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Alter et ego (Carnet)
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4 mars 2007

L'atténuation du désir

Voila quelques temps que je n'ai pas évoqué mon sujet de prédilection : l'interminable saga des relations humaines.

J'y reviens, après avoir lu il y a quelques jours une réflexion sur "Les mots de Pati". Il y était question de la difficulté à exprimer le désir au sein du couple. Pati faisait part de ses réflexions autour du désir sexuel mais la réflexion peut fort bien être élargie au désir en tant que pulsion affective: cet élan qui nous porte vers un être qui nous attire. Élan qui passe inévitablement par une forme de communication si on souhaite le partager.

Bien qu'on se satisfasse, généralement, de ressentir des désirs individuels, l'intensité est encore plus forte lorsqu'on peut "partager" un désir en commun. En fait de partage, on devrait plutôt parler de multiplication, car à l'addition des désirs s'ajoute une nouvelle dimension : les avoir ensemble [vous avez suivi le calcul ?]. Il y a dynamisation des plaisirs et gain d'énergie. Ensemble on ose davantage, on se sent dépositaire d'une force plus grande. Les désirs "partagés" cherchent à se réaliser dans la jouissance commune de plaisirs qui étaient, à la base, individuels. Plaisir de la rencontre, plaisir de l'échange et du contact, plaisir de réaliser quelque chose en commun, plaisir de partager les mêmes plaisirs. Il peut se jouer quelque chose de très intense dans ce partage d'aspirations communes.

Le couple aimant, par sa dimension intime et sexuelle, en est évidemment un des lieux privilégiés. D'une manière plus générale, sont dopés par le partage des désirs et plaisirs tous les liens affectifs : famille, enfants, amis, ou groupe de personnes partageant un plaisir commun...


Ce qui m'intéresse, question de conjoncture personnelle, c'est l'autre face du désir : son atténuation. Ce moment singulier d'inflexion qui se produit lorsque les désirs se partagent moins, parce qu'ils évoluent en chacun et deviennent divergents. Le désir initial commun, par lequel se rejoignaient deux personnes ou davantage, n'est plus équivalent. Il demeure fort pour l'un, et assouvi pour l'autre. Dès lors le plaisir commun, né de la dimension du partage, s'émousse. Le supplément de plaisir s'estompe. L'énergie dégagée par la dynamisation s'étiole.

C'est ce qui survient inévitablement dans le couple amoureux qui dure, mais aussi dans des liens d'amitié. Il y a évolution, et nécessaire réajustement. Une relation vivante nécessite, autant qu'elle dure, cette adaptation aux changements. Cela passe évidemment par la communication, cet indispensable liant relationnel. Faute de quoi ce qui n'est pas formulé directement et clairement sera pris en charge par l'obscur langage des inconscients. Avec tous les risques de mésinterprétation que l'on sait...

La difficulté d'exprimer ses désirs, et d'autant plus qu'ils sont une part très intime de soi, s'exacerbe tout particulièrement lorsque des divergences, ou la crainte de celles-ci, apparaissent. Tant que le désir était commun, évident, rayonnant... tout allait bien. Le message était clair. Mais dès qu'il faut oser aller un peu plus loin que cette évidence, ou au contraire signifier qu'on désire aller moins loin que l'autre dans le partage intime, ça se complique sérieusement.

En amour on aime faire plaisir à l'autre. Le plaisir de l'autre procure un plaisir personnel réjouissant qui peut se suffire à lui-même. Mais que se passe t-il lorsque le désir de l'autre me déplaît ? Ou que je ne ressens pas un plaisir suffisant à lui faire plaisir ? Comment le dire à l'autre, qui va découvrir que son plaisir n'est pas autant, ou plus du tout, partagé ? Il risque fort d'en être déçu. Frustré de voir que ce qui fonctionnait auparavant en commun n'existe plus. Il risque de réagir, ce qui peut entraîner des complications... que personne ne désire (du moins consciemment...).

D'où la tentation de ne rien en dire. De faire comme si rien n'avait changé. De compter sur le temps pour qu'une solution miraculeuse apparaisse: que le désir de l'autre s'atténue aussi, ou qu'il comprenne qu'il n'est plus partagé. Autre solution de fuite: donner des explications incomplètes, partielles, ou faussées. Ou faire porter sur l'autre les raisons de ce désir moindre. Malheureusement ces méthodes, couramment employées, sont d'excellents agents de dégradation relationnelle.

Plus encore que celle du désir, je crois que l'expression du non-désir est primordiale. Un désir qui n'est pas exprimé, c'est seulement du partage qui ne se réalise pas. Mais un non-désir qui ne se dit pas, c'est la désagrégation du lien de confiance. Il y a, quoique pas vraiment volontaire, une "tromperie". Un poison diffus qui peut réveiller interrogations sourdes, culpabilisation inconsciente, et dévalorisation de soi : « qu'ai-je fait pour être moins attirant ? ». L'inquiétude s'immisce imperceptiblement. Si dire le non-désir peut-être douloureux à entendre, le taire est une redoutable bombe à retardement. La chute de cette illusion sera doublement violente : d'abord de ne pas avoir su, et ensuite d'avoir surabondamment offert de soi.

Or en amour on se situe dans le domaine du partage intime, des fragilités dévoilées en confiance. Domaine éminemment sensible, constitutif de l'estime de soi.

On devrait avoir le courage de dire le non-désir. Clairement, franchement, pour que l'autre puisse se positionner face à cette évolution. Toujours rester en contact avec nos ressentis et ceux de l'autre, dans ce partage sensible qui fait l'authenticité et la cohésion d'une relation. Ce peut être difficile a énoncer et à entendre, source de déstabilisation, mais au moins on se trouve à égalité de connaissance de la situation. On joue franc-jeu et on reste dans un lien de confiance. Dans mon expérience relationnelle je sais qu'en nommant très franchement ce non-désir, avec les vrais mots pour le dire, j'ai "libéré" de l'ambiguité celles qui avaient besoin de cette vérité. Dans le sens contraire je n'ai été libéré de l'incertitude que lorsque des mots clairs ont formulé explicitement le non-désir relationnel. Oser ces mots, qui pourtant peuvent faire très mal, permet une délivrance... et le maintien de la confiance.


Au contraire, en voulant "protéger" l'autre de la déception, ou maintenir la relation sous perfusion, on le laisse s'enfoncer dans un malaise d'incompréhension. Car le choix des mots, l'intonation de la voix, les gestes, le corps tout entier, trahissent le désir amoindri. Le langage non-verbal est tellement éloquent... Ce langage-là se sent "de l'intérieur" et lorsqu'il est en décalage avec ce qui est exprimé en mots cela crée une grande confusion interne. Le coeur et le cerveau ne captent pas la même chose. Il y a disharmonie intérieure, génèrant un trouble important. Ce trouble, ce flou, ces ambiguités envahissent peu à peu le lien de confiance et menacent la relation. C'est le piège du non-dit. La seule façon d'évacuer cette pression parasite est une verbalisation franche. Poser cartes sur table la problématique. C'est une évidence, et pourtant...

Je préfère entendre clairement un non-désir que de le percevoir sans qu'il ne soit dit, sans savoir sur quoi il porte, ni quelle est son étendue.

On devrait toujours rester au plus près de la verbalisation. Ne pas laisser des décalages prendre place. Être en décalage c'est laisser une fissure s'insinuer dans la relation et la fragiliser. Au contraire nommer le non-désir, si toutefois on accepte de l'entendre en soi sans en redouter les effets, rétablit la confiance. Dire franchement « je ne désire plus partager cela avec toi » permet au partenaire de comprendre ce qui se passe et de réagir en fonction. Encore faut-il sentir ce moindre désir en soi, que l'inconscient peut habilement dissimuler sous des raisons-écran. Encore faut-il avoir la volonté de ne pas laisser s'installer cette faille, que l'inconscient peut secrètement accentuer.

Si la mal-communication s'installe, viendra un jour ou la relation toute entière, devenue trop compliquée, ne sera plus désirée.


Hélas... tout ceci reste largement du domaine théorique. Dans la réalité diverses peurs et projections contrarient les meilleures intentions de départ. On oublie trop facilement que les modes de pensée et d'expression de l'autre ne sont pas les mêmes que les nôtres. Ce décodage, travail constant, est la seule voie qui permet de ne pas perdre de vue les manoeuvres troubles de l'inconscient. Car bien sûr, en matière relationnelle, rien n'est le fruit du hasard. Tout est en germe dès la construction du lien. La compréhension de l'autre, et de sa différence malgré les ressemblances, est sans fin. Mais n'est-ce pas justement cette part inatteignable qui est attirante ?

N'est-ce pas le moteur même du désir ?

Commentaires
V
Et oui je suis comme toi, entière et honnête : quand je ne désirais plus mon homme, je le lui ai dit, on en a parlé... ce sont des choses qui arrivent dans la vie d'un couple, forcément je pense. Je suis d'accord quand tu dis d'en parler : à deux on trouve des solutions et on évite la culpabilité. Rien de mieux que le dialogue !!! Vie secrete
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P
« Contact douloureux pour son ego », que tu relies au désir ou non-désir, Forestine. Quant le désagrément ne vient pas de la relation en elle-même, mais de ce qu'elle touche dans l'ego... Oui, ça m'intéresse cette idée.<br /> <br /> En fait lorsque l'autre, dans son rôle de miroir narcissique, me renvoie une image de moi que je n'aime pas, non ?<br /> <br /> Relations humaines au sens large, ou relations amoureuses, n'y aurait-il pas qu'une différence d'intensité ?
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F
Ne plus désirer l'autre à cause de ce qu'il dévoile en moi... Si un contact est gratifiant, quel qu'il soit, bien sûr, on souhaite le prolonger. Et s'il est douloureux, notamment pour son ego, on n'a plus envie.<br /> Il me semble que là, nous quittons le strict domaine où nous nous étions situés de prime abord pour élargir aux relations humaines dans leur ensemble.<br /> Les ravages du (non-)désir ne se cantonnent pas aux relations amoureuses....
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P
Forestine, le désir est un phénomène assez fascinant quand il joue à cache-cache. Qu'est-ce qui se joue dans ce qui n'est pas, comme tu le soulignes, dénué d'un enjeu de pouvoir ?<br /> <br /> Françoise, bonjour et bienvenue. Oui, difficulté a exprimer son désir à l'autre, et à l'entendre en soi (qu'est-ce qui se cache au fond de moi ?). Le désir partagé est bien une forme de communication. Ce plaisir de la découverte de l'autre dans sa part secrète, intime, est bien un moteur du désir. Peut-être que la baisse du désir correspond à une impression de connaître suffisamment l'autre ? Ou bien marque un certain nombre de déplaisirs dans ce qu'on connait de l'autre ? Ou encore trahit un refus d'aller plus loin dans le partage, afin de ne pas se dévoiler davantage ?<br /> <br /> Je crois que l'effet de miroir peut en effet jouer dans la baisse du désir si on n'est pas suffisamment prêt à abaisser ses défenses.<br /> <br /> Tout cela me fascine :o)
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F
Bonjour,<br /> <br /> Fraîche découverte de votre blog et franche fascination ! <br /> La baisse du désir me semble également résulter de malentendus, de non dits, de difficultés personnelles à se découvrir soi-même, à accepter et exprimer correctement ses propres désirs; non comme des remises en cause de l'autre, mais plutot comme un approfondissement de sa connaissance de soi, de ses besoins, de ses ressorts. La réciprocité amoureuse devant permettre d'accéder également aux mécanismes de l'autre.<br /> Une des clés du désir réside, pour moi, dans l'exitation de se découvrir, de se dénuder et celle de pénétrer dans l'âme de l'aimé. Tout cela est assez narcissique en fait, car ne cherchons nous pas un reflet ?<br /> Le non désir peut être une absence de communication ou une mauvaise communication, mais aussi une peur d'aller au fond de soi, de ce que l'on peut y découvrir à travers l'autre et que l'on est pas forcément prèt à accepter.
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F
Le décalage dans le désir peut être révélateur d'un manque de confiance en soi ou en l'autre (se dérober, c'est peut-être fuir).<br /> Mais parfois c'est aussi une question de rapport de force dans le couple. Ne plus avoir envie quand c'est l'autre qui demande, cela pourrait être une manière de ne pas se mettre dans son rythme, éventuellement de vouloir imposer le sien, ou en tout cas de ne pas se le laisser dicter...
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P
Ah oui Pati, les "désirs décalés", je vois bien ce que c'est. Et s'ils se répètent, je me demande si ce n'est pas une forme de langage de l'inconscient. Exemple perso: le désir sexuel dans mon ancien couple. Quand l'un avait des envies... l'autre n'en avait pas, et inversement. Ou alors les deux avaient envie simultanément, mais c'était pas possible à ce moment-là. Bizarre... Pas systématique, heureusement, mais quand même relativement fréquent. Ceci dit nous étions un couple davantage "amis" que "amants". Par ailleurs j'ai noué plus tard une amitié forte qui est devenue amoureuse et désirante. Ceci expliquant peut-être l'amalgame que je fais entre amour et amitié...<br /> <br /> Tu as raison, l'amitié "simple" est beaucoup moins soumise aux enjeux sentimentaux. Et donc plus stable.<br /> <br /> J'aime bien ta conclusion, et la partage :o)
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P
intéressante, ta note, mais je n'en doutais pas.<br /> tout comme je ne doutais pas nno plus que tu rebondirais sur l'autre face du miroir, si j'ose dire :))<br /> <br /> en même temps, je pense aussi avoir parlé de ce que tu nommes "non-désir" (je rejoins d'ailleurs alainx, sur ce point ;) )<br /> il me parait évident que c'est effectivement dans ce cas-là que la communication est primordiale. car bien entendu, quand tout va bien, qu'a-t-on besoin de décortiquer, vraiment ? ;)<br /> <br /> il y a un aspect que je pense ne pas avoir assez parlé, et que tu ne me sembles pas avoir abordé (ou alors, faut que je lise moins vite tes mots, lol)<br /> c'est celui du "désir décalé".j'ai la très nette impression que c'est là que tout se joue.<br /> <br /> quand tout va bien, ben... tout va bien quoi, c'est le nirvana, la jouissance du partage, l'état de grâce. il peut bien sûr s'installer dans le durable, mais en subissant des variations subtiles, à mon avis. le vrai bonheur étant alors que ces variations contentent les deux parties du couple.<br /> <br /> quand ça va mal, c'est à dire quand l'un des deux voit son désir décroître de façon significative, on peut penser que le couple est en réel danger. car il n'est pas simple, comme tu le soulignes, de proposer autre chose, qui puisse combler autant.<br /> <br /> mais quand les désirs sont en décalage ? <br /> "t'as envie de telle chose ? là? maintenant tout de suite ? arf pas moi... par contre plus tard... ah toi, tu n'auras plus envie..."<br /> tu vois de quoi je parle ?<br /> ça s'applique évidemment à tout. et donc au relations sexuelles aussi.<br /> eh bien, je pense que c'est dans ce cas de figure que la communication est d'une importance capitale. pour que l'autre comprenne bien qu'il ne s'agit pas d'une absence de désir, mais bien d'un souci de tempo...valser ensemble est étourdissant, magique mais étourdissant. il faut des pauses. et parfois, elles sont désynchrones ;)<br /> <br /> ce que tu appelles le "non-désir" n'est alors qu'affaire de moment <br /> mais sans dialogue, sans dire les choses telles qu'elles sont (au risque en effet, forestine, de blesser l'autre... mais le dialogue a ça de bon qu'il permet de s'expliquer, non ? :) ), il se pourrait bien que cette baisse momentanée de désir soit perçue par l'autre comme définitive...<br /> <br /> enfin, tu dis au début de ton entrée <br /> "Dès lors le plaisir commun, né de la dimension du partage, s'émousse. Le supplément de plaisir s'estompe. L'énergie dégagée par la dynamisation s'étiole.<br /> C'est ce qui survient inévitablement dans le couple amoureux qui dure, mais aussi dans des liens d'amitié. "<br /> je sais pas... j'ai idée que le lien d'amitié est nettemnt moins fragile que le lien d'amour. et qu'il est moins sujet aux variations de... température :)<br /> tu peux avoir de fortes engueulades, avec un ami, de larges divergences d'opinion, sans pour autant que cela influe sur l'amitié proprement dite. tu peux admettre des erreurs de jugement, des fautes, même, chez un ami, sans que ça mette forcément en péril le sentiment qui te lie à lui.<br /> par contre, en amour... avoue que les blessures, les cicatrices se guérissent moins vite, et beaucoup moins bien. :)<br /> tu vois, j'aime profondément mon conjoint, malgré tout ce qui nous sépare, comme d'ailleurs grâce à tout ce qui nous rapproche. mais je doute plus souvent de la longévité de notre couple, que du couple que je forme avec ma meilleure amie, par exemple.<br /> ce qui évidemment ne m'empeche pas de me bouger pour que mon couple d'amour s'enracine profondément, mute vers cet état de complicité tendre, d'amoureuse amitié que j'ai pu observer chez mes grands-parents, par exemple.<br /> <br /> en conclusion de ce comm' interminable, je dirais qu'aimer, désirer, est aussi compliqué que vivre. mais dieu que c'est bon, ces complications-là quand on sait les partager ;)
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P
Hélène... merci.<br /> <br /> Alainx, c'est très juste ce que tu dis ! Je me suis laissé aller à exprimer en négatif alors qu'il est toujours préférable de voir en positif. J'aime bien l'idée de "nouvelles modalités du désir". Voir le désir comme quelque chose toujours en mouvement, vivant. Chercher de nouvelles voies pour que le désir reste partageable, innover, inventer.<br /> En même tempe je me dis que cela demande, comme toujours, de croire en soi pour ne pas se laisser démonter par cette évolution. Accepter le changement de ce qui était et ne fonctionne plus... mais rebondir sur le nouveau défi. La vie n'est que mouvement !<br /> Hum, je crois que j'ai à progresser dans ce domaine, et ton commentaire me le rappelle ;o)<br /> <br /> Forestine, je pense qu'il y a la franchise nécessaire (exprimer quelque chose d'important pour la relation) et celle qui n'apporte rien, ou peut même nuire. Le dosage est évidemment subtil...<br /> Il y a aussi la franchise qui ouvre, accompagnante, et celle qui ferme, cassante.<br /> <br /> On retrouve là ce que tu dis en fin de ton commentaire. Je pense que lorsqu'on supprime quelque chose (le partage d'un plaisir dépassé), il faudrait pouvoir proposer autre chose. Ne pas fermer une porte sans en ouvrir une autre en même temps. Si le désir s'émousse... proposer autre chose. C'est pas aussi simple et évident que le désir initial. Je pense qu'il faut une grande complicité et une volonté commune d'avancer "ensemble" pour que ça fonctionne.<br /> <br /> Dire à l'autre que je m'ennuie, qu'il me déçoit... nan, c'est pas la bonne solution. Ça le met face à un constat d'échec, sans alternatives. C'est angoissant et c'est comme si c'était à lui de trouver autre chose. Je pense préférable de parler ensemble pour trouver ensemble une solution. Et toujours en parlant de ses ressentis, sans juger l'autre. C'est loin d'être simple, tant on a appris à projeter sur l'autre notre mode de pensée. Idéalement on devrait dire un truc du genre « quand on fait ceci, je ressens cela et ça m'est désagréable. Veux-tu bien qu'on discute d'une façon qui nous convienne à tous les deux ? ». C'est un peu long, mais ça permet de rester en contact et ouvert, sans que l'un ou l'autre ne se sente dénigré (engrenage mortel pour la relation). C'est mieux que rester chacun campé sur sa position à défendre son bout de gras.<br /> <br /> Merci de me permettre de le préciser ;o)<br /> <br /> Ceci dit je connais la recette mais dans le feu de l'action j'oublie de l'appliquer aussi consciencieusement. Mais même imparfaite, la recette améliore grandement les choses...<br /> <br /> Pour le reste, j'adhère à ta définition de la confiance en amour... <br /> <br /> Mouais, peut-être que je suis un peu trop imprégné du parfum des séparations pour être tout à fait objectif dans mes textes.
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F
Je pensais que tu ne croyais plus à la transparence et aux vertus du "tout dire"... ? Mais c'était peut-être au sujet d'autres choses.<br /> <br /> J'aime énormément ce que tu dis sur les désirs partagés. On vit là des moments privilégiés, surtout quand on jouit non seulement du plaisir de l'autre, mais aussi de ce qu'il nous apporte en plus, des échanges de vue, par exemple, ce que l'on vit comme un enrichissement.<br /> <br /> Quand le désir s'émousse, c'est plus ou moins conflictuel, je crois, suivant que l'on n'ait plus envie de cette activité-là (on s'en lasse etc), ou qu'on ait plus envie de l'autre comme partenaire lors de cette activité, que l'on aime pourtant toujours... <br /> <br /> Dans le premier cas, ce n'est pas difficile de se mettre en retrait. Mais dans le second... Est-ce là que tu proposerais d'avertir l'autre que tu t'ennuies avec lui, qu'il te gâche le plaisir, voire même qu'il te déçoit? Afin de ne pas fragiliser la relation? <br /> <br /> Il me semble qu'au contraire, expliciter ce que l'autre doit déjà sentir ("le langage non-verbal est tellement éloquent") reviendrait à enfoncer le clou, le coin dans la pierre et agrandir la fissure... Ce serait un genre d'ultimatum, de mise en demeure.<br /> <br /> Et puis l'autre a son mot à dire aussi, ou à ne pas dire... <br /> <br /> Elle est inhabituelle (pour moi), ta définition de la confiance en amour... J'imaginerais que cette expression signifie confiance en la fidélité de l'autre, en son amour, en la possibilité de se reposer sur lui le cas échéant, d'en attendre une attitude constructive, une fiabilité au niveau des projets. Ce qui signifierait pour moi idéalement, en cas de baisse de désir, se mettre en quête d'un autre désir commun pour essayer de retrouver un terrain, et non pas de le signifier, ce qui est forcément angoissant pour l'avenir.<br /> Et moins idéalement, au moins de ne pas blesser l'autre en le disant.<br /> <br /> A moins que l'on prépare une séparation...
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