4 déménagements et 1 démariage
Période de migrations que ce mois de septembre. Les oiseaux quittent le nid pour l'année étudiante: nos deux aînés s'installent dans un appartement en ville, en couple pour l'un, en colocation pour l'autre. Et les parents reprennent leur autonomie...
Hier avait lieu le déménagement n°1, celui de ma fille. Un grand immeuble en ville, années 50. Oh la la... habiter en ville... J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de monde. Et plein de voitures ! Du bruit, du grouillement. J'ai pas l'habitude de ça moi, vivant au milieu des herbes folles... Mais bon, je suppose qu'on s'y fait et je sais qu'on trouve des tas d'avantages pratiques, sociaux, et culturels à la vie urbaine. A commencer par celui, assez futile je vous l'accorde, de pouvoir faire la course dans les escaliers de l'immeuble (on s'entend bien pour faire les andouilles, avec ma fille...). En tous cas pour des étudiants semi-sauvages élévés au grand air je crois que c'est l'occasion de profiter d'un mode de vie dont ils n'ont jamais disposé: liberté de mouvements grâce aux transports en communs, liberté d'organisation, possibilité de sorties et de spectacles (même s'ils n'ont pas trop le temps, ils en ont la possibilité occasionelle et c'est déjà beaucoup).
Aujourd'hui, normalement, doit avoir lieu le déménagement n°2, celui du fiston aîné. Il est beaucoup moins organisé que sa soeur et on ne sait jamais vraiment quel est son programme... Mais malgré tout il se débrouille généralement bien avec ses solutions improvisées et parvient à mener sa vie et ses études dans de bonnes conditions. Voila trois ans qu'il mène une existence largement autonome. D'abord dans une chambre sous les toits d'un immeuble de centre ville. Ensuite dans une immense colocation (treize étudiants) où il a pu apprécier les bon moments permis par ce genre de cohabitation. Maintenant il revient en centre ville.
Le déménagement n°3, en cours, est prévu d'ici la fin du mois. C'est le mien. Voila un moment que j'emballe et fais le tri, mais je n'avais pas d'endroit pour stocker tout ça. Je vais pouvoir bénéficier de l'espace libéré par le déménagement n°2, stocké tout l'été dans une pièce de ma future maison, ex-domicile conjugal. Je l'ai quittée il y a deux ans et demi, en un autre temps où il était devenu délicat de vivre sous le même toit que mon épouse. D'abord pour un appartement sur la place du village où je réside, ensuite dans la vieille maison au confort spartiate dont je montre des fragments photographiques, qui n'est située qu'à 75 mètres de l'ex-domicile conjugal. Ma future-ex est ma voisine. Enfin... ma future ex-voisine.
Car plus ou moins simultanément aura lieu son déménagement: le n°4. Elle ira s'installer dans une petite ville proche très bientôt. Entretemps une période de cohabitation est envisagée et devrait être supportable sans tensions, maintenant que l'harmonie est revenue dans notre couple dissocié/séparé/désuni. [Le terme "désunion" est le plus adapté, puiqu'on ne forme plus le "un" du couple, mais il sent trop la discorde, il me semble... Finalement c'est "séparés" qui passe le mieux, non ?]
Boooon, normalement, après ça il n'y a pas d'autres mouvements en vue...
Mais les changements ne sont pas finis ! Ça serait ennuyeux si tout se stabilisait. Finalement j'aime bien les changements, parce qu'ils occasionnent des remises en question, donc des occasions d'avancer. Je n'ai jamais autant avancé que depuis ces cinq ans de changements !
Dernier changement de programme en date, le choix de celui d'entre nous deux qui allait déménager. Mon déménagement était certain... mais soit il consistait en un déplacement de 75 m, soit à un de 500 km. Le déménagement n°4 en dépendait, en attente de décision définitive depuis mi-juillet. A cette date j'avais décidé de poser ma candidature pour un poste à l'autre bout du territoire, initiant une attente suspendue. J'ai eu la réponse il y a deux jours. Négative. Hmmmmff... Il faut dire que le nombre de candidats a largement dépassé ce que je croyais... Le moment de déception me renvoyant à la case départ est finalement vite passé parce que je n'avais pas trop voulu me projeter vers cette solution, trop "idéale" pour y croire vraiment. Ç'aurait été une chance extraordinaire, me libérant de mes soucis d'argent, réglant d'un coup le processus de séparation, me propulsant vers quelque chose de très intéressant pour mon avenir, et me soumettant à un grand "changement" de toute ma vie... L'idéal, j'vous dit ! Tant pis. Et tant mieux, parce que c'était quand même assez compliqué à mettre en oeuvre dans le délai imparti (rien n'est jamais idéal). Maintenant il ne me reste plus qu'à trouver d'autres solutions.
Tous ces solutions, élaborées, réflechies, projetés, tentées, parfois pour être annulés ensuite, sont ma vie et celle de futurex depuis des mois. Beaucoup de "mouvement", dans les pensées si ce n'est dans les actes. Tout ça c'est du changement. De l'évolution. Même si souvent ça ne va pas plus loin qu'une ébauche bientôt abandonnée. C'est assez... grisant. Ma vie n'a rien de routinier grâce à ce mouvement perpétuel. Il en découle pas mal de changements intérieurs puisque toute déstabilisation oblige à inventer quelque chose afin de retrouver un nouvel équilibre. Adaptation constante. Là j'invente sans cesse. En cela la période que je vis avec Futurex est extrêmement féconde. Autant que la prise de distance que je vis par ailleurs. J'en viens presque à me demander si je n'ai pas pris goût à ce malaxage cérébral, tellement enrichissant et révélateur. Car, au final, je ne me suis jamais senti aussi conscient, et en chemin vers une paix intérieure.
Après des mois de réflexions immobiles ou douloureuses, ça fait du bien...

Ma p'tite cuisine
(avant que ma fille ne me pique la cuisinière...)