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Alter et ego (Carnet)
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30 juillet 2006

Exil virtuel

J'ai reçu un bref message, de la part de quelqu'un qui dit me lire et apprécier mes écrits. C'est toujours agréable...

Joint à la signature, il y avait une adresse de blog. Dans une autre blogosphère que celle que je fréquente. Un autre univers. Les commentaires n'y sont signés que par des peudos inconnus. C'est autant de pistes de blogs à explorer. Vaste monde. Tellement vaste... Impossible à appréhender.

Parfois je me dis que le petit cercle de connaissances que je cotoie dans ma blogobulle me retient comme prisonnier. Je fais régulièrement le tour de chacun, pour aller aux nouvelles. Lire les fragments d'existences, d'émotions, de pensées, que chacun délivre à son rythme. J'ai mes favoris, bien sûr, ceux que je visite quotidiennement. Et puis ceux que je lis à intervalle un peu plus espacé. Ils ont tous un certain nombre de ressemblances. Des préocupations, des tournures d'esprit, des réflexions qui vont dans un sens globalement semblable. D'où une impression de... routine.

Alors de temps en temps j'ai envie de changer d'air et j'explore l'ailleurs. Mais l'ailleurs est différent. Je n'ai plus mes repères. Autres sujets de réflexion, autre styles, autre façon de s'exprimer. Mondes inconnus. Souvent je suis impressionné par des qualités de plume, ou des façons de se dire tellement différentes de ce que je fais et lis. J'aimerai alors exister autrement, ailleurs. Changer de paysage...

Qu'est-ce qui me retient ?
Le temps disponible ? C'est une mauvaise excuse : je passe déjà du temps à écrire ici ou là.
Non, ce qui me retient, c'est quelque chose de l'ordre du lien. Je me sens faire partie de quelque chose où je suis identifié, connu et reconnu. Il y a une certaine connivence. J'ai une place. J'existe.

Si je quittais cette blogobulle, ce serait comme m'exiler. Changer de pays. Arriver en terres inconnus et devoir faire ma place. Ça me tente...

Non pas disparaitre, mais partir... pour voir ce qui se passe. Et peut-être revenir. Ou pas. Laisser sa chance à la chance. Oser le changement. La perte des habitudes. En créer d'autres, différentes. Changer d'identité, avoir un regard neuf et être vu comme nouveau. Anonyme, sans passé connu. Être découvert peu à peu, en dévoilant une vie qui repart de zéro dans la narration. Ne donner que ce qui m'importe maintenant, différent ce que j'ai donné de moi depuis des années d'écriture.

Faire les deux à la fois ? Hmmmm, je ne sais pas si c'est possible. Risque de dispersion. Je vis dejà deux vies, entre le monde sensoriel et celui d'internet. On n'entre pas dans un monde sans en désinvestir un autre. Au moins partiellement.

J'ai envie de m'enthousiasmer devant l'inconnu, m'exalter, m'ouvrir à la surprise. Car à l'évidence la routine des blogs ne permet plus de surprises majeures. Grosso modo, je sais à peu près ce que je vais lire chez chacune de mes connaissances de blog. La suite de la vie racontée au fil du temps. D'un jour à l'autre ça ne change guère... même si c'est toujours différent.

Mais nombre de ces autres font plus ou moins partie de ma vie. J'ai envie de savoir ce qui va se passer pour tel ou telle. Comme des amis, comme les membres d'une famille. C'est aussi ce suivi au long cours qui permet d'aller plus en profondeur et de saisir la dimension du temps. Cela crée une certaine cohésion, une attention particulière. Pensez donc, pour certains voila six ans qu'on se connaît de l'intérieur ! J'en sais davantage sur ces vies là que celle de mes frère et soeurs ! Alors pourquoi imaginer y renoncer ? Non, justement, aller voir ailleurs ne signifie pas quitter. Seulement réintroduire du choix. Laisser une chance aux préférences.

Oui, "préférence"... "aller voir ailleurs"... "routine"... "double vie"... ça résonne bizarrement, hein ?
J'ai l'impression qu'il faut que je lutte contre une tendance à tisser des liens et m'y accrocher. Un encroûtement qui me fait préférer le confort rassurant à l'aléatoire du voyage. Opter pour les repères plutôt que l'inconnu. Ma vie de blogueur ressemblerait-elle à ce point à ma vie terrestre ? Celle dont précisément je cherche à changer ? Et pourtant je sais bien à quel point le besoin de changement à fait évoluer ma vie ! Le voyage est magnifique.

Qu'est-ce qui m'empêche de partir à l'aventure ?

voyage
Voyage transatlantique

Commentaires
A
N'oublie pas une chose, dans le monde virtuel on se sent aimé, lu, entouré, mais dans le monde réel, on est toujours seul devant son écran.<br /> J'ai délaissé beaucoup trop le monde réel car il me décevait et j'en paye aujourd'hui les durs efforts que je dois fournir pour essayer de refaire surface dans ma vie.<br /> Internet oui, mais la vie avant tout, toujours, n'oublie pas.
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P
Alauda, j'en pense que tu as raison :o)<br /> <br /> Chacun est libre de vivre sa vie, d'aller et venir quand bon lui semble. Mais tout le monde n'a pas cette capacité à vivre des liens élastiques. Je crois que cela demande une grande confiance en soi et en sa capacité d'adaptation à des situations nouvelles et à établir des contacts. La peur de l'inconnu est un frein puissant...<br /> <br /> Je pense que la vie est faite de ces découvertes, de la surprise des différences et, comme tu le dis, du partage de cela. Ce n'est pas en restant au port qu'on découvrira le monde...<br /> <br /> Maintenant faut-il voyager en solitaire ou partager les mêmes voyages... ça dépend de chacun. Il est plus facile de partir "ensemble" à la découverte, mais ce n'est pas forcément la formule la plus enrichissante. Surtout si c'est toujours avec la (ou les) même(s) personne(s)...
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C
Alauda...c'est quand même pas aussi simple que ça non?
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A
"Disons que je pense que c'est confortable pour le marin, peut-être moins pour ses amis ;o)<br /> Et je ne parle même pas de la femme du marin..."<br /> <br /> Mais qui a dit que les amis - et la femme :) - du marin étaient condamnés à rester sur place à attendre le retour du baroudeur ?? Ils ont aussi le droit d'aller voir le monde, non ? ! Mais tous savent où se retrouver, quand ils ont envie de poser leur sac, et de partager leurs découvertes... :)<br /> Qu'en penses-tu ?
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P
Merci à tous pour ces commentaires, ils m'aident à prendre un peu plus conscience de ce qui se joue.<br /> <br /> Christine, tu pointes sur une des raisons qui me retient: le sentiment "d'abandonner" mes lecteurs, de "quitter le navire". Cela entre tout à fait en écho avec ce que je décrivais précédemment pour le lien amoureux du "tout ou rien". Je me rends bien compte que cela fait partie de ma propre représentation des liens et que j'ai encore à m'interroger là dessus...<br /> <br /> Pour ce qui est d'une sensibilité, oui certainement, mais "à fleur de peau", je ne crois pas. Quoique... suis-je le mieux placé pour le savoir ?<br /> <br /> Coumarine, tu soulignes bien la différence entre l'écriture en ligne et la "communication" en ligne. Ce n'est pas la première fois que je parle de mon malaise à faire coexister les deux. C'est davantage cette "communication" qui crée des liens exigeants que le fait de simplement écrire. Communiquer demande un certain rythme d'échanges, sinon le lien pourrait s'étioler dans cette dimension-là. Les blogs entrainent aisément vers cette "dépendance" du commentaire, il me semble.<br /> <br /> Pati, j'ai lu ton entrée qui prolonge tout à fait ma réflexion (et celle de bien d'autres, assez régulièrement sur leurs blogs...).<br /> <br /> Alauda, cette image du marin me parle tout à fait ! Oui, c'est un peu ça: avoir un port d'attache tout en "voyageant" sous d'autres cieux. Disons que je pense que c'est confortable pour le marin, peut-être moins pour ses amis ;o)<br /> Et je ne parle même pas de la femme du marin...<br /> <br /> Il y a de ma part une crainte (et une attirance) envers cet "égoïsme" (penser à soi) avec lequel j'ai encore du mal à me situer. Entre trop penser à soi et trop penser aux autres, chacun trouve son équilibre personnel, et je cherche encore le mien.<br /> <br /> Un peu comme ce que tu dis, Hydrogène: "partir toujours, revenir souvent". J'aime beaucoup cette formule.<br /> Pas de promesses, des liens élastiques. Là encore, je crois qu'il faut un coeur solide pour "les autres", ceux qui sont en lien avec soi. Je sais que cela peut éveiller des fragilités, des peurs, avec ce qu'on peut imaginer comme tentative de resserrement du lien. <br /> J'ai ces peurs en moi, que je tente d'aprivoiser, et forcément je les transpose sur les autres, imaginant ce qu'ils pourraient ressentir si moi j'avais cette liberté avec des "liens élastiques". Ce que j'écris au sujet des blogs n'est qu'une résonnance de ma façon de vivre les liens, cela se confirme :o)<br /> <br /> Encore merci à tous.
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H
Une entrée qui appelle la petite fugueuse... Partir, toujours. Revenir souvent. Ne jamais dire jamais. Pas d'adieu sur le bout de la langue mais des départs comme si c'était la dernière fois car l'adieu reste coincé au fond de la gorge. Pas de promesse de retour. Pas de promesse de demain. Des liens qu'on étire comme des élastiques. La garde ne se rend, toujours protège, le lien se tend mais ne se rompt.<br /> <br /> Mon blog me fait peur quand il devient trop attachant car je ne comprends pas les liens qui se créent. J'ai souvent envie de le fuir mais je répugne à le quitter. Je le malmène quand il est trop fréquenté et je reviens quand il est vide.<br /> <br /> Je trouve géniaux bon nombre de blogs que je lis sans pour autant commenter, sans laisser trace de mon passage. J'aime certains des petits liens attachants qui se sont créés mais je les fuis quand je les sens se resserrer.<br /> <br /> D'habitude attirée par les différences, je cherche plus aujourd'hui des blogueurs/euses qui traverseraient un chemin de vie un peu similaire au mien mais ne trouve pas vraiment ce que je cherche. Voyage de bulle en bulle, de blog en blog. De jolies surprises inattendues parfois. Des détours qui font parfois mal.<br /> <br /> « Ma vie de blogueur ressemblerait-elle à ma vie terrestre? » Les questions ressemblent aux réponses.
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A
Nous avons tous une dimension sédentaire et une dimension nomade... être toujours sédentaire revient à vivre l'enfermement et la sclérose, être toujours nomade, à la dispersion sans enracinement.. <br /> L'idéal est d'être tour à tour l'un et l'autre... comme le marin.. <br /> Bon vent, Pierre !
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P
pierre, j'ai fait une entrée sur mon blog qui reprend l'idée que tu soulèves ici... je t'invite à aller lire les commentaires... ;)
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G
Me voilà de retour, je reprends mes habitudes de lecture et j'ai pas mal de retard, après trois semaines d'absence j'ai du pain sur la planche.<br /> je viens donc te faire un petit coucou
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C
- Il y a écrire régulièrement sur son blog, ce qui demande du temps si on désire le faire convenablement<br /> - il y a à lire et à répondre aux commentaires, ce qui chez moi devient une opération pas vraiment de tout repos, tu as pu voir que la liste s'allonge inexorablement: agréable d'avoir un retour d'écoute, mais cela devient un boulot que je n'avais pas vraiment prévu ;-))<br /> - il y a les blogamis à essayer de lire régulièrement, à commenter éventuellement, encore du temps à investir<br /> - et puis au hasard des "rencontres" un blog intéressant que l'on découvre, duquel on va à la découverte, et c'est vrai que faire la découverte d'un nouveau blog demande du temps...<br /> - et bien sûr il y a tout le reste, la vie, les relations, le travail, la famille ...<br /> Je n'ai plus tellement de temps pour découvrir d'autres mondes, je me freine volontairement. Parfois un clic m'emmène ttàcoup quelque part, j'ai envie d'y rester, je découvre un autre monde. J'ai enlevé mes liens, parce que je veux être libre d'aller où bon me semble, chez les gays ou les ado suicidaires, ou les peronnes handicapées, ou les blogs à thèmes.J'essaie d'en découvrir un par semaine, j'essaie d'entrer dans un monde qui m'est totalement inconnu. <br /> Mais, je le répète, cela prend du temps, et depuis que je tiens un blog (deux ans bientôt) je constate que je vais me coucher de plus en plus tard d'une part, et que je lis de moins en moins...
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