Éclats de lumière
En lisant la densité de réflexions, interrogations, analyses qui s'étalent sur les blogs autour des relations avec autrui, il est aisé de se rendre compte à quel point cela préoccupe le monde. Et ce n'est pas étonnant. Dès qu'on se pose un peu des questions sur le sujet [ou plutôt que les questions s'imposent à nous...], c'est la perplexité. La rencontre de l'altérité est passionnante, mais éminemment complexe.
Et plus le lien est investi, plus la complexité est grande. Liens parent-enfant, de fratrie, et a fortiori relations amoureuses ou désirantes. Mais les relations de travail, à cause du temps passé en commun, peuvent aussi être fortement impliquantes.
Je remarque que pas mal de gens cherchent ce qui pourrait simplifier leur rapport aux autres, ou la façon d'être plus serein. Chacun y va de ses petites phrases passe-partout ou grandes réflexion psycho-philosophiques teintées d'expérience personnelle. Un peu comme s'il pouvait y avoir des recettes pour améliorer le fonctionnement entre humains. Il y en a, certes, mais elles sont avant tout du domaine de la théorie.
Je dirais que c'est assez facile de décrire tout ce qu'il faudrait faire pour vivre des relations idéales. Sur le papier [ou l'écran, puisque c'est ce qui nous concerne], ça marche ! Mais dans la réalité... bigre, on est loin du compte ! Même en sachant très bien ce qu'il conviendrait de faire, c'est surtout à posteriori qu'on s'en rend compte. Dans le feu de l'action il y a toute une part émotive qui s'enclenche et perturbe lourdement la recette apparemment bien comprise.
L'inconscient est là, tapi dans les recoins de la pensée, et surgit tel un diable de sa boite au moindre écart imprévu de l'autre. L'autre, ce révélateur de mes émotions.
Les relations, c'est surtout d'inconscient à inconscient que ça se passe. Les recettes, elles, ne tiennent compte que du conscient. Alors on peut bien dire que pour qu'un couple fonctionne bien il suffit de faire comme-ci ou comme-ça... ben ça n'est pas aussi simple. Si ça l'était on serait tranquille une bonne fois pour toute, en mode "pilotage automatique" et tout irait comme sur des roulettes. D'ailleurs ça peut marcher assez longtemps comme ça, pour peu qu'on se laisse bercer par le doux ronron. Reste à savoir si cette apparente paix est satisfaisante...
J'ai passé des milliers d'heures à décortiquer le fonctionnement de ma pensée, à tenter de comprendre celui du fonctionnement de l'autre au pluriel, à analyser mes erreurs, observer mes blessures et les apaiser, à faire des efforts d'amélioration... et je n'ai toujours pas trouvé le graal. Je crains de ne jamais le trouver. Chaque individu est unique, changeant au fil du temps et des circonstances. L'autre comme moi. Personne n'est stable. Personne n'est fiable et régulier comme une horloge. Et heureusement, parce que ce serait d'un ennuyeux !
Alors à quoi ça sert de se poser des questions ?
A sonder l'obscurité de son inconscient.
A trouver des éléments de réponses.
A mieux se comprendre.
A améliorer les relations.
A vivre plus en paix.
Ça ne donne pas de solutions globale et généralisable, mais des éclats de lumière. A partager.
C'est exactement ce qu'on fait sur nos blogs, bien plus aisément qu'on ne pourrait le faire de vive voix. On garde une trace, on ose une réflexion, on propose sa pensée du moment, on partage. Mon coté humaniste dirait volontiers qu'on s'entraide...
Mais chacun reste sur son chemin, avec ses démons à affronter, ses blessures à soigner, ses bonheurs à prendre. Chacun fait son "travail" personnel. Et il n'y a ni plan, ni recette, ni méthode. C'est un travail libre et évolutif. A inventer jour après jour. Un travail à vivre et à expérimenter en continu.