Les convictions inutiles
J'ai fait partie des 35% d'indécis jusqu'à dimanche matin. J'hésitais entre trois candidatures. Soit je votais pour qui se trouve au plus proche de mes convictions (non présidentiable), soit je votais "utile".
Parmi les utiles il y avait deux options : voter pour ce qui est le moins éloigné de mes idées, ou contre ce dont je ne veux surtout pas. Dans les deux cas ce n'était pas un vote d'adhésion, mais un vote de calcul, ou de peur, ou de résignation. Vu l'enjeu et les risques... j'ai longuement hésité. Jusque dans l'isoloir j'avais mes trois bulletins, me laissant la possibilité de changer selon mon intime conviction de l'instant du choix définitif.
Finalement j'ai bien voté selon mes convictions, tout en sachant que ça ne servirait à rien pour le court terme puisque le pourcentage atteint serait dérisoire. Mais en ce qui me concerne, je vois sur le long terme. Et si je veux que les idées qui me semblent être les plus importantes existent et se développent, je ne vois pas comment faire autrement que de les soutenir mordicus. Ne pas baisser les bras parce que ce serait "perdu d'avance". Ne pas abdiquer devant un "réalisme" que je désapprouve et qui n'a jamais fait les grands changements.
Les candidats "utiles" ne me séduisaient pas. Que ce soit l'une ou l'autre s'opposant à celui dont je ne veux pas n'y changeait pas grand chose. De toutes façons, depuis que je vote c'est "inutile" selon le modèle dominant...
Si une majorité de français a une mentalité qui me déplaît... je ne peux pas y faire grand chose. Si S*rkozy est élu, ce que je crains fort, ça ne sera pas lui qui m'affligera, mais à plus de la moitié des gens que je croise dans la rue. Lui, et ses idées, ne prennent que la place que les gens leur donnent.