Aller plus loin
J'ai expliqué ici que je suivais actuellement une formation en vue de me réorienter vers l'accompagnement de personnes en difficulté. Ou du moins en questionnement...
Ces derniers temps cette formation a abordé un module intitulé "le couple", bizarrement associé à "la famille". J'avoue m'interroger sur cette alliance des deux notions, qui semble souvent systématique, comme si l'un et l'autre étaient indissociables dans les esprits. Or s'ils sont effectivement souvent liés, ils sont aussi largement distincts. La dynamique du couple et celle de la famille sont assez éloignées.
Est-ce cette juxtaposition, ou bien le double sujet "couple-famille" qui était trop vaste pour le temps imparti, qui m'ont laissé sur ma faim ? Autant les sujets "enfance" et "adolescence" étaient largement explorés et tout à fait passionnants, autant là j'ai été frustré. Je m'attendais au même intérêt que ce qui avait précédé, ou au moins à la confirmation de ce que j'avais déjà intégré, et je n'ai eu qu'un survol rapide de ce qui fait ou défait le couple.
Serais-je devenu particulièrement exigeant ? Les multiples lectures, réflexions, analyses, échanges, que j'ai pu avoir autour du sujet m'auraient-ils apporté une connaissance qui me place largement plus en avant qu'une formation de base ? J'avais l'impression d'avoir bien plus de recul dans mes réflexions que mes collègues de formation qui prenaient la parole. Je pense en particulier à toute la part inconsciente qui régit les rapports et peut animer le couple de forces de cohésion et d'éclatement simultanément. Je pense aussi à tout ce conditionnement social, cette part culturelle qui régente les liens et oriente les options de continuité ou de rupture.
J'avais été passionné par les enjeux du "moi" de l'enfance et de l'adolescence, tiraillés entre des logiques contradictoires de sécurité et de séparation, de dépendance et de détachement, et j'en percevais l'évitente réitération dans le lien de couple. Je m'attendais à voir exposé en pleine lumière toutes ces marques de réassurance, de crainte de l'abandon, de nécessité de la défusion vue sous le plan psychanalytique... Las, nous ne sommes restés qu'en surface.
J'aurais aimé avoir des éclairages, pouvoir établir des passerelles, voir confirmer ce que j'ai déduit à la lumière de l'expérience. Le confronter à l'expérience des autres, même si chacune est individuelle. Je crois que j'ai besoin de comprendre les mécanismes inconscients, ce fond commun qui nous oriente tous, plus ou moins. L'observation des faits ne me suffit pas, j'ai envie de savoir d'où ils viennent. Aller au delà des symptômes et remonter à la source des causes de dysfonctionnement.
Je crois que j'ai envie d'aller plus loin pour comprendre ce qui fait basculer du désir de continuer au désir de se séparer. Et, finalement, savoir ce qui, de la maturité ou de l'infantilité, se situe plutôt d'un côté ou de l'autre.