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Alter et ego (Carnet)
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7 janvier 2007

La vraie recette de l'amour

Mes p'tits billets suscitent parfois quelques commentaires développés, auxquels je m'empresse de "répondre" [et pourquoi est-ce que je commente les commentaires, d'abord, hein ?].

Ben oui, parce que lorsque le sujet m'intéresse, je ne sais pas m'empêcher d'y mettre mon grain de sel. [Pffff, comme si je savais mieux que les autres comment fonctionnent les relations !]

J'ai découvert un certain nombre de choses, qui semblent des constantes, et je les restitue à ma sauce personnelle. C'est en quelque sorte la recette de la maison... Mais bon, une recette reste une recette, et même suivie scrupuleusement ligne après ligne, en mettant les ingrédients au gramme près et dans l'ordre, ce n'est pas ça qui va garantir un résultat parfait [rien que de voir les superbes photos des livres de recettes ça me décourage de prendre le risque d'obtenir un truc mou et informe, aussi appétissant qu'une limace géante décongelée].

Ce qui compte, pour réussir, c'est l'expérience !
Ou à la rigueur la chance du débutant.

Donc ce que j'énonce doctement... ben c'est de l'esbrouffe ! Faut le vivre, mettre les mains dans la farine pour comprendre comment faire. J'ai beau "savoir" ce qu'il faudrait faire ou ne pas faire dans les relations pour qu'elles soient de bonne qualité, c'est pas pour autant que je sais pratiquer.

D'abord parce que dans une relation, hélas [euh...?!], on est deux. On n'a donc ni la même recette, ni la même pratique, ni les mêmes goûts, ni le même rythme. Ça complique un peu pour se mettre d'accord. Et en plus, souvent on ne parle pas la même langue. Essayez de faire préparer un cassoulet toulousain par un bolivien et un norvégien et vous verrez le résultat ! Déjà que chaque toulousain est persuadé d'avoir la vraie et unique recette...

Bref, la communication c'est déjà de la relation et demande donc certaines recettes.
En fait il faudrait commencer par là: d'abord apprendre à bien communiquer et ensuite seulement entreprendre la relation. Sauf que généralement ça se fait en même temps, dans l'urgence et la précipitation. Tsss, ça fait pas du bon boulot, ça... C'est comme si on fabriquait le moule du gâteau en même temps qu'on le prépare dans ce moule...

Pas étonnant que la réussite soit assez aléatoire, voire carrément compromise.


On pourrait donc en déduire qu'il suffit de poser 1 - les bases d'une bonne communication pour passer à 2 - l'étape suivante: la relation proprement dite.

Eh, attention... j'ai pas dit "la relation amoureuse", parce que là c'est encore plus compliqué. Chaque chose en son temps. La recette n'est pas à la portée du premier apprenti venu. Oui, je sais, on est toujours tenté par la recette qui a la plus belle photo dans le livre... on croit qu'on saura faire... et on se retrouve tout dépité devant sa limace géante décongelée.

Non, avant même la communication avec l'autre, il faut être en relation avec soi.

Meuh ? Mais c'est du narcissisme ça ! Ou de l'onanisme !?
Nan : ça veut dire être au clair avec ses attentes et ses limites. «Connais-toi toi-même », disait l'autre. Et qui se connaît vraiment ? On croit se connaître, éclairé que l'on est par ses expériences passées, mais chaque nouvelle situation nous met face à une part d'inconnu. Donc en fait on ne se connaît jamais vraiment [fuyez comme la peste les inconscients qui prétendraient le contraire].

Doooonc... on n'est jamais vraiment opérationnel. Faut s'adapter.
Ah oui, parce que j'ai oublié de vous dire que la recette pour communiquer avec l'autre n'est jamais la même, mais dépend de sa culture, de son histoire, de son caractère, de son père, de sa mère, de leur dynamique de couple, et de la somme de toutes les relations antérieures. Ça fait du monde dans la relation à deux, tout ça... Sans oublier tout un tas de facteurs et d'attentes inconscientes que l'intéressé lui-même ne connaît qu'imparfaitement, et d'autant moins qu'il les refoule à son insu.

En fait on est toujours dans l'inconnu. Toujours. On ne connaît que des morceaux de soi, mais jamais tout. Encore moins pour la connaissance de l'autre, cet éternel inconnu insaisissable. C'est d'ailleurs ce qui est attirant. Et heureusement que c'est ainsi, parce qui si on avait un jour fait le tour des connaissances on s'ennuierait ferme.

Remarquez, on peut se dire aussi qu'on en sait suffisamment. A ce moment là on est devenu vieux (et ce n'est pas une question d'âge).


Tout ça pour dire que chercher à construire une relation amoureuse harmonieuse sans être au clair avec soi c'est mettre la charrue avant les boeufs. Ou, pour prendre une expression un chouia moins désuète: vouloir créer son blog sans savoir se servir d'un clavier ni être connecté à internet [ouais, bon, c'est pour donner une idée...].


Où voulais-je en venir avec ce discours impomptu ? Juste rappeller que ce que j'énonce n'est que théorique. Nécessaire, certes, mais insuffisant. Mais bon, vous vous en doutiez, je suppose.

Alors c'est probablement pour me le rappeller à moi...

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Quelques repères fixes qu'il faut lâcher pour traverser,
pas de chemin tracé mais une surface mouvante,
le risque de tomber à l'eau si on manque d'équilibre,
du brouillard qui dissimule l'inconnu lointain...

Et si c'était la représentation de ce qu'est une relation ?

Commentaires
G
Le net nous réserve toujours de belles surprises et ce blog en est une ... Merci, je vais avoir de la lecture pour un bon moment:)<br /> A bientôt
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P
Hé hé, Ségolène, j'aime bien ta conclusion ;o)<br /> <br /> Je crois que dans l'action on n'a pas vraiment le choix : on fait comme on peut, avec les ingrédients qui sont là, et en fonction de l'expérience acquise...<br /> C'est bien ce qui fait qu'il demeure toujours une large part d'incertitude quand à la réussite. Mais faut aussi savoir ne pas être trop exigeant et ne pas attendre quelque chose de particulier, sauf que ça soit bon. Sluuurp !
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S
Pierre, tu as cette impressionnante faculté de convertir une entrée des plus fades en un mets savoureux :)<br /> <br /> Bravo pour la recette qui m'a fait mijoter à feu doux à sa lecture...sur la méthode...<br /> Faut il lire d'abord la recette ou commencer par poser sur la table les ingrédients...?<br /> <br /> " En fait " dis-tu " il faudrait commencer par là: d'abord apprendre à bien communiquer et ensuite seulement entreprendre la relation."<br /> <br /> Cruel dilemme ! <br /> Entre jeter les bases d'une relation, et la laisser vivre ensuite à sa sauce...<br /> ou l'inverse...<br /> ouvrir l'appétit, laisser d'abord la relation se vivre...et seulement alors y ajouter, au fur à mesure, les ingrédients sucrés/salés...qui entrent inévitablement dans la composition de la recette...<br /> <br /> Moi ça me pèse sur l'estomac cette question...<br /> <br /> Enfin...en général on consomme et aprés on déguste :)
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P
Pralinette, t'as raison, accomoder les recettes de façon personnelle et intuitive, y'a rien de meilleur :o)<br /> <br /> Merci pour tes voeux... je m'efforce de ne pas avoir trop d'attentes, c'est plus facile de les voir exaucées, hé hé...<br /> <br /> Alain... j'ai l'impression que tu fais de drôles d'utilisations du beurre...<br /> <br /> La phrase de Lacan m'a toujours semblé très pertinente, quoique assez cruelle et un brin pessimiste.
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A
"il faut un peu de liquide après l'ajoût du beurre en semoule. A doser avec modération sinon ça colle quand on essaie de pétrir"<br /> <br /> M'enfin ! On tolère des commentaires hyper-sexuels sur ce blog maintenant !!<br /> -----------<br /> Et la communication amoureuse... ah ! la merveille ! Comme disait Lacan : «Aimer c'est donner ce que l'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas...»
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P
Succulente recette, qui donne faim ;-)<br /> Moi je suis plutôt du style à ne pas suivre une recette à la lettre, enfin si, juste pour la base, puis j'aime inventer et rajouter des trucs à ma façon, improviser, selon l'humeur et selon les gens qui viendront à ma table ;-)<br /> Pierre, je te souhaite une bonne et douce année 2007, remplie de grands-petits bonheurs au quotidien, et que toutes tes attentes soient comblées. Bises.
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P
Forestine qui se marre, choueeeettte !!!<br /> <br /> Hé hé, j'imagine bien la relation pâteuse qui colle aux mains et dont on ne sait plus comment se dépêtrer. C'est vrai que les autres viennent parfois (souvent ?) mettre leur grain de sel dans la pâte, disant ce qu'il faut faire, ou pour afirmer que le gâteau sera raté avant même qu'il n'ait cuit. Ah, "les autres"...
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F
J'adore ton texte, qui m'a bien fait rire. (Ou sourire en coin, ou rire jaune...) Bon, qui ne m'a pas laissée indifférente, disons.<br /> Je ne sais pas si avec ta farine et ton sel, tu prépares une pâte sucrée ou salée, mais dans les 2 cas, il faut un peu de liquide après l'ajoût du beurre en semoule. A doser avec modération sinon ça colle quand on essaie de pétrir. <br /> "Dans une relation on est deux", dis-tu justement. Ben... Le problème à mon avis, c'est que souvent on est plus que deux. Il y a les autres, qui brouillent et parasitent la communication, voire qui se mettent en travers, et qui nous collent !!!! Laborieuse métaphore, je te l'accorde;-)<br /> Mais on a parfois autant de mal à s'en dépêtrer que d'une pâte trop humide...<br /> Une feuille de salade - mayonnaise, avec la limace?<br /> :)
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P
Thalied, le gaz dans l'eau ça fait des bulles et ça donne de l'eau pétillante. Y'en a qui aiment ça ;o)<br /> <br /> Nuages, je crois que pour ne pas craindre la répétion il est important de savoir ce qu'on attend d'une relation. Plus on a d'attentes (connues ou inconnues) et plus l'enjeu semble fort, donc potentialise ce qui peut mener à l'échec.<br /> La peur de l'échec c'est déjà le prévoir, donc lui donner la place d'exister. Je pense qu'il faut tenter de se donner à fond... tout en sachant que ça ne durera peut-être pas. Je crois que le désir de durée est la meilleure façon de (se) mettre une forte pression.<br /> <br /> Une relation n'est que la rencontre simultanée de deux désirs d'être ensemble. Or les deux partenaires n'ont pas nécessairement les mêmes désirs... surtout au niveau inconscient. Le "sabotage" me semble quelque chose d'assez répandu, et d'autant plus qu'on redoute que la relation ne dure pas (névrose d'échec). Il faut comprendre en soi pourquoi on "préfère", inconsciemment, qu'il en soit ainsi. Chercher du côté de notre représentation personnelle de ce qu'est l'amour (lorgner du côté de l'amour parental, par exemple).<br /> Dévoiler son intimité c'est se fragiliser. Parfois on n'accepte pas cette fragilisation, en soi ou en l'autre, parce qu'il apparaît alors des enjeux de pouvoir, qui deviennent menaçants et font ériger des barrières protectrice (= fermeture à l'intimité).<br /> <br /> Mais bon, là encore j'énonce tout cela avec du recul alors que dans le feu de l'action notre cher inconscient se débrouille pour tirer les ficelles dans l'ombre, de façon quasi-invisible (le salaud !).
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N
Mais comment faire, comment nouer une relation quand on ne s'en sort pas, quand on craint la répétition de l'échec ?<br /> Comment ne pas saboter la relation, comment ne pas provoquer l'échec une nouvelle fois ? Une fois ça ira, deux fois aussi, au début, puis quand l'intimité pourrait peut-être s'installer, quand on commence à se dévoiler davantage ?
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