Candide au pays du désir
J'ai suivi les "méfaits et gestes" de mes petites camarades blogueuses qui se sont prétées à un jeu d'écriture érotique et j'avoue que j'en reste scié ! Et admiratif. Je me sens totalement incapable d'aborder ce genre de choses publiquement. Et même privativement...
Mesdames, vous m'épatez !
Vous m'épatez par votre apparente aisance à parler de sexualité, à nommer le désir sans détour, à évoquer le corps jusque dans son intimité. Je soupçonne que vous le faites bien mieux que les hommes...
Mais au delà de l'admiration, il y a la découverte de mon ingénuité : je ne connais que très peu l'érotisme féminin. Je lis donc avec le plus grand intérêt tout ce que je n'avais pas découvert au cours de 23 ans de conjugalité. Et je me rends compte que je ne savais presque rien. En fait je ne connais que très peu l'érotisme tout court. Seulement les bases, le minimum syndical. Je n'avais pas eu la curiosité d'aller au delà, durant toutes ces années. Je ne savais pas. Personne ne m'y avait éveillé. Quand j'y pense, c'est affligeant... Tant d'années perdues, sur ce plan là !
Deux ingénus, marqués par une éducation anti-désir, ça ne construit pas un couple fort [j'aurais pu écrire "bandant"...]. Aimant, peut-être, mais pas dans cette dimension du désir exprimé, valorisé, joué.
Je ne crois pas beaucoup me tromper en disant que ce manque, probablement intuitivement ressenti, est en grande partie à l'origine de mon évasion du couple. Sans le savoir, je cherchais le désir. Quelque chose que je n'avais pas vraiment connu. Ou alors sous une forme peu élaborée. Quelque chose d'agréable, mais peu sensualisé. Il aura fallu que ma quête m'amène jusqu'à d'autres corps pour commencer à découvrir la force du désir, puis un monde de sensualité presque inexploré. Et là ce fût le choc de la révélation qui rendait tout retour en arrière impossible: désormais je savais. C'est donc avec une autre que mon épouse que j'ai découvert la vibration du désir et la quintessence du plaisir. Et encore... mon ignorance était telle que... que... je n'en dirai rien.
En lisant ces textes je mesure l'étendue de ce qu'il me reste à découvrir et partager. Pas de bol... les circonstances font que ce genre de partage n'est plus vraiment dans mes possibilités actuelles. Question mise en pratique, je vais devoir être patient...