La vraie recette de l'amour
Mes p'tits billets suscitent parfois quelques commentaires développés, auxquels je m'empresse de "répondre" [et pourquoi est-ce que je commente les commentaires, d'abord, hein ?].
Ben oui, parce que lorsque le sujet m'intéresse, je ne sais pas m'empêcher d'y mettre mon grain de sel. [Pffff, comme si je savais mieux que les autres comment fonctionnent les relations !]
J'ai découvert un certain nombre de choses, qui semblent des constantes, et je les restitue à ma sauce personnelle. C'est en quelque sorte la recette de la maison... Mais bon, une recette reste une recette, et même suivie scrupuleusement ligne après ligne, en mettant les ingrédients au gramme près et dans l'ordre, ce n'est pas ça qui va garantir un résultat parfait [rien que de voir les superbes photos des livres de recettes ça me décourage de prendre le risque d'obtenir un truc mou et informe, aussi appétissant qu'une limace géante décongelée].
Ce qui compte, pour réussir, c'est l'expérience !
Ou à la rigueur la chance du débutant.
Donc ce que j'énonce doctement... ben c'est de l'esbrouffe ! Faut le vivre, mettre les mains dans la farine pour comprendre comment faire. J'ai beau "savoir" ce qu'il faudrait faire ou ne pas faire dans les relations pour qu'elles soient de bonne qualité, c'est pas pour autant que je sais pratiquer.
D'abord parce que dans une relation, hélas [euh...?!], on est deux. On n'a donc ni la même recette, ni la même pratique, ni les mêmes goûts, ni le même rythme. Ça complique un peu pour se mettre d'accord. Et en plus, souvent on ne parle pas la même langue. Essayez de faire préparer un cassoulet toulousain par un bolivien et un norvégien et vous verrez le résultat ! Déjà que chaque toulousain est persuadé d'avoir la vraie et unique recette...
Bref, la communication c'est déjà de la relation et demande donc certaines recettes.
En fait il faudrait commencer par là: d'abord apprendre à bien communiquer et ensuite seulement entreprendre la relation. Sauf que généralement ça se fait en même temps, dans l'urgence et la précipitation. Tsss, ça fait pas du bon boulot, ça... C'est comme si on fabriquait le moule du gâteau en même temps qu'on le prépare dans ce moule...
Pas étonnant que la réussite soit assez aléatoire, voire carrément compromise.
On pourrait donc en déduire qu'il suffit de poser 1 - les bases d'une bonne communication pour passer à 2 - l'étape suivante: la relation proprement dite.
Eh, attention... j'ai pas dit "la relation amoureuse", parce que là c'est encore plus compliqué. Chaque chose en son temps. La recette n'est pas à la portée du premier apprenti venu. Oui, je sais, on est toujours tenté par la recette qui a la plus belle photo dans le livre... on croit qu'on saura faire... et on se retrouve tout dépité devant sa limace géante décongelée.
Non, avant même la communication avec l'autre, il faut être en relation avec soi.
Meuh ? Mais c'est du narcissisme ça ! Ou de l'onanisme !?
Nan : ça veut dire être au clair avec ses attentes et ses limites. «Connais-toi toi-même », disait l'autre. Et qui se connaît vraiment ? On croit se connaître, éclairé que l'on est par ses expériences passées, mais chaque nouvelle situation nous met face à une part d'inconnu. Donc en fait on ne se connaît jamais vraiment [fuyez comme la peste les inconscients qui prétendraient le contraire].
Doooonc... on n'est jamais vraiment opérationnel. Faut s'adapter.
Ah oui, parce que j'ai oublié de vous dire que la recette pour communiquer avec l'autre n'est jamais la même, mais dépend de sa culture, de son histoire, de son caractère, de son père, de sa mère, de leur dynamique de couple, et de la somme de toutes les relations antérieures. Ça fait du monde dans la relation à deux, tout ça... Sans oublier tout un tas de facteurs et d'attentes inconscientes que l'intéressé lui-même ne connaît qu'imparfaitement, et d'autant moins qu'il les refoule à son insu.
En fait on est toujours dans l'inconnu. Toujours. On ne connaît que des morceaux de soi, mais jamais tout. Encore moins pour la connaissance de l'autre, cet éternel inconnu insaisissable. C'est d'ailleurs ce qui est attirant. Et heureusement que c'est ainsi, parce qui si on avait un jour fait le tour des connaissances on s'ennuierait ferme.
Remarquez, on peut se dire aussi qu'on en sait suffisamment. A ce moment là on est devenu vieux (et ce n'est pas une question d'âge).
Tout ça pour dire que chercher à construire une relation amoureuse harmonieuse sans être au clair avec soi c'est mettre la charrue avant les boeufs. Ou, pour prendre une expression un chouia moins désuète: vouloir créer son blog sans savoir se servir d'un clavier ni être connecté à internet [ouais, bon, c'est pour donner une idée...].
Où voulais-je en venir avec ce discours impomptu ? Juste rappeller que ce que j'énonce n'est que théorique. Nécessaire, certes, mais insuffisant. Mais bon, vous vous en doutiez, je suppose.
Alors c'est probablement pour me le rappeller à moi...

Quelques repères fixes qu'il faut lâcher pour traverser,
pas de chemin tracé mais une surface mouvante,
le risque de tomber à l'eau si on manque d'équilibre,
du brouillard qui dissimule l'inconnu lointain...
Et si c'était la représentation de ce qu'est une relation ?