui je suis et ce que je veux faire de ma vie. Seul, sans entraves... ni filet de protection. La vraie vie quoi. Celle où on est seul face à soi-même."<br /> <br /> je me suis retrouvée propulsée il y a près d'un an... cette sensation d'être sans passé et sans avenir connu, seule au bord du vide avec en même temps la conviction profonde -mais pour autant pas plus rassurante - que "par là passait mon chemin"..<br /> Oui, j'ai voulu de tous temps, vivre libre, être ce que j'étais, sans savoir bien réellement ce que cela signifiait et en ayant toujours l'impression que je n'avais pas atteint l'âge adulte, "l'âge de raison"... Mais il y a mille façons d'être adulte, et pour moi, ce n'est certainement pas en étant "un enfant mort"...<br /> Ne te perds pas de vue, L'Idéaliste, toutes tes questions ont réponse.. en toi. <br /> Et au vu de ce que tu écris, tu n'es pas si désorienté que ça... Creuse ton sillon, il est fertile.. Courage...
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H
Auto-censure. Je viens de détruire le commentaire que je venais de t'écrire. Et je ne veux plus en poster ailleurs.<br /> Seule avec mon Etre – seule avec mon Néant; dans le chaos de mes sens, c’est le plus souvent vide que je ressors de mes plongeons intérieurs; avec cette incroyable sensation de solitude.<br /> Avancer - oui quitte à jouer les bulldozers pour aller plus vite mais décider de faire mon chemin seule... c'est un choix auquel je n'aurais jamais la force de me résoudre.
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T
Comme je comprends ce que tu décris, pour voir l'homme que j'aime dans la même confusion que toi... et comme à lui, j'ai envie de te dire, tout ce dont tu as besoin est à l'intérieur de toi... mais comme il est long et escarpé le chemin qui nous mène à nous-même...
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